mardi 21 octobre 2014

Un Regard Noir-1

Il est temps de composter et de monter à bord de l'express.
Je me cite (billet titré Sauce paru le 2 octobre) car on n'est jamais si bien servi par ce qu'il faut rendre à César ouvre-toi :
Un nouveau projet « express » est sur les rails, en 10 épisodes.

J’en ai pour l’instant le titre et le principe, je viens de sélectionner les pages mais je n’ai point commencé. C’est déjà bien, je trouve.

Je publierai à mesure, sans préparer ni prendre d’avance et je n’ai pas défini le rythme (hebdomadaire me tente bien) .
Voici les précisions qui manquaient : ce sera dix mardis de suite, à compter d'aujourd'hui. 
Et maintenant un peu de cuisine :
-Je révèlerai le titre du roman à la fin, s'il n'est pas découvert avant.
-Le titre, le genre et la collection m'ont soufflé le nom de la série : "Un regard noir" qui complète -en un sens- la précédente expérience "Un Œil Neuf" ! 
-J'en ai divisé le nombre de pages par 10 (c'est un format poche) et j'ai pu sélectionner, régulièrement espacées, les 10 pages qui  fourniront le matériau.
-Enfin, pour la méthode, pour le côté improvisé, je me donne en tout et pour tout 10 minutes sur la page, histoire de rester un peu "express", et  je m'accorde soit le lundi soir, soit le jour-même avant de publier pour y parvenir !
Il est l'heure de monter dans l'épisode 1 : 



vendredi 17 octobre 2014

La lettre et l'esprit

Le 17 octobre n’était pas un dimanche et resta à jamais une journée particulière.
Monsieur Martin de retour chez lui au matin après quelques jours d’absence releva son courrier, comme à l’accoutumée, un peu avant midi. 
Il comprenait l’unique magazine auquel il était abonné, une carte postale expédiée il y a deux semaines représentant une plage de sable blanc à haute teneur paradisiaque et enfin une enveloppe dont l’ouverture ne manqua pas de le contrarier.
Elle contenait en tout et pour tout la lettre M sur papier glacé, déchirée avec soin dans un magazine. 
Monsieur Thomas, le garagiste, décacheta une intrigante enveloppe bleue et découvrit qu’elle renfermait six petits carrés, la totalité des voyelles de l’alphabet, en capitales noir et blanc, découpées dans le journal local.
En plus des deux factures qui avaient passé une nuit très fraîche dans la boîte car elle ne les avait pas ramassées la veille, Madame Dubois reçut un pli cacheté contenant la lettre P.
Chez la famille Richard, c’est le fils aîné qui, en son jour de congé, trouva un B majuscule expédié dans une enveloppe grise.
Mademoiselle Petit attendait tout autre chose que la réception d’un mystérieux  D extirpé d’une enveloppe blanche. Cela la rendit fort perplexe et son cœur se mit à battre autrement.  

Cela parut à tous aussi inattendu qu’inexplicable. L’incompréhension fit son chemin. Vint l’inquiétude. 
Oiseau de mauvais augure. Une menace diffuse d’heures incertaines refaisait-elle surface, onde troublante gagnant la rive ? 

Curieusement, à moins que ce ne soit justement, cela n’avait guère provoqué d’appels, songeaient les gendarmes en allant frapper aux portes.

Les investigations fines, passées les vérifications de routine, n’amenèrent rien qui puisse éclaircir la situation.

En fin d’après-midi, c’est le facteur que l’on trouva inanimé chez lui.
On crut tout d’abord qu’il dormait.
Jusqu'à la découverte d’une tasse vide sentant le thé renversée près de lui.
Suicide ?
On s’interrogea. Chercha. Fouilla.
Et l’on finit par retrouver les sacs du courrier de la journée cachés au fond du jardin.
On ne sut jamais pourquoi il avait malgré tout accompli sa tâche quotidienne une ultime fois au pied de la lettre. 
Et il y avait une enveloppe dans sa propre boîte. 

mercredi 15 octobre 2014

cENTQUARANTE

140-4

Son ultime proposition «la véranda dans le colonel Moutarde avec la bibliothèque », précipita sa perte de la partie, une preuve que le monopoly n’est pas un jeu facile.

140-5

Le chien aboie, le corbeau croasse, le lion rugit.
De plus, le chat parde, le jars dîne et dort. Sinon l’abeille gicle.
Enfin, l’essence yèle. C’est le cri du carburant.

.../... 


La série étant désormais lancée, elle reviendra régulièrement sous deux formes : 
-  libre avec 140 caractères espaces non compris , 
ou bien 
- Septuor  contrainte chez Zazie Mode d'Emploi : http://zazipo.net/+-Septuor-474-+


lundi 13 octobre 2014

CENTQUARANTE

0

140 ne sera pas 27.
Ce sera –forcément- un exercice de concision, de compression, ou encore de synthèse.
Brut et peut-être même brutal. 
Et vraisemblablement inopiné, improvisé ou spontané, voire idiot. 
Sur tout, sur rien, sur n’importe quoi. Ce qui ne m'étonne pas de moi.

Et en voici trois...

140-1 

140 est le titre générique d’une nouvelle série qui démarre ici.
Allusion au nombre de caractères 140 en est la seule contrainte.
Tout y sera possible thématiquement !

140-2



Je tournais autour de l’idée depuis quelque temps.
Après la lecture de touites, des visites de sites ou de blogs, même si je n’ai pas pour autant  l’intention de touiter.

140-3

Si ceux qui vendent des voitures suréquipées (sic), me laissant passablement perplexe, se reconvertissaient dans les lunettes, compteraient-elles trois verres ?

samedi 11 octobre 2014

Interférences sonores 7

Une mini-série de deux instrumentaux et un même thème.


"End of the rainbow"
On retrouve ici à la guitare Steve Hackett qui a joué dans Genesis.
Il est invité dans l'album Gallery of Dreams du groupe Gandalf 
(que je connais pas plus que cela .)


Et là un morceau figurant dans son propre album 
"Guitar Noir" où il file le thème de l'arc-en-ciel 
"Walking away from rainbows".

Deux morceaux principalement acoustiques qui illustrent 
la direction esthétique du guitariste dans les années 90.  

vendredi 10 octobre 2014

Lancement

Annoncée  il y a peu à grands renforts 
de publicité clandestine, de meetings onéreux surfacturés 
et de revues inutiles sur papier glacé 
de rien du tout, 
voici le préambule à cette mystérieuse et polichinelienne rubrique "140"
Aux abris !  

Sept mercenaires
Quatre vérités
Dix commandements
Trente-six chandelles
Trois mousquetaires
Douze salopards
Trente cercueils
Dix de retrouvées
Deux fonlapères
Sept merveilles
Quarante voleurs
Treize desserts
Neuf vies
Cinq sens
L’an quarante
Six bémols
Cent préavis
Douze travaux
Treize à la douzaine
Six rondelles
Un printemps
Cinquante pour cent
Moins deux  
Moins le quart
Trois pour le prix de deux
Trois pattes
Un canard
Un raton-laveur


= 140

mardi 7 octobre 2014

Acrobaties chromatiques

Dans le service, John Grey était le « bleu ».
L’équipe n’en faisait pas un fromage mais ils avaient tendance à le prendre pour une pâte molle. 
Reprenons.
Une sombre histoire.  Besoin d’un témoignage. Grey alpagua un noir pas clair à ses yeux et le conduisit au poste. Il avait bien vu que ce n’était pas un aigle, il le laissa mariner dix minutes avant d’entrer. 
Grey posa alors un regard d’acier en même temps que sa question. 
Rien. Puis un bredouillis. Et rien.  
Scruté dans le blanc des yeux et sommé d’ajouter un mot, le noir eut un blanc. Un tunnel, un véritable trou noir.
Blanc comme un linge, il restait muet comme une tombe.
De quoi déclencher une colère noire, certes, mais est-ce que ça soulage vraiment ? pensa Grey. 
Idées noires puis éclair. Un coup, un leurre... 
Grey embarqua le noir au « Rainbow » (avec l’idée qu'il se mette à table) en le mettant "au vert".
Sur place, ils s’y mettent. Un prétexte est vite trouvé. Le noir arrose l’important. Ce n’est pas un dessous de table. Non, c’est un coup de blanc. Levant le coude,  le noir est vite gris puis noir. 
Impossible de faire semblant tant ça se voit. 
A côté du noir, au comptoir, un blanc qui porte un bleu et une casquette est noir, lui aussi. Blanc bonnet et bonnet blanc ?
Le noir soudain loquace oublie Grey et échange avec le blanc au bleu des propos décousus. Ils sont chauffés à blanc.
Grey en est vert car il a compris qu’il n’aura pas d’aveux pour n’y avoir vu que du bleu. Il sent que son leurre est dans le rouge.
Et puis soudain, silence d'ivrognes.
Un orange passe. 
Surtout, pense Grey, faire comme dans le manuel, laisser passer l’orange.
Alors Grey se détend, il se sent l’esprit plus clair et pense aux chats la nuit. Son plan est à l’eau, il ne peut plus rien. 
Alors, tant pis pour le chef, je pourrais dire qu’il m’a échappé. 
Il hésite encore, et finalement son courage remonte d’un cran : il envoie le noir sur les roses. 
Grey rentre broyer du noir après avoir fait chou blanc.
Au fond, c’est troublant, se dit-il, d’interroger un possible témoin aux couleurs qui se nomme Red Brown et qui traîne son blues.

Voilà pourquoi beaucoup ce matin-là au poste pensaient que Grey n’étaient pas blanc-blanc dans cette affaire.
De là à passer pour un jaune…