samedi 20 décembre 2014

Grande

Ce que la vie nous réserve.
Il y a des jours comme ça. (Mettons des jeudis).

On se rend à l'université.
On y est parti "léger".
Sur place, ça se passe bien.
Très très bien.

Si bien qu'au retour, on se retrouve avec une passagère "docteur en physique des matériaux et des surfaces" reçue avec une mention très honorable.

Et une joie immense.
Absolument immense.



jeudi 18 décembre 2014

Abonnés aux gags






Charlie Chaplin était loin d'être un charlot :
Les lumières de la ville nous illuminent
Le dictateur c’est pas du pipeau
Et les temps modernes turbinent
La ruée vers l’or ? chapeau !
La canne qui mouline
Arnaque et culot
Charlie Chaplin
dit Charlot
Trottine
Haut





Buster Keaton « ne riait jamais » : comique !
Sa maison s’effondre sans qu’il frissonne
Il reste de marbre flegmatique
Son tacot se mange un pylône
Rien, même apocalyptique  
Catastrophe ou cyclone …
Nourri de slapstick 
Buster Keaton
Atypique
Cartonne
Sic ! 

mardi 16 décembre 2014

dimanche 14 décembre 2014

Interférences sonores 9

ALL SAID AND DONE (album Skin 1986) 



All the words in the world
wouldn't make you stay this evening;
though I scrabble around for any I can say,
so hard to take our leave,
so hard to stop believing.
        
I guess we know this silence well enough,
and you'll be going by and by;
I'm scared that anything I offer
might be taken for a lie.
        
CHORUS:
All said and done,
and there's no way to make it any different.
I hold my tongue as you're walking away.
So goodbye comes -
oh, I don't want to make it difficult
but nothing's easy
when there's nothing left to say.
        
Now we only talk as though time were heavy weather
with a storm-cloud brewing on each hasty phrase...
all the words in the world wouldn't put us back together.
        
Maybe we had our opportunities...
most of those chances passed us by;
I'm scared that anything I offer
might be taken as a bribe.


Quelle réussite cette chanson !
Je trouve exceptionnel de parvenir à dire et suggérer autant en en faisant aussi peu, avec une telle économie de moyens. Climat lourd : de la rupture dans l’air ! Tout est en place, voix et chœurs, paroles, John Ellis à la guitare, un morceau très dense dont la structure rythmique installe des moments lents ou le doute plane, et des bouffées brutales où les mots pourraient bien être définitifs, irréversibles. 
Un morceau qui "dit" tout, qui éclate en soubresauts et déchirures, ou même en sanglots ravalés, marqué par des brisures d’une noirceur inquiétante et orageuse. 
Le tout dans une concision remarquable. 

A sa manière, une espèce de « cris et chuchotements »...   

vendredi 12 décembre 2014

Merci monsieur !


...


J’appartiens à une génération qui a subi l’influence de ces romanciers et qui a voulu, à son tour, explorer ce que Baudelaire appelait « les plis sinueux des grandes capitales ». Bien sûr, depuis cinquante ans, c’est-à-dire l’époque où les adolescents de mon âge éprouvaient des sensations très fortes en découvrant leur ville, celles-ci ont changé. Quelques-unes, en Amérique et dans ce qu’on appelait le tiers-monde, sont devenues des « mégapoles » aux dimensions inquiétantes. Leurs habitants y sont cloisonnés dans des quartiers souvent à l’abandon, et dans un climat de guerre sociale. Les bidonvilles sont de plus en plus nombreux et de plus en plus tentaculaires. Jusqu’au XXe siècle, les romanciers gardaient une vision en quelque sorte « romantique » de la ville, pas si différente de celle de Dickens ou de Baudelaire. Et c’est pourquoi j’aimerais savoir comment les romanciers de l’avenir évoqueront ces gigantesques concentrations urbaines dans des œuvres de fiction.
Vous avez eu l’indulgence de faire allusion concernant mes livres à « l’art de la mémoire avec lequel sont évoquées les destinées humaines les plus insaisissables. » Mais ce compliment dépasse ma personne. Cette mémoire particulière qui tente de recueillir quelques bribes du passé et le peu de traces qu’ont laissé sur terre des anonymes et des inconnus est elle aussi liée à ma date de naissance : 1945. D’être né en 1945, après que des villes furent détruites et que des populations entières eurent disparu, m’a sans doute, comme ceux de mon âge, rendu plus sensible aux thèmes de la mémoire et de l’oubli.
Il me semble, malheureusement, que la recherche du temps perdu ne peut plus se faire avec la force et la franchise de Marcel Proust. La société qu’il décrivait était encore stable, une société du XIXe siècle. La mémoire de Proust fait ressurgir le passé dans ses moindres détails, comme un tableau vivant. J’ai l’impression qu’aujourd’hui la mémoire est beaucoup moins sûre d’elle-même et qu’elle doit lutter sans cesse contre l’amnésie et contre l’oubli. À cause de cette couche, de cette masse d’oubli qui recouvre tout, on ne parvient à capter que des fragments du passé, des traces interrompues, des destinées humaines fuyantes et presque insaisissables.
Mais c’est sans doute la vocation du romancier, devant cette grande page blanche de l’oubli, de faire ressurgir quelques mots à moitié effacés, comme ces icebergs perdus qui dérivent à la surface de l’océan.


 * * *
Vous l'aurez sans doute compris, il s'agit de la fin du discours de réception du Prix Nobel de Patrick Modiano. Vous pouvez le lire en entier ici .

Je n'entrerai pas dans les détails, je viens de lire quatre de ses romans : Une jeunesse, L'herbe des 
nuits, Dora Bruder (dont on ressort, à tout le moins, noué) et Le café de la jeunesse perdue.  
Pas d'artifices, beaucoup d'humilité. 
Entre la quête, la mémoire, le mystère, l'incertitude,  j'ai pris un immense plaisir à ces lectures. 
Comme une écriture qui cherche, qui ne sait pas. 
C'est très beau.

jeudi 11 décembre 2014

Cirer le portrait


Abédal Clépou était plein de bonnes inventions.
Normal : il mentait comme un arracheur de gants. Et sans se faire plier, tant ça semblait couler de bourse. Entre la poire et le gros mage.
Au point qu’on ne savait plus sur quel pied penser, où donner de la fête.

Il racontait qu’il connaissait le passé du coq Allan qui valait son faisan d’or.
Mais il y avait loin de la soupe aux lèvres, c’eut été mettre la charrue avant les œufs, même à la sueur de son tronc. 
Et même si ses propos mettaient souvent le bus à l’oreille, peu lui cherchaient toise.
On préférait éviter, se réfugier dans un trou de sourire.
On hésitait à jeter un pavé dans la jarre, comme si personne ne voulait prendre son courage à Denain et préférait tendre les armes pour ne pas rejoindre le septième fiel.
Il est vrai, comme cinq étoiles font huit, qu’Abédal était un molosse au pieds d’argile qui ne cassait pas trois pattes à un panard. Il avait souvent mal au ventre, souffrant de ce qu’on appelle « colique de répétition ».

Il craignait par-dessus tout d’être pris pour un couillon de onze heures, ce qui l’amenait à se retirer sous sa  pente, la nuit, à tâtons rompus.
Et il ne sortait plus que tous les trente-six du bois au risque qu’on le retrouve un jour à l’article de la morgue aussi figé que la spatule de la liberté.
On s’expliquait pourtant mal qu’il reste ainsi en hauteur de sainteté.
On mettait cela sur le compte de circonstances exténuantes.
Pas vraiment de quoi redorer son blouson.

mardi 9 décembre 2014