samedi 31 janvier 2015

Suite (s)



Je ne peux que recommander la trilogie d'albums publiés de  1995 à 2005 par Aldo Romano, Henri Texier et Louis Sclavis associés au photographe Guy Le Querrec, initiateur du projet dont les clichés fournissent matière à de magnifiques livrets présentés dans les boîtiers des disques.

Après "Carnets de route" illustré par le morceau Annobon il y a quelques jours, voici Soweto Sorrow issu du deuxième album, "Suite africaine". Nous restons dans une ambiance calme et méditative, mais ce n'est pas le seul registre des trois compères !


Un extrait du troisième (African Flashback) ultérieurement.

mercredi 28 janvier 2015

10-moi dix mots...

« Dis-moi dix mots qui nous relient » est une manifestation francophone internationale.
Les dix mots de 2014-2015 : 
amalgame, bravo, cibler, grigri, inuit, kermesse, kitsch, sérendipité, wiki, zénitude.

Bon, ne cachons pas plus avant que je me suis occupé d'eux.


Sans faire aucun amalgame 
qui ne susciterait aucun bravo 
et ne viserait -tell une pomme- qu'à me cibler
sans recours à aucun grigri, 
je puis vous annoncer
que l’inuit, comme chacun sait, tous les chats sont gris,
que Paris vaut bien une kermesse surtout en breton,
que je préfère et de loin le kitsch lorrain
que je n’ai toujours pas trouvé la sérendipité puisque je ne cherche rien,
mais qu’à mon avis, le wiki n’est jamais qu’un kiwi en train de faire demi-tour,

et la zénitude la capacité à profiter au plus haut point de la lumière du soleil.

lundi 26 janvier 2015

Zazipo 2015 - 2

Souche
Les livres que je n’ai pas écrits, n’allez surtout pas croire, lecteur, qu’ils soient pur néant. Bien au contraire (que cela une bonne fois soit dit) ils sont comme en suspension dans la littérature universelle. Ils existent dans les bibliothèques, par mots, par groupes de mots, par phrases entières dans certains cas. Mais il y a autour d’eux tant de vain remplissage, ils sont pris dans une telle surabondance de matière imprimée, que moi-même à vrai dire, malgré tous mes efforts, n’ai pas encore réussi à les isoler, à les assembler. Le monde en fait me paraît rempli de plagiaires, ce qui fait de mon travail une longue traque, la recherche têtue de tous ces menus fragments inexplicablement dérobés à mes livres futurs.

Marcel Bénabou, Pourquoi je n’ai écrit aucun de mes livres, Textes du XXe siècle, Hachette 2006

Monorime

Les livres que je n’ai pas écrits
Qui l’eut cru qui l’eut cri
Ne sont pas vues de l’esprit.
Ils existent suspendus circonscrits 
Dans tant et tant de récits,
De bibliothèques et de librairies.
Faits comme des rats, ils sont pris
dans une nasse qui déborde de manuscrits
au point que je n’ai réussi aucun tri,
aucun assemblage, j’en suis contrit.
Ne pensez pas que je m’aigris
si je dis, quitte à être proscrit,
que ce monde est plein de malappris
usant de grigris
qui fleurent l’escroquerie.
Ma besogne en change de gabarit
et je sens bien qu’elle s’inscrit
dans la quête de tous ces fragments, ces débris
étrangement envolés comme colibris,
escamotés de mes livres au futur assombri. 

samedi 24 janvier 2015

Déambuler


Promenade in green

vendredi 23 janvier 2015

Zazipo 2015 - 1

L'an dernier, on a joué avec Jacques Jouet. 
Cette année, ce sera cela :

Souche
Les livres que je n’ai pas écrits, n’allez surtout pas croire, lecteur, qu’ils soient pur néant. Bien au contraire (que cela une bonne fois soit dit) ils sont comme en suspension dans la littérature universelle. Ils existent dans les bibliothèques, par mots, par groupes de mots, par phrases entières dans certains cas. Mais il y a autour d’eux tant de vain remplissage, ils sont pris dans une telle surabondance de matière imprimée, que moi-même à vrai dire, malgré tous mes efforts, n’ai pas encore réussi à les isoler, à les assembler. 
Le monde en fait me paraît rempli de plagiaires, ce qui fait de mon travail une longue traque, la recherche têtue de tous ces menus fragments inexplicablement dérobés à mes livres futurs.


Marcel Bénabou, Pourquoi je n’ai écrit aucun de mes livres, Textes du XXe siècle, Hachette 2006.


J'en propose illico un lipogramme en A

Les livres que je n’écrivis point, ne croyez guère, lecteur, qu’ils soient pure chimère. 
Non, bien évidemment (que ce soit une bonne fois dit) ils sont comme en suspension en plein milieu des lettres universelles. Ils existent en bibliothèque, en mots, en groupes de mots, en énoncés entiers en de nombreux exemples. 
Seulement il est près d’eux tellement de fioritures superflues, ils sont pris en une telle boursouflure d’éléments imprimés, que moi-même pour tout dire, en dépit de tous mes efforts, je coince encore pour les isoler et les grouper. 
Le monde effectivement me semble rempli de copieurs, et mon boulot me semble une longue course, une recherche têtue de toutes ces menues bribes incompréhensiblement retirées de mes livres futurs.

Ticheurte Bencrevé , Pourquoi je n’étions écrit zéro de mes livres, 
Textes du XXe siècle, Procure 2006.


et un lipogramme en E

Bouquins à moi pas parus, n’y vois pas, ô bibliorat, faux ou illusion.
Ils sont a contrario là, flottants dans tout opus au plan supranational, national ou local.    
Ils sont dans maints rayons, par mots, par blocs, par locutions ou tout propos accompli, fini. 
Mais il y a tout autour un gras surabondant, ils sont si pris dans un flux d’inscriptions à ras bords, 
qu’ils sont là sous ma main sans solution aboutissant à tout saisir puis tout unir.
La civilisation m’apparaît ainsi : pillards copiant à foison, par cargaisons.
Mon boulot tournant alors au grand safari où moi, cabochard, poursuis un à un tout bout manquant, par faits obscurs, à tout bouquin qui naîtrait par moi.


M. Totalflapi pourquoi j’ai pondu aucun bouquin à moi, 
topos d’avant aujourd’hui, Tomahawk     

jeudi 22 janvier 2015

Trois



Annobon
Carnets de route
Aldo Romano Louis Sclavis Henri Texier

mercredi 21 janvier 2015

La nuit est un son

François Corneloup Hélène Labarrière Simon Goubert
Trio Noir Lumière