mercredi 28 septembre 2016

Presque dix


Partagé entre la boule et le moral
Zéro
En homme averti qui pourrait valoir plus
Un
(Là où s’imposent en nombre les précautions )
Deux
(Et certains ménages qui ne sont pas la règle)
Trois
Il descendit les escaliers d’un de ces matins
Quatre
Quand surgit soudain le mystère des doigts du mouton à la patte de trop
Cinq
Tel un coup de dé, même les pieds sous terre, Jojo
Six
Langue dans sa bouche pour céder aux péchés capitaux 
Sept
Là il s’embarqua, sortie d’usine dans le grand
Huit
Attiré preuve ultime par l’odeur du
Neuf

samedi 24 septembre 2016

Sur pied


En quête d’inspiration
Le poète au pied du mur
Avait l’air d’un maçon
Les deux pieds dans le béton
En quête d’inspiration
Le poète faisait le pied de grue
Rien ne venait, il était pieds et poings liés
ça lui cassait les pieds
que pourtant il assemblait
d’arrache-pied
Luisant de transpiration
il avait la tenace impression
de s’être levé du pied gauche
L’incertitude de la rime
Lui coupait l’herbe sous le pied
Il se sentait colosse
aux pieds d’argile
ne valant guère qu’un centime
Il avait beau faire des pieds des mains
la muse volatile traînait des pieds
lui retournant des pieds de nez
au pied levé, ah c’est malin ! 
Ah, s’emportait-il à pied d’œuvre
Maudites soient ces sacro-saintes règles
versifier à tout prix sur un pied d’égalité
me donne l'impression
de me tirer une balle dans le pied ...
Pas de quoi se remettre sur pied
quand on est sur le pied de guerre
Il se résolut donc à un appel  du pied
trouva enfin sa muse
Ça lui ôta une épine du pied
Il sut de nouveau sur lequel danser
put le mettre à l’étrier :
il tomba à ses pieds,
il avait désormais
Chaussure à son pied
Et ce fut bientôt le pied
Cette histoire lui fit les pieds.
Il prit l’histoire au mot, 
au pied de la lettre :  
Il en tira un poème.

mercredi 21 septembre 2016

Fin de série




Sporadique, étalée sur deux ans, la série « cent-quarante » s’arrête avec 18 billets et 26 entrées, manière de rester intermittente plutôt qu’interminable. Rideau. 
* *


(Et je m'aperçois que j'ai oublié d'en joindre la compilation... La voici :)

 * *

introduction ou numéro 0
140 ne sera pas 27.
Ce sera –forcément- un exercice de concision, de compression, ou encore de synthèse.
Brut et peut-être même brutal. 
Et vraisemblablement inopiné, improvisé ou spontané, voire idiot. 
Sur tout, sur rien, sur n’importe quoi. Ce qui ne m'étonne pas de moi.

140-1 
140 est le titre générique d’une nouvelle série qui démarre ici.
Allusion au nombre de caractères 140 en est la seule contrainte.
Tout y sera possible thématiquement !

140-2
Je tournais autour de l’idée depuis quelque temps.
Après la lecture de touites, des visites de sites ou de blogs, même si je n’ai pas pour autant  l’intention de touiter.

140-3
Si ceux qui vendent des voitures suréquipées (sic), me laissant passablement perplexe, se reconvertissaient dans les lunettes, compteraient-elles trois verres ?

140-4
Son ultime proposition «la véranda dans le colonel Moutarde avec la bibliothèque », précipita sa perte de la partie, une preuve que le monopoly n’est pas un jeu facile.

140-5
Le chien aboie, le corbeau croasse, le lion rugit.
De plus, le chat parde, le jars dîne et dort. Sinon l’abeille gicle.
Enfin, l’essence yèle. C’est le cri du carburant.

140-6
Cette année, disposant de temps libre à son Ministère du Travail ô combien mal nommé, Michel Sapin répondra lui-même aux lettres que les enfants envoient au père Noël.

140-7
Pensant faciliter les choses, et même détendre l’atmosphère âpre de négociations qui s’éternisaient, après les dessous de fables, il se fendit d’un chèque ambiant.

140-8
Ah, le sens des mots ! Etonnant de parler du retour de quelqu’un, comme une belle histoire pour les braves gens, quand il se trouve que ce petit quelqu’un n’est pas parti.

140-9
Aïe le sens des mots ! Si nous poursuivons les raisonnements paradoxaux, il serait amusant entre autre que quelqu’un qui n’est jamais parti ne parvienne pas à revenir.  

140-10
Et, tiens, puisqu’on parle de faux retour, donc de faux départ, avant -qui sait- un vrai départ, on pourrait se demander pour ces meetings : QUI paie ? C’est surfacturé ? 

140-11
Etrangement, les essuie-glace tout neufs n’amélioraient absolument pas la visibilité. Cela me conduisit –sic- à une hypothèse fructueuse à propos de mes lunettes. 

(mardi 6 janvier 2015)
140-12
Etrangement, les essuie-glace tout neufs n’amélioraient toujours pas la visibilité. L’hypothèse « mes lunettes » tomba : elles étaient nettes. C’étaient mes yeux.

140-13
S’il n’a rien à raconter, c’est un abrégé d’histoires ? S’il ne sait pas lire, c’est un abrégé de lettres ? C’est un peu court jeune homme !

140-14
Transports en commun. Tram. Trajet aller, trajet retour. Des passagers dégainent leurs livres. Bons moments. Décidément, une belle journée !

140-15
La situation dramatique issue des récents naufrages en Méditerranée est telle que désormais l’Europe les autorisera juste les jours impairs.


A propos de 140-16 à 140-20 : cette série intermittente, aussi sporadique que discontinue, est toujours en cours et se poursuit par une petite variation en cinq actes.

140-16
Lorsqu’une tarte tatin, ainsi baptisée en hommage aux sœurs du même nom, finit par terre du « mauvais côté » est-on absolument sûr finalement que c’est le mauvais côté ?

140-17
Lorsqu’une tarte tatin finit par terre du mauvais côté, imitant malencontreusement la tartine et la confiture, doit-on penser malchance ou juste retour des choses ?

140-18
Lorsqu’une tarte tatin finit par terre du mauvais côté, imitant un cri de tartine confiturée, on peut penser malchance, maladresse mais  peut-on la rebaptiser tinta ? 

140-19
Lorsqu’une tarte tatin, ainsi baptisée en hommage aux sœurs du même nom, finit par terre du « mauvais côté » est-ce aussi un hommage quoique discret à la réversibilité ?

140-20
Lorsqu’une tarte tatin dont l’origine tient à une étourderie finit par terre du « mauvais côté », il est rare qu’on pense illico qu’un exemple de sérendipité est au sol.

140-21
Que se comprendre à demi-mot permette de démarrer au quart de tour n’est qu’à moitié sûr, et ce n’est pas couper la poire en deux que de s’en moquer du tiers comme du quart.

140-23
Sur la plage, après la tempête, la mer avait rendu une chaise, une table, une commode, un lit,  un bahut et autant de bouées. Quelqu’un avait essayé de sauver les meubles ?

140-24
Ayant épuisé ses propres ressources, l’onychophage était arrivé au bout de lui-même et il tâtonna un moment, avant de finir par changer de régime : il dévora son oncle.

140-24 bis
Devenu cannibale, l’avaleur d’oncle était de plus en plus inquiet et se demandait s’il n’allait pas par dessus le marché devenir vampire à force de se ronger les sangs.

140-25
Il jugea qu’il était prudent après une douloureuse expérience de se protéger la main droite : il s’était brûlé la gauche et il n’était pas prêt à faire feu de tous doigts.

140-26
Après tant de combats menés sans relâche sans autre idée première que de sauver sa peau, il s’effondra, rejouant moins le repos du guerrier que le sable et le roupillon.

(140-fin)
Sporadique, étalée sur deux ans, la série « cent-quarante » s’arrête avec 18 billets et 26 entrées, manière de rester intermittente plutôt qu’interminable. Rideau.

lundi 19 septembre 2016

Limitations


De l’invisibilité et du silence
Vibrent dans l’air

Des yeux se ferment
Pour voir et entendre

un horizon intérieur
est tracé
pointillés invisibles

Dire ou ne pas dire
N’est pas la question

Ne pas entrer dans le cercle
Rester
au bord des mots

vendredi 16 septembre 2016

Propos sur le discours (et pas l'inverse)


Dans les nombreuses occasions où l’exercice a lieu, que ce soit par le propos (discours d’hommage, de remerciement, d’adieu, d’intronisation, de bienvenue,…) ou par le ton (discours franc, rassurant, agressif, …)  il existe différents types de discours.
Mais rassurez-vous, on s’en épargnera une liste exhaustive aujourd’hui.
Il faut par contre bien convenir que le discours… 
Ah, comment dire justement …  le discours est un exercice difficile, délicat, et même …  redouté. 
Reste à savoir par qui…
I.
Ayons tout d’abord si vous le voulez bien une pensée pour celle ou celui qui le prépare et le prononcera…
Pour réussir, il lui faut rester ferme sur certaines règles.  
Tenez, en voilà une : « Non, je ne ferai pas de diaporama ! » 
Une autre ? on évitera de parler de soi. Merci de diffuser celle-ci !
Certains auteurs prétendent même qu’il faut de la méthode pour les discours.
C’est peut-être plus prudent…
Vous ne voyez pas ?  Pourtant je suis sûr que avez tous en tête les naufrages de certains acteurs aux Césars. Voilà la preuve qu’à moins d’avoir été le brillant lauréat  du prix Nobel d’improvisation, ce qui ne garantit rien, il vaut mieux se préparer un petit peu afin d’éviter le titre de champion du monde du « J’ai pas d’idée » avec l’accessit « oh, la gaffe ! »
N’allons pas plus loin, ensuite c’est juste affaire de bien tourner les idées dans sa tête, d’assembler et ajuster patiemment les phrases au plus près.
Une cuisine personnelle (transpiration, inspiration, tout cela est bien connu) pour laquelle on se gardera de tout conseil.   

II.
Notre esprit philanthrope et épris de justice nous oriente maintenant vers l’auditoire, parmi lequel peut se trouver la personne directement concernée, celle sans qui le discours n’aurait pas lieu.

Ne jouez pas les surpris, il est bon de se préparer là aussi.
Mais pas pour les mêmes raisons.
Alors, même si ce n’est pas un kit de survie, voici de quoi se prémunir en anticipant un peu, sans aller jusqu’aux protections auditives. 
S’il y a bien un point qui rassemble l’auditoire au moment du discours, et dès son début, c’est la question de sa durée.
Parions qu’un système qui prélèverait la pensée dominante de tout un chacun à cet instant, indiquerait un score de 100 % pour « J’espère que ça va pas être long », score qui pourrait crever les plafonds pour peu que la table du vin d’honneur soit bien en vue.
Préparez-vous donc aux remerciements protocolaires qui n’en finissent pas au point d’être plus longs que le discours proprement dit.
Restez philosophes lorsqu’un discours annoncé en trois parties n’en compte finalement que deux, à grand peine et –notamment- faute de temps… En cas de doute, vérifiez dans l’assistance auprès de votre voisin qui vous rassurera par sa réponse : « Ah, vous aussi vous avez remarqué ?». 
Et dites-vous que vous y avez peut-être gagné.   
Enfin il y a le syndrome « Trop beau pour être vrai » pour lequel on recommandera une stratégie du type «Saint-Thomas ».  
Restez prudents et n’accordez votre confiance qu’avec parcimonie lorsque vous entendez de vos deux oreilles le fameux « Je ne serai pas long ».

Vous l’avez compris, le discours est un combat de haute lutte. Les exemples pullulent et là encore, nous n’irons pas plus loin. 

III.
Que dire juste avant de conclure ? 
Dire par exemple « En tout cas le discours fait parler ».
Voici trois aperçus. 
Victor Hugo a dit : « la parenthèse est l’île du discours. » (Sans doute préparait-il Oceano Nox ?) Tiens, une île ! …

Un autre a prétendu que les discours les moins longs étaient aussi les plus courts.
Tiens, Pierre Dac, puisque c’est lui, nous rappelle fort justement à l’ordre ! 
Comprenons qu’à l’instar d’une grève, il savoir terminer un discours.
..
Alors, il est sans doute temps de se rapprocher d’Angélus Silesius1 qui a dit :
« Le silence est profond comme l’éternité et les discours superficiels comme le temps. » 



(1) poète et mystique allemand 1624-1677

lundi 12 septembre 2016

Quarante cas



Le charmeur de serpents n’avait pas de pieds,
La femme à barbe se mourait d’ennui,
Les oiseaux de malheur poussaient la symphonie,,
Le marchand de biens avait beaucoup de malles,

Le chauffeur de salle se croyait tout permis,
Le chasseur de têtes fusillait du regard,
Le coureur de fond  piquait dans le tiroir-caisse,
Le contrôleur du train de 21h07 était plutôt réservé,

L’homme sandwich redoutait les pique-niques,
Le marchand de journaux cherchait les fées d’hiver, 
L’avaleur de sabres avait peur des couleuvres,
L’homme-tronc ne pouvait les piller,

Le cheval de Troyes ne pensait qu’à Sète
Le lanceur de couteaux avait du vague à lame,
La tireuse de cartes avait toujours un plan B,
Le banquier d’affaires prenait son pain au marché,  

Les livreurs de pizzas se tiraient dans les pattes,
Le cracheur de feu économisait sa salive,
Le bouilleur de cru avait testé son QI,
L’homme de paille aspirait à un second souffle,

L’accordéoniste de bar  jouait en marcel, 
Le lanceur d’alerte évitait les boomerangs,
Le veilleur de nuit visionnait sans fin «Le jour le plus long » ,
Le voleur de chevals ignorait le pluriel,

Le faucheur de blé n’avait rien volé,
Le pêcheur de truites n’aimait pas le chou vert,
Le collectionneur de sourires était sur les dents,
Le rouleur de mécaniques avait une bille de clown,

Le chien de ma chienne préférait manger froid,
Le début de la fin craignait les haricots,
L’artiste de rue ne sortait jamais de chez lui,
Le conducteur de bus se sentait isolé,

La marchande d’allumettes partait à Stockholm,
Le pilote de ligne n’avait rien tiré d’elle,
Le marchand de glaces était né à Versailles,
Le coiffeur pour dames refusait les poteaux,

L’étoile de shérif voulait changer de branche, 
Le laveur de carreaux aimait le lèche vitrines,.
Le chanteur de charme se promenait dans les bois,
Le loup de mer n’y était pas.

vendredi 9 septembre 2016

Vertige, vide et insanités

Je ne reconnais même pas ma mère sur une photo.
Je devrais peut-être faire de la politique.

Cet extrait que j'avais noté en mai dernier 
à la lecture d'Indépendance de Richard Ford, 
deuxième roman de la "série" des Frank Bascombe, 
m'est revenu en tête allez savoir pourquoi ces derniers jours...