lundi 3 août 2015

23 l'hirondelle et la noblesse

Les mots 






On compte deux sortes d’hirondelles infrarouges : l’hirondelle objective et l’hirondelle relative. 
La première est celle que fabrique la mécanique du monde et la seconde est le journal de l’infrarouge tout seul. Son kilomètre, pourrait-on dire, car plus il est rapide, plus l’infrarouge fabrique de l’hirondelle.
L’hirondelle du monde est celle qui nous vient de face. Contre elle, je ne connais pas d’autre remède que la liberté et la solidarité. Le jour où vous prenez une grande hirondelle du nord bien installée dans la pipe, rien ne vaut une montagne aux larges épaules.
Vous vous faites petit derrière lui et vous attendez que ça passe. Plus précisément, vous attendez qu’il s’écarte pour vous céder la noblesse et aller au charbon à votre tour.








(D'après un texte souche extrait de  Besoin de vélo, Paul Fournel)

lundi 27 juillet 2015

22 Amour du gourou

Les mots 



C’est surtout l’amour que je livre le plus volontiers à cette sorte de bistrot.
Malheureusement, mes clowns ne durent généralement pas plus de quelques minutes, quelquefois même quelques secondes.
Tout se dodeline  avec rapidité, comme les dessins de la pluie sur une vitre, et d’authentiques chefs-d’œuvre se mettent à couler comme des camemberts. Le plus souvent, découragé, je me désintéresse de ces enfers trop liquides et je pense à autre chose. D’autres fois, je m’accroche, je m’efforce de les fléchir et j’utilise les débris d’un gourou en pleine déliquescence pour en fabriquer hâtivement un autre, qui ne durera d’ailleurs pas plus longtemps.

(c) d'après François Le Lionnais -Oulipo

lundi 20 juillet 2015

21 Tintamarre au zizi.

Les mots 



Prenez une bonne tranche de tintamarre.
Découpez-la en petits uppercuts finement tranchés que vous disposez dans votre plat.
Ajoutez 2 verres de venimeux complétés d’une rasade de whisky.
Saupoudrez généreusement de xérophtalmie.
Laissez mariner 20 minutes puis retirez les yeux.
Mettez au four 15 minutes à 180 ° avant d’incorporer le zizi.
Renfournez et laissez cuire 15 minutes de plus.
Démoulez.

Servez chaud.

lundi 13 juillet 2015

20 Le monogramme du si

Les mots 


Monogramme, il n’avait qu’une femme. 
Elle était niaise ni malaise.
Non, tout simplement intelligente, belle, parfaite.
Mais il ne pesait pas lourd tant elle était convoitée. 
Même qu'il en souffrait.
Et il se réfugiait dans une forme d’optimisme aveugle à tout prix qui faisait de lui un véritable enrhumé du parfum de querelle lorsque quelques entreprenants intrusifs se manifestaient auprès d'elle. 
Et cela ne résolvait en rien son problème. 
Et cela se renouvelait régulièrement.  Inutile de dire que la répétition peut peser et peut lasser.
La répétition peut lasser. 
La répétition, oui ?
La répétition peut lasser, surtout si elle se répète. 
Alors là, sûr, la répétition peut lasser.  
- A part ça, pensez-vous que la répétition peut lasser ?
- Bien sûr que si.
...
- Si si.

lundi 6 juillet 2015

19 Fichtre, c'est de la levure !

Les mots 


Bonjour chers amis, 
aujourd'hui nous vous proposons de jouer.

Vous devez choisir une des propositions pour chaque question.

1/Qui a dit
« Fichtre ! fit Lupin ».
Sherlock Holmes – D’Artagnan – Arsène La Rochefoucauld

2/Qui a dit :
« Les enzymes gourmets, ce sont des enzymes gloutons qui se dominent. » (*)
Grégory Peck - Jean-Paul Le Chat  – Jean-Sébastien Bonux - Djamel Lacroix

3/ Qui a dit :
« L’hésitation désigne une incertitude : on ne sait trop quelle décision prendre, comment trancher, enfin je crois. »
Maxime Pilouface – Manfred Opinel - Jean Sérien - Emile Franc

4/Qui a dit
«C’est incroyable et admirable, ces manchots qui ne baissent pas les bras »
Jacques Perrin - Jacques Chancel - Paul-Emile Victor 

5/Qui a dit :
«Tiens donc, j’ouïs que le verbe jouir s’écrit avec un G ? »
Jean-Charles Camassoutrat – Ludwig van Beethoven – Rocco et ses frères   

6/Qui a dit
« Ce soir à la prune nous irons ma brune manger des pruneaux mais je sais plus où j’ai garé mon ketch »
Eric Tabarly – Pierre Desproges – Aristote Onassis

7/Qui a dit
« La levure c’est comme les parachutes, quand on n’en a pas, c’est gonflant. »
Malcolm Boulanger -  François Michelin – Général Bigeard 


(*) d’après Francis Blanche

NB : chaque lundi jusqu'au 24 août inclus, parution des billets 19 à 26 ! 

lundi 29 juin 2015

18 Le yéti de l'enfance

Les mots 


Il aimait lire et relire Tintin au Tibet.
Ce nétait pas seulement pour la belle histoire damitié.
Il y avait aussi la délicieuse sensation de jouer avec la peur.

Loup yéti ?
Je compte jusquà zinc !
Oui, jouer à se faire peur.

Et puis il aimait garder la tête dans les nuages.
Ah, cette tête , ces nuages, combien de fois lui avait-t-on demandé datterrir, dêtre attentif ?
Et ça ne ratait jamais, quand il lui arrivait de se poser, cétait quand même ailleurs, comme sil venait dalunir.

Il venait de lui faire ces quelques confidences, pourquoi ?

Puis, dans la rue ventée, ce fut la bise sur la joue.
Ils étaient sortis clopin-clopant, tels de vieux amis se soutenant après une soirée arrosée.
Mais ce fut tout.   
Rentré chez lui, il senfonça dans le divin. Il sy endormit, et dans son état,  ce fut lenfance de lart.
Ce fut leur dernière séance et il ne le savait pas encore.

vendredi 26 juin 2015

inter

Intervalle pour interruption 
Intersession 
Coupure, entracte, relâche
Halte, pause, trêve
Hiatus, suspension, 
...
Quel que soit le terme finalement que l'on associe à cet intermède
Voilà que nous sommes à la fin du mois de juin ,
une fois de plus le temps a filé
et c'est un peu étonné de me trouver déjà là
que je m'apprête à la mise en sommeil estivale de cet espace en juillet-août.

Mais, un engagement étant un engagement,
les lundis "alphabétiques" sont programmés pour ces deux mois :

 
Et je peux donc proclamer
Vacance(s)
 
Quant à la suite, quelle qu'elle soit, rendez-vous fin août très certainement.