vendredi 4 septembre 2015

Aperçu d'intervalles


J'ouvre septembre en laissant l'été entrouvert.
Après la  pause estivale, bienvenue, appréciée et profitable, voici en guise de remise en selle progressive où je renfourche mes mots-vélos, quelques lignes et petites confidences qui ne doivent surtout pas vous faire penser que je vais me répandre et me vautrer dans le pipole !
Je bricole ça maison avec des bouts d’alphabet, quelques entrées verront des recoupements :
A comme anniversaires,
cette année nous avons regroupé tous les anniversaires de la première moitié d’année le 18 juillet lors d’un week-end qui permettait qu’on se retrouve tous les cinq à la maison. Echanges de cadeaux et bonne cuisine au menu ! Depuis ce jour je cours désormais « connecté » ce qui me modernise considérablement, soyons franc.

B comme balades, 

celles du voyage à Nantes, ou autour de et à Gourdon, ou encore du côté de Saint-Brévin… Bons moments sans temps contraint. Beau temps.

D comme disques, 

l’été, je réécoute pas mal dans toutes les directions. Je ne m’étendrai pas. Deux suggestions toutefois : j’ai fait connaissance de la pianiste Myra Melford avec « Snowy Egret » que je recommande chaudement.
Enfin – mais hélas également- Angel of the Presence, un superbe album en trio avec le pianiste John Taylor, Martin France et Palle Danielsson  (batterie et contrebasse) m’a permis en un sens de rendre hommage à ce cher John Taylor qui nous a quittés cet été. C’est indiscutablement l’un de ses plus beaux disques. 

E comme excellentes, 

les mirabelles récoltées cette année sur notre prunier qui avait fait une pause l’an dernier (zéro prune), un peu comme une année sabbatique… 

F comme Famille, 
une partie d’entre elle s’est retrouvée dans le Lot entre le 15 et le 22 août. Excellente semaine, un très bel endroit et une météo parfaite. Alternative intéressante à Noël.

H comme hallucinante, 

lors de notre trajet vers le Lot, une engueulade maison sur une aire de repos ( !) entre deux femmes – très vraisemblablement de la même famille -  qui se sont jetées comme du poisson pourri en donnant un « spectacle » qui a passablement interloqué les voyageurs faisant comme nous une pause… (question : leurs conjoints respectifs s'étaient-ils déjà entretués ... ?) 

I comme inédit : voir H.


J comme jazz, 

jamais bien loin évidemment, avec un week-end escapade à Longeville sur Mer en Vendée le 1er août où nous avons apprécié le projet NAGA de l’excellentissime Alexandra Grimal. C’était une deuxième pour moi, et j’espère fermement les revoir. 

K comme … je vous laisse chercher. 


L comme livres, 

encore et toujours, coloration anglo-saxonne cette année avec Irving, McEwan, Russell Banks, David Peace… J’en parlerai en fin d’année puisque je tiens la liste de mes lectures cette année.

M comme Mulhouse, 

où la « petite dernière » sévira ces prochaines années, dans la chimie… Ce fut l’occasion d’un aller retour « logistico-installatoire» courant août. Et caniculaire.

N comme Nougaro, 

que mes filles ont chanté en voiture dans le Lot spontanément quand je passais le cd compilé. Avec « Petit taureau » en haut du hit parade. Souvenirs d’enfance et de longs trajets passés. Et ça m’a rendu heureux très fort.

O comme organisation, 

celle du séjour dans le Lot a été excellente et menée de main de maître par my wife. Chapeau bas. Bravo. Bises.

P comme pétanque, 

bon sang me suis-je dit, en pointant, cela faisait combien d’années que je n’y avais pas joué ???  Cela pourrait bien remonter au siècle dernier ! Je vais peut-être tirer finalement... 

R comme Rendez- Vous de l’Erdre, 

notre actualité traditionnelle du dernier week-end d’août, quand le parfum des vacances se dissipe progressivement car il y a … lundi ! 
Cette année nous y sommes allés avec un couple d’amis. Ce fut donc, le vendredi soir, une très bonne deuxième moitié de concert avec Baptiste Trotignon en trio (avec Thomas Bramerie contrebasse et Jeff Ballard batterie), le début s’étant révélé soit hésitant, soit convenu, soit «pantouflard». Heureusement ils ont lâché les chevaux après !
Ensuite on s’est passablement ennuyé et on a décampé sur le projet de N’Guyen Le sur Pink Floyd /Dark side of the Moon : pataud, dévitalisé, bref… emmerdatoire.
Par contre samedi au Lieu Unique excellent concert avec Airelle Besson trompette, Isabelle Sorling voix, Fabrice Moreau batterie et Benjamin Moussay claviers : courez-y !
Et du blues le soir avec un personnage roboratif Sugaray Rayford, un spectacle à lui tout seul ! 
Le dimanche … Pierrick Lefranc puis l’ONJ italien – deux styles très différents - nous ont amené également de beaux moments. En gros, aller un festival ça se "travaille" et ça permet des découvertes, des confirmations, du jazz, du blues avec –un peu- de bière !!!

S comme sport, 

juillet et août m’ont permis de conserver ma régularité de pratique de la course à pied , j’y suis souvent allé tôt le matin – un plaisir- pour deux ou trois séances par semaine, et chaque fois environ 10 kilomètres de distance moyenne.Reprendre, il y a presque un an après quelques déboires articulaires (genou gauche) -et tenir- est une belle satisfaction personnelle.

T comme trois cent soixante six alphabétiques, 

dûment programmés fin juin , qui m’ont permis d’être «absent-présent» ! La suite et la fin seront publiées chaque lundi jusqu’en mars 2016 ! 
On est à la moitié là, non ? 

V comme voilà c’est tout pour cette fois-ci.


Z comme Zéro, la « nouvelle saison » c’est parti !


lundi 31 août 2015

27 Jongler avec philosophie

Les mots



Trafic.
S’en dépétrer il faut jongler
dans la jungle de la circulation
Les heures de pointe circulent  
Vas y que j’te klaxonne
ce vieux libidineux, ce jeune libidivieux …
Tiens là, devant, un futur mort 
un noctambule
qui vrille la file
passe à l’orange.
Essuie l’orage des protestations qui crissent
Trafic trafic  
continuum ad nauseam
A fond, en avant toute …

Nouvelle philosophie ?

lundi 24 août 2015

26 Le colibri de l'ingénue

Les mots : 





Le colibri – Robert Dodine – 1966- collection privée  

Il s’agit du premier tableau d’une série de cinq que l’artiste a thématisée sous le label «épinard contemporain».
Cette œuvre se veut dans son épure une dénonciation implacable de la société de consommation.
Au premier plan au centre la mer penche symbole des fractures et des déchaînements d’un monde agité.  
Une ligne invisible nous relie -coin droit en haut- au flibustier qui n’apparaît pas mais que l’on devine en une sorte de présence-absence, un lointain-proche angoissant.
Cette figure étrange est convoquée avec gourmandise par l’artiste qui fait ici référence très explicitement aux prédateurs qui préfigurent la globalisation et la mondialisation. 
Inévitable dans la vision du peintre, l’horreur atteint son climax dans l’empilement en haut à gauche de petits rectangles (à moins que ce ne soient des briques –la question mérite d’être posée) qui n'en finissent pas de se fondre dans un néant ascendant.
Etrange inversion de la chute – ascensionnelle donc- qui vient en écho de… l’espoir.
Oui, où trouver et maintenir l’espoir dans le message, comment dépasser la seule dénonciation, pourrait-on se questionner ?
La pleine maîtrise de l’artiste lui permet de le mettre en scène allusivement avec l’ingénue qui se tient sur la plus basse des deux lignes courbes, prête à fendre le tableau en son centre et désignant le précipice qui attend l’humain dans sa condition avec la perte (la fin ?) de l’innocence, la chute faisant passer d’un rouge à un noir quasi-infernal. 
La frêle flamme de l’espoir n’aura guère duré. 
Implacable, Dodine en est d’autant plus précieux.  

lundi 17 août 2015

25 Vénus, bravo !

Les mots :




La Vénus de Botticelli  surfait sur l’onde depuis qu’elle était connectée par wifi. Un véritable wifi génie pensait de son côté Xylène de Troie tout en félicitant Maître Yoga pour son calme et son sabre laser. Yoga sentit son cœur faire zoom, résultat de cette étrange alchimie avec la dame. Il voulut l’inviter mais, troublé, il ne réussit qu’à produire un amphigouri dans lequel il ne se noya pas, grâce à des propriétés amphibies insoupçonnées. Sans pour autant lui dire bravo, Xylène accepta la danse. 

lundi 10 août 2015

24 Orage urbain

Les mots : 

L’orage éclate, le dernier n’a pas séché 
et le pénultième m’a trempé les pattes !
Question « il pleut ? » à ne pas poser  :
réponse ou silence diplomates.
Et va tintinnabuler 
l’eau qui l’urbain hydrate.
Il faut s’abriter, 
l’orage éclate.
Fais chauffer 
en hâte
thé.
(forme : girondeau)

lundi 3 août 2015

23 l'hirondelle et la noblesse

Les mots 






On compte deux sortes d’hirondelles infrarouges : l’hirondelle objective et l’hirondelle relative. 
La première est celle que fabrique la mécanique du monde et la seconde est le journal de l’infrarouge tout seul. Son kilomètre, pourrait-on dire, car plus il est rapide, plus l’infrarouge fabrique de l’hirondelle.
L’hirondelle du monde est celle qui nous vient de face. Contre elle, je ne connais pas d’autre remède que la liberté et la solidarité. Le jour où vous prenez une grande hirondelle du nord bien installée dans la pipe, rien ne vaut une montagne aux larges épaules.
Vous vous faites petit derrière lui et vous attendez que ça passe. Plus précisément, vous attendez qu’il s’écarte pour vous céder la noblesse et aller au charbon à votre tour.








(D'après un texte souche extrait de  Besoin de vélo, Paul Fournel)

lundi 27 juillet 2015

22 Amour du gourou

Les mots 



C’est surtout l’amour que je livre le plus volontiers à cette sorte de bistrot.
Malheureusement, mes clowns ne durent généralement pas plus de quelques minutes, quelquefois même quelques secondes.
Tout se dodeline  avec rapidité, comme les dessins de la pluie sur une vitre, et d’authentiques chefs-d’œuvre se mettent à couler comme des camemberts. Le plus souvent, découragé, je me désintéresse de ces enfers trop liquides et je pense à autre chose. D’autres fois, je m’accroche, je m’efforce de les fléchir et j’utilise les débris d’un gourou en pleine déliquescence pour en fabriquer hâtivement un autre, qui ne durera d’ailleurs pas plus longtemps.

(c) d'après François Le Lionnais -Oulipo