dimanche 25 décembre 2011

Doucement vers l'année à venir - 4

Et même très doucement...

Rien de plus d'ici la fin 2011.
A l'année prochaine.

vendredi 23 décembre 2011

Doucement vers l'année à venir - 3

Les préparatifs s'intensifient.
Comme les pièces d'un puzzle s'assemblent peu à peu, chaque chose prend sa place, aussi bien chaque cadeau dans son emballage, que la bouteille dans le bas du frigo ou encore les ingrédients et composants des menus.
Nous serons demain soir pour le réveillon en mode buffet, avec jeux de société à la clé, nous pratiquons toujours ainsi et nous réservons ou préférons le repas attablé pour le jour de Noël.
Pas de grand jeu ou de tralala, de la tranquillité avant tout, quelques photos, du plaisir et des rires aussi...
C'est bien de voir que, d'année en année, on se simplifie la vie sur ces plans-là, une manière peut-être d'aller à l'essentiel ?

jeudi 22 décembre 2011

Journey through the past 1

Je suis né à la musique vers 10 ans, si je me souviens bien.
Il y avait peu de musique à la maison; même si la culture au sens large avait sa place. Je me souviens donc d'une chaîne hi-fi de marque Dual, en 1970, et de quelques disques, des 33 tours, les "premiers disques". Du classique avec Tableaux d'une Exposition de Moussorgski, orchestré par Ravel, ou encore les danses hongroises de Brahms, les toccata de Bach, chez Deustche Gramophon. Et puis il y avait quelques bandes originales de films, lesquels je ne sais plus, et aussi un disque de clarinette de Jean-Christian Michel et enfin, une compilation de gospels (oh happy day, nobody's knows, he's got the whole world in his hands, to my father's house, kumbaya...) , une compil  qu'on passait en boucle avec mes soeurs.
Ce fut aussi peu à peu, adolescence oblige, la radio et les hits parades dont je dois dire que je n'ai pas retenu grand chose question émissions ou animateurs à ce détail près que les émissions rétrospectives font office de piqûre de rappel et, tiens, mais oui, je la connais celle-là !
Preuve si besoin est que le matraquage de tubes et l'assiduité faisaient bon ménage dans nos têtes. ET j'allais oublier les inévitables émissions de Guy Lux. Tout cela fonctionnait très bien, insidieusement, et ce qu'on avait "refoulé" comme des maladies honteuses émerge à nouveau lorsqu'on s'y expose !
Je ferai grâce de l'époque des Sardou, Dassin, Fugain, Delpech, Lenorman côté français, que je ne place d'ailleurs pas sur les mêmes plans, et puis j'en oublie et tant mieux ! Si tout cela n'a absolument plus rien à voir avec ce que je peux écouter aujourd'hui, reconnaissons qu'ils font partie du parcours, au moins comme points de repère qui, à un moment, incitèrent à aller chercher ailleurs !
Il y a ensuite comme un temps de latence, que je ne m'explique pas réellement, en dehors du fait que je faisais beaucoup de sport, et si l'on reste à la radio, j'ai mes premiers souvenirs d'Elton John, et les tubes jetables ou empilables de variété internationale, mais c'est vraiment embrouillé, il faudrait que je consulte des listes de 73 à 75 pour m'y retrouver. Et puis on n'achetait pas de 45 tours à la maison. 
Si je reviens at home vers des programmes musicaux choisis et maîtrisés, je me souviens, chanson française, que j'ai écouté à un moment Serge Lama, qui passait déjà pas mal à la radio, je trouvais ça bien écrit bien fait avec une bonne voix. Mais cela ne dura qu'un temps, le temps qu'il s'use sans doute, et que je grandisse, plus sûrement !
Eté 75, du côté de Bordeaux. dans la voiture de mon oncle, surgit "Brésilien mon frère d'armes".
Choc fondateur, sa "musique me ficelle tel un cordon ombilical".

Nougaro.

(à suivre)

lundi 19 décembre 2011

Doucement vers l'année à venir - 2

Les quelques lectures prévues devraient tourner autour d'un nouveau polar de Gunnar Staalesen (Les Chiens Enterrés ne Mordent Pas) ainsi qu'un Michel De Castillo, juste entamé et déjà prometteur, Le Démon de l'Oubli.
Et si l'on peut trois films, après mercredi 21 pour leur sortie,  avec "Des Vents Contraires" de Jalil Lespert, "A Dangerous Method" , un peu obligé en tant que David Cronenberg aficionado, et puis Kaurismaki, écouté en interview il y a peu, pour "Le Havre".
A suivre...

dimanche 18 décembre 2011

Doucement vers l'année à venir - 1

Une douzaine de jours pour "boucler" l'année, c'est à peine ce qu'il reste avant d'entamer 2012.
La 2e partie du 27 au 2 nous permettra de recevoir notre cadette et de nous retrouver "au complet" avec toutes nos filles , alors que la première partie du 19 au 26 sera marquée par la venue de ma mère, comme tous les ans.
En cette fin 2011, nous ne ferons pas notre habituel périple vers le "sud" car les congés de my wife sont trop courts.  Ce sera l'occasion de profiter, de se poser et de se promener, de faire les quelques derniers achats en instance puisque ce sont "les fêtes". D'échanger aussi sur les lectures et d'en recommander quelques-unes, et de se replonger aussi dans quelques jeux de société : Mow, Mixmo,Carcassonne.

Musicalement mon programme est calé avec une grosse demi-douzaine de disques à découvrir :
- Tony Williams (batteur) Turn it over, album de 1970, avec John McLaughlin à la guitare
- Pierrick Pedron (saxophoniste) Omry avec Laurent Coq au piano et Fabrice Moreau à la batterie,
- Samuel Blaser (trombonne) en quartet avec Marc Ducret à la guitare
- Craig Taborn Avenging Angel (piano solo )
- Vincent Courtois (violoncelle) L'imprévu
- Benoît Delbecq (piano) The 6th jump avec Jean-Jacques Avenel à la contrebasse
et pour finir (si je puis dire) un trio piano/contrebasse/batterie avec excusez-du peu Keith Jarrett, Gary Peacock et Paul Motian (décédé le mois dernier) enregistré en public "At the Deer Head Inn" dans les années 90.
à suivre


jeudi 15 décembre 2011

RW

Ici.
Allez voir, vous y trouverez une touchante simplicité, une exceptionnelle politesse désespérée, et vous pourrez laisser quelques parcelles et éclats de beauté pure vous imprégner. 

mercredi 14 décembre 2011

Faut pas décoder


Acheter courroie de rechange sèche-linge.
12.11 dentiste
19.01 ONJ Piazzola
pain
C'est pas du couscous, c'est de la bolo.


Lieu de passage obligé du matin, la cuisine, avec son tableau d'affichage, où on se laisse des mots, si les horaires font qu'on ne s'est pas aperçus car on s'est vraiment levé en décalé...
Messages parfois cryptiques, si ce n'est surréalistes...
Je me souviens cet été , my wife traînant passablement à faire le nécessaire, avoir écrit le mot dentiste et couvert toute la surface du tableau absolument dans tous les sens.
...
Elle y est allée.

mardi 13 décembre 2011

Jouons un peu

Alors, voyons...
"faraud, arrogant, crâneur, fanfaron, fat, fier, hâbleur, orgueilleux, plastronneur, prétentieux, vaniteux, imposteur, bluffeur, calomniateur, charlatan, dupeur, esbroufeur, fourbe, hypocrite, intrus, menteur, mystificateur, perfide, simulateur, tartufe, trompeur, usurpateur"
à qui pensez-vous ?
1. je ne pense pas, c'est bien connu.
2. je peux téléphoner à un ennemi ?

samedi 10 décembre 2011

C'est trop gentil

Allant partout pour parler de tout,
sur les deniers publics évidemment,
et n'étant pas vraiment président puisqu'il est resté porteur de division au service d'un clan ou d'une caste,
et alors qu'il n'est pas candidat non plus
(serait-il "rien" finalement ?) ,
il faudrait donc croire ce sauveur protecteur autoproclamé
(quand on connaît la valeur d'engagement de ses paroles...)
qui n'a que le mot France à la bouche
avec sa petite cape de Zorro
lui qui n'a pas arrêté de détruire sur son passage
y compris de saccager de l'humain...
Et de nous raconter la belle histoire qu'on raconte aux enfants,
pour les endormir...

Mais j'y pense...
Au fait, ni président ni candidat, il fait ça sur son temps libre, non ?
Il est désinteréssé, c'est donc ça ?

vendredi 9 décembre 2011

every mother's son

 
Once again I'm northward bound, on the edge of sea and sky
Tomorrow is my friend, my one and only friend
We travel on together searching for the end

I'm a traveling soul and every mother's son
Although I'm getting tired I've got to travel on
Can you please help, my god? Can you please help, my god?
Can you please help, my god? I think it's only fair

Once again I'm northward bound, on the edge of sea and sky
Together we will go and see what waits for us
A backdoor to the universe that opens doors
 
Traffic, 1970, album John Barleycorn (un chef d'oeuvre)
Winwood Capaldi Wood 


mercredi 7 décembre 2011

Plus qu'on long discours...

Un exemple parmi d'autres de ce que peut dire le mec qui, en ce moment, sauve l'Europe toutes les semaines... 
" Je n’accepte pas, et des milliers d’entrepreneurs avec moi, que le travail salarié et l’esprit d’entreprise soient bafoués par les rémunérations et les privilèges excessifs que s’octroie une toute petite minorité de patrons. Je n’accepte pas qu’au niveau mondial, pour des raisons de pur profit, on joue avec les salariés et avec les usines comme on déplace des pions sur un jeu de société."
Quand on entend ou lit ça, il ne faut surtout pas se méprendre.

On n'est absolument pas sur une déclaration d'intention qui éventuellement se poursuivrait par une action ou mesure concrète en lien direct (et cohérent) avec ce qui est dit.
On est sur une incantation démagogique qui, comme les très nombreuses saillies de ce triste personnage, font que son quinquennat est vraiment très/trop long et nous donne le sentiment tenace que le pays, notre pays, dont il a la responsabilité depuis ces looooooongues années a été transformé en poubelle.

mardi 6 décembre 2011

L'étourdissement

Troisième roman d'une série empruntée en médiathèque en novembre, L'ETOURDISSEMENT de Joël Egloff m'a procuré de bons moments, quelques rigolades et, surtout, je suis allé jusqu'au bout de ces 140 pages sans mal, c'est bon signe et surtout révélateur pour moi que le format de 140 pages était le bon, ni trop court ni trop long.

L'ambiance, c'est, pour commencer, qu'on vit dans la merde.
La pollution. Le village du narrateur semble concentrer toutes les tares de notre société post-industrielle.

Où que se pose le regard, c'est poubelles, c'est fils électriques qui pendouillent, ruisseaux ou rivières avec beaucoup de mousse, un brouillard permanent à couper au couteau, des avions volant très (trop) bas avec des pilotes plus que maladroits, bref, pas facile pour aller bosser... à vélo !
Et la station d'épuration n'est pas loin, c'est même une destination de vacances.
Le narrateur vit dans une petite maison avec sa grand-mère, pas facile, et enfin il bosse à l'abattoir.
Quelques morceaux de bravoure d'un humour noir redoutable se glissent ça et là, notamment sur les plans de carrière des mecs qui se retrouvent là, et aussi aux alentours dans les aventures ubuesques et improbables avec son pote.
Une précision, l'étourdissement précède l'abattage des bêtes, on provoque un évanouissement avant la mise à mort.
On se laisse envelopper, comme le brouillard, par le style de Joël Egloff qui tisse lentement mais sûrement sa métaphore de la décomposition, de l'hébétude. Nous partageons cette quête absurde et décousue de l'humanité par des personnages déboussolés, oppressés mais attachants.
Mais il n'y a aucun effet de dramatisation, pas de surenchère : l'écriture est sèche et sobre, je me suis pris à relire certains passages qui l'air de rien se sont révélés de véritables bombes à retardement, une fois réglée la fréquence.
Par son style et son humour décalés, Egloff décape sans donner de leçon.
Cela mérite le détour !

lundi 5 décembre 2011

High Q

C'était hier soir et ce fut un très bon moment musical avec Q.
Un exemple ? Une idée ?
C'est là !


samedi 3 décembre 2011

Afterwards


Réécouté ce samedi... la chanson Afterwards de Van der Graaf Generator qui ouvre en 1969 l'album "The Aerosol Grey Machine", leur premier album.
Je ne m'en lasse définitivement pas.

 
On pourra noter que cette photo qui illustre la vidéo avec Peter Hammill, David Jackson, Guy Evans, et Hugh Banton au premier plan ne correspond pas à la composition du groupe à la sortie de l'album.
Jackson n'était pas encore arrivé. Le bassiste était Keith Ellis, et un certain Jeff Peach tenait la flûte.
David Jackson sera présent sur le 2e album The Least We Can Do Is Wave to Each Other et, Ellis étant parti, ce sera aussi l'arrivée de Nic Potter à la basse.





jeudi 1 décembre 2011

Réflexions sans tain

A des moments incertains,
il apparaît que les dés sont jetés, les ponts fermés
nos bâtons sont rompus et battus les sentiers,
qu'on en mène étroit, c'est-à-dire pas large,
les héros ne sont que déchus,
les haricots sont cuits et c'est la fin des carottes,
les sanglots ravalés, on serre les dents car on n'a plus de coudes,
quand ce n'est pas l'inverse...
Et quand même nos dévolus sont jetés,
et que le déluge ce sera bien après nous,
nos habits font forcément le moine,
notre noir est broyé, impossible est français...
et quand la pluie enfin ne tombe pas mais s'abat,
c'est qu'il est sûr
que la fatigue a planté son couteau dans nos reins.

mercredi 30 novembre 2011

Pêche en nos troubles

Vécu il y a peu. Transports en commun. Une maman avec ses deux petits. Parlant plutôt fort, braillant pas mal. La maman, hein. J'avais sorti mon bouquin. Inquiétude fugace, mais bon. Restons tranquille et positif.
D'un côté, la petite famille fait son train comme on dit  (même dans le tram), et pour ma part, j'ai décroché de mon texte.
Un monsieur est assis face à la maman et ses deux enfants. Laquelle continue de s'adresser plutôt rudement à sa progéniture, on connaît ça, les milieux populaires et tout et tout...
A un moment, le portable de la dame sonne, elle fourre illico sa main dans la poche de son parka, et patatras le portable se retrouve par terre.
Le monsieur se penche, ramasse et rend l'objet à la maman.
"Je vous remercie, c'est gentil ! " dit-elle.
...
Cette formulation, parfaite, adaptée, pleine de courtoisie,et même de douceur, m'a surpris.
Impressionné. Favorablement. Elle peut le faire ! Elle sait le faire !
Je me suis pris à regretter que la maman ne soit pas davantage sur ce registre avec ses loupiots.
Mais j'ai aussi pensé qu'en certaines situations, à certains moments, elle devait sûrement le faire.
Sur cette pensée optimiste, je descendis : j'étais à destination.

lundi 28 novembre 2011

Take it or leave it



Ne pas laisser entendre,
Mais laisser à penser,
Sans laisser faire
Sans laisser échapper,
Ne pas laisser tomber.

Ne pas laisser pour mort,
Non, laisser rêver
Laisser à désirer,
Sans laisser abattre,
Ni laisser aller.

Laisser arriver,
Ne pas laisser choir,
Ou laisser courir, 
mais laisser venir.

Laisser espérer 
Oui, laisser dire 
Laisser faire,

Ne rien laisser paraître 
laisser voir 
Et parfois laisser passer,
Laisser pisser  
oui, laisser refroidir
Laisser reposer
laisser retomber 

Laisser ou prendre
prendre ou laisser 
Se laisser prendre

A prendre, à laisser 

Apprendre à laisser

dimanche 27 novembre 2011

Eh bien, non.

Vous pouvez lire soit d'un ton irrité, soit d'un ton très doux (je crois que c'est même encore mieux !).


Depuis nombre d'années (car la droite est quand même au pouvoir depuis pas mal de temps quoi qu'elle en dise et quoi qu'elle veuille ESCAMOTER) et de plus en plus nettement dans les mois à venir avec radicalisation de campagne électorale, c'est du garanti et ça a déjà commencé, - suivez mon regard - un phénomène étrange s'est mis en place pour nous anesthésier.
On nous dit qu'il y a en France certains privilégiés et même des fraudeurs qui vont devoir en rabattre sur les aides, qu'on va contrôler ambiance FBI. 
Ah oui, trop bien. 
Stigmatisés, ils sont la honte du pays, ils l'empêchent de se "moderniser", ce sont des boulets (parfois même des putains de salauds de pauvres assistés et feignants, et des fois même pas français, dis donc) qui ne jouent pas collectif. 
Victimes d'un rêve éveillé, les rougeurs sur leur peau montrent qu'ils se pincent, car ils ne comprennent pas - eux, si modestes, si petits - pourquoi ils sont privilégiés... Et comment cela a pu se produire, alors que rien, tellement rien, n'a changé (en mieux, bien sûr) dans leurs situations...

Manipulation éhontée et indécente des esprits, orchestrée avec la complicité des médias en guise de carpettes, ce système défait des vies, brise du lien, casse les gens et les familles, broie de l'humain en semant la division... 
Et celui et ceux qui le mettent en place appellent, en temps de crise, à la "responsabilité" (mais uniquement celle du cochon de payant qui se serre la ceinture), en n'assumant pas la leur depuis toutes ces années, se défaussant sur une situation globale qu'ils n'ont en rien contrariée. Et, éthique gravissime, en dévitalisant dans cette confusion et ce mensonge cette belle et noble idée de responsabilité.
Détournant donc l'attention de ceux qui sont les véritables responsables, les vrais privilégiés, les vrais nantis, les vrais assistés...Suivez mon regard -bis. 
Ceux-là n'ont qu'une idée : leur appétit de pouvoir, de domination, d'appropriation, de fric doit démanteler la solidarité, la priver de moyens publics (au nom des efforts collectifs, dont ils s'excluent bien sûr), et à terme briser l'Etat. 
Etant tenu et entendu comme acquis qu'agir ainsi doit devenir la "norme citoyenne", évidemment, avec la flatterie basse et odieuse, au nom du miroir aux alouettes de 2007, de la noble "prise de risques" (LAQUELLE en vérité ?) et ceci au nom de l'exemplarité, d'une philosophie à un euro cinquante, au nom de l'individualisme le plus abject qui vise à marcher sur les autres pour "avancer".
Et donc ce serait comme ça, on devrait se plier, on devrait se fixer à ce modèle terriblement attrayant  ?

...
Non.

Cette manipulation n'a d'autre but que de faire passer des vices privés pour des vertus publiques.
Aujourd'hui, s'il y a de l'espoir, c'est que tout cela a fini par se voir, se savoir. 
Faut y aller. Flanquer ces imposteurs dehors. Sortir les ordures.

samedi 26 novembre 2011

Pépite


Une perle cachée dans le premier album solo de Fish, l'ex-chanteur de Marillion, un progressive group qui dans les années 80 marchait sur les brisées seventies du Genesis de Peter Gabriel.
Si j'ai perdu le fil de Marillion assez vite à l'époque, suite au départ de Fish justement, la carrière solo de celui-ci ,erratique, a fini par me décourager, mais sur l'ensemble, sa voix est particulièrement fruitée, incarnée, et les textes très souvent inspirés.
Ce morceau est superbe.
Pourquoi cette mélancolie m'apaise-t-elle autant ?

vendredi 25 novembre 2011

ET si...


Portait chinois repris chez Dasola, ici.

Un monument: Les fantômes de Landowski
Une héroïne ou un héros romantique: Ruy Blas
Un animal: la tortue
Un état d'esprit: l’indépendance
Un paysage: côte rocheuse bretonne battue par le vent
Un défaut: l’indépendance
Un alcool: un vin rouge
Un rêve: apprendre comme si je devais vivre toujours
Une maison: la mienne
Une série télé: Le Prisonnier

Attente

L'attente semble suspendre le temps qui passe pourtant.
Je m'aperçois que je vis bien ces moments-là, qu'on les appelle temps morts, ou creux.
Une manière de les accepter. De les recevoir.
Le temps passe même si rien ne se passe, simplement mes pensées vagabondent et défilent.
J'observe les visages, les dégaines. Contemplatif, perméable.

Toutes les attentes n'ont pas le même objet, ce qui peut changer la manière d'attendre.
Une file dans un magasin pourra me voir engager la conversation, mais pas toujours.
Un rendez-vous médical, même de pure formalité, bénin, me verra immobile, assis comme debout.


Mais, que je sois immobile, le temps m'emporte quand même, dans le futur, dans l'après.
Je peux attendre aussi en cheminant, en arpentant, passant et repassant au même endroit.


Quel que soit le cas, j'arrive aisément à m'extraire ou m'abstraire quelques minutes, je pars, je suis ailleurs, là et pas là. 
Est-ce de la patience ? Peut-être, une capacité à méditer, à trouver, à créer spontanément un espace intime et indépendant, tel un refuge ne donnant pas prise à l'extérieur.

Paradoxalement (?) je n'aime pas qu'on m'attende, je n'aime pas faire attendre. J'aime être à l'heure.

jeudi 24 novembre 2011

Eux, ils, nous



SI ça vous tente...
Vous avez une heure et quelques poussières devant vous ?
Allez, rendez-vous ici : Magnifique

mercredi 23 novembre 2011

Quelques livres plus loin

Lus très récemment.
L'Idole de Serge Joncour (paru en 2004) ne m'a guère convaincu.
L'idée est intéressante au départ, quelqu'un qui devient connu en ne sachant pas pourquoi et se met à être sollicité en permanence, sous prétexte qu'il est la vedette du moment qu'on s'arrache.

Frangin c’est son nom, connaît ce sort délirant d'une exposition médiatique maximale et inexplicable, à ses yeux, puisqu'il ne sait pas d'où lui vient cette notoriété, lui qui à priori n'a aucun talent.
On suit son parcours de poupée malléable, disponible, souriante, etc. Symbole du vide, du creux, du toc, du jetable, appelez-le comme vous voulez.
L'ensemble m'a paru un peu long, trop bavard, je pense que la brièveté aurait évité le côté un peu systématique de l'exploration de tous les rouages du système, d'autant plus que le suspense n'est pas l'argument, la fin étant évidemment très prévisible. Dommage, un manque d'explosivité ou de férocité qui au bout du compte ont provoqué chez moi un peu de lassitude.

Comment je suis devenu stupide, de Martin Page m'est carrément tombé des mains.
Seul le titre attractif m'aura attiré, le côté décalé, mais j'ai vite déchanté. Sous de faux dehors un peu obliques, on est hélas très vite dans le "droit chemin" très moralisateur et l'écriture ne m'a pas aidé. Ennui, très vite.
A oublier.
Dans la série, série uniquement temporelle car j'ai emprunté les trois bouquins en même temps, j'attaque un troisième ouvrage, L'étourdissement, dont je reparlerai bientôt.

dimanche 20 novembre 2011

Inchangé, renouvelé, toujours

Echanges
Dans la flaque du petit jour
Ont bu les longs oiseaux nocturnes
Jusqu'à tomber morts alentour
Au dernier soupir de la lune.

Voici les flamants de l'aurore
Qui font leur nid dans la lumière
Avec la soie de l'horizon
Et le vent doré de leurs ailes
 

Jules Supervielle in Suffit d'une bougie / Gravitations 1925

vendredi 18 novembre 2011

JH



Well, I stand up next to a mountain
And I chop it down with the edge of my hand

Yeah

Well, I stand up next to a mountain
And I chop it down with the edge of my hand
Well, I pick up all the pieces and make an island
Might even raise a little sand

Yeah
'cause I'm a voodoo child
Lord knows I'm a voodoo child baby
I want to say one more last thing
I didn't mean to take up all your sweet time
I'll give it right back to ya one of these days

Hahaha

I said I didn't mean to take up all your sweet time
I'll give it right back one of these days

Oh yeah

If I don't meet you no more in this world then uh
I'll meet ya on the next one
And don't be late
Don't be late

'cause I'm a voodoo child voodoo child
Lord knows I'm a voodoo child

Hey hey hey

I'm a voodoo child baby
I don't take no for an answer

Question no
Yeah

jeudi 17 novembre 2011

Calculez vous-même votre çondage comme un grand

Je vais vous esspliqué comment que ça marche les çondages. 

Alors voilà : 
57% des Français estiment que le candidat cela est plus solide que le candidat ceci selon un çondage. 
(J'espère-je que vous suivez parce que moi non.)
Sondage IFLOP réalisé par téléphone les 35 et 36 septembre, auprès d'un échantillon de lessive (sans cadeau) de 957 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, sélectionné selon la méthode des gros tas.
Egalement sondage CSB réalisé par nuage de fumée le 33 octobre, toujours auprès d'un échantillon national de lessive (avec cadeau) de 1.004 personnes âgées de 18 ans et plus, sélectionné selon la méthode des toquards. .
La marge d'erreur est d'environ  plus ou moins trois (3) points de pourcentage.

Précision :
Eblouissants, TOUS les  journals continuent parallèlement à commander des çondages et à bien préciser que ça ne vaut pas tripette au niveau résultats. 
Emouvante abnégation, remarquable acharnement...

Sur celui-ci, du candidat cela qui est plus ceci, pris au hasard puisqu'il n'y a qu'à se baisser pour ramasser, on notera avec profit l'utilisation extrêmement rationnelle et rigoureuse du mot "cela" qui laisse un peu songeur, car on ne sait pas bien ce que ça veut dire, et "solide" ( on sait pas non plus) à moins qu'il n'y ait un rapport avec l'état de la matière et l'on peut s'attendre logiquement dans quelque temps, c'est-à-dire quelques çondages plus tard,  à "liquide", puis "gazeux" en cas de transformation...ou d'évolution.
Plus subliminal que la sublimation serait de dire que si SOLIDE renvoie à ETAT, c'est donc une allusion aux moyens que lui permet sa position de ministre d'Etat.
C'est ainsi que le candidat ceci dispose d'un potentiel et d'une force de frappe loin d'être négligeables et, en ce sens, SOLIDE, c'est bien le moins qu'il puisse faire.

Pour terminer, revenons au mode de calcul utilisé dans ces çondages. Parce que, hein, comment ils font 57 ?
Alors, 36 septembre - 35 septembre = 1
33 octobre - 18 ans = 15  d'où 1+5 = 6
1004 personnes  - 957 personnes = 47
d'où :
1 + 6 + 47 = 54
Incorporons maintenant la marge de 3 :
54 + 3 = 57 %
CQFD


mercredi 16 novembre 2011

Pour que les claques ne se perdent pas...


Toujours aussi imposteur et manipulateur, le gugusse qui a dépecé le système social français
nous explique avec aplomb et hauteur de vue à talonnettes qu’il en est le seul défenseur protecteur et compétent. Depuis qu'il nous protège,n je n'ai jamais été aussi inquiet pour mon pays.

Un éclat de rire général silencieux m’étreint, qu’on peut entendre jusqu’aux fins fonds de mon département quand j'entends ce genre de conneries puisqu'il faut appeler les choses par leur nom...

Et les vendeurs de papier ou de spots publicitaires de nous expliquer "qu'il frémit dans les sondages"...

Mais…sans dire, alors que c'est évident... 
Que...
Ce seront les mêmes recettes, les mêmes ficelles.
Car les choses n’ont pas changé.
Les chiens chiens à son maître se sont ridiculisés dans la convention anti-PS tenant du juste prix, les chiens chiens qui ânonnent les éléments de langage,… d’une outrance proprement stupéfiante.
Et puis le récent G20 est un échec pour le soi-disant maître du monde, et l’interview avec le président US était un cirage de pompes éhonté, et... la chambre à 37000 euros passés sentait très fort le… comment déjà… bling bling !  Ah merde, encore ce morceau de sparadrap qui ne se décolle pas. 
Non pas ça ! IL a changé. Juré promis. Ce grand menteur.

Et si l’on voulait en rajouter, ça repart sur l’identité, les fraudeurs, l’assistanat, les tricheurs…C'est d'une tristesse. ..
Alors, reprenons calmement, et tiens, question "tricheurs", répétons certains mots importants : Affaires,  Emploi, Croissance, Impôts (etc.) que l’on peut regrouper en un seul, auquel il va essayer d’échapper avec toutes sortes de complicités et pressions :
BILAN.


Promenade nocturne

Nous sommes qui nous ne sommes pas, la vie est brève et triste.
Le bruit des vagues, la nuit, est celui de la nuit même; et combien l'ont entendu retentir au fond de leur âme, tel l'espoir qui se brise perpétuellement dans l'obscurité, avec un bruit sourd d'écume résonnant dans les profondeurs! 
(...) 
Et tout cela, durant ma promenade au bord de la mer, est devenu pour moi le secret de la nuit et la confidence de l'abîme. 
Que nous sommes nombreux à vivre, nombreux à nous leurrer ! 
Quelles mers résonnent au fond de nous, dans cette nuit d'exister, sur ces plages que nous nous sentons être, et où déferle l'émotion en marées hautes !
Ce que l'on a perdu,(...) ce qui était un souvenir, alors que nous croyions à une émotion; et l'océan tout entier, arrivant, frais et sonore, du vaste fond de la nuit tout entière, écumait délicatement sur la grève...
(...)
Qui d'entre nous sait seulement ce qu'il pense, ou ce qu'il désire? 
Qui sait ce qu'il est pour lui-même? 
Combien de choses nous sont suggérées par la musique, et nous séduisent par cela même qu'elles ne peuvent exister !  La nuit évoque en nous le souvenir de tant de choses que nous pleurons, sans qu'elles aient jamais été ! 
Telle une voix s'élevant de cette paix de tout son long étendue, l'enroulement des vagues explose et refroidit, et l'on perçoit une salivation audible, là-bas sur le rivage invisible.

(extraits choisis du Livre de l'intranquillité, Pessoa )

dimanche 13 novembre 2011

Patience

Samedi dernier en tout début de soirée (séance de 18h25) nous sommes allés voir "Il était une fois en Anatolie" de Nuri Bilge Ceylan, un film primé à Cannes (Grand Prix du Jury).
Ce n'est d'ailleurs pas la récompense obtenue qui a motivé notre démarche mais les quelques  lignes lues ça et là, donnant les contours d'un film au minimum intrigant.

Après un préambule où l'on observe trois hommes dans un garage automobile, de l'extérieur, eux sous une lampe blafarde et le spectateur derrière la vitre, on se retrouve en pleine campagne, la nuit.
Les phares de trois véhicules se rapprochent, suivant les virages d'une route de la campagne turque, paysage désert et désolé.
En plusieurs arrêts, près de fontaines et d'arbres (éventuels point de repères qui se ressemblent tous), nous découvrons un groupe d'enquêteurs, assez nombreux, qui essaie de faire retrouver et de se faire indiquer par deux hommes menottés où ils ont enterré le cadavre de leur victime.
On saisit rapidement que l'enquête n'aura absolument aucune importance, étant donné qu'il n'y a pas d'énigme à résoudre véritablement. A part un procureur, des policiers, un médecin qui ont bien du mal à parvenir à leurs fins, les deux suspects n'étant pas précisément coopératifs.
Le trajet nocturne, d'une étape à une autre, permet peu à peu de faire connaissance avec ces hommes dans les voitures où ils discutent et au fil des arrêts. Quels qu'ils soient, la nuit s'y prêtant, trompant l'ennui, meublant l'attente, les hommes livrent quelques confidences, profondes ou futiles, qui révèlent leurs failles, leurs doutes, leurs colères aussi et peut-être même leur résignation.
La nuit n'apportera pas de réponse sur le lieu recherché, elle s'étirera dans la fatigue de tous pour se conclure dans un village voisin. Là, se tiendra un repas nocturne un peu irréel, à l'image de la presque "vision" de la jeune fille du maire, surgie comme un rêve, venue servir les boissons et apporter les lampes à la suite d'une panne électrique. Les arrachant à la réalité, ce sera elle la seule lumière -lueur d'espoir- de cette nuit insatisfaisante et épuisante.
Toute la première partie de nuit (et de film) nous a montré des personnages avançant dans l'inconnu, et ce n'est pas parce que le jour s'est levé que tout va changer.
La découverte du cadavre, le rapport d'enquête dicté et tapé en plein air vont en renforcer le côté improbable, à la fois tragique et absurde des choses : tous peinent visiblement à trouver ou donner du sens aux vies qu'ils mènent.
Ces doutes se traduisent dans le film par un rythme lent, des plans contemplatifs sur les paysages comme sur les visages, comme si les hésitations et incertitudes nous étaient données à vivre dans leur durée, sans ellipse. Cette approche fait que le film "se mérite", il faut réellement être patient, dépasser les atermoiements, les répétitions dans les faits et gestes des personnages. Ce rythme à contretemps du zapping permanent de notre époque est un vrai défi, remarquable et précieux.
La deuxième partie du film, au grand jour, sera relativement moins feutrée que la nuit, avec la foule qui houspille les suspects, la rencontre de l'épouse et du fils de la victime, et enfin, l'autopsie du cadavre dans des conditions plutôt spartiates, moment glacial et noir d'ironie.
Nous découvrons alors plus précisément l'ordinaire routinier du médecin, dont on sait depuis un moment qu'il a divorcé. Souvent perdu dans ses pensées, il est très à l'écoute, et parviendra à recueillir le secret du procureur, secret qui montre un peu plus s'il le fallait la complexité des vies et des gens.
La fin (ouverte) s'achève par un regard par la fenêtre de l'hôpital.
Le médecin observe longuement des enfants en train de jouer au ballon.
Espoir ? Nostalgie ?

Un très beau film.



samedi 12 novembre 2011

Aventures dans les bois

Le 11 novembre fut l'occasion de retrouver des amis et, selon les goûts de chacun, la deuxième partie de matinée vit certains d'entre nous, marcheurs enthousiastes, se mobiliser pour une petite randonnée destinée essentiellement à profiter du beau temps, alors que d'autres, dont je faisais partie, et moins nombreux (trois), enfourchèrent leurs montures, appelées également VTT pour un petit périple dans les bois environnants.
Les précipitations de la veille avaient sérieusement mouillé le terrain, nous pûmes ainsi nous amuser à patiner sérieusement sur les tapis de feuilles mortes, obstacles réels à l'adhérence correcte de nos pneus ; nous traversâmes également quelques parties copieusement boueuses absorbant complètement nos pneus et un peu aussi notre énergie à nous dégager de la succion occasionnée.
Quelques pierres rondes et moussues tentèrent également de nous arrêter, l'arme utilisée étant la glissade, mais à tort, même si ce ne fut pas forcément une partie de plaisir.

Le plaisir, justement, où va-t-il se nicher, dans ces sorties où l'on revient crotté, au point qu'on aura du mal à faire croire ensuite qu'on est passé au sec tout le temps et qu'on n'est jamais tombé ?
Il est justement dans le passage systématique, et enfantin, dans ces flaques boueuses qu'on repère pour ne pas les éviter, d'où giclent les projections qui pourrissent le vélo et son pilote.
Il est aussi dans le dernier virage avant d'arriver où on se laisse emporter par la vitesse et où l'on verse dans l'herbe luisante, le bras gauche entortillé dans une ronce... Il est - et ça nous est arrivé aussi - dans l'incertitude de notre position, le recours à la carte n'étant pas forcément un avantage...surtout lorsque quelques kilomètres plus loin, confiants et vainqueurs déjà, on descend à toute berzingue un chemin - boueux bien évidemment - qui nous mène directement dans un champ ... clos et parfumé à la bouse.
Le seul recours étant de rebrousser chemin.

Voilà, tout cela serait somme toute anodin ou classique, si l'un d'entre nous -qui n'est pas moi- n'avait alors la bonne idée, par un goût peut-être exacerbé du panache, de crever à la roue avant, par la faute d'une minuscule agrafe métallique que tout le monde avait pourtant vue, bordel.
C'est là le seul moyen pour qu'on s'aperçoive qu'une chambre à air de rechange, c'est vraiment idéal, mais que ça ne sert à rien si on a oublié de vérifier la présence de sa pompe à vélo dans le sac à dos.

Bon, mais on est rentrés quand même.
Hein !

mercredi 9 novembre 2011

Révo(réso)lutions

En cette année 2011 qui avance péniblement vers son terme, j'ai réussi à me tenir à un rythme que je m'étais donné dès le mois de janvier. Pour quelque chose qui peut paraître étrange quand on me connaît un peu, mais pas si étrange que ça quand on me connaît vraiment !
L'idée qui se cachait un peu derrière cette affaire était l'aspect pratique, la grande commodité, au niveau de l'entretien en particulier, et puis, plus philosophiquement et conceptuellement parce que je ne me refais pas, une certaine idée de permanence.
L'intérêt paradoxal de la chose étant d'ailleurs que pratiquée régulièrement, elle ne se voit plus !

D'où ce titre qui selon l'interprétation qu'on fait de la chose, peut passer soit pour une résolution de type début d'année, soit pour une révolution dans mes pratiques, ou bien encore les deux !
J'ai réussi, je pense que je vais poursuivre en 2012. 
Oui, j'ai réussi depuis le début de l'année à aller chez le coiffeur une fois par mois !

Piles

Quelques éléments sur mes piles à lire et à écouter...
Musicalement, tournent régulièrement les deux albums de Sidony Box, combo nantais, albums titrés "Sidony Box" et "Pink Paradise".
Egalement le groupe Radiation, formé de 9 musiciens, avec leur album "10".
Joel Harrison et son projet "String Choir" avec un album magnifique sur les musiques de Paul Motian, superbement mis en lumière lors d'un tout récent concert il y a moins de huit jours. Et puis, le duo Bruno Chevillon Tim Berne, dont je découvre progressivement l'album "Old and unwise".
Enfin, Tim Berne toujours (sax) avec Hank Roberts (violoncelle) , Ethan Iverson (piano) et Dave King (batterie) - ces deux derniers étant 2/3 de The Bad Plus - pour l'abum Buffalo Collision, excellent.

Mon passage en médiathèque samedi dernier m'a permis d'emprunter trois ouvrages dont le point commun est le décalage : Martin Page / Comment je suis devenu stupide, Serge Joncour / L'idole (que je viens d'entamer) et Joel Egloff /L'étourdissement.
Une pause avant de repartir vers Roberto Bolano que j'ai un peu laissé laissé en plan avec Nocturne du Chili et les Détectives sauvages. Mais la pile à lire reste beaucoup plus fournie que cela... Et je continue à penser que c'est bon signe !

mardi 8 novembre 2011

Oubli

Après ma participation  sur le thème "couple", voici ce que j 'ai proposé pour "oubli", toujours dans le cadre du jeu sympa "Chic des clics !" :


J'y ai ajouté la légende suivante :
"Oublié dans son pays, inconnu ailleurs, le voyageur..."

Une précision, cette photo a  été prise le 10 août dernier lors d'une promenade sur le port de Honfleur, où j'ai rencontré ce personnage par le plus grand hasard. 











Tout sera publié à mesure ici , ça vaut le coup d'oeil !
Et vous pourrez retrouver toutes les sessions !


dimanche 6 novembre 2011

L'exercice de l'état

Un film de Pierre Schoeller, vu samedi après-midi, la météo s'y prêtait (!) mais ce n'était pas le seul critère retenu pour aller voir ce film. Un film fort intéressant, mais pas sans faiblesses non plus. 
Chronique, et même un peu plus, d'une séquence politique: celle d'un ministre des Transports, qui doit faire face à un très grave accident d'autocar, pour commencer et à tellement d'autres choses ensuite qu'on se dit que la catastrophe routière, finalement, c'est le plus facile...
Le film, à mon goût, commence mal avec cette séquence onirique où une femme nue se fait avaler par un crocodile dans un bureau qu'on imagine installé dans un des palais de la République où siègent les ministres.
C'est un cauchemar du ministre, celui-là même que nous allons suivre durant le film, interprété par Olivier Gourmet, excellent.
Allégorique ou symbolique, peu importe, de la charge fantasmatique et érotique du pouvoir, c'est d'une lourdeur contre-productive, il m'a fallu l'évacuer, j'ai pensé qu'on était mal embarqué et j'ai dû me dire que le film commençait réellement après.
C'est heureusement le cas, car tout s'emballe ensuite, à un rythme trépidant, où nous allons assister à "l'ordinaire" des journées de ministre, de son entourage, particulièrement  sa chargée de communication (interprétée par Zabou Breitman) dont on perçoit le pathétique de la fonction, le directeur de cabinet (joué par Michel Blanc) qui paraît incarner le serviteur de l'état dans toute sa noblesse, sans oublier le chauffeur, un chômeur nouvellement engagé pour 4 semaines, à qui pourrait s'identifier le spectateur profane et enfin le garde du corps.
Place alors aux intrigues, aux coups bas, aux chapeaux à avaler, aux voltes-faces...  on n'est pas à une contradiction près, non, puisqu'il faut s'adapter (courber l'échine) ou crever : sous-entendu, dégager.
Notre ministre saura le faire, pour sauver "sa peau" après avoir frôlé le pire physiquement lors d'un terrible accident de la route. Il saura le faire jusqu'au bout, la dernière scène, cruelle, le montre également : le directeur de cabinet joué par Blanc, qui vient d'être écarté, repart seul et disparaît au bout du couloir. Même la loyauté ne semble pas possible, ou alors pour un temps seulement.
La musique tout au long du film contribue à l'atmosphère, notamment lorsque très forte et presque insoutenable, elle nous fait l'effet d'être pris entre le marteau et l'enclume.
Place également aux nominations, à la course contre le temps sans aucune visibilité (l'entraînement du chauffeur en aveugle l'illustre parfaitement) et sans possibilité de se poser et de réfléchir, avec des marges de manoeuvre quasiment inexistantes, qu'on ne maîtrise pas car la ligne  politique est fixée en haut lieu, et qu'une certaine superficialité semble être la règle : une question ? une réponse ou bien,  un problème ? une solution ...dans la minute qui suit. Tout ce à quoi nous assistons semble inéluctablement dépourvu du moindre sens.
De tout cela on n'est guère surpris, ce qui peut constituer une limite du film. Car on retrouve bien les éléments nocifs du story-telling si bien en place hélas depuis des années.  
La force du film est ailleurs ; ne donner aucun élément de couleur politique, j'ai trouvé ce choix excellent et révélateur d'une manière de filmer sans complaisance ou sans facilité, on n'est pas pris en otage par un quelconque idéalisme de pacotille qui serait parfaitement à côté de la plaque. C'est, en fait, comme si on nous montrait sans  compromis les compromissions et sans masque les marionnettes.
La mise en scène , efficace, tisse de ce point de vue plutôt subtilement une toile serrée qui finit par nous enserrer, comme le système pour le ministre que nous suivons.
Ce ministre, dont l'humanité affleure à plusieurs reprises, me reste malgré tout étranger, je n'ai pas développé d'empathie à son égard, car - au bout du compte- ce "monde", "cette vie" me sont bien étranges et étrangers.

samedi 5 novembre 2011

V comme

L'ambiance "routière" de ces derniers jours m'a rappelé ceci, commis il y a quelque temps, dédié à la gloire de certains véhicules dont deux m'ont un peu "gonflé" avant-hier...

Il est des sujets que la charité chrétienne pousse à éviter, même en tant que laïque pratiquant. Eviter une voiture sans permis, notamment, ne conduit pas à l'hôpital. Doit-on pour autant en conclure que l'hôpital se moque de cette charité ?
Et bien, chers amis lecteurs, étudions cette question ensemble si vous le voulez bien.

Avez-vous déjà croisé une voiture sans permis (VSP) ? Oui ?
Quelle chance ! Vous étiez du bon côté de la route, à la seule condition que votre passage n'ait pas coïncidé avec le dépassement de ce kart du pauvre par un routier pourtant sympa.
Car vous l'aurez compris et peut-être même vécu l'alliage " conducteur/voiture sans permis " peut rapidement devenir une engeance surtout lorsqu'il se trouve juste devant vous. La pression monte peu à pneu, les nerfs lâchent mais pas les freins, alors qu'étonné si ce n'est incrédule, vous observez que le conducteur n'est pas équipé d'une casquette ni même d'un béret.

Parce que le problème de fond, c'est bel et bien que la voiture sans permis, c'est permis. Lorsque par malchance, vous vous retrouvez lamentablement derrière une VSP, vous avez d'abord l'impression qu'elle est loin devant. Funeste méprise. En fait vous êtes victime d'une illusion d'optique créée de toutes pièces par l'extrême petite taille dudit véhicule. De là à dire que la VSP est un moyen de transport pratique qui abolit les distances, il y a là 1,43 m que je franchirai pas.
A votre décharge, la confusion est entretenue savamment par les constructeurs qui imitent les modèles "avec permis". On peut s'y tromper mais vous retrouverez rapidement vos esprits en utilisant un truc infaillible : sur un circuit électrique de voitures pour gamins, seule la VSP passera inaperçue et ça c'est une preuve. Par contre, essayez donc de monter votre bagnole au grenier pour voir...
Mais, fort heureusement, il existe d'autres moyens de se repérer , concrets , accessibles , irréfutables et permettant d'identifier à coup sûr ce genre de carrosse. Car tout le monde n'a pas un grenier.
Juste après son achat, le présumé conducteur de l'engin se pose toujours les mêmes questions au début (après, soit il meurt, soit il s'habitue, soit il meurt encore).
- Le pare-brise c'est ça ?
- De quel côté on rentre ?
- Le devant, il est là ?
- Putain, ils ont mis la roue de secours dans le réservoir on dirait ?
- La clé j'en ai vraiment besoin ?
N'oublions pas non plus certains détails intrinsèques ou spécifiques si ce n'est fondateurs : pas de permis, disions-nous,  C'est mieux comme ça, car même plié en 4, ça rentre pas (un peu comme le conducteur). Et puis en plus il n'y pas de boîte à gants. Oui, mais le noir dans l'habitacle ? On peut pas faire autrement, on est obligé de coller la carte verte sur le pare-brise pour l'assurance.
En fait, si l'on constate que ce type d'engin est surtout "conduit" par des vieux, on est en droit de se demander si un complot n'a pas été commandité pour se débarrasser du 3e âge. Attendez vous à ce que la voiture sans permis soit bientôt rebaptisée V.V.V.V.V.E comme Véritable Véhicule Virtuel pour Vieux Véritables d'Epoque.
Mais, foin de moqueries faciles à base d'ironie acide.
Nous allons de ce pas étudier les avantages de la VSP après avoir traité de son seul véritable inconvénient, à savoir devenir un objet de torture mentale. Pas moins.
Quand le petit vénérable sort de son supermarché favori, qu'il emplit son engin avec ses petites emplettes (forcément), il est ensuite confronté à une difficulté logistique insoutenable qu'on peut résumer par "Je rentre à pied ou en caddy ?".
Si de surcroît le malheureux sénile hésitant dubitatif parle tout haut, il lui est souvent répondu : "Comme tu veux pépé , mais tu me vires ton tas de boue du milieu". Dur.
Et pourtant, incontestablement la VSP a des points forts. Bon, on n'en citera qu'un.
Je suis sûr que vous l'auriez trouvé tout seuls. On peut se garer facilement.
Encore faut-il arriver à destination, soit en partant la veille, soit en poussant (ce qui est plus sûr, parce que la veille ça change tout le temps).
Certains esprits perfides si ce n'est mal tournés auront beau jeu d'objecter d'un argument définitif : "si ça tient pas de place, comment ça se fait que c'est toujours en train de faire chier au milieu de la route ?"
Alors là, cas extrême, heureux propriétaires et usagers de ces merdes roulantes, il vous restera à prendre vos responsabilités et à vous draper la dignité dans votre peau de chamois offusquée avant de répondre qu'avec la voiture sans permis, au moins, l'expression ETRE SUR LA ROUTE n'a jamais été aussi vraie.

mercredi 2 novembre 2011

Gros mot


La relativité étant ce qu'elle est, il est  "amusant" -euphémisme- de constater que tout ce qui se trame en haut lieu, au plan européen j'entends, est forcément noble, valide, courageux, responsable et j'en passe...
Je nommerais plus volontiers tout cet habillage parfumé au story-telling  farces et attrapes,  prestidigitation, tour ou illusion, si ce n'est trucs et combines, ou encore passe-passe et escamotage... 
Bref toutes ces ficelles, tromperies et autres fourberies ne sont qu'une gigantesque partie de poker menteur ou de bonneteau. 
Ces pratiques, petits jeux entre amis, oublient soigneusement les peuples avant de leur présenter l'ardoise et foulent aux pieds les principes les plus élémentaires. 
Mais c'est - comment déjà ? - ah oui,  noble, légitime, vertueux si l'on en croit leurs valets chargés de relayer. 
Mais c'est aussi comme cela que "référendum" est entré dans la liste des gros mots.

mardi 1 novembre 2011

Morts

En cette période de l'année, la tradition, les habitudes peuvent nous rattraper au moins par les reportages radio ou télé, par les commentaires, ou même la simple observation d'une activité près du cimetière.
Visible pour nous puisque c'est sur la route : nos trajets les plus ordinaires, nos déplacements professionnels, nos pas nous font passer devant la plupart du temps.
Très peu pour nous.
Bien sûr, dans la famille au sens large, chacun fait comme il l'entend.


C'est essentiellement une question de conviction.

Nous assistons aux obsèques, certes, adieu, au revoir, hommage comme l'on voudra, c'est un geste pour celui ou celle qui n'est plus là.
Ensuite, c'est autre chose. Nous ne sommes pas impliqués et pas sensibles aux manifestations ultérieures.
Pour ce qui nous concerne, et là je parle de chez moi, avec my wife et nos filles, nous ne sommes pas dans cette démarche : nous n'allons pas rendre visite à nos morts. Pas de déplacement symbolique, pas de dépôt de fleurs ou autre.
Plus particulièrement, c'est le côté conventionnel, traditionnel dicté par le calendrier et sa dimension religieuse qui heurte mes convictions, n'étant pas croyant.
Mais... cela n'empêche pas les pensées, les images, les souvenirs... quel que soit le lieu, le moment.
Pas besoin de matérialiser l'impalpable.

Cela reste personnel, intime. Peut-être même pudique.
Je n'ai pas besoin de l'exposer, de le démontrer. 
Et chacun fait comme il peut.

lundi 31 octobre 2011

European department store

Accord Arraché Aberration   
Bonus Banques Bang
Croissance Crise Cinéma
Dette Discrédit Discours
Euro Europe Enfumage  
Fric Foutaises Finances 
Gesticulations Grecs Gogos
Hypocrites Honteux Hénaurme    
Irresponsables Inégalités Information ?
Justice Journal TV Jeu 
Kapital Kafkaïen Krach
Libéralisme Lisbonne 
Mensonges Manipulations Marchands
Nain Narcisse Nullissime   
Oukase Oligarchie Oppression 
Promesses Pitoyables Pantins
Questions questions questions
Réalité Rigueur Récession
Sommet  Spéculation  Soupçons
Tourbillon Télévision Théâtre 
Union Unilatéral  Usurpation
Vérité Voleurs Vendus 
Western Why ? Xérophtalmie   
Yo-yo Yakuza Yuan
Zorro Zone Zéro

dimanche 30 octobre 2011

Après ...

Tout est bien là
rien
vraiment n'a bougé
la lumière égale à l'ombre
pâte épaisse et pourtant
plus que jamais
et par quel soulèvement ou révolte
lumière
sans issue
les choses tout d'un coup
chaises table lampe horloge
vides
d'un naufrage
à n'en plus finir
à fond d'orage à fond
de l'épaisseur bleue des orages
à fond de pierres
choses vides
présentes et
vides
égales et
vides
je sais
à quoi ressemblera le monde
après
moi
 Il trionfo della morte  - Jean Lescure

vendredi 28 octobre 2011

De tout bois




 Comme annoncé plus tôt, voici deux vues de chaque façade terminée.

Bois

Malgré quelques caprices météorologiques, j'ai pu ces derniers jours avancer dans notre projet de construction. Voici :




Les jours à venir devraient me permettre de terminer les encadrements. Très vite une photo de chaque façade terminée et puis la suite ce sera à l'intérieur, avec toute l'isolation.

mardi 25 octobre 2011

Comme une piqûre de rappel

LA BALLADE DES GENS QUI SONT  NES QUELQUE PART

C'est vrai qu'ils sont plaisants tous ces petits villages
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages
Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est être habités
Et c'est être habités par des gens qui regardent
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts
La race des chauvins, des porteurs de cocardes
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
Empalés une fois pour toutes sur leur clocher
Qui vous montrent leurs tours leurs musées leur mairie
Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher
Qu'ils sortent de Paris ou de Rome ou de Sète
Ou du diable vauvert ou de Zanzibar
Ou même de Montcuq il s'en flattent mazette
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Le sable dans lequel douillettes leurs autruches
Enfouissent la tête on trouve pas plus fin
Quand à l'air qu'ils emploient pour gonfler leurs baudruches
Leurs bulles de savon c'est du souffle divin
Et petit à petit les voilà qui se montent
Le cou jusqu'à penser que le crottin fait par
Les chevaux même en bois rend jaloux tout le monde
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

C'est pas un lieu commun celui de leur connaissance
Ils plaignent de tout coeur les malchanceux
Les petits maladroits qui n'eurent pas la présence
La présence d'esprit de voir le jour chez eux
Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire
Contre les étrangers tous plus ou moins barbares
Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Mon Dieu qu'il ferait bon sur la terre des hommes
Si on y rencontrait cette race incongrue
Cette race importune et qui partout foisonne
La race des gens du terroir des gens du cru
Que la vie serait belle en toutes circonstances
Si vous n'aviez tiré du néant tous ces jobards
Preuve peut-être bien de votre inexistence
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Evidemment je pouvais citer sans difficulté  n'importe laquelle des grandes très grandes chansons de Brassens, mais j'ai voulu avec l'air du temps mettre celle-ci en évidence, qu'on ne cite pas forcément d'emblée...

lundi 24 octobre 2011

Ainsi sont les sons

Jeudi 20, vendredi 21 octobre, deux soirées contrastées musicalement, même si la musique avait un fil conducteur américain, les groupes venant en majorité d'outre-Atlantique.
The Bad Plus, trio à l'orchestration jazz (piano/contrebasse/batterie) avec une esthétique rock et beaucoup de rythmes nous a proposé un set sans surprise, très fluide, agréable mais qui à mon goût manquait (un peu) de passion et (beaucoup) de surprise. Excellents musiciens, belles ambiances.

Ils avaient été précédés par un autre trio, Sidony Box, issu de la scène nantaise depuis quelques années.
Un power trio (guitare, sax, batterie) dont je connaissais seulement le nom et qui m'a vraiment emballé. Des compositions aux climats changeants, un groupe soudé, pas manchot : recommandé, s'il passe par chez vous.

Du jeudi au vendredi, changement de salle, plus intimiste avec The Fantastic Merlins (batterie, sax, contrebasse, violoncelle) un quartet américain accompagné pour l'occasion de Kid Dakota, chant et guitare, issu du rock alternatif US.
Un mélange des genres qui avait attiré mon attention pour un résultat mitigé.
Tous les cinq ont d'abord joué leurs versions de chansons de Leonard Cohen, une relecture ou une revisite plutôt réussie. Ensuite ce fut le répertoire de Kid Dakota, à cinq puis seul.
Enfin le quartet joua pour la dernière partie trois morceaux et un rappel plutôt enlevés montrant qu'il en avait sous la pédale, avivant par là-même quelques regrets, car ce fut la partie la plus intéressante musicalement.
Non que le reste fut insignifiant, mais la soirée nous aura fait naviguer sur différents registres en picorant, survolant sans approfondir.
Une soirée "découverte" pas mal mais un format de concert un peu bâtard au bout du compte.

dimanche 23 octobre 2011

P

Des primaires à l'UMP ?
Pas  la peine, c'est déjà fait : les primaires, c'est eux.

jeudi 20 octobre 2011

Rock bottom

En ces temps où je me suis mis à réécouter en piochant dans ma cédéthèque, le plaisir s'est révélé intact avec les disques de Robert Wyatt.

Cuckooland et Comicopera que vous apercevez au centre et à droite sur l'image sont des albums des années 2000. En attendant peut-être de parler d'autres de ses albums dans ma collection,  je vous propose une chronique de l'ALBUM mythique, à gauche, Rock Bottom.



1973. Après une soirée un peu trop arrosée, Robert Wyatt, déjà connu musicalement dans SOFT MACHINE et MATCHING MOLE, est victime d'une chute du 3e étage qui bouleverse sa vie à tout jamais.
Pour un musicien, ici un batteur, perdre l'usage de ses jambes est un drame, une catastrophe.
Un raccourci erroné, consensuel dans la compassion et tenace comme une légende, voudrait que "Rock Bottom" soit l'oeuvre issue de cet accident. Non.
Car Wyatt travaillait déjà à l'écriture de cet album avant la catastrophe. Mais...
il est indéniable que le disque s'en nourrit, se teinte d'un halo lumineux plus que particulier dans un brouillard qui, en nous privant de nos repères habituels, nous entraîne à explorer le sensible.
La pochette originelle d'un blanc clinique, aux limites de l'effacement ou de la transparence, nous amène à deviner plus qu'à distinguer les ombres d'un dessin enfantin, et fait que "Rock Bottom", pour l'auditeur qui va entrer dans son univers, est tout simplement bien plus qu'un disque.
rwrb
On pressent que l'on va se retrouver dans des contrées inconnues, des territoires peu explorés.
Et si l'on s'y prête, si on s'ouvre à ce périple, c'est (comme pour un livre) un disque de chevet.
Inexorable. Inoxydable. On plonge dans les profondeurs pour voler à des milliers de mètres d'altitude.
L'émotion à l'état pur. Plus loin que les mots, plus loin que les notes. Indicible littéralement.
Les fragments d'une humanité aux accents de vérité, un éclat qui nous entaille en plein coeur et s'adresse à l'âme par sa beauté, sa profondeur insondable et - presque incroyablement - insoupçonnée.
Avec "Sea Song", en ouverture,  aux fausses allures de chanson pop minimale douce amère, Wyatt nous raconte bien à sa manière une histoire sans queue ni tête, surréaliste. Et soudain, imprévisible, cela bascule tout à coup dans l'inconnu, vous agrippe et vous entraîne dans une irrésistible mélancolie. Que Wyatt nous amène avec lui à vivre un tel degré d'intimité peut sembler dérangeant, il y a comme un "cap" à passer, comme un seuil de l'acceptable, de ce que l'on cherche aussi, qui renvoie à "pourquoi écouter ça ?". Mais lorsqu'il supplie plus qu'il ne chante sur des nappes de voix angéliques qui ne viennent d'on ne sait où, on sent qu'on ne le lâchera plus. Cette plainte qui est sienne nous renvoie à notre condition d'humains.
"Alifib/Alifie" est l'autre grande pièce "névrosée" du disque. On est en partance. Comme un cheminement lent, progressif, lancinant dans une ambiance étrange, une folie aux décalages millimétriques presque imperceptibles, où Wyatt chuchote sur le ton de la confidence (et sans discontinuer) le nom d'Alifib. Un appel obsessionnel comme un énorme cri silencieux. Il crée par cette répétition la rythmique sur laquelle repose la pièce toute entière. Et, quand "Alfie" arrive, on sait qu'on ne peut revenir en arrière, le paysage se transforme, et l'on ne résiste pas aux interventions possédées de Gary Windo au saxophone, époustouflant de rage contenue.  Implacable implosion.

rwrb2
pochette de la réédition.
Au passage, voici les musiciens qui ont accompagné Wyatt ...
Mike Oldfield (guitare), Robert Wyatt (guitare, batterie, claviers, chant), Gary Windo (clarinette, saxophone ténor), Ivor Cutler (claviers, voix), Mongezi Feza (trompette), Alfreda Benge (voix), Fred Frith (piano, violon), Hugh Hopper (basse), Richard Sinclair (basse), Laurie Allan (batterie)
coda
Alors, peut-on aller jusqu'à dire que "Rock Bottom" survole tous les disques pop du vingtième siècle sans partage, comme on le lit souvent chez les adorateurs du disque ( comme d'autres d'ailleurs ) ?
Je suis toujours sceptique sur ce genre d'affirmation absolue car d'une part elle exclut, elle referme une trappe comme si on avait la prétention d'avoir tout écouté et d'être capable d'affirmer ça ! et,  d'autre part, elle contente narcissiquement son ou ses auteurs en tant qu'initiés qui font partie du cercle qui SAIT...
Pourquoi entrer dans un discours normatif pour une oeuvre inclassable ?
C'est pourquoi il me semble vain de se lancer dans une comparaison, un positionnement, une hiérarchisation.
Et dire seulement, cet album est magnifique. Et le répéter.
Car c'est déjà dire beaucoup. Et le faire écouter.
Et dire encore qu'il est admirablement situé là où il est.
C'est-à-dire AILLEURS.
Un disque, une expérience, parce qu'on n'est plus le même après.
Un voyage ...

mercredi 19 octobre 2011

AH AH AH.. . hum

Attendez-vous à trouver des choses de ce genre, si on "baisse"...
 exemple 1


QUELS SER€IENT LES EFFETS D’UN €B€ISSEMENT DE L€ NOTE?

Le triple € permet à l€ Fr€nce, déjà lourdement endettée, d’emprunter sur les m€rchés à un t€ux très bs. « Si on perd cette note, nos t€ux vont fl€mber », explique Nicol€s Bouzou. D’€utre p€rt, les deux tiers de l€ dette fr€nç€ise sont détenus p€r des non-résid€nts. « Ils €rrêter€ient immédi€tement d’€cheter nos emprunts si notre note est moins €ttr€ctive », €lerte M€rc Tou€ti, directeur des études économiques chez €ssy€ Comp€gnie fin€ncière. « D’€utre p€rt, cette h€usse se répercuter€it à l’ensemble des emprunts f€its p€r les entreprises et les p€rticuliers, ce qui pén€liser€it encore d€v€nt€ge l€ croiss€nce. »

 
Ou bien encore comme ça :
exemple 2 
 
QUELS SERAAIENT LES EFFETS D’UN AABAAISSEMENT DE LAA NOTE?

Le triple AA permet à lAA FrAAnce, déjà lourdement endettée, d’emprunter sur les mAArchés à un tAAux très bAAs. « Si on perd cette note, nos tAAux vont flAAmber », explique NicolAAs Bouzou. D’AAutre pAArt, les deux tiers de lAA dette frAAnçAAise sont détenus pAAr des non-résidAAnts. « Ils AArrêterAAient immédiAAtement d’AAcheter nos emprunts si notre note est moins AAttrAActive », AAlerte MAArc TouAAti, directeur des études économiques chez AAssyAA CompAAgnie finAAncière. « D’AAutre pAArt, cette hAAusse se répercuterAAit à l’ensemble des emprunts fAAits pAAr les entreprises et les pAArticuliers, ce qui pénAAliserAAit encore dAAvAAntAAge lAA croissAAnce. »


A moins que...
exemple 3

QUELS SERIENT LES EFFETS D’UN BISSEMENT DE L NOTE?

"Le triple  permet à l Frnce, déjà lourdement endettée, d’emprunter sur les mrchés à un tux très bs. « Si on perd cette note, nos tux vont flmber », explique Nicols Bouzou. D’utre prt, les deux tiers de l dette frnçise sont détenus pr des non-résidnts. « Ils rrêterient imméditement d’cheter nos emprunts si notre note est moins ttrctive », lerte Mrc Touti, directeur des études économiques chez ssy Compgnie finncière. « D’utre prt, cette husse se répercuterit à l’ensemble des emprunts fits pr les entreprises et les prticuliers, ce qui pénliserit encore dvntge l croissnce."


C'est  p.s  g.gné, non ? 

mardi 18 octobre 2011

Péremption

Le souci presque maladif de précision qui me caractérise m'amène à étudier si ce n' est éplucher inspecter (non plus) lire de A à Z les notices, les emballages, ce que je mets sur le compte à la fois de ma traque effrénée de la dimension poétique de l'éphémère dans sa splendeur dérisoire, sur ma volonté de donner une image de consommateur averti à qui on ne la fait pas, et d'une habitude contractée très petit où, même avant l'âge officiel du plein apprentissage de la lecture, je lisais absolument TOUT ce qui me tombait sous la main, y compris les lettres de la marque du frigo.
C'est donc parce que  vous êtes peut-être passés à côté de merveilles et autres plaisirs que je m'en vais vous conter de ce pas dans une sorte de voyage au pays des étiquettes (ou : la péremption,comment ça marche ?) ce que j'ai découvert.
Sans être péremptoire, la péremption, c'est - vous le savez bien - le fameux "à consommer avant" ou "jusqu'à"... mais plutôt "avant", amis du marketing, bonjour, et merci de nous mettre la pression, y compris sur la petite bouteille de tabasco et autres canailleries au piment  qui, question périssable, ne craignent pas grand-chose. Car, avouons-le, un amateur - même moyen- de piment achètera dans sa vie de mangeur de piment combien de bouteilles, hein ? Allez, pas des tonnes, et en plus c'est même pas vendu en packs de 12. Parce qu'alors, si c'est plus, il risque de se faire coffrer comme trafiquant.
Selon le produit, c'est bien connu, l'emballage change. Mais ce sera bien la seule chose.
Car il y a des constantes. Jugez-en.
Je prends mon pot de moutarde, au hasard dans le placard à provisions, et, pour monter une vraie expérimentation scientifiquement valide, n'importe lequel dans le pack de 12. J'avais une idée avec l'opercule fraîcheur, la capsule jaune, vous voyez. Eh bien, que lis-je ? "à consommer de préférence avant la date indiquée sur le sceau de garantie". J'ai bien fait de le lire avant car d'habitude le sceau de garantie il est direct poubelle après ouverture et adieu la péremption. J'ai donc ouvert un petit calepin et j'ai noté le renseignement pour ce pot (type verre à moutarde, rangé en haut à gauche de la 2e étagère, côté droit , le jour de l'observation) cette fameuse date, pour anticiper sur la connerie inévitable du sauvage qui ouvrira ce pot en saccageant le sceau de garantie.
Poursuivant mon enquête, et tirant de plus belle sur ma pipe, tel un commissaire Maigret dubitatif mais pugnace, j'empoignais une conserve au hasard et je lus : "à consommer avant voir date sur l'un des fonds de la boîte". Ce qui renforça mon air interrogatif. Le fond, oui mais lequel ? Intérieur ? Extérieur ? Haut ? Bas ? De quoi rester songeur, même si les boîtes dans leur grande bonté n'ont que DEUX fonds.
Je redoutais de découvrir bientôt une mention du genre " à consommer de préférence avant d'avoir ouvert", si ce n'est " à consommer de préférence avant solution dans notre prochain numéro".

Persévérant, je trouvai ensuite un " à consommer de préférence avant voir date figurant sur emballage".
Euh, ça tombe bien, je viens de tout verser le contenu dans un saladier, j'ai déjà balancé le reste. Enquête dans la poubelle, bref, je vous passe les détails, le marc de café, le gras du poulet... et puis ils pourraient pas causer français non ? Z'avez vu la tournure des phrases ? La syntaxe, MERDE !
J'ai aimé "à consommer de préférence avant voir ci-contre", ce qui nous mettait exactement à trois millimètres sur la droite et je me demande encore pourquoi ils ne l'ont pas écrit directement avant ci-contre.
C'était du poivre, peut-être que ça a un rapport ?
Je n'insisterai pas non plus sur une délicate formule " à consommer avant (jour) (mois) (année)date limite d'utilisation optimale ", écrit sur le rabat d'une boîte de céréales, rabat que l'on explose complet en ouvrant, vous l'auriez parié, car en plus ils ont raté l'oscar de l'emballage...
Non, j'ai une petite faiblesse, pour "à consommer de préférence avant voir au dos" avec ses variantes "voir sur le côté" (ça doit être de profil ) ou encore "voir au dos du paquet" ce qui constitue une précision d'expert entomologiste indispensable, car j'étais déjà parti chercher dans le dictionnaire...
Instructif, un peu inattendu, ce petit périple du genre " envoyé spécial chez moi", bonjour je vous parle en direct de mon  placard à provisions valait le (petit) détour.
Même si j'aurais aimé lire une petite formule du genre "à consommer avant le cachet de la poste faisant foi... dans le dos".
Allez, ce sera pour une autre fois.

lundi 17 octobre 2011

Infraordinaire Georges Perec

C'est peu dire que cet extrait me procure une émotion et une jubilation intenses. 
Le voici en partage.

"Ce qui nous parle, me semble-t-il, c'est toujours l'événement, l'insolite, l'extra-ordinaire : cinq colonnes à la une, grosses manchettes. Les trains ne se mettent à exister que lorsqu'ils déraillent, et plus il y a de voyageurs morts, plus les trains existent; les avions n'accèdent à l'existence que lorsqu'ils sont détournés; les voitures ont pour unique destin de percuter les platanes: cinquante-deux week-ends par an, cinquante-deux bilans: tant de morts et tant mieux pour l'information si les chiffres ne cessent d'augmenter ! Il faut qu'il y ait derrière l'événement un scandale, une fissure, un danger, comme si la vie ne devait se révéler qu'à travers le spectaculaire, comme si le parlant, le significatif était toujours anormal: cataclysmes naturels ou bouleversements historiques, conflits sociaux, scandales politiques...
Dans notre précipitation à mesurer l'historique, le significatif, le révélateur, ne laissons pas de côté l'essentiel: le véritablement intolérable, le vraiment inadmissible: le scandale, ce n'est pas le grisou, c'est le travail dans les mines. Les " malaises sociaux " ne sont pas " préoccupants " en période de grève, ils sont intolérables vingt-quatre heures sur vingt-quatre, trois cent soixante-cinq jours par an.
Les raz-de-marée, les éruptions volcaniques, les tours qui s'écroulent, les incendies de forêts, les tunnels qui s'effondrent, Publicis qui brûle et Aranda qui parle! Horrible ! Terrible ! Monstrueux ! Scandaleux ! Mais où est le scandale ? Le vrai scandale ? Le journal nous a-t-il dit autre chose que: soyez rassurés, vous voyez bien que la vie existe, avec ses hauts et ses bas, vous voyez bien qu'il se passe des choses.
Les journaux parlent de tout, sauf du journalier. Les journaux m'ennuient, ils ne m'apprennent rien; ce qu'ils racontent ne me concerne pas, ne m'interroge pas et ne répond pas davantage aux questions que je pose ou que je voudrais poser.
Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est il ? Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, I'évident, le commun, l'ordinaire, l'infra-ordinaire, le bruit de fond, I'habituel, comment en rendre compte, comment l'interroger, comment le décrire ?
Interroger l'habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l'interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s'il ne véhiculait ni question ni réponse, comme s'il n'était porteur d'aucune information. Ce n'est même plus du conditionnement, c'est de l'anesthésie. Nous dormons notre vie d'un sommeil sans rêves. Mais où est-elle, notre vie ? Où est notre corps ? Où est notre espace ?
Comment parler de ces " choses communes ", comment les traquer plutôt, comment les débusquer, ies arracher à la gangue dans laquelle elles restent engluées, comment leur donner un sens, une langue : qu'elles parlent enfin de ce qui est, de ce que nous sommes.
Peut-être s'agit-il de fonder enfin notre propre anthropologie: celle qui parlera de nous, qui ira chercher en nous ce que nous avons si longtemps pillé chez les autres. Non plus l'exotique, mais l'endotique.
Interroger ce qui semble tellement aller de soi que nous en avons oublié l'origine. Retrouver quelque chose de l'étonnement que pouvaient éprouver Jules Verne ou ses lecteurs en face d'un appareil capable de reproduire et de transporter les sons. Car il a existé, cet étonnement, et des milliers d'autres, et ce sont eux qui nous ont modelés.
Ce qu'il s'agit d'interroger, c'est la brique, le béton, le verre, nos manières de table, nos ustensiles, nos outils, nos emplois du temps, nos rythmes. Interroger ce qui semble avoir cessé à jamais de nous étonner. Nous vivons, certes, nous respirons, certes; nous marchons, nous ouvrons des portes, nous descendons des escaliers, nous nous asseyons à une table pour manger, nous nous couchons dans un lit pour dormir. Comment ? Où ? Quand ? Pourquoi ?
Décrivez votre rue. Décrivez-en une autre. Comparez.
Faites l'inventaire de vos poches, de votre sac. Interrogez-vous sur la provenance, l'usage et le devenir de chacun des objets que vous en retirez.
Questionnez vos petites cuillers.
Qu'y a-t-il sous votre papier peint ?
Combien de gestes faut-il pour composer un numéro de téléphone ? Pourquoi ?
Pourquoi ne trouve-t-on pas de cigarettes dans les épiceries ? Pourquoi pas ?
Il m'importe peu que ces questions soient, ici, fragmentaires, à peine indicatives d'une méthode, tout au plus d'un projet. Il m'importe beaucoup qu'elles semblent triviales et futiles: c'est précisément ce qui les rend tout aussi, sinon plus, essentielles que tant d'autres au travers desquelles nous avons vainement tenté de capter notre vérité."
Georges Perec 
"Approches de quoi?"
publié en 1989 dans le recueil L'infra-ordinaire, Seuil éditions.

dimanche 16 octobre 2011

Mondial de rugby

L'équipe de France jouera la finale la semaine prochaine, selon un parcours et un scénario plus qu'improbables, marqués par deux défaites dans la première phase et par un jeu très loin d'être enthousiasmant. Une équipe qui a semblé en permanence friable, avec des  pannes, avec un mental en dents de scie.
Les signes avant-coureurs étaient connus:  défaites larges et même "fessées" ces derniers mois contre l'Australie, la Nouvelle-Zélande, défaite historique contre l'Italie lors des 6 nations, un tournoi ayant fait apparaître les grandes faiblesses de cette équipe.
En passant, ce qui m'a toujours surpris, en de nombreuses occasions, et au-delà de la compétition actuelle, c'est de voir à quel point le XV de France peut en comparaison des autres équipes sembler dépourvu de sens tactique. Comme si une incapacité culturelle des joueurs ne leur permettait pas de se conformer à un système de jeu, à en avoir un de rechange éventuellement et à s'adapter selon le cours du match.

C'est vrai que le rugby aujourd'hui a beaucoup changé.
Le jeu, les règles n'en sont pas toujours simples et porteuses de jeu, de mouvement. Le système. La Coupe du Monde existe depuis peu si l'on regarde bien (1987) et l'on sent la montée en puissance de l'empreinte du professionnalisme.
Les enjeux se sont déplacés, à la hauteur des budgets investis pour monter les équipes. Et regardons ce qu'est devenue la démentielle préparation physique des joueurs. Et les cadences ?
Pourquoi ne pas s'inspirer "à notre manière" du jeu pratiqué dans l'hémisphère sud, et ne pas perdre de vue que les joueurs là-bas jouent beaucoup moins de matches par an ?
Et les incohérences, de mon point de vue : comment peut-on accepter qu'un championnat se joue- avec des équipes amoindries - simultanément au Mondial, avec des joueurs -et pas des moindres en principe- étant absents en raison de leur sélection en Coupe du Monde ?

N'oublions pas le nombre de compétitions en augmentation (Coupe d'Europe qui n'existait pas avant, système de poules donc davantage de matches, plutôt qu'élimination directe...).
Alors, voilà, les trous d'air dans les performances des équipes viennent très certainement de là, avec des matches rapprochés (trop) où l'on a des modifications obligées dans les équipes, et donc des systèmes, des styles de jeu complétement effrités. Et on a pas mal d'équipes "frileuses" ou "restrictives".
 Tout cet ensemble, et j'en oublie sûrement, fait que le beau jeu qu'on aimait bien (anciens combattants !) n'est plus dans la lignée culturelle du système ambiant, qu'on voit des matches très fermés,ou apparemment brouillons, que dans un match même certaines équipes peuvent nous proposer le jour et la nuit, et que finalement, on peut ne pas jouer, ou très mal, et gagner, ce qui n'était pas forcément l'image (à tort ou à raison) que j'avais.
D'où la question. 
Tout bien pesé, est-ce que le rugby commencerait à mentir ?