dimanche 29 mai 2016

10moi10mots-III


Cuvée 2011
Accueillant, agapes, avec, harmonieusement, main, réseauter, fil, cordée, complice, chœur.

LE SEMINAIRE
Accueillant ces agapes avec générosité Agathe tendait harmonieusement une main qui n’avait pas d’arrière-pensée, pas d’idée cachée à double-fond : réseauter n’était pas le genre de la maison, s’attacher à tout prix un  fil, constituer une artificielle cordée, forcer sur le côté complice, c’était aller dans le mur de fausses bouches en chœur.


Cuvée 2010
crescendo, remue-méninges, mobile, variante, galère, baladeur, cheval de Troie, mentor, escagasser, zapper


Quel remue-méninges ?
J’ai remué les singes,
j’ai zappé la pizza, la variante ne m’a pas laissé d’anchois,
j’ai maudit le mobile,
j’ai escagassé le baladeur,
j’ai changé un cheval de Troie pour deux chevaux trois quatre.
Depuis ?
Mon mentor tille, à la galère comme à la galère
signé Crescendo.

jeudi 26 mai 2016

Quatre sur trois




Nous partons trois
mais par un prompt renfort
nous nous voyons trois cent cinquante en arrivant au port…

Des papiers sont montrés.
Se plient et se détachent, se replient.
Légère agitation, teintée de bourdonnements.

Quelques exclamations plus franches, plus fortes, comme des éclats.
Cela ne dure pas.
C’est encore l’heure des digressions.

Nous prenons place,
certains sont déjà là,
Effervescence douce de murmures diffus.

Une fièvre confiante flotte, prête à devenir ferveur. 
Le temps est arrêté mais passe un peu, et soudain tout change.
Ce qui était lumière s’obscurcit, devient imprécis.

Nous ne  sommes plus que les ombres incertaines de nous-mêmes.
Certaines vont recevoir, d’autres donner.
Rôles bien répartis au début, bientôt plus indistincts,

Mouvement immobile, circulation secrète
tissage asymétrique de ce qui se donne et se reçoit…
Ce qui se rend n’est pas ce qui se passe. 

Et tout commence, noir et blanc s’entremêlent déjà,
des constructions précises qui font vibrer l’air,
découpant l’espace en tranches inégales.

Coups incisifs, caresses feutrées, glissades savantes.
Complot ourdi en toute cohésion,
plans qui s’échafaudent en quête d’un graal imperceptible.

Avant qu’il soit longtemps
des regards jubilent, échangent des sourires,
des têtes acquiescent lorsque des mains s’arrêtent,

suspendues à un fil invisible que nos yeux
qui brillent ici et là ne quittent pas des yeux
et suivent haletants, immergés.

Territoires explorés, puissamment et sobrement,
intervalles partagés donnant sur des chemins ouverts
aux silences attentifs qui les peuplent bruyamment

Boucles et détours qui finissent
en échos et cascades,
plaques liquides aux syncopes inattendues.

Quelques allers-retours précis comme des horloges
rebroussent chemin et ne tardent pas à exploser,
bouillonnement qui brise les codes.

Fresque tracée, la palette est large,
splendeurs fugaces qui émergent,
Empoignées, elles persistent en volutes puis changent,

Une transe dispersée
Gonflée d’inspirations échevelées
s’empare de nous

L’intensité des climats
nous saisit
et nous arrache à la gravité.

La direction devient le chemin, la route est la destination.
Suspension… Ne pas arriver…
Voyage envoûtant, escapade vertigineuse.

Vient le moment des dernières confidences…
Cordes, touches, archet, fûts…
Apothéose. Hey Joe.

Basse batterie piano
Larry Grenadier Jeff Ballard Brad Mehldau
… trio

On se quitte en altitude,
Conquis par le fer et le feu,
Rougis d’avoir tutoyé le beau.







mardi 24 mai 2016

Quelque chose dans l'air



En un souffle,
secousse légère
Le vent commence petit
L’enfance de l’air

Le vent prend son temps
Avant de souffler
Le vent peut filer doux 
Pousser ombre et lumière
Impression soleil
Le vent

Le vent siffle
Disperse le temps
Il fend la brume
Tapis volant, plumes filantes

Le vent pousse
les ombres des feuilles
le vent fatigué
se couche dans les herbes
le soir
Le vent nous file des frissons
Il bouge les buissons
Le vent empile les étoiles
dans un coin de la nuit

Le vent siffle
Il passe sous les portes
Et passe son chemin
Le vent debout déboule
Se montre fou
Le vent se cogne contre les murs
Le vent griffe leurs fissures

Parfois le vent s’essouffle
Le vent s’efface
et file comme le temps
Le vent cale
Le souffle court
le vent devient vieux
ses rafales se fanent et s’affalent
le vent manque son coup

Le vent se voit
Dans les flaques du temps
Transparence de l’air
Le vent va de l’avant
Le vent en a eu vent

Le vent fait mousser l’océan
Contretemps et marées
Le vent secoue le tout
Le vent se joue de tout

Le vent sème le temps
dans l’espace-vent
Le vent pointu pique nos joues
Il souffle sur nos pensées légères
Qui filent dans l’air 
Emmêle nos cheveux
Et met les bouts
Le vent se joue de nous


jeudi 19 mai 2016

The Wishbone Effect - la traque


Malcolm Wishbone* n’en menait pas large et, dans un sens, c’était normal dans ce boyau étroit.

Les manœuvres dilatoires contées dans l’épisode 2 ** avaient duré un temps.
Désormais celui de la fuite était venu.
Palmer et Lewis étaient sur les dents et sur ses traces.

Dans l’épisode 3, qui ne sera pas narré, une sorte de marabout bout de ficelle de l’improvisation que Malcolm aurait pu faire breveter s’il n’avait rien eu d’autre à faire avait servi de stratégie pensée et organisée. Ce qui présentait des limites.
Parmi lesquelles courir en soutane ne fut pourtant pas la plus contraignante.

Malcolm le réalisait en se faisant l’effet d’une bulle coincée dans un mauvais trip.. 
Il regrettait déjà d’être descendu.
Comme il le redoutait plus tôt pour d’autres raisons. Pas une habitude à prendre pensa-t-il.

Des les premiers pas, il s’était raclé le bras gauche contre une paroi. Un peu plus loin il se dit qu’il aurait dû mettre des bottes. Comme s’il fallait en rajouter, il n’y voyait goutte à goutte alors qu’il les entendait parfaitement suinter dans une espèce de lointain proche et angoissant.
Cela résonnait et bien mieux que lui pour savoir que faire.
Hésitant, ce qui le ralentissait, il ne savait quel tunnel emprunter à chaque raccordement.
Perdant ses repères, il piétinait et repassait aux mêmes endroits, ce qui rallongeait son chemin. Mais était-ce si sûr ?
Un bref instant il sombra dans l’optimisme, se disant que ses poursuivants vivaient les mêmes affres pour le rattraper.
En vain car cela ne suffit pas à rallumer la flamme et le réseau qu’il arpentait n’était plus qu’un labyrinthe lugubre où il s’attendait au pire. Et même plus.  

Puis ce fut une lueur faible dans le fond.  Non ! Palmer ou Lewis ?  L’un ? L’autre ? Les deux  ou même les trois après clonage de l’un des deux, mais lequel ? (…) ***

Fosse alerte. Et si c’était un passage donnant sur un raccourci ?
Catacombe commençait à rimer avec catastrophe, signe que ça n’allait pas bien fort.
Malcolm s’arrêta et écouta, ne percevant rien d’autre que le bruit du vent qui sifflait.
Mais où ?
Les perspectives étaient sombres.
Il avança.
Un son furtif et glissant lui fit penser de plus près à une apocalypse grouillante.
Rien de ce qu’il vit enfin ne le rassura.
Et le rat sourit.

 * * *



* Voir  (Avec-soutane-mais-sans-youpi) 

** voir (The-wishbone-effect) 

*** (…) version abrégée, ne me remerciez pas.
 

mardi 17 mai 2016

Inventaire de fin



Début de la fin
   Fin de non recevoir
   Fin de l’immobilisme
   Fin de parcours
   Fin de siècle
   Fin de race
   Fin de monde
Fin du début
   Fin de semaine
   Fin des haricots
   Fin des haricots fins
   Fin de partie
Fin du fin
   Fin des moyens
   Fins des moyens justifiés
   Fin du film
   Clap de fin
   Fin du peigne
   Fin de l’inventaire
Fin de la fin


dimanche 15 mai 2016

BREVE HISTOIRE...



Vu sur le blog de Dasola.
J’y réponds aujourd’hui.

Un peu d’histoire :
Ce blog existe depuis 2011.
Il y a eu un précédent (2005-2010) que j’ai archivé pour mémoire (au bout de mille billets) et pour le cas où je reprendrai et réécrirai certaines choses. J’ai bien fait, ça n’arrive jamais !
En 2011, il y a eu une phase intermédiaire chez un hébergeur payant qui n’a duré que quelques mois.
Et j’en suis arrivé là, gratuit et sans publicité : pourvu que ça dure, sinon je migrerai.

POURQUOI UN BLOG ?
J’aime écrire. Depuis très longtemps. 
Le blog est un espace qui me convient pour cela : on l’organise à sa main, librement.
Le titre - comment m’est-il venu ? - est avant tout un mot qui sonne bien.
Cette définition me plaît (« L’interférence désigne la rencontre de phénomènes qui interagissent pour se modifier, se renforcer ou se contrarier. ») et signifie dans mon esprit la possibilité -si l’on souhaite- d’échanger et de partager, selon une facultativité ondulatoire de bon aloi.

Il n’y a pas de ligne éditoriale mais une dominante d’écriture et des règles. 
J’ai deux règles d’or.
1. Je réponds toujours à un commentaire, simple question de courtoisie envers quelqu'un qui a pris un peu de temps pour le faire. Je note d’ailleurs que les commentaires sont parfois plus marrants (et intéressants) que le billet de départ : on est peu de choses, quand même !
2.Je ne publie rien de précis au plan perso/privé – rarissime et j’enlève alors les détails – et je ne parle surtout pas boulot. Pareil pour les blagues de cul, les grivoiseries, un registre que je n’aime pas du tout. Sur ces points, pudeur et discrétion avant tout.

Liberté ? Oui, je publie selon le rythme que je choisis, sans jour assigné. J’écris ce que je veux, c’est vraiment libre au plan écriture. Partage, échanges ? J’ai la chance que quelques-uns et quelques-unes des lecteurs et des lectrices réguliers laissent aussi des commentaires. Ils contribuent parfois et je n’hésite pas à l’ajouter. Ils sont bien, j'imagine aisément discuter avec eux autour d'un café ou autre chose, en tout cas c’est ce que je perçois d’eux et -pour certains- à travers leurs blogs. Cela m’apparaît sympa et simple.
J’aime bien les retrouver régulièrement. 

Le blog a évolué depuis 2011, je m’aperçois que progressivement je me concentre sur l’écriture.
Sans sombrer dans le pipole je peux révéler que je ne connais pas la crampe de la page blanche, vu que je me sens très tranquille sur cette affaire !
Un loisir, du plaisir, c’est un peu comme si je faisais du vélo en fait !
Enfin, s’il y a des fois où c’est pas terrible, où c’est inabouti, ce n’est pas grave.
J’ai tendance à ne pas m’acharner sur le texte et son bricolage, sentant que je ne ferai pas mieux. Quitte à laisser un peu de l’inabouti, mais c’est aussi des trous de vie ! 


DONNER UN OU DEUX CONSEILS POUR DE NOUVEAUX BLOGUEURS
Je ne me permettrai pas. 

!

samedi 14 mai 2016

CENT-QUaRANTE

 
Après tant de combats menés sans relâche sans autre idée première que de sauver sa peau,
il s’effondra, rejouant moins le repos du guerrier que le sabre et le roupillon.

(140-26)