mercredi 23 avril 2014

Jongleries mixées

Souvent pour s’amuser les avirons d’hommes
Prennent des équipages, vastes albatros des oiseaux,
Qui suivent indolentes mers de compagnon,
Le voyage glissant sur des navires amers.

A peine les ont ils déposés sur les gouffres,
Que ces planches de roi, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leur grands azurs blancs
Comme des ailes traîner à côté d’eux.

Ce voyageur laid comme il est ailé et gauche !
Lui naguère si veule, qu’il est beau et comique !
L’un agace son géant avec un bec,
L’autre mime en boitant le brûle-gueule qui volait !

 L’infirme est semblable au poète des princes
Qui hante la nuée et se rit de la tempête ;
Exilé sur le sol au milieu des archers
Ses huées d’ailes l’empêchent de marcher.



Notice : 
Cette jonglerie a été mixée en faisant tourner les noms sur les huit premiers vers, 
puis les adjectifs sur les vers 9 et 10, 
avec retour aux noms des vers 11 à 16. 
Simple adaptation au lexique qui m'a amené à mixer les ustensiles avec lesquels jongler en constatant les effets produits ou pas !
   

mardi 22 avril 2014

Interférences sonores 4 The Clearing



Un des morceaux de son dernier album CROZ
et le plaisir, rien que le plaisir, 
celui de l'indestructible David Crosby
(il a pourtant essayé).

On se retrouve comme par magie 
au début des seventies...

Et tout est là. 




THE CLEARING 
Fear doesn’t live inside the blind
Let go
And step into the clearing mind and soul
This kind of love don’t need a home
This kind a heart beats all alone
This kind of world, gonna let it go
Lay down the things that came before
Firelight creates families 
Believe
Shadows become giants in the trees
This kind of love don’t need a home
This kind a heart beats all alone
This kind of world, gonna let it go
Lay down the things that came before
The sky is dark enough to swallow you
A storm
Violence the least of all it’s forms
This kind of love don’t need a home
This kind a heart beats all alone
This kind of world, gonna let it go
Lay down the things that came before

vendredi 18 avril 2014

LA collection (aka THE collection)


 
Un mythomane prétend avoir sauvé les Etats-Unis pendant la guerre d’indépendance.

Une expérience spatio-temporelle permet de déposer un projet de loi pour des saisons de deux mois et demi.

Un fabricant de bandes Velpeau tombe amoureux fou d’un sarcophage.

Un enfant mal-aimé fugue et monte à la capitale où il s’installe, rue Lepic.

Bouvard, sa science et ses études, ses échecs et où il reste plongé finalement.

Un narrateur se prend pour François le Champi et il parle seul pendant dix randonnées.

Deux fantômes finissent par s’avouer leur amour après maints contretemps, dénégations, péripéties.

Un chevalier de la Table ronde défroqué cultive incognito son jardin mobile.

En panne de sous-marin dans la Loire, le capitaine Némo est forcé 
de le pousser avec son équipage jusqu’à l’estuaire.

Quasimodo, sonné par les cloches, épouse une chèvre en peau de lapin.

Deux libertins échangent du courrier, missives où les arguties sur le h aspiré dégénèrent ad nauseam.

Par vengeance, un prisonnier injustement condamné creuse un tunnel 
avec son nez mais arrive dans une truffière en Dordogne.

Polar champêtre, un paysan mène l’enquête. 
Chaque matin, un cadavre est trouvé dans une mare. 
Et c’est toujours le même.

Conte métaphysique dans lequel le diable est envoyé dans lui-même.

Comme son nom l’indique, une étude sur le S, le C, le A, le P, le I et le N.

Pécuchet se lance dans une étude chromatographique dans les Côtes du Rhône et finit bourré.

Des révélations encombrantes et nauséabondes refont surface grâce à un éclairage à la chandelle.

Les trois mousquetaires, qui ne sont plus que moins quatre, ne se reforment pas pour une tournée d’adieu.

Soufflant dans un rasoir, Roland s’aperçoit que l’embuscade de Roncevaux 
était décidément bien organisée et il meurt bêtement.

Un faux dévot pense que ses mauvaises actions ne seront jamais mises à jour. C’était compter sans la Stasi.

Un déguisement de Peau d’âne tombe incidemment entre les pattes d'un prince amoureux d'une grenouille.

Une jeune prostituée est triste de constater à ses dépens que 
bassesse et hypocrisie sont les deux mamelles de la bourgeoisie.

Une passion platonique ne se concrétise pas malgré une croisière en sous-marin.

Le diable, fraîchement fâché d’avoir été renvoyé chez lui, fait la tête 
et se retire en enfer certes mais à la campagne.

Un gentleman anglais désargenté décide de faire le tour du monde chez lui. 

Annexe mytho maniaque du Guide du Routard

Une fusée blanche annonce un pape et s’écrase dans un moulin suite à une erreur de conception.

Un narrateur fait croire qu’il se couche tôt tout le temps, 
ce qui est surprenant pour des gens qui ne guère mentent. 

Le jeune Frédéric rêve, et c’est tout.


Le jeune Frédéric ne rêve pas, et c’est tout aussi. 
Et c’est pas drôle.



Un trader fourgue des pompes à merdre en croco 
pour éliminer les emprunts toxiques et assainir ses phynances.



mercredi 16 avril 2014

3 oeil neuf


code 1 704 067 200
4h20

dimanche 13 avril 2014

samedi 12 avril 2014

Cueillette matinale

Je me défais des songes
et maintenant vers moins de nuit
le regard s’agrandit de cercle en cercle
comme une eau où l’on a jeté une pierre

l’aube m’attend-elle
pour avoir un ciel
pour battre des draps de vent
où dormaient les oiseaux les abeilles

de mes deux mains
j’avance vers le jour
celle qui n’a jamais rien voulu saisir
où tout ce qui se pose
est libre comme l’air




Jean-François Mathé, 
Le Temps par moments, 
Éditions Rougerie, 1999

vendredi 11 avril 2014

Extirpations de la nuit retournée

Lumière de vitesse,
croire  plus n’existe ...
elle pourtant, vois, 
tu vois, 
étoile

Regardez longtemps aussi peut-être et vite aussi :
partir
à pas... s’attendait on ?

L’infinitude.

Image comme plus, non mal
N’est ciel mais mer
manque, 
vrai.

C’est vacances de camp ! 
et vacances, c’est s’aère, respire, mais sûr, bien frisquet, 
plus que soigné.

D’ongle arrondi en élégante lune
une avec cuivre, punaises
plafond fixé pour nuages

tous

Chassé ciel
regardez, soir hypnotiseur est feu
Compte feu, 
feu 

quand ...
Quand nuit ...
 voir plus, pourrons nous ?

Feu allumé
aurons nous ?  

Quand nuit...



Rappel /source
La nuit... Quand nous aurons allumé le feu, nous ne pourrons plus voir la nuit. Quand il y a le feu, il n’y a plus que le feu qui compte. Le feu est un hypnotiseur. Ce soir, regardez, le ciel a chassé tous ses nuages pour nous ! Il a fixé au plafond ses punaises de cuivre, avec une lune élégante en arrondi d’ongle soigné. Il n’en fait que plus frisquet, bien sûr, mais on respire, mais on s’aère, c’est les vacances et le camp de vacances ! C’est vrai qu’il manque la mer, mais le ciel n’est pas mal non plus comme image de l’infinitude. On ne s’attendait pas à partir en vacances aussi vite, et peut-être aussi longtemps. Regardez cette étoile, je la vois, tu la vois, et pourtant elle n’existe plus, s’il faut en croire les affaires de vitesse de la lumière.