samedi 18 mai 2013

Chicago


Les "chicagos" sont des devinettes homophoniques selon l'Anthologie de l'Oulipo, éd. Benabou & Fournel,nrf - Poésie/Gallimard. 
Comme m'y invitait MH de l'Appentis Saucier, je reprends la balle au bond.  Quelques exemples d'abord pour saisir le principe : 

Pisse homme de peu de foi
Vomis dévôt
Crache bigot
Expectore, grenouille
CHIE CAGOT

Nul boulgour
Néant couscous
Zéro patate
Nada polenta
PAS RIZ

Pied de montagne
Lisière de plaine
Plage de mer
Confins des terres
BORD D'EAU

0 heure
1 jour
10 semaines
100 mois
MILLE ANS

Gant Sarah
Chapeau Myriam
Bas Rachel
Robe Léa
MANCHE ESTHER

Suitcase Mom
Big box brother
Vanity-case sister
Purse grand-ma
BAG DAD

Ersatz Europe
Faux Calypso
Succédané Daphné
Bidon Echo
TOC IO

Et voici mes premiers pas... 


Ainsi spectacle
Bêta brûlant
Idiot enflammé
Pot bouillant
Sochaux

Comme terre
Part la vieille
File mamie
Vire-toi mémé 
Valenciennes

Tel père
T’es né ici ?
Marmot idem
Identique rejeton
Memphis

vendredi 17 mai 2013

Terre

Il y a quelques jours, nous avons passé un très bon moment en allant voir PROMISED LAND, un film de Gus van Sant avec Matt Damon, Frances McDormand notamment.
Steve Butler (Damon) rejoint sa collègue Sue (Mc Dormand) dans un bled du nord-est des Etats-Unis.
Ils sont tous deux employés de Global, une compagnie pétrolière qui rachète les terrains en vue d'une exploitation du gaz de schiste.
Leur stratégie d'immersion dans le village vise à s'intégrer pour faire passer le message en vue de faire signer le maximum de gens à qui ils font miroiter une manne financière, un argument d'autant plus décisif à priori que les gens sont fauchés.
Mais tout ne va pas aller de soi. Pourtant, Steve est sincèrement (naïvement) convaincu de faire le bien en faisant son job. Et il est d'ailleurs très bien noté par sa hiérarchie qui le considère comme l'un des meilleurs et lui offre d'ailleurs une promotion à un moment.
C'est sans compter sur des opposants qui se fédèrent peu à peu, menés par un professeur ancien ingénieur chez Boeing... Je ne révélerai pas la suite des événements.
Le film est attachant, plein d'humanité et le réalisateur prend son temps pour nous dérouler cette histoire avec fluidité. Le temps qui coule lentement permet la prise de conscience, la réflexion. Les personnages sont bien campés, leurs failles et leurs interrogations sont suggérées. Des hommes et des femmes beaux dans leur faiblesse mais dignes dans la difficulté.
Il est particulièrement intéressant que même si on sait à peu près où on va question dénouement, c'est le chemin que le film emprunte qui surprend, en étant jamais là où on l'attend. Il y a même une certaine élégance  ou délicatesse à ne pas nous la jouer pensum vertueux.
Et c'est bien par ce biais, grâce à ce choix narratif que la profondeur et la densité s'installent, sans aucune démonstration, sans coups de tam-tam.
Et ça fait du bien.

jeudi 16 mai 2013

Essorage


AVAIT ROI PLUS MORCEAU TANT MANGER BONNES

buvAIT  RIRE RAcONTER hISTOIRES, TAISAIT TANT vIllAGE SE

cONTENTAIT fER cONSTRuIRE dES OuTIlS. S’INTéRESSAIT dANS GuéRIR, FINAlEmENT vOuS

fAuT mANGER TROIS ORANGES

TROuvENT mAINTENANT SOuS l’OGRE. l’écOuTA ATTENTION ORANGES. 

AvAIT TROIS : quATORzE. l’AîNé ORANGES,

dIT-Il. dONNEREz-vOuS l’auTORISATION ? ROI AccEpTA. GARçON lONG vOyAGE SE

dISAIT j’AuRAI lA mOITIé ApRèS mORT. vOyAGE lONG, ET S’ASSIT

fONTAINE, SORTIT pROvISIONS mANGER. AppARuT uN mANGER ? LES

pORTE pOuR lONG SAIS pOuR mOI ! bARbE blANchE S’élOIGNA lENTEmENT TROIS

mONTAGNES déSERTIquES. ROI. VAIS ? pROpOSA. pOuR vOyAGE. UN mONTAGNES

déSERTIquES. AllER, Où bIEN ! vAS. TROuvE ENcORE, mAIS REvIENNES ORANGES.

ET PRèS fONTAINE ASSEyEz-vOuS pRENEz dANS mANGé ET vOuS,

TROIS ORANGES

SONT l’OGRE. vOuS dERRIèRE . vOuS décOuvRIREz GRANdS dOIGTS. LE juSTEmENT

TRAIN NETTOyER dOIGTS. fAITES . VOyEz. AccROchE mORcEAu mON : ORANGES

pATTE l’OGRE. vOuS mOI, vAIS vOuS RENSEIGNER : fAudRA mINuIT l’OGRE. SERA suR.

TROIS ORANGES

SONT. VERSEz GOuTTES dORmIR pluS pROfONdémENT. AlORS ORANGES

ET RApIdEmENT. GARçON. SAIS RESTE. vOIcI mIROIRS SAuvANT, EN  GARçON ENTRA  dANS

dORmAIT OuvERTE. cONTENu fIOlE. AlORS TROIS ORANGES,

bONdIT SuR SON . S’évEIllA SE . GARçON mIROIRS. pOuvAIT dEdANS. fuGITIf. LE TEmpS,

déSOlAIT mORT. hOmmE ARRIvA. S’écRIA vOuS AppORTE ORANGES. 

fuRENT hEuREux. hAIllONS mAIS . ROI GuéRIT dONNA SON...







Procédé de fabrication : 
-contrainte : oulipo / avion 
-source : un conte / les trois oranges
-méthode : faire cuire deux heures le balayage du texte dans l'ordre mot à mot en faisant "tourner" les lettres du groupe de mots "trois oranges" dans l'ordre aussi ; on ne change pas de mot de lettre en lettre si ce mot contient une séquence ad hoc, et on ne retient que les mots bien placés contenant la/les lettre(s) recherchée(s).  

exemple sur la première ligne : 
AVAIT ROI PLUS MORCEAU TANT MANGER BONNES

- titre : LES TROIS ORANGES --> ESSORAGE qui essaie de traduire ce qui s'est passé à la réduction !

A plus tard pour une nouvelle lessive.




mercredi 15 mai 2013

Racines

Joe Jackson était en tournée avec son "Bigger Band" fin 2012. 
Ici ils jouent Hometown une chanson publiée en 1986 
(album Big World) qui est reprise en une très belle version acoustique.
   
Il est plaisant aussi de voir à la fin Joe Jackson manifester 
sa grande satisfaction à ses acolytes pour ce qu'ils ont réussi ensemble.

J'ai un attachement particulier et partiellement paradoxal 
à cette chanson (comme à Toulouse pour n'en citer qu'une) 
car ma propre histoire fait que je serais bien en peine 
de chanter ma ville natale. 
Mais Joe Jackson (revu il y a presque 4 ans en concert) 
fait partie des artistes qui nous lient irrémédiablement madame K et moi, 
et rien que pour ça... 

dimanche 12 mai 2013

14

C’était une journée d’avril froide et claire.
Il convenait donc parfaitement.
Il n’y avait aucun moyen de savoir quelle rédaction serait finalement adoptée, mais il avait la conviction profonde que ce serait la sienne. 
Au milieu de cette horrible pauvreté, il y avait quelques belles maisons, hautes et larges, où vivaient des hommes riches qui avaient pour les servir jusqu'à trente domestiques.
« Vous pouvez pas r’garder où vous allez, non ? » 
Déjà, sur le chemin qui partait de la gare, il s’était senti sale et rabougri, sous le soleil de mai.
C’était une de ces innombrables chansons, toutes semblables, que la sous-section du Commissariat à  la Musique publiait pour les prolétaires.
Après avoir dévoré le chocolat, il se sentit quelque peu honteux de lui-même et traîna par les rues pendant plusieurs heures, jusqu'à ce que la faim le ramenât à la maison.
C’était comme de lutter contre une tâche physique écrasante, quelque chose qu’on aurait le droit de refuser, mais que là on était néanmoins nerveusement anxieux d’accomplir.
Manufactures, mines, terres, maisons, transports, on leur avait tout enlevé, et puisque ces biens n’étaient plus propriété privée, il s’ensuivait qu’ils devaient être propriété publique.
Il glissa une main dans sa poche.
Jamais il ne l’avait aimé si profondément qu’à  ce moment, et ce n’était pas seulement parce qu’il  avait fait cesser la douleur.
Savez-vous que vous puez comme un porc ?
IL AIMAIT BIG BROTHER.







Mode d'emploi : 

-Contrainte Oulipienne :  
AVION  (voir ici billet du  9 mai dernier) 
-Source : 1984 George Orwell 
(édition Folio Gallimard - traduction Amélie Audiberti)

-Règles utilisées pour la "réduction" du texte : 
a) en partant de la première phrase, sélection de 7 phrases toutes les 1984 lignes.
Si une phrase se termine dans la ligne repérée, elle est sélectionnée en la prenant du début. 

b) en partant de la dernière phrase, même principe en remontant de 1984 lignes en 1984 lignes. 
Dans la ligne repérée c’est la phrase qui commence qui est retenue.
  
c) les 14 phrases « en quinconce » sont alors replacées dans l’ordre du récit.


Le titre 14, abrégé et tiré de 1984, est tombé sous le sens, après !



vendredi 10 mai 2013

Coucou


CoUde blanc
polar oléocranien
Chapitre 1

Bertha  referma la porte et  avança vers moi, les yeux brillants de rage. 

-          Donald je suis à bout.
-          Pourquoi ?
-          Il a aligné cinq billets sur mon bureau.
-          Je vais le voir, dis-je

Fisher prit une profonde inspiration.

-          C’est tout-à-fait involontaire.
-          Bien sûr que si, mais beaucoup plus tard.
-          Qui est ce George Cadot ?
-          Je l’ignore.
-          Vous a-t-il dit quelque chose ?
-          Qu’est-ce qui vous le fait penser ?
-          Mon plan ne vous séduit pas ?
-          Quel âge a-t-il ?
-          Dix-huit mois.
-          Impôts déduits ?
-          Non, non, surtout pas.
-          Je m’y attendais.

Bertha m’adressa son plus gracieux sourire.

Chapitre 2
Je m'y rendis.
-          Cela vous dit quelque chose ?
-          Non.
-          Et votre prénom ?
-          Du moins il essaye.
-          Qui est B. Cool ?
-          Il pense.
-          Je le crois capable de tout.
-          Ça dépendra de beaucoup de choses.

Elle sourit.

Chapitre 3

On aurait juré un œuf sur le plat écrasé.

-          Ça vous plaît ?
-          ...
-          Nous en avons essayé d’autres et c’est celui-ci qui allait le mieux.
-          Circulaire !
-          Vous croyez ?
-          Certainement.
-          Il a le téléphone.
-          Billings, dis-je, Donald Billings.
-          Bon sang, Billings !
-          Rien du tout, dis-je noblement.
-          Il y a George, Horace, dit Caroline.
-          Dommage, fis-je.

Nous reprîmes des gins avec de moins en moins de tonic.

-          J’y suis, reprit Horace. Chalmers, George Chalmers... Le cochon !

Je dus me lever précipitamment pour aller vomir, mais ensuite, je me sentis mieux.

Chapitre 4

Fisher se tenait sur le seuil.

-          Avez-vous pu lui couper l’herbe sous le pied ?
-          Mais je ne l’ai pas encore vu.
-          Je ne comprends rien à votre histoire.
-          Exactement.
-          Vous allez vous détraquer les nerfs avec ce petit jeu-là.
-          Que faisons-nous maintenant ?
-          Repartir sans nous faire remarquer.
-          Vous pensez qu’elle a averti Cadot ?
-          J’ai l’impression que c’est déjà fait, dis-je.
-          Je veux rester avec vous.
-          Vous rentrez à la maison, ici vous êtes dans mes jambes. 

Fisher m'examina d'un air méfiant.

Chapitre 5 

Je pliai les deux copies de lettres et les mis dans ma poche. Lois arborait une robe de chambre, des mules et un sourire engageant. 
-          Ce n’est pas vrai !
-          Comme vous êtes psychologue !
-          Pour quelle raison ?
-          Je vous déteste !

Je vidai ma tasse de thé d’un air dégagé.

-          Ne vous fâchez pas.
-          Alors montrez-moi l’exemple.

La sonnerie de l’entrée retentit trois fois.

-          Je suis désolée mais nous n’avons pas un morceau de sucre à la maison.
-          Billings ?
-          Après. Chaque chose en son temps.
-          Je préfère ça. Je rentre à mon hôtel.

Je m'éloignai à grands pas, le laissant pantois sur le pas de sa porte.

Chapitre 6

J'entendis nettement la voix de Bertha au bout du fil.

-          Allô Bertha, ici Donald.
-          Je vous avais interdit d’appeler en PCV.
-          Je comprends très bien.
-          Prenez vos précautions, dit Bertha.

Je raccrochai et rentrai à l’hôtel. Hormis l’étiquette de valise, je ne trouvai rien d’autre. Je quittai la chambre, descendis aux cabines téléphoniques et cherchai dans l’annuaire le numéro de la «Jensen Thrustmore Company ».  
-          Ici les moteurs Jensen.
-          Je suis un détective privé de Los Angeles.
-          Dîtes donc, qui vous permet de me parler sur ce ton ?
-          Merci, je fais de mon mieux.
-          Qu’est-ce qui vous le fait supposer...
-          Je crois que je vais acheter un bateau.

Sur ces paroles, je fis demi-tour.

Chapitre 7 

Dans l’avion, je jetai un coup d’œil au journal de Cadot.  Rien d’intéressant. Mais, à la date du quinze avril, je relevai les lignes suivantes : Grand-père décline rapidement. Le jour suivant : Mais on le dit d’ailleurs dans la famille. Deux jours après : Le téléphone ne cesse de sonner.
J’arrivai à l’hôtel.
Fisher procéda aux présentations.
-          Impossible, dis-je.
-          J’ai reçu une lettre de lui, dit-elle.
-          George Cadot n’était pas présent, rétorquai-je.
-          Vous autres, hommes, dit-elle, savez vous tenir les coudes.

Je jugeai préférable de ne pas téléphoner à Lois Marlow. 
Evans bondit de son fauteuil.
-          DONNEZ-MOI CETTE LETTRE.

Il la lut lentement en sifflant entre ses dents.
-          Comment cette lettre vous est-elle parvenue Mrs Fisher ?
-          Par la poste

Sans se donner la peine de répondre, Bertha raccrocha.

Chapitre 8

Je faisais vraiment de l’équilibre sur le fil du rasoir ! 
Le téléphone se mit à sonner.
-          Hello Donald, dit Lois, aimeriez-vous recouvrer votre couvre-chef ?
-          Evidemment.
-          Je suis libre comme l’air.
-          Je sais où c’est.
-          Vous arrivez ?
-          Et comment !

Elle me décocha un sourire des plus cordiaux.
-          Pas de danger ! m’écriai-je. Où est mon chapeau ?
-          J’en avais besoin, dit-elle.
-          Ce n’est pas votre genre.
-          J’en aimerais un autre, Donald, dit-elle.
-          Pourquoi ?
-          Je... je suis stupéfaite des renseignements que vous avez.
-          Vous voulez dire que vous avez enlevé tout le dossier de copies de lettres compromettantes ?
-          Et alors ?
-          Je ne vous dois absolument rien.  

Chapitre 9

A la fin du repas, Lois repoussa sa coupe de glace vide et croisa ses mains sur la nappe.
-          Donald, dit-elle, vous m’intriguez.
-          Pourquoi ?
-          Je n’en sais rien
-          Dans quel sens ?
-          L’idée de m’installer devant un grand évier  plein de vaisselle sale m’ennuie à mourir.  
-          En tout cas c’est ce qu’on dit.
-          Voilà une remarque sibylline qui donne matière à réflexion.

Mais, du dehors, quelqu’un tambourinait à la porte. 
Evans entra dans la pièce.
-          Arrivez, je ne vous lâche pas et vous emmène avec moi.

Chapitre 10

Nous nous rendîmes au bureau des détectives, au quartier général de la police. Il alluma une cigarette et se mit à fumer en silence.

-          Je saute dans un avion, dit-il. S’ils appellent, dites-leur que je ne suis pas rentré au bureau.
-          Où allons-nous ?
-          A l’aérodrome, dit-il.
-          Ne soyez pas idiot, dis-je.
-          Non, mille fois non, chaque chose en son temps ! En route !

Dave Griffin se tourna vers moi.
-          Vous prenez l’avion pour enquêter sur l’affaire Crosby ?
-          N’hésitez pas à publier ce qu’Evans vous a dit, dis-je.

En entendant ces paroles, le journaliste bondit en direction de la cabine téléphonique. 

Chapitre 11

Une certaine portion des habitants dort tandis que l’autre veille et vice-versa. Il convient de mentionner également les couples venus en vacances d’amoureux et que les jeux de hasard n’intéressent pas.
Au bout de peu de temps, Evans s’endormit et se mit à ronfler.
Un groom s’approcha de Lawson.
Il revint au bout de quelques minutes et, empoignant Evans, le secoua comme un prunier.
-          Quoi ! Qu’est-ce que c’est ? fit Evans.
-          Sans doute encore un de vos tours, fit-il.

Horace Dutton venait de pénétrer dans le hall de l‘hôtel.
En moins d’une demi-heure, Dutton s’effondra et fournit tous les renseignements voulus.
C’était vraiment une histoire  ébouriffante. Pendant longtemps, Dutton n’avait rien remarqué, se contentant de parler peinture avec Cadot. Pas très enthousiasmé, car il avait beaucoup bu. Il avait trouvé Cadot au comble de l’excitation. Dans la bagarre le revolver était parti tout seul. La journée était magnifique.
Il ajouta qu’il était heureux que tout soit terminé, car sa conscience se trouvait enfin libérée.
Lorsque nous sortîmes de l’avion, ce fut une bousculade générale.
-          J’avais besoin de gagner du temps.
Bertha attrapa le téléphone.
-          Dans ce cas, dis-je, ne prenez qu’un seul billet. J’ai rendez-vous avec une blonde.

Chapitre 12 

Elle ne nous aimait pas, réprouvant les femme grossières. 
Pour moi, la véritable fin survint quelques mois plus tard. 
Je ne parlai même pas de ça à Bertha.

D’abord, elle n’apprécie par l’art moderne, non plus que l’art ancien.

F I N 


jeudi 9 mai 2013

zinc

Exercice oulipien inédit pour moi, je me suis lancé dans l'aviation dont vous trouverez les principes ici  .
C'est à ce même endroit qu'en plus du plaisir de la lecture, l'idée et l'envie de tenter l'expérience en avion me sont venues.
J'ai cherché, pas trop longtemps, de quoi assouvir cette espèce de traitement chirurgical implacable et bref, et j'ai finalement décidé de m'en tenir au polar dont les récits à priori fortement dialogués semblent fournir le matériau adéquat pour une première.
Reste à savoir, avec la publication prévue demain, si l'assemblage improbable et certainement peu stable n'a pas donné naissance à une machine qui, loin du jumbo-jet, aurait plus sûrement à voir avec le coucou ou le zinc, en se rapprochant inexorablement du tas de ferraille.
Quelques mots de présentation de ce malheureux bouquin :
Cousu de Fil Blanc (titre original : Some slips don't show) est paru en 1958 aux Presses de la Cité, traduit par Jacqueline Souvré.
Il compte 190 pages et 12 chapitres, une structure que j'ai respectée.
Il fait partie du cycle d'aventures de Bertha Coll et Donald Lam dont je n'ai aucune envie de lire un autre épisode, même si je trouve que les noms des héros sont bien trouvés.
Il est signé A.A. Fair, pseudonyme de Erle Stanley Gardner que je connais pas. Toujours pas devrais-je dire. J'ai acheté mon exemplaire en solde à Bordeaux le 27 avril dernier au prix soldé de 30 centimes. Il pue le vieux papier.

Lors du vol, j'ai le sentiment étrange d'avoir été embarqué dans l'histoire et de lire sans y rien comprendre. Je ne suis pas vraiment sûr que j'aurais eu un sentiment différent en le lisant normalement.

J'ajoute un mini reportage photo pour illustrer le quoi et le comment.

 

La première et quatrième de couverture.  


Le repérage avec le surligneur et le crayon. 
La reliure n'a pas survécu aux différentes manipulations !

Ce premier avion est dédicacé très normalement et fort amicalemant à MH de l'Appentis Saucier !
Escadrille, en formation !