dimanche 30 décembre 2012

Incandescent

Dans le courant des années 90, Robert Fripp 
(King Crimson) entame une collaboration 
avec David Sylvian (ex-Japan). 


En sortira l'album studio The First Day, réussi même si un peu "froid" 
à mon goût, mais  qui sortira magnifié de l'expérience en live, 
où la matière prendra toute sa dimension.
L'album DAMAGE paru en 1994 en sera la preuve et, depuis, 
en constitue le témoignage indispensable,
faisant penser irrésistiblement à ce que King Crimson
- réapparu en 95 avec Thrak - aurait pu être 
si Sylvian avait accepté l'invitation de Fripp...

vendredi 28 décembre 2012

Dépouillée




On se demande bien pourquoi ce morceau a été autant repris...
Je vous propose une version solo acoustique par celui qui l'a écrit.
C'est quelquefois, comment dire, plus sûr !

"Dimming Of The Day"

This old house is falling down around my ears
I am drowning in a river of my tears
When all my will is gone you hold me sway
And I need you at the dimming of the day

You pull me like the moon pulls on the tide
You know just where I keep my better side

What days have come to keep us far apart
A broken promise or a broken heart
Now all the bonnie birds have wheeled away
And I need you at the dimming of the day

Come the night you're only what I want
Come the night you could be my confidant

I see you on the street in company
Why don't you come and ease your mind with me
I am living for the night we steal away
And I need you at the dimming of the day
Yes I need you at the dimming of the day


edit du 29/12/ autre version par ses auteurs et interprètes originaux


mercredi 26 décembre 2012

Intensité


German Overalls 1973 (Peter Hammill)
le titre qui ouvre le somptueux
Chameleon in the Shadow of the Night
est un morceau sombre qui décrit les aspects 
les plus durs et désespérants
d'un groupe (le sien, VdGG) qui vit (?) ou survit (?)
en tournée. On sent que c'est du vécu :
Van der Graaf Generator (première période) n'y a pas résisté.
(Lyrics ici )

lundi 24 décembre 2012

Fluide

 

Printemps 2011, j'ai eu la chance d'assister à un concert de ce trio  :
Jean-Philippe Viret contrebasse / Edouard Ferlet piano / Fabrice Moreau batterie
lors de la sortie de leur projet " Pour" (très bel album), 
suite du déjà très bon "Le temps qu'il faut"...
Ce fut un très beau moment musical, avec des musiciens 
de cœur, dédiés à leur musique en artisans méticuleux. 
Après, et c'était bien aussi, un moment d'échange, 
avec des musiciens accessibles, à qui il était important 
de manifester combien le plaisir  avait été grand. 
Et partagé.

dimanche 23 décembre 2012

Caste

Une question que je me pose. 
Comment se fait-il "tout à coup" que des gens dont on n'entend jamais la moindre prise de position, à tel point que c'est évidemment avec le plus grand soin qu'ils avancent masqués, sortent du bois ?
Allez.
15 secondes.
 Rien sur rien, jamais, et là, c'est bon, on est sur les histoires de gros sous et soudain, générosité bruissante qu'on ne peut étouffer, irrépressible, c'est le cœur qui parle.
Ne soyons pas naïfs pour autant, la manière de faire leur métier est un indice, leur participation effective au système aussi. Ces fameux "rebelles" preneurs de risques sous perfusion subventionnés magnifiquement intégrés.
C'est étonnant mais il se trouve que les trois gros soutiens à Obélix (c'est un pseudo !) , soutiens qui ont été massivement matraqués par les médias, sont trois  personnalités du spectacle dont le travail ne m'intéresse absolument pas. Coïncidence, vous croyez ?
"L'humoriste" ne m'a jamais fait rire.
La super "grande actrice légendaire" du cinéma français, je n'ai jamais compris pourquoi et comment elle jouait bien.
Enfin le comédien qui répand sa diarrhée verbale égocentrique et narcissique, le mec qui en met partout,  m'a toujours horripilé. Son nom à l'affiche d'un film me bloque instantanément.
Et les arguments sont affûtés.
Si tu as une belle et bonne filmographie, tu peux parler. Intéressant non ? Donc les critiques vos gueules, le public, vos gueules aussi, restons logique. Cela ne suinterait pas un peu le mépris ?
Autre argument, la fameuse cour des grands. Evidemment celui qui s'y réfère parle de là, il y est lui, dans cette cour. Celle des cire-pompes peut-être ? Et comment on fait pour rentrer ? Le nombre de zéro du compte en banque sûrement ?
Quand à l'homme en souffrance, thématique du troisième argumentaire, c'est tellement pathétique que je me contenterai seulement un petit conseil,  très modestement hein, vu que je n'ai pas de filmographie et que je ne joue pas dans la cour des grands : je lui conseillerais, Obélix en souffrance, plutôt  la discrétion, la dignité. 

Quant à Capitaine Conan ( autre pseudo), je suis allé lire sa tribune.
Je me fous qu'il puisse passer pour aigri ou jaloux, on détourne le fond, le "quoi" au profit (sic !) du pourquoi, et ...on ne répond pas !
Il balance sec, on n'a pas l'habitude dans ce beau pays, dans cette profession où officiellement tout le monde aime tout le monde ( la grande "famille" du cinéma français, famille pour ne pas dire mafia ?), et du côté où il se place, parce qu'en face les conneries et les saillies réactionnaires ont pignon sur rue.
Alors c'est gonflé, il l'a fait, c'est peut-être un coup de sang, mais cela méritait d'être dit.
Et on va de plus, sur ce terrain, attendre de pied ferme sa montée au créneau pour les difficultés de ceux qui restent, les petites mains, les anonymes, ceux de l'intermittence quand inévitablement "on" va essayer de leur régler leur compte s'occuper d'eux.

samedi 22 décembre 2012

Après

Je me demandais l'autre jour, il y a fort peu, tiens ... la fin du monde, juste après on fait quoi ?
Je vous écris donc, d'ici (du jour d'après) puisque je n'étais pas là hier, le jour J.
Heureusement j'avais des affaires de rechange.

Bien...
Si quelqu'un peut m'éclairer.

Que s'est-il passé ?
Mais, au fait, y a-t-il quelqu'un ?
Et quand est-ce qu'on mange ?

lundi 17 décembre 2012

Gam(m)es


Une fois n'est pas coutume, je reprends la balle au bond telle qu'elle a été lancée ici et, à mon tour, j'attrape dans ma pile la poignée d'albums qui a accompagné et éclairé de façon régulière et marquante l'année musicale 2012. Une précision, les albums ne sont pas forcément « labellisés » 2012, et il n’y a aucun ordre de préférence. Enfin vous saurez certainement ce que j’écoute le plus -stylistiquement parlant- après lecture et peut-être écoute.

C'est parti ?  

    
                
          
Un trio qui m’a transporté en concert cette année, le disque étant à l’avenant. Le leader Vijay Iyer est un partageux, ça s’entend et ça se voit : ça tourne et il décale un peu la mécanique qui peut être très stéréotypée du trio jazz classique en s’appuyant sur une polyrythmie luxuriante. Pour ne rien gâcher, le batteur Marcus Gilmore est phénoménal.  Extrait : mmmhmm



Vu aussi en spectacle, le bluesman norvégien -personnalité attachante à la technique d’une fluidité étonnante- est une grande découverte pour 2012. Tour à tour héroïque ( la reprise de Ace of Spades de Motorhead peut en témoigner) ou intimiste, là  où des fragilités diablement intéressantes se font jour,  il promène son blues avec énergie et humanité. Blues for one sur l’album Blackwood (2011) instille sa fatigue avec émotion.
En extrait : Some day.



Enregistré en public au Sunside, un album phénoménal avec Sophia Domancich (p), William Parker (cb) et Hamid Drake (b) qui approchent l’osmose musicale.
Deux excellents morceaux d’abord (Washed away et The Seagulls of Kristiansund) d’une dizaine et quinzaine de minutes avant un final étonnant, où tout bascule, les montagnes sont renversées par un époustouflant « Lonely Woman » d’Ornette Coleman de 36 minutes !
Une idée ici.



Marc Ducret, compositeur, est engagé depuis plus de deux ans dans un projet « Tower » initialement prévu en 3 volumes qui sont devenus 4 avec – en plus - la parution du 4 avant le 3 (typique de Ducret et de sa défiance absolue des médias et du système).
Inspiré de deux pages de Nabokov (dans Ada ou l’ardeur), l’ensemble est décliné en différentes formations (quartet/quintet, on y retrouve entre autres Tim Berne et Tom Rainey les fantasques et fantastiques acolytes de la période Big Satan), et Ducret est évidemment le trait d’union avec son jeu de guitare étincelant, inimitable et tranchant. 
Vu en concert, une claque monumentale, malgré la « lourdeur » de la formation (12 sur scène), c’est une musique exigeante. 
Avec "Tower  volume 4", Ducret brasse tout ça en solo acoustique et c’est magique. Quelques références à Joni Mitchell (Electricity) ne pouvaient pas me déplaire. L’excellente surprise de fin d’année avec un album qui n’était somme toute pas prévu. Volume 3 à « suivre » courant 2013 !



Le lien ici se fait par  Richard Thompson dont je suis de près la carrière solo depuis de longues années, grand guitariste également.
Un folk rock électrique, une curiosité. Etranges réminiscences dans les sonorités de Love forever changes… le son d’une époque… ? Belle voix de Sandy Denny qui traverse les âges (quarante ans !).
Extrait ici.



Il y a les batteurs de jazz et il y a Daniel Humair. Qui pourrait, d’autres le font à moins, jouer les légendes vivantes. Non, il préfère jouer tout court. Et il sait s’entourer.
Avec Emile Parisien un surdoué du sax au phrasé caractéristique, Vincent Peirani en train de « réinventer » l’accordéon en allant piocher partout au gré des humeurs, et Jérôme Regard efficace de présence discrète à la contrebasse, Daniel Humair nous offre un très grand disque aux ambiances changeantes où il peut tout se permettre et, si rien n’y est évident car c’est indiscutablement la règle posée par le quartet, il se le permet !
Du coup, tout coule de source…
Extrait en public ici.



 
Après Omry, Pierrick Pedron nous offre un disque de majorettes, de fanfares comme il le dit lui-même. Paru en 2011, vu en concert en 2012, ce projet fleure bon le concept, avec une formation solide (Laurent Coq aux claviers par ex) sans toutefois s’enfermer, car ça respire.  Un album tonique qui déroule avec fluidité, quand le jazz rencontre l’électronique, la pop, les musiques populaires. Plein de vitalité.
Extrait ici.



Avec Mick Karn basse (ex-Japan), Terry Bozzio batterie (Zappa) et David Torn (heu... David Torn !). Un album de 1994. La rencontre est fructueuse, il y a des ambiances à la Sylvian & Fripp (époque First day /  Damage) juste avant le retour du « Roi Fripp » avec Thrak.
En extrait, Open letter to the heart of diaphora  avec option Palms For Lester qui peu à peu “découpe” bien. Un disque intérieurement bouillonnant, terriblement dense et compact.



Louis Sclavis, toujours en chemin, jamais dompté, avance et nous entraîne en explorateur, ici avec les claviers de Benjamin Moussay et les guitares de Gilles Coronado dans des compositions superbement mystérieuses parfois, envoûtantes toujours, rêveuses à jamais. 
Evocatrices et suggestives, y compris par les titres (Quai sud, A Road To Karaganda), elles se déploient par un jeu subtil d’échos entre les trois compères, la clarinette faisant irrésistiblement le lien.
Sclavis, une fois de plus, nous montre que l’art de l’artiste est aussi de se renouveler sans se renier.




Stills, en solo, quasi unplugged.
Dépouillé, sans les harmonies vocales de qui vous savez , les orchestrations parfois superfétatoires.
Il nous déploie son folk rock teinté de blues dans des compositions prenantes.
Fraîcheur. Un côté brut et précieux.
Extrait : Helplessly hoping

jeudi 13 décembre 2012

Plein


En concert, mercredi (hier soir) ça a pétillé, bouillonné. 
Capable dans le même morceau de faire évoluer 
une approche bruitiste vers une partie très écrite 
d'où surgiront des chorus dévastateurs et organiques 
- avec un passage quasi abstrait, pourquoi s'en priver ? - 
qui rebondiront en folles échappées improvisées, 
le tout avec des clins d'oeils humoristiques redoutables 
(ex: les titres Dieu m'a brossé les dents, Sopalynx, etc.)... 
Ces mecs jouent (ô combien) sans se la jouer !
Bref, Emile Parisien Quartet...Une super soirée. 
Ils sont excellents : qu'on se le dise !

mardi 11 décembre 2012

Pluie


On bascule côté jazz 
avec une entrée en matière ...coltranienne.

samedi 8 décembre 2012

Communicatif



Je n'ai qu'un album de Terry Callier,  
Time Peace, ce morceau y figure.
L'ambiance généreuse dégage un beau parfum d'humanité.

C'est l'occasion tardive ici d'un salut. 
Terry Callier est mort fin octobre.

dimanche 2 décembre 2012

Fiévreuse

Après une saison dernière qui nous a rarement amenés dans les salles osbcures, la reprise se confirme avec d'une part quelques affiches attendues dans "notre" salle de prédilection (Tabou, Au-delà des collines, La Chasse, Après mai,...) et d'autre part, après Amour il y a une quinzaine, un film vu en début de soirée ce samedi.
Sans connaître et sans rien avoir lu que le petit texte de présentation, nous avons choisi Violeta, un film chilien d'Andres Wood, retraçant la vie de Violeta Parra.
Une vie courte que nous ne connaissions pas. Nous avons rencontré un personnage fort, une femme engagée, à la fois chanteuse, peintre, poète dans les années 50 et 60. Son oeuvre a rendu son nom incontournable dans la culture chilienne. Sa fin fut tragique. 
Le film n'est pas pour autant une pleine réussite.
Même s'il n'est pas facile de réussir un "biopic", un genre particulier semé d'embûches. Ici, le réalisateur a voulu éviter la linéarité quitte à passer par un symbolisme un peu pesant. La narration suit cependant globalement la chronologie, des retours en arrière viennent éclairer le présent un peu lourdement (le père alcoolique), parfois c'est plus réussi avec les gros plans du visage de petite fille, une petite fille au caractère trempé.
L'évocation de cette personnalité hors norme, son apport à la musique folklorique chilienne qu'elle a remise au premier plan (elle en cherche les racines, la tradition, et la modernisera) est bien brossée avec sa démarche artistique sans concession. La terre chilienne en sort magnifiée. 
Beaucoup de chansons éclairent le film, rompant parfois l'équilibre entre les différents pôles de l'histoire.
Mais l'interprète principale (Francisca Gavilan) est l'atout majeur du film, sa présence physique, terrestre emporte tout sur son passage. Grâce à elle, revêche, énergique et fiévreuse, on ne s'ennuie pas une seconde.

vendredi 30 novembre 2012

acoustique

Découvert il y a peu, par le biais 
du saxophoniste François Corneloup (*)  dans le projet NEXT, 
j'aime le jeu de guitare solo de Dean Magraw 
dont je vous propose deux extraits comme deux facettes 
qui constituent me semble-t-il une bonne entrée 
en matière pour un week-end ! 



Foxfire / Kilnamona



Mist of the morning

(*) Je mets en lien le journal de tournée du même François Corneloup, récemment en tournée en Finlande avec Hélène Labarrière et Simon Goubert ( Trio Noir Lumière) . Ce journal, agrémenté de très belles photos est un bijou de concision et de pertinence. Il dit beaucoup en très peu de mots et révèle si besoin était les talents de ce musicien. 

lundi 26 novembre 2012

Ciselé

Indispensables dans ma cédéthèque,  les albums du 
groupe XTC, véritables artisans orfèvres de la pop, 
faussement étiqueté un temps "new wave".
Les trouvailles mélodiques parfois acidulées caractérisent cette formation 
qui a montré un talent, un savoir-faire hors pair dans la miniature pop 
émaillée d'idées sonores décalées, tarabiscotées 
ou même excentriques :  so british ! 
Leur parcours compte un nombre d'albums impressionnant de qualité. 
Ici, un extrait de Oranges & Lemons souvent considéré 
comme un sommet, auquel pour ma part j'adjoins le suivant :  Nonsuch  
de 1992 très beatlessien et enfin Apple Venus 1 et Apple Venus 2
ces deux-là injustement méconnus car parus en 1999 et 2000 après 
une longue et préjudiciable période d'inactivité.
On s'en fiche, ici, les trésors sont nombreux et inaltérables.

 

Chalkhills and children 
(album : Oranges and Lemons)
1989


samedi 24 novembre 2012

Daughter(s)


Poursuite de mes pérégrinations dans les galaxies que j'explore 
inlassablement dans mon vaisseau spatial musical. 
Aujourd'hui un morceau de Peter Blegvad : Daughter. 
Peter Blegvad ou l'art de faire des liens...
dans mes pratiques et explorations.  
Je l'ai connu par la mouvance Rock In opposition (RIO) 
expérimentale et avant-garde (ce qui ne veut pas dire grand chose !)
avec Slapp Happy, Henry Cow, Chris Cutler 
et John Greaves d'une part et surtout, 
ainsi qu'Andy Partridge (XTC) d'autre part.
Un personnage poète attachant qui possède une discographie 
plutôt abondante, riche de pépites et hélas quasiment méconnue 
... et particulièrement difficile à se procurer en nos temps digitaux.
Alors... je me souviens entre autres du 33 tours The Naked Shakespeare
avec la chanson Irma mystérieuse et marquante.  



 
(morceau dédicacé à mes trois daughters!)

Everything she sees
she says she wants.
Everything she says she wants
I see she gets.

That's my daughter in the water
everything she owns I bought her
Everything she owns.
That's my daughter in the water,
everything she knows I taught her.
Everything she knows.

Everything I say
She takes the heart
Everything she takes
She takes apart

That's my daughter in the water
Everytime she fell I caught her
Everytime she fell
That's my daughter in the water
I lost everytime I fought her
Yeah, I lost everytime

[musical bridge]

Everytime she blinks
she strikes somebody blind
Everytime she thinks
blows your tiny mind

That's my daughter in the water
Whoo would ever though, ever though
That's my daughter in the water
I lost everytime I fought her
Yeah, I lost everytime

vendredi 23 novembre 2012

voyage

Ce morceau chez mes camarades de Citizen Jazz en est un petit à lui seul.
Vus en concert en mars dernier, ces quatre-là (Claude Tchamitchian, Régis Huby, Christophe Marguet et Rémi Charmasson) ont proposé ce qui fut un des grands moments de la saison, et vous n'en avez malheureusement qu'un petit aperçu avec cette vidéo.
Du coup, un autre extrait !


mardi 20 novembre 2012

Technologie

N'étant point un grand adepte du téléphone portable, au point que je sois parfois surpris qu'il permette de téléphoner, je n'en maîtrise pas non plus les nombreuses fonctionnalités que j'ai pourtant pris grand soin de prendre plutôt "limitées" que multiples. Allez savoir pourquoi.
C'est ainsi que je peine à changer d'heure lorsqu'on en gagne ou perd une, ce qui me laisse assez sceptique sur la question de l'économie d'énergie et heureux que ce soit juste deux fois par an.
Lorsque l'engin m'échappe, plus souvent qu'à mon tour, je dois le "reconstituer", ceci incluant la batterie qui a giclé je ne sais où, ensuite je dois le reprogrammer, ça prend inévitablement du temps, mode d'affichage, remise à l'heure, veille, rien que d'y penser je fatigue.

Et puis il y a les messages, les sms. Alors là, je ne sais si vous pouvez imaginer le temps infini que je passe à taper les lettres des mots des phrases qui forment le message. Eh oui, j'écris en complet, pas en abrégé. Et c'est tellement long qu'en réalité je n'écris pas. J'ai abandonné toute velléité depuis longtemps le début. Par contre, je réponds. J'ai peu de mots : OK, à la rigueur  OUI si j'ai un peu de temps.  Pas plus.

Je ne cache pas que ceci pourrait fort bien apparaître comme mauvaise volonté manifeste de ma part.
Je vous rassure : ça l'est.
A tel point qu'aujourd'hui, à la mi-journée, je consulte la petite machine et j'avais l'indication d'un message. Très bien, j'ouvre et je lis.
C'était notre fille aînée (prof en banlieue parisienne) qui venait de se faire inspecter. Et elle était très contente, car ça s'est fort bien passé. Poussé par je ne sais quelle impulsion, voilà que j'entreprends de lui répondre, et que je m'active sur les touches, j'écris TOP ( bel effort, hein ,avouez) et je parachève le truc d'un super smiley hilare dont j'ignorais l'existence quelques secondes avant . C'était mon premier ! Je suis sûr que cette nouvelle va faire le tour de la planète des mes trois filles !
Faut dire que c'était sa première, heureux pour elle j'étais.
Je suis. 

dimanche 18 novembre 2012

Amour

Quand on connaît le cinéma de Haneke (nous avons par exemple vu et apprécié Caché, La Pianiste, Le Ruban Blanc), on sait parfaitement que lorsque l'on s'installe dans le fauteuil, l'embarquement ne correspond pas exactement à un ticket pour une destination paradisiaque source de divertissement.

Connaissant le sujet du film, je n'avais rien lu à son propos, fidèle en cela à une "méthode" qui privilégie l'ouverture et la découverte, en même temps qu'elle permet de se faire son opinion, sa propre idée.
Si la prise d'information est minimale, l'on s'aperçoit qu'elle est déjà suffisamment consistante d'emblée, car les noms entrent en jeu évidemment : Haneke, Trintignant et Huppert, forcément !
Ils font partie de ceux dont le travail m'intéresse depuis plus ou moins longtemps et je ne vais pas rester indifférent lorsqu'un de leurs projets émerge. Ceci posé, rien ne m'empêche le plus souvent aller lire ce qui se dit après et je le fais !
Ce film Amour reste ancré dans les principes du réalisateur :  pas de musique autre que celle ayant sa place dans l'histoire (un concert, une sonate au piano, un disque écouté), une grandeur rigueur dans le cadrage, des plans fixes qui s'étirent, une place importante laissée au silence et donc au spectateur, car le scénario non-linéaire n'expliquera pas certains détails intrigants et, bien sûr, le sujet.
Une fois encore, Haneke ne verse pas dans la facilité, s'appuyant sur une esthétique totalement maîtrisée.
Et cela peut ne pas plaire, paraître extrêmement didactique, lourd.
Ce n'est à mon sens absolument pas le cas. S'opposant fermement aux codes dominant le cinéma commercial, Haneke ne fait rien pour nous "flatter" et il nous renvoie à notre condition d'humains pris dans la nasse de la société, capables du meilleur et du pire.

Le film ? Je ne révèlerai rien qui puisse gêner un futur spectateur.
Pas une seconde d'ennui dans ce parcours qui durant 2h10 environ nous emmène inéluctablement vers la mort.
Un couple à la retraite, ils sont octogénaires. Anne (Emmanuelle Riva : très très grande, c'est impressionnant) est paralysée du côté droit suite à une attaque, puis une deuxième viendra encore entamer son intégrité.
Georges (Jean-Louis Trintignant : que dire... si ce n'est qu'on ne l'a jamais autant aimé)  va s'occuper d'elle, assumer les changements qu'on sait irréversibles, l'accompagner. Amour, un titre qui fait totalement sens.
Tout ce quotidien désormais bouleversé dans ses repères nous est montré, très à plat, il n'y pas d'ellipse vraiment sur les soins, sur les difficultés. Et il y aura le médecin, le fauteuil roulant, le couple de concierge de l'immeuble, l'ancien élève qui vient les voir et ne savait pas, une puis deux infirmières, un pigeon, les visites de la fille (Isabelle Huppert qui m'a ébloui dans sa dernière scène, celle de la révélation, de la prise de conscience et des larmes où elle se retrouve mentalement et physiquement en lambeaux). Le film est porté par les deux acteurs principaux, le scénario reste finalement secondaire, l'exposition, la manière sont sèches.
C'est magnifique. 
Et tout en nous se noue.
Silence impressionnant de la salle, tout le monde "prend".
Inexorablement, l'émotion lentement et patiemment tissée, nous fait ressortir de cette grande plaine aride les yeux pleins d'eau.

jeudi 15 novembre 2012

Tonique

Mercredi 14 novembre, aux alentours de 20h30, juste quelques minutes d’attente dans la fraîcheur qui fleure bel et bien l’hiver … puis les portes s’ouvrent. 
Il y a du monde, on sait donc que la salle sera bien garnie. Tant mieux !
L’affiche sûrement ? Vijay Iyer trio dans le cadre du projet Accelerando, album sorti en 2012 avec des critiques élogieuses. Les aficionados qui suivent l’actualité jazzistique comme les curieux sont là. Je ne connais pas encore l’album, je n’ai rien lu d’autre que la présentation faite dans le programme de la soirée, j’ai envie de découvrir et écouter pour me faire mon idée.
Le trio emmené par Vijay IYER (piano) est formé de Stephan GRUMP à la contrebasse et de Markus Gilmore à la batterie. Sur scène, disposition classique en triangle, à gauche piano, au centre contrebasse, à droite batterie.
Les copains (têtes connues) sont déjà là, on s’installe plutôt sur la droite face à la scène et c’est parti … pour une première tournée de bières, en attendant le premier set.
Peu à peu, on ne doit pas être loin du « complet » car ça continue à rentrer dans la salle. Noir.
Arrivée du trio sur scène, quelques mots… et le premier set commence, il sera tonique.
La musique est à la fois mélodieuse et percussive, les compositions assez longues, prennent leur temps et s’appuient sur des thèmes qui progressent selon les moments millimètre par millimètre, note à note imperceptiblement ou bien à grands coups de breaks et de syncopes, des changements de rythmes qui claquent. A d’autres moments, cela s’étire davantage, l’intensité varie, les digressions abondent, ça tourne, ça part dans les sentiers, les traverses et la circulation s’opère par rotation entre les instruments, le piano devient un simple accompagnateur -sur un rythme tenu martelé   - pendant que la contrebasse s’échappe dans un solo échevelé, alors que la batterie ne perd rien pour attendre.
Le second set sera de la même eau, une belle énergie, des moments calmes presque suspendus,  des rythmiques hypnotiques dans une belle luxuriance sonore.
Accelerando, le morceau, joué très tôt, en constituera le sommet, un quart d’heure extraordinaire de versatilité.
Tout le concert j’ai apprécié une belle variété de jeu dans le toucher de Vijay Iyer au piano, sensible et fin. J’ai vu beaucoup de batteurs mais j’ai été impressionné par la fluidité étonnante et véloce de Marcus Gilmore à la batterie, dans un registre étendu où il peut frapper sèchement ou jouer tout en toucher, en sensibilité alors que le troisième larron nous a réservé de superbes sonorités, particulièrement à l’archet.  
C'est un trio dynamique, clairement à l’américaine, très carré et très pro, mais pas stérile, qui sort des chemins trop classiques sans rien renier de l’histoire, restant accessible, faisant quelques pas de côté, sans jamais perdre de vue le plaisir du jeu et le plaisir du spectateur.
Une très bonne soirée. Et sans nul doute un très bon album qui va rejoindre sous peu ma cédéthèque !
Un extrait : 

mercredi 14 novembre 2012

Onze

Ce mois qui semble ne pas permettre d'endiguer les fatigues mais au contraire les révéler a été chanté, en voici un exemple : Tom Waits, album The Black Rider. Superbe.


No shadow
No stars
No moon
No care
November
It only believes
In a pile of dead leaves
And a moon
That's the color of bone

No prayers for November
To linger longer
Stick your spoon in the wall
We'll slaughter them all

November has tied me
To an old dead tree
Get word to April
To rescue me
November's cold chain

Made of wet boots and rain
And shiny black ravens
On chimney smoke lanes
November seems odd
You're my firing squad
November

With my hair slicked back
With carrion shellac
With the blood from a pheasant
And the bone from a hare

Tied to the branches
Of a roebuck stag
Left to wave in the timber
Like a buck shot flag

Go away you rainsnout
Go away, blow your brains out
November

mardi 13 novembre 2012

égalité


Afrique du Sud (depuis novembre 2006) Argentine (juillet 2010) Belgique (janvier 2003) Canada (juin 2005) Danemark (juin 2012) Espagne (juillet 2005) États-Unis dans certains États : Connecticut (2008)  Iowa (2009)  Maine (2009, puis rétabli en 2012) Massachusetts (2004) Maryland (2013) New Hampshire (2010) New York (2011)  Vermont (2009) Washington (2012) Washington D.C. (2012) Inde (juin 2010)  Mexique dans certains États :  District fédéral (2011) Quintana Roo (2011) Norvège (janvier 2009) Pays-Bas (avril 2001) Portugal (mai 2010) Suède (avril 2009)

samedi 10 novembre 2012

Seul

The Loner, comme est surnommé Neil Young, s'est fendu d'une archive 
en 2007, l'enregistrement en public d'un concert de 1971 
"Live at Massey Hall".  Un disque absolument inusable. 
Vous prenez un guitariste pianiste chanteur et harmoniciste, 
vous le mettez seul sur scène avec ses chansons ô combien inspirées 
et vous vous apercevez sans peine que tout est là, 
pas besoin d'orchestre, d'électronique ou de synthétiseur, 
il y a toute l'humanité et la vie  avec un gars tout seul.
Voici en vidéo les deux premiers titres 
de l'album auxquels j'ajoute Old man.
  

On the  way home / tell me why.


 Old man

vendredi 9 novembre 2012

Rires

Lors de notre brève escapade parisienne, chez notre fille, traînait un Charlie Hebdo où j'ai déniché ceci.
Je ne peux résister au plaisir du partage en vous souhaitant une pinte de rires (jaunes) mais revigorants !
Toutes les références, titre auteur de l'article sont sur l'image.




mercredi 7 novembre 2012

Fins

Comme annoncé, second volet du point sur les 366 réels à prise rapide.

Pour  être à peu près complet, je sais d'ores et déjà qu'il n'y aura pas de "saison 2" quelle qu'en serait l'éventuelle forme, car je veux me prémunir de la forte accoutumance ou même addiction que représente ce challenge et retrouver un peu d'espace, d'indépendance, comme on voudra…
Mettre sur pied "Interférences 2" comme un petit laboratoire annexe d'Interférences, ouvert un jour et fermé un an après, correspond à l’idée que j’ai eue assez tôt d’un projet balisé dans le temps.
Parler (écrire) d’autre chose ou pas, mais sans qu'on me dise quand et comment. Je mesure par là les limites de l'exercice qui doivent ressembler beaucoup ...aux miennes !
Autres points, peut-être partagés par les camarades engagés dans l'aventure et qui ont pu d'ailleurs pour certains d'entre eux causer leur "abandon", des répétitions sûrement, le danger toujours présent de la complaisance, de la prévisibilité, un peu de fumisterie (même assumée), une certaine peine à se renouveler, à moins que se renouveler ne soit qu'une vue de l'esprit et qu'on ne fasse que persévérer...
Je me suis aussi aperçu avec le temps que je n'avais pas ou plus forcément envie d'écrire (ou de lire) sur les petits trucs du quotidien. Ce n'est déjà pas mon point fort d'emblée, donc pas étonnant, cela me pendait au nez !
C'est bien, sur la longueur, le constat d'une usure, mais d'une usure par rapport à l'exercice imposé, de moins d'envie certaines semaines, particulièrement dans un emploi du temps professionnel d'une grande densité... même si cela rentre dans le jeu de contraintes finalement ! Et puis je le savais dès le départ, non ?
Mais ce qui est promis sera tenu, je me suis engagé, je me sens engagé.   
Je sens toutefois comme un possible bénéfice d'avoir écrit tout cela : je vais tenter de mener à bien les derniers mois de l'entreprise, en « renouvelant » mon approche au moins partiellement, en cherchant d'autres voies. Suspense insoutenable, n'est-il pas ? 
Quoi qu'il en soit, d'ici le 12 février 2013, date du 366e et dernier message, je peux anticiper sur le bilan avec un ensemble qui aura été plus qu’intéressant en se posant comme un atelier sous contrainte, expérimental et ludique, un lieu d'allées et venues, de passage, de partage et d'échanges virtuels, éphémères, changeants et même définitifs, car je continuerai à suivre - différemment -certains blogs ainsi découverts !

Car bien sûr, l'autre blog (celui-ci, donc !) va poursuivre son existence !
Et je vais continuer car j'aime cet exercice de l'écriture, je ne me vois pas ne pas écrire, c'est à la fois dans ma culture, mon éducation et c'est aussi un moment intérieur, comme une conversation avec soi, de quoi penser, classer, ranger ou pas, rêver tout haut (serait-ce le péréquien qui sommeille en moi ?)... Est-ce qu'une petite musique en émerge avec l'idée et la pensée toujours recommencées, toujours continuées, toiles de fond, qu'écrire, comme lire, rend meilleur au sens noble du terme ?
Mais j'ai besoin d'espace et je pense pouvoir définir mon cadre tout seul. Je suis grand maintenant !
Je pense aussi que l'on ne fonctionne pas tous de la même manière, on finit par se connaître un petit peu.
Je veux parler par exemple aux intervalles entre les billets, certains jours "j'écris", mais sans écrire une ligne. Dans ce sens, qu'un jour se passe sans rien écrire (sans rien poser) ne me contrarie pas, c'est dans ma manière finalement, ou bien ma nature ?
Cela émergera dans un moment ultérieur, quand l'assemblage se fait, quand les mots du texte apparaissent, et cela continuera à se modifier par la présence même des mots. Cette idée de réversibilité (que le texte appelle les mots et que les mots appellent le texte) me paraît bien traduire ou transcrire - pour moi en tout cas - ce qui se passe ces moments-là.

Pour le comment, voici un extrait (centré sur la poésie mais que j'étends au-delà) qui s'approche au plus près de l'esprit dans lequel je sens les choses. 
L'exercice poétique révèle bientôt au poète une sorte de capacité de se modifier eux-mêmes que les mots possèdent, et qu'avivent les arrangements à quoi il les soumet. Il voit que les mots attendent de ses opérations qu'elles les animent d'une vie imprévue. S'il se méfie du sens qu'il sent naître en eux, c'est qu'il entend préserver les chances qu'ils ont de s'en évader encore vers des découvertes. (…) Insoucieux des significations, le poète se livre à la fonction d'imprudence du langage. Il ne s'assure du secours d'aucune terre promise dont il aurait la révélation. Il n'attend de l'aide que des mots qu'il manie. Il est la terre et la promesse. En lui de l'être s'accomplit. 
Jean Lescure, Du calcul des improbabilités, 1964.
Quant au pourquoi ... à divers degrés, ce peut être cela, pêché chez ceux que j'aime tant lire :
J'écris pour prolonger le vécu, non pour l'éterniser, mais pour l'intensifier et rendre plus lucide cet instant qu'est l'instant vécu. (Octavio Paz)
Écrire, c'est une façon de parler sans être interrompu. (Jules Renard)
Écrire, c'est rester sur le qui-vive. (Jean Cayrol)
Écrire, c'est affronter un visage inconnu.( Edmond Jabès
) Je n'écris pas pour une petite élite dont je n'ai cure, ni pour cette entité platonique adulée qu'on surnomme la Masse… j'écris pour moi, pour mes amis et pour adoucir le cours du temps. (Jorge Luis Borges)

lundi 5 novembre 2012

Débuts



L'occasion d'un point dans ma navigation des "366 réels à prise rapide" se présente avec le récent franchissement de la balise marquant les cent derniers messages à venir avec le 266/100, en date du 4 novembre.
Un point en deux parties, en voici la première où j'essaie de recenser ce qui a été mon cheminement...

Épreuve de longue haleine ! Sa fréquence quotidienne est très prégnante si l'on s'y tient à peu près correctement, et c'est ce que j'ai fait en ayant recours à la programmation des messages uniquement en cas d'absence certains week-ends ou bien pour cause de vacances (l’été dernier par exemple).
La technique raisonnée m'a permis pour l'heure de ne pas manquer un jour.
Je joue le jeu d'un exercice où l'on doit faire preuve d'une belle constance. Je suis passé par diverses phases sur le fond et sur la forme, avec chronologiquement, découverte, adaptation, jeu avec la consigne, jeu contre la consigne, fragments de vie au dedans ou au dehors en restant discret, quelques humeurs, des citations et extraits variés (tour à tour musique, poésie, prose...), de franches dérobades (!). Et ces derniers temps ce fut un peu bagarre générale !
J'ai publié le matin, parfois à la mi-journée ou plus tard selon les périodes, la disponibilité, la charge de travail, et ces derniers temps j’ai retrouvé la publication du matin. J'ai abandonné le vécu, le "vif" à un moment car c'était incompatible avec mes journées de travail.  
En résumé j'ai navigué (je présume) un peu partout dans la palette, je devrais dire « ma palette » (laquelle est forcément limitée, restreinte) et je complèterai en disant que j'ai de façon générale dans les billets quotidiens assez peu utilisé l'image ou l'illustration. 
Quant au retour sur les billets, cela peut être une source d’étonnement, car il apparaît que certains billets appellent le commentaire, d'autres pas ou moins, et il est très amusant de constater que les billets les plus commentés ne sont pas ceux auxquels on aurait pensé !
Belle leçon d'humilité et de surprise mêlées, ça vaut la peine rien que pour cela, encore que j'arrive à anticiper que certains billets (expédiés, bâclés, sans inspiration, inintéressants, le tout sans même s'en cacher) auront bien … ce qu'ils méritent !
(à suivre) 

vendredi 2 novembre 2012

Game

Je n'apprécie pas particulièrement le personnage, qui a tendance à jouer les divas 
paraît-il,  mais cela n'a pas d'importance finalement. Dans sa foisonnante et 
impressionnante discographie, le Jarrett solo avec Radiance (2002) est exceptionnel et 
je précise en passant ne pas disposer d'un exemplaire du fameux Köln concert !
En trio les albums Changeless (1987) et Bye bye Blackbird (1991) tiennent 
le haut du pavé chez moi, et j'aime bien l'album The Out-of-Towners (2001)
dont je mets en partage  It's All in the Game un standard dont je n'imaginais 
pas le nombre de reprises qu'il a suscitées !
 
 


Keith Jarrett piano 
Gary Peacock double bass
Jack de Johnette drums


mercredi 31 octobre 2012

Social

Je l'ai emprunté à la médiathèque et je viens juste de terminer en un gros week-end les 650 pages du roman de Gérard Mordillat "Les Vivants et les Morts".
C'est une fresque sociale, on pourrait dire saga populaire, racontée du côté des ouvrières et des ouvriers d'une usine qui disparaît par un de ces invraisemblables tours de passe-passe financiers dont on sait parfaitement de quoi il retourne.
Cela se lit vraiment comme un feuilleton, il n'y a pas de détours ni d'angélisme, très peu d'effets. L'écriture sèche trace l'ensemble à grands traits, ça cogne avec d'excellents dialogues, du rythme, quelques bouffées poétiques ancrées dans le quotidien. De la vie, de l'amour, de la mort.
Des personnages attachants, particulièrement Dallas, Varda, Gisèle, Mickie des femmes qui impressionnent, et puis Lorquin magnifique d'intégrité, une "figure" de l'usine, homme de parole et de conviction, qui essaie de comprendre et sera en quelque sorte carbonisé par le chômage.

Une efficacité narrative dans le présent, dans le monde d'aujourd'hui, que j'avais rarement lue ailleurs que dans certains romans anglo-saxons, je pense à Jonathan Coe avec Bienvenue au Club (The Rotters' Club) suivi de  Le Cercle fermé (The Closed Circle).

Je n'ai noté aucun simplisme dans cette approche, elle est seulement la traduction formelle d'une réalité sociale qui est non pas subtile et pleine de nuances mais d'une brutalité et d'une violence extrêmes.    

lundi 29 octobre 2012

Inconséquent

"Camille redouble" est le dernier film que nous avons vu, c'était ce samedi soir dans notre salle favorite.
Le voyage dans le temps, en l'occurrence un retour de 25 ans dans le passé, sans changement d'apparence physique. Pourquoi pas. Tentons le coup comme on dit !

Franchement je ne vous le conseille pas.
Si j'ai halluciné à certains moments, car il fallait bien tromper l'ennui profond qui m'a engourdi très vite, c'est bien parce que je suis resté foncièrement surpris que, sur ce thème déjà traité certes mais plutôt porteur de situations, rien ne se passe vraiment.
Comme si, une fois l'argument posé, pfuit.. plus rien. Du bric du broc, complètement en surface, allons-y nostalgie crasse... Du coup ça donne, un film sans scénario, mollasson, 1h55 ça m'a rarement paru aussi long. Etonnant un tel naufrage, où seul Denis Podalydès apporte quelque chose à un moment dans un océan d'inconséquences d'une complaisance - pour ma part- insupportable. 

jeudi 25 octobre 2012

Mars

 

Joni Mitchell, comme une pierre solide de l'édifice musical que j'ai pu 
constituer, un viatique mental que j'emmène toujours.  Ici, comme 
un clin d’œil, un morceau au piano, Man from Mars, alors que la guitare a toujours 
été son instrument de prédilection, celui qui l'a projetée dans la lumière. 
Curieusement écarté, dans cette version dépouillée, au profit d'une 
orchestration  qui "tue l'émotion" dans l'album "Taming The Tiger" de 1998, 
qui est loin d'être réussi à mon goût, mais ça n'a aucune importance. 
Depuis la fin des années 60, Joni Mitchell jusque récemment (2007) a 
parsemé  son chemin d'une série d'albums, constituant une œuvre d'une 
grande qualité, où la musique aura évolué (folk rock, acoustique/électrique, jazz dès 
après 75, pop rock synthétiseurs) dans  une  recherche incessante, allant et venant 
du plus grand dépouillement, de la mélopée  aux orchestrations les plus savantes. 
La voix a muté également, le temps faisant son oeuvre et apportant un grain, une gravité, 
des inflexions, une fatigue d'une humanité émouvante. L'illustration parfaite 
en est "Both sides now" que Joni Mitchell a chanté et enregistré en différentes 
versions sur une période de 40 ans : intrinsèquement inoxydable, un chef d’œuvre.

mardi 23 octobre 2012

Utopie


La "Communauté" est une bd parue chez Futuropolis il y a deux ans environ, et, sous cette forme compactée, la plus récente, elle correspond au regroupement des deux tomes originaux augmentés de témoignages des acteurs de l'aventure.
Bel exemple d'une curiosité qui tient ses promesses, car j'ai emprunté le week-end dernier cet ouvrage " comme ça" et ...je ne l'ai plus lâché, les gouttes de pluie tenaces de la fin de journée de samedi m'ayant clairement signifié qu'il n'y avait pas vraiment mieux à faire.
Je l'ai vérifié en ne dételant pas des 340 pages de cette "bd /entretien/ documentaire" d'Hervé Tanquerelle, une histoire vraie proche des modes de narration d'Etienne Davodeau (voir Les ignorants).
J'ai eu la surprise de découvrir que cette épopée s'est passée près de Nantes, du côté de Chateaubriant, Hervé Tanquerelle étant lui-même nantais.
Cela se passe après mai 68, aux environs de 1972 et cela témoigne d'une expérience communautaire qui va durer environ 10 ans. Un de ses principaux acteurs -près de 40 ans après ces débuts- y revient honnêtement, lucidement. 
Il y a deux parties (tomes initiaux) avec les débuts, un enthousiasme et une dynamique incroyables, tout doit se mettre en place, il faut bâtir, s'organiser, un sommet est atteint et puis viennent les problèmes, l'évolution, des aspirations qui imperceptiblement changent, un quotidien plus difficile à partager et...la chute. 
Le témoignage se révèle précieux et passionnant, et même émouvant. Ce qui rassemble ces familles (certaines déjà constituées) c'est le travail, le projet de devenir auto-suffisant et cela n'a rien à voir avec les communautés hippies avec drogue fumette sexe, contrairement à ce que pensent les voisins, agriculteurs, du coin.
Chacun retrousse les manches, également. Pas de dogmatisme politique, une volonté de partage, des prises de décisions démocratiques (cf. la réunion du vendredi) et des contradictions assumées : avec le retour lentement mais sûrement de la société de consommation qui était clairement rejetée au départ du projet.
La résurgence des désirs plus individuels qui avaient été "tenus en laisse" par le projet collectif va effriter l'édifice, il y aura des départs, jusqu'à la fin de l'expérience aux alentours de 1983.
A aucun moment on ne nous inflige LA vérité, on ne nous dit comment penser. Cela n'élude rien de la complexité, des impasses... Cette aventure collective donne à réfléchir.
La bd de Tanquerelle est une réussite formelle également et constitue un témoignage instructif à hauteur d'homme, très pragmatique sur ce qui a rassemblé des hommes et des femmes à un moment particulier, dans un contexte précis avec des envies, des énergies, du partage.
Un très beau moment de lecture qui ouvre réflexion et discussion.

samedi 20 octobre 2012

Empreinte

Ceci complète la chronique parue juste hier ...

Je n'arrive pas à me défaire de cette chanson, 
à fort pouvoir hypnotique
entendue en concert mercredi soir.  
(Et je n'en ai pas envie !)
Je joins les paroles délicatement évocatrices, 
le titre correspondant à de magnifiques arbres 
millénaires du Chili et d'Argentine que voici !

 

(c) album THE HALFWAY TREE Karl Jannuska - 
morceau composé par K J , paroles et voix de Sienna Dahlen

vendredi 19 octobre 2012

Contrastes


La saison musicale a repris en octobre avec deux dates coup sur coup, comme c'est souvent le cas : avec cette sacrée bonne programmation, on est obligé d'y aller !!!
Vendredi dernier, comme une remise en route des oreilles alliée à des retrouvailles avec les habitués, dont les organisateurs, toujours pointus et disponibles pour un brin de causette. Bref, hautement sympathique : certaines habitudes, indubitablement, sont bonnes.
Deux parties avec d'abord "Rosette" un trio venu de Nancy composé de Sébatien Coste (sax voix mélodica) Michel Deltruc ( batterie, percussions) et Camille Perrin (contrebasse, voix) .
Résultat, une ambiance "total déjantée". Ludique, loufoque et parodique, un moment à apprécier sur le vif, quelques embardées musicales intéressantes car ils ne sont pas manchots, loin de là, et un bilan qui penche plus du côté "show" que du côté musique.
Ensuite, bière avec les potes.
Après quoi monte sur scène "Imperial Quartet" (Antonin Leymarie, batterie/percussions ; Joachim Florent, guitare basse ; Gérald Chevillon et Damien Sabatier, saxophones), un groupe qui nous a emmenés du côté de compositions solidement rythmées où l'improvisation ne fut pas un vain mot en puisant dans le jazz, le rock et ailleurs. Climats luxuriants, horizon mélodique jamais loin même s'il y eut des détours palpitants, et à noter car fort bien menée, une alternance dans les saxophones (Chevillon tour à tour au sax basse, ténor et soprano, et Sabatier sax bayton, alto et sopranino).
Un set roboratif, très physique, et une belle conclusion de la soirée.  
NB/ Le lien en introduction vous permet d'accéder à des extraits si le cœur et les oreilles vous en disent !
Et puis mercredi dernier, le premier concert -dans mes choix- placé sous le signe de la voix, une thématique qui guide la programmation cette année.
Excellente occasion de forger mes oreilles dans des contrées que j'ai souvent du mal à côtoyer et qu'il me faut sans doute mieux appréhender. Ainsi la découverte est au menu à plusieurs reprises cette saison, et je suis vraiment content d'aller sur de nouvelles... voies !

 




Mercredi, donc, un concert en deux parties avec le sextet de Karl Jannuska : 
Karl Jannuska – Batterie, composition / Sienna Dahlen – Voix, clavier / 
Olivier Zannot – Saxophone alto / Nicolas Kummert – Saxophone ténor / 
Sandro Zerafa – Guitare / Matyas Szandai – Contrebasse
Toutes les compositions sont de Karl Jannuska qui signe également certains textes, les autres étant écrits par Sienna Dahlen.
Le premier set pose les bases d'une musique très écrite que le groupe va interpréter avec application et concentration, comme un tour de chauffe en quelque sorte. 
Les morceaux du dernier album y sont à l'honneur ("Coldest day of the year" ; "Alerces") portés par la voix de Sienna Dahlen qui, on l'apprendra durant le set, joue aussi des claviers pour la deuxième fois en concert, ce qui explique un peu le premier set, un set de "chauffe", avant un second où tous seront vraiment lancés. Détendus, ils vont nous embarquer dans des climats poétiques, aux sonorités légères et raffinées, atmosphériques dans une musique qui mêle les inflexions pop et jazz harmonieusement. 
Certains passages hypnotiques nous emmènent loin, la voix –absolument superbe - de Sienna Dahlen se révèle lumineuse.  
Karl Jannuska s’installe avec ses compagnons au carrefour de diverses influences pour nous proposer en concert comme sur l’album, dans un subtil équilibre, un très beau voyage intimiste, plein de reliefs, qui trace des lignes d’espoir.
L'interprétation sans faille, la tranquille simplicité du batteur dans les présentations, ne pouvaient que donner envie de s'attarder un peu, après le concert, avec les musiciens. 
Un petit moment précieux, où tous sont passés dans la salle, et, toujours dans l'échange et la simplicité, ce fut pour nous la possibilité d'une signature sur la pochette de l'album et surtout de quelques mots pour un chaleureux "merci" !
Une soirée, un concert qui nous ont lavés de la pluie continue de la journée.


dimanche 14 octobre 2012

Ici

Ici et là, ça déambule. Les stations sont plus ou moins longues, les arrêts peuvent se prolonger et les postures adoptées surprendre. Des yeux s'écarquillent, des mains s'agitent, prennent et reposent.
Des têtes armées de regards incisifs, experts, trahissent une intention très précise, quand d'autres semblent vagabonder, l'esprit disponible et perméable à un détail qui accrocherait l'oeil, mettrait en route toute une machinerie d'espérance d'un plaisir à venir. Les visages s'éclairent. Souvent.
J'en fais partie, des uns comme des autres...
Je reprends, après un temps que je ne prévois jamais vraiment, la direction de la sortie, après les enregistrements de rigueur.
Il y avait du monde, des jeunes et des moins jeunes, entrants et sortants, j'ai discuté longuement (pas trop fort quand même ) avec une dame qui travaille sur place et a pu m'expliquer quelques petites choses.
Il y avait du monde, et quand on prend donc le chemin du retour, on se sent bien, on se prend à penser que ça fait un bien pas possible, un bien fou d'avoir vu autant de monde ici, un petit peuple de fourmis à tête chercheuse.
La médiathèque, un samedi en fin de matinée...