CoUde blanc
Chapitre 1
Bertha referma la porte et avança vers moi, les yeux brillants de
rage.
-
Donald
je suis à bout.
-
Pourquoi ?
-
Il
a aligné cinq billets sur mon bureau.
-
Je
vais le voir, dis-je
Fisher
prit une profonde inspiration.
-
C’est
tout-à-fait involontaire.
-
Bien
sûr que si, mais beaucoup plus tard.
-
Qui
est ce George Cadot ?
-
Je
l’ignore.
-
Vous
a-t-il dit quelque chose ?
-
Qu’est-ce
qui vous le fait penser ?
-
Mon
plan ne vous séduit pas ?
-
Quel
âge a-t-il ?
-
Dix-huit
mois.
-
Impôts
déduits ?
-
Non,
non, surtout pas.
-
Je
m’y attendais.
Bertha
m’adressa son plus gracieux sourire.
Chapitre 2
Je m'y rendis.
-
Cela
vous dit quelque chose ?
-
Non.
-
Et
votre prénom ?
-
Du
moins il essaye.
-
Qui
est B. Cool ?
-
Il
pense.
-
Je
le crois capable de tout.
-
Ça
dépendra de beaucoup de choses.
Elle
sourit.
Chapitre 3
On
aurait juré un œuf sur le plat écrasé.
-
Ça
vous plaît ?
-
...
-
Nous
en avons essayé d’autres et c’est celui-ci qui allait le mieux.
-
Circulaire !
-
Vous
croyez ?
-
Certainement.
-
Il
a le téléphone.
-
Billings,
dis-je, Donald Billings.
-
Bon
sang, Billings !
-
Rien
du tout, dis-je noblement.
-
Il
y a George, Horace, dit Caroline.
-
Dommage,
fis-je.
Nous
reprîmes des gins avec de moins en moins de tonic.
-
J’y
suis, reprit Horace. Chalmers, George Chalmers... Le cochon !
Je
dus me lever précipitamment pour aller vomir, mais ensuite, je me sentis mieux.
Chapitre 4
Fisher
se tenait sur le seuil.
-
Avez-vous
pu lui couper l’herbe sous le pied ?
-
Mais
je ne l’ai pas encore vu.
-
Je
ne comprends rien à votre histoire.
-
Exactement.
-
Vous
allez vous détraquer les nerfs avec ce petit jeu-là.
-
Que
faisons-nous maintenant ?
-
Repartir
sans nous faire remarquer.
-
Vous
pensez qu’elle a averti Cadot ?
-
J’ai
l’impression que c’est déjà fait, dis-je.
-
Je
veux rester avec vous.
-
Vous
rentrez à la maison, ici vous êtes dans mes jambes.
Fisher m'examina d'un air méfiant.
Chapitre 5
Je pliai les deux copies de lettres et les mis dans ma poche. Lois
arborait une robe de chambre, des mules et un sourire engageant.
-
Ce
n’est pas vrai !
-
Comme
vous êtes psychologue !
-
Pour
quelle raison ?
-
Je
vous déteste !
Je
vidai ma tasse de thé d’un air dégagé.
-
Ne
vous fâchez pas.
-
Alors
montrez-moi l’exemple.
La
sonnerie de l’entrée retentit trois fois.
-
Je
suis désolée mais nous n’avons pas un morceau de sucre à la maison.
-
Billings ?
-
Après.
Chaque chose en son temps.
-
Je
préfère ça. Je rentre à mon hôtel.
Je m'éloignai à grands pas, le laissant pantois sur le pas de sa porte.
Chapitre 6
J'entendis nettement la voix de Bertha au bout du fil.
-
Allô
Bertha, ici Donald.
-
Je
vous avais interdit d’appeler en PCV.
-
Je
comprends très bien.
-
Prenez
vos précautions, dit Bertha.
Je
raccrochai et rentrai à l’hôtel. Hormis l’étiquette de valise, je ne trouvai
rien d’autre. Je quittai la chambre, descendis aux cabines téléphoniques et
cherchai dans l’annuaire le numéro de la «Jensen Thrustmore
Company ».
-
Ici
les moteurs Jensen.
-
Je
suis un détective privé de Los Angeles.
-
Dîtes
donc, qui vous permet de me parler sur ce ton ?
-
Merci,
je fais de mon mieux.
-
Qu’est-ce
qui vous le fait supposer...
-
Je
crois que je vais acheter un bateau.
Sur
ces paroles, je fis demi-tour.
Chapitre 7
Dans
l’avion, je jetai un coup d’œil au journal de Cadot. Rien d’intéressant. Mais, à la date du quinze avril, je relevai
les lignes suivantes : Grand-père décline rapidement. Le jour
suivant : Mais on le dit d’ailleurs dans la famille. Deux jours
après : Le téléphone ne cesse de sonner.
J’arrivai
à l’hôtel.
Fisher
procéda aux présentations.
-
Impossible,
dis-je.
-
J’ai
reçu une lettre de lui, dit-elle.
-
George
Cadot n’était pas présent, rétorquai-je.
-
Vous
autres, hommes, dit-elle, savez vous tenir les coudes.
Je
jugeai préférable de ne pas téléphoner à Lois Marlow.
Evans bondit de son
fauteuil.
-
DONNEZ-MOI
CETTE LETTRE.
Il
la lut lentement en sifflant entre ses dents.
-
Comment
cette lettre vous est-elle parvenue Mrs Fisher ?
-
Par
la poste
Sans se donner la peine de répondre, Bertha raccrocha.
Chapitre 8
Je
faisais vraiment de l’équilibre sur le fil du rasoir !
Le téléphone se mit
à sonner.
-
Hello
Donald, dit Lois, aimeriez-vous recouvrer votre couvre-chef ?
-
Evidemment.
-
Je
suis libre comme l’air.
-
Je
sais où c’est.
-
Vous
arrivez ?
-
Et
comment !
Elle me décocha un sourire des plus cordiaux.
-
Pas
de danger ! m’écriai-je. Où est mon chapeau ?
-
J’en
avais besoin, dit-elle.
-
Ce
n’est pas votre genre.
-
J’en
aimerais un autre, Donald, dit-elle.
-
Pourquoi ?
-
Je...
je suis stupéfaite des renseignements que vous avez.
-
Vous
voulez dire que vous avez enlevé tout le dossier de copies de lettres
compromettantes ?
-
Et
alors ?
-
Je
ne vous dois absolument rien.
Chapitre 9
A la fin du repas, Lois repoussa sa coupe de glace vide et croisa ses mains sur la nappe.
-
Donald,
dit-elle, vous m’intriguez.
-
Pourquoi ?
-
Je
n’en sais rien
-
Dans
quel sens ?
-
L’idée
de m’installer devant un grand évier
plein de vaisselle sale m’ennuie à mourir.
-
En
tout cas c’est ce qu’on dit.
-
Voilà
une remarque sibylline qui donne matière à réflexion.
Mais,
du dehors, quelqu’un tambourinait à la porte.
Evans entra dans la pièce.
-
Arrivez,
je ne vous lâche pas et vous emmène avec moi.
Chapitre 10
Nous nous rendîmes au bureau des détectives, au quartier général de la police. Il
alluma une cigarette et se mit à fumer en silence.
-
Je
saute dans un avion, dit-il. S’ils appellent, dites-leur que je ne suis pas
rentré au bureau.
-
Où
allons-nous ?
-
A
l’aérodrome, dit-il.
-
Ne
soyez pas idiot, dis-je.
-
Non,
mille fois non, chaque chose en son temps ! En route !
Dave
Griffin se tourna vers moi.
-
Vous
prenez l’avion pour enquêter sur l’affaire Crosby ?
-
N’hésitez
pas à publier ce qu’Evans vous a dit, dis-je.
En entendant ces paroles, le journaliste bondit en direction de la cabine téléphonique.
Chapitre
11
Une certaine portion des habitants dort tandis que l’autre
veille et vice-versa. Il convient de mentionner également les couples venus en
vacances d’amoureux et que les jeux de hasard n’intéressent pas.
Au
bout de peu de temps, Evans s’endormit et se mit à ronfler.
Un
groom s’approcha de Lawson.
Il
revint au bout de quelques minutes et, empoignant Evans, le secoua comme un
prunier.
-
Quoi !
Qu’est-ce que c’est ? fit Evans.
-
Sans
doute encore un de vos tours, fit-il.
Horace
Dutton venait de pénétrer dans le hall de l‘hôtel.
En
moins d’une demi-heure, Dutton s’effondra et fournit tous les renseignements
voulus.
C’était
vraiment une histoire ébouriffante.
Pendant longtemps, Dutton n’avait rien remarqué, se contentant de parler
peinture avec Cadot. Pas très enthousiasmé, car il avait beaucoup bu. Il avait
trouvé Cadot au comble de l’excitation. Dans la bagarre le revolver était parti
tout seul. La journée était magnifique.
Il
ajouta qu’il était heureux que tout soit terminé, car sa conscience se trouvait
enfin libérée.
Lorsque
nous sortîmes de l’avion, ce fut une bousculade générale.
-
J’avais
besoin de gagner du temps.
Bertha
attrapa le téléphone.
-
Dans
ce cas, dis-je, ne prenez qu’un seul billet. J’ai rendez-vous avec une blonde.
Chapitre 12
Elle
ne nous aimait pas, réprouvant les femme grossières.
Pour moi, la véritable fin
survint quelques mois plus tard.
Je ne parlai même pas de ça à Bertha.
D’abord, elle n’apprécie par l’art moderne, non plus que l’art ancien.
F I N