mardi 31 janvier 2012

Pas mal

Pour savoir ce qu'est la politique, il faut déjà se demander ce que sont la science et la philosophie.
La science consiste à chercher un chat noir dans une pièce obscure.
La philosophie consiste à chercher, dans une pièce obscure un chat noir qui ne s'y trouve pas.
La politique, elle, consiste à chercher, dans une pièce obscure un chat noir qui ne s'y trouve pas et à s'écrier "Je l'ai" !!!

lundi 30 janvier 2012

L'état de l'Exercice

"il" a parlé.
Pour quoi faire ? 
On se le demande encore ? Que fallait-il comprendre ? Y avait-il à comprendre ?
Tiens, le lendemain, à la radio, le sinistre de l'économie, pathétique, bafouille, ne semble pouvoir aller chercher que les fameux "éléments de langage " protection" "courage", tel un parler petit nègre qui aurait avalé des mots-clés... et surprise, ça ne veut rien dire.. si jamais ça a eu du sens.
Alignement parfait sur son bon maître, déjà pathétique la veille au soir.

En une magnifique et éclairante impasse, au bout du bout de ses pseudo-idées, pris dans ses souricières, complètement à poil, toutes les coutures visibles, et osant encore, puisqu'il est écrit qu'il ne lui reste plus que ça.
Le bon maître, oui, perdu, se contredisant quasiment d'une phrase à l'autre, invoquant le "courage" en véritable incantation faite aux autres bien sûr, sans parler du mépris et de l'arrogance qu'il fustige, en expert triple A, chez "son" adversaire principal. 
Il m'a donné le sentiment tenace d'être un pyromane ou un terroriste, adepte de la politique de la terre brûlée, poseur de bombes à retardement qui vont piéger le pays qu'il protège tant (sic).
Est-ce une surprise de la part de ce narcisse, de cet individualiste bonimenteur et simpliste qui ne se dérobera pas puisqu'il "en a", hein ok ?

Désormais sincère et authentique (auto-déclaré, c'est beaucoup plus sûr), ce truqueur permanent, cet enfumeur en chef, ce roi de l'imposture l'a confirmé en creux : "Après lui le déluge".
Oui, "il", alias "le monarque" a parlé, en son état au bout de l'exercice : pitoyable.

The passage of time

 

Deux perles parmi la constellation extraordinaire des chansons de l'irremplaçable Joni Mitchell. 
Des années d'écart entre les deux, un talent intact.


dimanche 29 janvier 2012

Half time

La première partie de saison musicale a confirmé l'excellence de la programmation de mon lieu favori, étiqueté jazz et musiques improvisées...
Cette excellence qu'elle soit affective, sensorielle et intellectuelle me touche : ouverture et découverte, soutien à de jeunes pousses, exposition et partage des oeuvres et projets de musiciens connus, confiance aux démarches artistiques curieuses, défricheuses, inhabituelles et non formatées, humanité dans la proximité et dans le moment.

C'est vivant et pas momifié, et c'est aussi le sentiment tenace, persistant de l'aficionado !  
Pour mémoire... 
 Ce  furent, tour à tour, une magnifique voix le 6 octobre, un concert agréable mais peu aventureux le lendemain ,7 octobre.
Un superbe set en première le 20 octobre avec Sidony Box (découverte enfin !) et une prestation très pro - au bon sens du terme- de Bad Plus.
Le concert du 21 octobre fut le plus mitigé, avant que le 2 novembre Joël Harrison marque d'une première pierre blanche la saison musicale. Ensuite, intercalé le 16 novembre ce fut "Journal intime" sur les thèmes de Jimi Hendrix, excellent dans l'ambiance petite salle. Bonobo trio le 18, pas mal mais sans plus, juste avant une très belle nuit éthiopienne le 24 novembre avec un duo chanteuse + guitare basse magique et magnifique d'humanité. Plus aride mais passionnant le 4 décembre, avec une première partie Q bien électrique et talentueuse. Avant de toucher les rives de l'Argentine en janvier avec le concert de l'ONJ, un sommet sur la musique de Piazzola. Et encore tout frais, cette semaine, Anne Pacéo Quintet, fraîche et fruitée de simplicité, pour un concert fort agréable.
Je présenterai la suite sous peu...

jeudi 26 janvier 2012

La soirée

Excellente, musicale en ce 25 janvier.
Le quintet d'Anne Pacéo, jeune batteuse et compositrice, nous a proposé deux sets enlevés et stimulants. Communicative, présentant les morceaux (titres, petite anecdote de bon aloi, simplicité constante), cette musicienne déjà reconnue est très prometteuse, elle montre une préoccupation ou conception du collectif en ne tirant jamais "à elle", la batterie dont elle joue n'étant absolument pas centrale mais parfaitement intégrée à sa musique.
De la fraîcheur, une belle complicité des musiciens, beaucoup de sensibilité et d'écoute dans les interprétations, des rythmes et des envolées parfois luxuriantes, des ballades émouvantes et justes, tout était réuni pour passer un excellent moment, pour se sentir bien. Ce fut le cas.


mercredi 25 janvier 2012

lundi 23 janvier 2012

Stimulant

"Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît. Tu risquerais de ne pas t'égarer".
Rabbi Nahman de Bratslav.
Cet aphorisme figure en  exergue de l'ouvrage L'INTRANQUILLE de Gérard Garouste que j'ai reçu en cadeau à Noël. J'attends le moment propice à sa lecture, mais ça ne devrait guère attendre.

samedi 21 janvier 2012

Terminologie

Rappelons-nous, une fois encore, que les mots sont détournés systématiquement dans l'espace médiatique.
Rappelez-vous.
Une référence, opuscule que j'ai lu il y a quelques années :

LQR / La propagande du quotidien / Éric Hazan
De modernité à gouvernance en passant par transparence, réforme, crise, croissance ou diversité : la Lingua Quintae Respublicae (LQR) travaille chaque jour dans les journaux, les supermarchés, les transports en commun, les « 20 heures » des grandes chaînes, à la domestication des esprits. Comme par imprégnation lente, la langue du néolibéralisme s’installe : plus elle est parlée, et plus ce qu’elle promeut se produit dans la réalité. Créée et diffusée par les publicitaires et les économistes, reprise par les politiciens, la LQR est devenue l’une des armes les plus efficaces du maintien de l’ordre.
Ce livre décode les tours et les détours de cette langue omniprésente, décrypte ses euphémismes, ses façons d’essorer les mots jusqu’à ce qu’ils en perdent leur sens, son exploitation des « valeurs universelles » et de la « lutte antiterroriste ». Désormais, il n’y a plus de pauvres mais des gens de condition modeste, plus d’exploités mais des exclus, plus de classes mais des couches sociales. C’est ainsi que la LQR substitue aux mots de l’émancipation et de la subversion ceux de la conformité et de la soumission.

Et prenons un exemple : le vote utile.  Epouvantail depuis 2002.
Le vote utile serait celui qui, sous prétexte de ne pas éparpiller les voix, de ne pas diviser, permettrait sine qua non, au candidat du Parti Socialiste (pour cette année, M. Hollande, donc) de figurer au second tour de la présidentielle et, vraisemblablement, d'être élu.
Cela sous-entend donc l'absence de débat et de programme, et bien sûr handicape grandement les hypothèses de changement.
Prôner le vote utile, le brandir comme un étendard, est-ce au fond sur le principe, si différent des procédés et allégations sécuritaires qui instrumentalisent les violences et faits divers en se basant sur la peur ?
N'est-ce pas le meilleur moyen d'anesthésier pour que rien en change.
N'est-ce pas le meilleur moyen de nier et mépriser l'expression du peuple ?
Pour que le système en place, solidement ancré sur ses réseaux et ses clans, perdure ?

Parce que ce que l'on ne dit jamais, c'est "vote utile" .... à qui ?

Again ? No more.





•l’affaire Karachi
•l'affaire Takieddine (patrimoine de 40 m€ non imposé, Karachigate, SAWARI II, MIKSA (350 millions d'euros), contrats avec la Libye notamment d'espionnage de la population avec l'appui d'une entreprise française et commissions occultes, tractations obscures avec la Syrie, la protection qu'il a ou a, eu selon Mediapart, de la DGSE
•l’affaire GDF
•l’affaire Tapie, enrichie d'évasion fiscale du magot vers la Belgique
•l’affaire Clearstream
•l’affaire Bettencourt
•les affaires Wildenstein
•l'affaire César
•l'affaire Pleyel
•l’affaire de Compiègne
•l’affaire Peugeot
•l'affaire Abdallah Senoussi, bras droit de Kadhafi, patron des services spéciaux libyens et beau-frère de Kadhafi, condamné à une peine de perpétuité en France dans l'affaire de l'attentat contre le DC10 d'UTA et visé depuis lors par un mandat d'arrêt international., que Guéant et Sarkozy ont tenté de protéger
•les affaires Djourhi, Takieddine
•les possibles mallettes de Bongo pour financer la campagne de 2007
•les micros partis de Copé, Wauquiez, Woerth, Sarkozy etc.
•l'affaire du Fetia Api
•les discours de Caen, Metz, Nice, du bois de Boulogne, Dakar, Riyad, Latran et du Puy en Velay, Grenoble, la lettre de Guy Môquet, le parrainage d'un enfant de la Shoah, sur la mort de Ben Laden
•l'invitation des dictateurs pour le 14 juillet, celle de Kadhafi avec les ors, le tapis rouge, les petits plats dans les grands, celle d'El Assad en décembre 2010, le copinage avec Dos Santos, les silences sur le Tibet, le Darfour, le prix Nobel de la paix, la présence l'ouverture des JO de Pékin et le fils Louis dans les bras de Poutine
•les fils Pierre et Jean invités dans les voyages officiels à l'étranger (Mexique, Maroc) alors qu'ils ne représentent aucun intérêt pour le bien de la nation.
•la gestion catastrophique de la crise Géorgienne (le Russes y sont encore et ont implanté des bases de missiles), celle de la crise financière, celle de l'Europe, celle des révolutions tunisienne et égyptienne, le fiasco libyen, l'inaction en Syrie
•l’affaire de la Jatte, du Fouquet's payé par Desmarais, du Paloma payé par Bolloré, de la villa mexicaine, de Wolfeboro payé par les dirigeants de Prada et Tiffany, des repas au Bristol 2 fois par semaine, du voyage en Egypte, celle du stylo …
•l’affaire Pérol
•l'affaire Yannick Blanc
•l’affaire de l’Epad (et du scooter)
•Gandrange
•les vaccins du virus H1N1
•les accords entre l'UMP et le Parti Communiste Chinois, l'UMP et la mairie de Paris pour payer les frasques de Chirac, l'envoi par l'UMP des bulletins d'adhésion aux restaurateurs dans la période de la baisse de la TVA à 5,5 %
•les affaires Yade, Boutin, Copé, Juppé, Joyandet, Bertrand, Blanc, Estrosi, Lefebvre, Santini, Proglio, Amara, Laporte, Péchenard, Mitterrand, Ouart, Solly, Soubie, Richard, Fillon, Squarcini, Marleix, Charon, Longuet, Bachelot, Mignon, Morano, Giacometti, Besson, Courroye,Tron, Laroque (Baroin), Guéant (contrats avec la Libye), Dupuydauby, Fontaine, Ceccaldi Raynaud, fils Tibéri …
•l'utilisation du contre-espionnage pour des affaires privées
•l'utilisation de l'Elysée pour recevoir les caciques de l'UMP et les satellites jusqu'à plusieurs fois par semaine, l'utilisation des moyens de l'Etat pour la propagande et pour préparer et faire la campagne du candidat Sarkozy, la proposition de Sarkozy à Lauvergeon d'une prime de 2 ans de salaires comme si Aréva lui appartenait et qu'il sortait l'argent de sa poche
•les légions d'honneur (Servier, Widenstein, Desmarais, Frère, Maistre, Bourgi, Richard, Peugeot etc.)
•l'Air Sarko One (250 millions d'euros dont 50 % de dépassement selon René Dosière) et ses deux fours à plus de 131 000 € (TTC et avec l'étude), le cocktail de New York à 400 000 euros, le dîner pour l'UPM à 1 million d'euros, les 4 X 4 Nissan de Megève
•la proposition de loi sur la déchéance de la nationalité française et son extension, et le débat sur la nationalité, le fichier EDVIGE, Wauquiez et son cancer de la société, le RSA
•l’affaire de la rémunération illégale de septembre au 31 décembre 2007 (rémunération comme ministre de l'intérieur alors que Nicolas Sarkozy est président), l'augmentation stratosphérique, le divorce, le mariage, l'inscription hors délai sur les listes électorales, la déclaration des impôts en retard, le tout illégal ou non pénalisé
•la circulaire Hortefeux, ses amitiés avec Takieddine, ses déclarations d'Auvergnat, celles de Guéant dont celles répétées sur l'échec scolaire des enfants d'immigrés, l'autre récidiviste, celles de Guaino (béatification, prison, etc.)
•la nomination à la têtes des chaînes audio et vidéo publiques par le pouvoir
•la réforme constitutionnelle
•les ministres aussi maires ou élus, le mélange des genres, la non séparation de l'exécutif et du législatif avec le retour sans élection des députés virés du pouvoir
•l'irresponsabilité pénale du Président de la république
•la position d'Hortefeux dans la condamnation des 7 policiers, et ses deux condamnations à lui
•l’affaire des sondages
•les classements du parquet
•le site France.fr (des millions d'euros pour rien)
•les évictions des préfets pour crimes de lèse-pelouse ou de sifflets
•la paralysie des villes et les moyens de quasi guerre (2 000 CRS pour 600 habitants par exemple) au coût pharaonique pour les déplacements du président
•l’affaire de l’espionnage des journalistes par le contrespionnage
•l’affaire de la validation des comptes de campagne de Balladur et de Chirac
•la scientologie
•l'affaire Servier dont Nicolas Sarkozy a été l'avocat. Coût 1,2 milliards à la Sécurité Sociale en plus des morts.
•l'affaire Bongo
•la proposition de MAM d'aide à Ben Ali et son pouvoir pendant la révolte tunisienne, les lacrymos et son voyage entre Noël et le jour de l'an et ses quatre mensonges fondamentaux, les petites affaires des parents, et Ollier (ses amitiés libyennes en plus), l'utilisation de la Libye et du Japon par Nicolas Sarkozy pour raison électorale
•les vacances de Fillon payées par Moubarak dont la clique a détourné plus de 45 milliards de $ et dont 3 ministres ont été arrêtés pour corruption et détournement de fonds publics, et sa justification, celles Sarkozy au Maroc. Et la Ferrari prêtée en 2009 en pleine crise à Fillon, ses voyages à 27 000 € pour retourner en Sarthe alors que le train met 1h20


Facilement disponible sur le net, cette liste est une excellente chose, que ce soit pour aider la mémoire, ou que ce soit pour entretenir la vigilance et une saine colère.
Je pense que ce quinquennat a été celui aussi de l'exagération, prenons juste un exemple : le mot président, à son encontre,est vraiment un terme disproportionné, exagéré.

vendredi 20 janvier 2012

Reçu ça


L'album de Jon Hassell où figure ce morceau est titré :
LAST NIGHT THE MOON CAME DROPPING ITS CLOTHES IN THE STREET.
Je viens de me le procurer.
Tout y est de la même eau.
Magnifique.
Somptueux.

jeudi 19 janvier 2012

Culturel

Toujours pas vu LE HAVRE mais ça va venir.

On va se laisser tenter par Millenium...
Et par d'autres films moins grosses machines que celui-ci dont je parlerai plus tard.

Quelques concerts en perspective avec ce soir ONJ (Orchestre National de Jazz) joue Piazzola,  puis jeudi le quintet d'Anne Pacéo et début février Portico Quartet.
Les trois soirées s'annoncent aussi différentes qu'excitantes.  

Quelques lectures en cours, La forêt des Renards Pendus  de Arto Paasilinna, auteur également du Lièvre de Vatanen. 
Le cas Sneijder de Jean-Paul Dubois, que je déguste lentement, à sa mesure et pour finir/continuer une biographie de Jean Ferrat juste empruntée presque par hasard à la médiathèque...

lundi 16 janvier 2012

J Edgar, un film de Clint Eastwood

Un biopic. Un de plus, pourrait-on dire.
Mais avec Eastwood, on ne sait pas toujours ce qu'il va se passer, même si son cinéma est dit "classique".
Son sujet, le chef redouté du FBI, J Edgar Hoover qui a régné près de 50 ans.
Cela  cela ne se réduit pas seulement à lui, car il y a, forcément, une plongée dans une bonne partie de l'histoire du XXe siècle aux Etats-Unis, période qu'il conviendrait éventuellement de "réviser" un peu avant, pour se familiariser ou se remettre dans le coup.
Car le traitement historique est allusif. Ce qui renvoie à plusieurs points.
D'abord à la narration en voix off, souvent monocorde, qui semble posée comme pour dire et servir l'objectivité, alors qu'en réalité (on le comprend progressivement) c'est sa version que nous sert Hoover, lequel au passage n'hésite pas à enjoliver son rôle, pour nourrir le mythe ou la légende. Le pur délire sur les communistes est bien éclairant du propos. Cette voix off donc, il faut s'y faire, c'est celle d'Hoover qui dicte ses mémoires à divers jeunes assistants qui se succèdent le long du film, ce qui donne un dispositif filmique au montage alterné, plutôt habile et réussi, faisant sens constamment, avec des flashbacks qui viennent éclairer ce que raconte Hoover. Cette voix donne au film une atonalité étrange mais intrigante.
Ensuite, le point de focalisation d'Eastwood n'est pas la trame événementielle mais, le titre le suggère, Hoover lui-même, homme à la personnalité troublée et contradictoire, au rapport étroit avec sa mère, en difficulté avec les femmes et à la relation homosexuelle (consommée ou pas ?) complexe et très triste avec son n°2, Clyde Tolson.


Il y a très peu d'effets dans le film, au risque de passer pour morne et sans relief. Intéressant aussi : il n'y a aucune nostalgie.
Question réserves, on jugera bien sûr peu heureux les postiches marquant le vieillissement des protagonistes, surtout Clyde Tolson, le petit ami de Hoover. La scène de la mort de la mère m'a semblée lourde, j'ai pensé à plusieurs reprises qu'Eastwood avait eu la main trop nettement mélo alors qu'une touche plus allusive aurait suffi.
Par contre, Leonardo Di Caprio, qui "délaisse" Scorsese, est bien, il incarne au mieux l'exaltation obsessionnelle à construire le mythe tout comme l'incroyable fragilité dans le privé. Il y a assez peu de place en définitive pour les autres personnages (même Tolson), si ce n'est la mère de Edgar, avec la forte présence de Judi Dench, et Naomi Watts très bien en secrétaire discrète, fidèle dans l'ombre et même après la mort de Hoover. Et certains gros plans qui serrent de près les personnages, dans l'ombre, sont remarquablement étouffants.
Film finalement trouble sur un personnage qui ne l'est pas moins, sans jugement ni condamnation, ne forçant quasiment pas le trait,  mais mettant en évidence les zones d'ombres, les méthodes illégales et brutales, les mensonges derrière l'histoire officielle telle que la proposent les medias. Un film sans envolées, sans angélisme, sans putasserie.
Un film plus profond qu'il ne paraît, qui diffuse chez le spectateur, même après la séance.

dimanche 15 janvier 2012

Journey through the past 3

Suite de ce voyage dans le passé, comme le dit si bien ce cher Neil Young. Je poursuis et termine (si je puis dire) pour Nougaro. 

Et d'autres "épisodes" sont prévus, vers d'autres contrées musicales, en essayant de garder le fil chronologique...

Les albums ici illustrés par leur pochette sont ceux qui m'ont fait avancer dans la découverte nougarienne, en étant à peu près synchrone.
Sans oublier qu'évidemment quand l'intérêt grandit, la possibilité d'aller voir un spectacle devient une préoccupation...tenace.
Ce fut chose faite au théâtre antique d'Arles, été 1980. Eblouissant.


Ce qui était (est) fortement intéressant chez Nougaro, et le rendait difficilement "traçable" dirait-on aujourd'hui, c'est la démarche, cette manière qu'il a eue, peut-être par nécessité car il était ainsi et ne pouvait "fonctionner" autrement, de ne pas rentrer dans les formules, les cases, les formats, d'aller chercher ailleurs, de ne pas se répéter.
En 1973, l'album (et le morceau) Locomotive d'or format 9 minutes en sont peut-être l'emblème.
Difficile à suivre car ne suivant que son chemin, c'est "comme s'il avait passé sa carrière à faire ses débuts", ainsi qu'il le disait lui-même. Démarche aventureuse qui fit que son parcours fut semé -en apparence et en terme d'exposition - de creux et de bosses, donnant un sentiment d'éclipses, au moins dans la visibilité publique, alors qu'il était tout simplement ... ailleurs.

Evidemment lorsque l'on regarde l'ensemble discographique, tout n'est pas homogène et réussi. Mais l'ensemble tient debout, c'est extraordinaire. La prise de risques en vaut la chandelle : quand ça passe, c'est éblouissant, lumineux.
Quand c'est manqué, et ça peut l'être même si c'est question de goût aussi, c'est avec panache.
Mais ça reste toujours impressionnant.
Le site officiel offre une vision par décennies qui remet cela en tête.

Les limites, cela peut-être tout d'abord une profusion d'enregistrements publics (particulièrement dans les années 90) franchement dispensables, car très/trop rapprochés dans le temps et ceci même si les formations musicales qui l'accompagnent sont différentes.
Gardez donc "question live" celui de 1969 "Une soirée avec Claude Nougaro" qui est excellent et reprend la décennie quasiment, prenez aussi "Nougaro sur scène" à l'Olympia de 1985 donnant une idée du Nougaro Trio, finissez avec "Hombre et Lumières" pour le côté tonique et festif  (capté à Toulouse en 1998) et vous avez les pierres de touche indispensables.
Que vous pouvez compléter par le duo "Une voix dix doigts" (piano/voix) avec Maurcie Vander même s'il est un peu longuet au bout du compte et enfin le tout dernier au Théâtre des Champs Elysées en 2001. Un dernier mot sur "Nougaro au New Morning" un album excellent, début des années 80, toujours inédit en cd, où l'on entend un Nougaro revitalisé par son orchestre de jeunes, ambiance funk jazz.

En studio, il n'y pas d'albums sans pépite, quelques creux (album Soeur Ame de 71) et tout au plus l'album de 1983 comme Ami Chemin me semble le plus faible. Pour le "reste" avec le recul, il n'y a pas vraiment, à mon sens, d'album où moins de la moitié des morceaux ne soit réussie. 
Il y a des périodes d'inspiration moindre, et des périodes d'emphase, où il s'est sans doute perdu en route, devenant verbeux et abscons, oubliant peut-être trop l'humilité ou la simplicité du poète.
Peut-être qu'à certains moments, il s'est piégé dans cette pompe, cette éloquence...

Et pour cette conclusion provisoire, car je réécoute régulièrement, évidemment... un petit mot souvenir sur chaque album qui suit, étant précisé qu'il s'agit d'une sélection des albums "fondateurs" pour moi, et que j'aurais pu parler de (tous les) bien d'autres !


Enregistré en public, tonique, ce Nougaro 77 à la pochette double magnifique, privilégie les formats longs et l'on y trouve en plus des inédits "Victor" (d'après Victor Hugo) et "Jésus" qu'il reprendra je pense lors du spectacle Fables de ma Fontaine au début des années 2000.
Je me souviens de cette chanson d'amour racontant un coup de fourdre "Ma femme" avec je cite "...et ma cendre à l'envers reconstitue la flamme"





Année 1980, un album majoritairement réussi avec en ouverture la chanson écologique "Assez" qui était portée par un clip tiré de 'L'Opéra Sauvage" de Frédéric Rossif. Magnifique.
Et des paroles marquantes, imprimées à jamais : "Il serait temps que l'homme s'aime, depuis qu'il sème son malheur" ..."Arrêtez votre humanerie" ..."Que l'homme s'aime c'est peu dire / Mais c'est là mon pauvre labeur / Je le dis à vos poêles à frire/ Moi le petit soldat de beurre" quelle image ! Sans oublier "la petite fille en flammes dans son dimanche de napalm" ...
Et aussi... Des voiliers.

"

Femmes et famines, 1976, un album que j'ai eu du mal à trouver à l'époque, mais qui contenait un poème parlé exceptionnel  "Dans le désert du papier" qui traite de la création artistique, de l'inspiration et de la fonction sociale de l'artiste. Un poème d'Audiberti aussi, mis en musique, Perle brune, superbe.
Et puis, un album d'une grande unité, rien à jeter, en 1978. Il contient "Tu verras" qui n'est pas ma préférée pour autant.
Les perles sont ailleurs "La danse" (la danse est une cage où l'on apprend l'oiseau)"Autour de minuit" sur un thème célébrissime de Monk, et puis "Quand Freddy est parti" à l'accordéon un hommage pantelant d'émotion à un de ses musiciens disparus...

Voilà, merci Monsieur.  


à  suivre

samedi 14 janvier 2012

C'est pas moi, c'est moi

Hé lui hé...
Voilà, on le savait, fini le triple A.
Et notre petit zorro, avec sa petite cape élimée de grand sauveur qui nous protège à tous même ceux qui n’ont rien demandé, lui qui réagit plus vite que son ombre habituellement  (lire: quand ça l'arrange) est DESESPEREMENT muet.

Qu'on ne s'y trompe pas, il fait sonner la charge par sa garde, pour l'éternel message : c'est pas de ma faute, de ma responsabilité. Tout occupé vraisemblablement à l’organisation de sa stratégie de la terre brûlée qu'en tant que pompier pyromane il connaît sur le bout du lance-flammes ?
Donc si on résume, il s'occupe de tout, tout le temps, mais c'est jamais lui.
Quand il pisse, c'est lui ou pas ?

Nous sommes...

Nous sommes là tous deux
comme devant la mer
sous l'avance saline des souvenirs
De ton chapeau aérien à tes talons presque pointus
tu es légère et parcourue
comme si les oiseaux striés par la lumière de ta patrie
remontaient le courant de tes rêves.
Tu voudrais jeter des ponts de soleil entre des pays
que séparent les océans et les climats,
et qui s'ignoreront toujours.
Les soirs de Montevideo ne seront pas couronnés
de célestes roses pyrénéennes,
les monts de Janeiro toujours brûlants et jamais consumés
ne pâliront point sous les doigts délicats de la neige française,
et tu ne pourras entendre, si ce n'est en ton coeur,
la marée des avoines argentines,
ni former un seul amour
avec tous ces amours qui échelonnent ton âme,
et dont les mille fumées ne s'uniront jamais
dans la torsade d'une seule fumée.
Que tes paupières rapides se résignent,
ô désespérée de l'espace !
Ne t'afflige point, toi dont le tourment ne remonte pas comme le mien,
jusqu'aux âges qui tremblent derrière les horizons,
tu ne sais pas ce qu'est une vague morte depuis trois mille ans,
et qui renaît en moi, pour périr encore,
ni l'alouette immobile depuis plusieurs décades
qui devient en moi une alouette toute neuve,
avec un coeur rapide, rapide,
pressé d'en finir.
Ne t'afflige point, toi qui vois en la nuit
une amie qu'émerveille ton sourire aiguisé
par la chute du jour,
la nuit armée d'étoiles innombrables et grouillante de siècles,
qui me force pour en mesurer la violence,
à renverser la tête en arrière
comme font les morts, mon amie,
comme font les morts.

Jules Supervielle (In Gravitations)

vendredi 13 janvier 2012

Loads

Quelle semaine chargée ce fut !
Mais au plan culturel et divertissant, librement consenti , les affaires vont reprendre, demain soir nous irons voir le nouveau film de Clint Eastwood, en attendant Le Havre de Kaurismaki, la semaine d'après. 
Musicalement jeudi soir qui vient ce sera l'Orchestre National de Jazz autour d'Astor Piazzola. Ah ça va être bon, ça !
Des bouquins se profilent avec Queneau "Courir les rues /battre la campagne/  fendre les flots"  sans oublier Jean-Paul Dubois avec "Le cas Sneijder".


Et puis, et puis, lundi 16, notre fille cadette a 23 ans. On lui passera un petit coup de fil jusque dans son sud...

I love her so much.

lundi 9 janvier 2012

D'où nous parlez-vous ?

Emission souvent citée, C dans l'Air avec le sieur Calvi est une émission qui jouit, on ne sait trop pourquoi, d'une réputation assez flatteuse et, à mon sens, usurpée.
En effet, le syndrome "toujours les mêmes" s'y répand uniformément et sournoisement. Premier point. 
Mais, deuxième point, ce qui me semble particulièrement anormal c'est que les invités, des "experts" ainsi sont-ils nommés, ne sont jamais présentés complètement. 
Juste deux noms, comme ça, M. Reynié est à la tête de la Fondation pour l'Innovation Politique, ça veut pas dire grand chose, et c'est proche de l'UMP, ce qui n'est jamais dit. Ce monsieur a un ton à la fois posé et un style tortueux qui nous mettent bien en peine de savoir ce qu'il pense vraiment. On se demande bien pourquoi il est invité aussi souvent...
Pareil pour d'autres directeurs d'instituts de recherche politique ou je ne sais quoi, ou bien de sondages, tiens je vous recommande Jérome Sainte-Marie de CSA. Vous verrez dans l'article en lien !

Et comme les çondages on va en bouffer jusqu'à ras la gueule et plein les neurones, je vous conseille de lire cet article sur le site des Inrocks.

Cela permet de savoir au moins d'où ils nous parlent et comment est alimenté, entre autres, leur porte-monnaie. Cela me semblerait le minimum sur le service public, non ?
 

samedi 7 janvier 2012

A dangerous method

Quand on connaît et apprécie le cinéma de Cronenberg, on peut être finalement surpris par ce film, tant il semble au moins dans la forme relativement éloigné du style du cinéaste.
Mais pas dans les thématiques par contre...

Se basant sur une pièce de théâtre dont le titre est The Talking Cure, le film est la chronique des relations, sur plusieurs années, entre Carl Jung, Sigmund Freud et une patiente, Sabina Spielrein, qui souffre d’hystérie.
Cette chronique permet d'aborder (en mettant en avant leurs rencontres) des moments de discussions professionnelles sur les méthodes psychanalytiques, les questions de séduction et de sexe.
S'ajoutent des éléments plus personnels ou privés, en raison de la relation entre Jung et Spielrien, une "méthode" totalement proscrite par Freud.
Le traitement s'avère surprenant : Cronenberg n'hésite pas habituellement à fouiller loin ou près, à mettre les mains dans le cambouis.
Là, cela reste extrêmement propre, raide, un peu corseté peut-être à l'image de la société de ce début de siècle.La pièce de théâtre qui sert de matériau de base au film peut expliquer cela, mais c'est comme si le cinéaste avait pris le parti de ne rester que du côté du cerveau, que ce soit pulsionnel ou intellectuel, et si le sexe est présent, il n'est certainement pas sur le devant de la scène. Refoulé ?
Car on sent que ça bouillonne quand même. Et puis, quelques pointes d'humour laissent envisager une certaine ironie de la part du cinéaste.
On passe un bon moment, avec d'excellents acteurs et des dialogues au cordeau. Michael Fassbender, qui joue Jung, confirme le bien qu'on peut penser de lui.  Mortensen et Knightley sont bons également.
Il est finalement intéressant de constater que ces acteurs, plutôt "physiques", sont au service d'un film qui donne la prime à l'intellect. Et c'est peut-être la clé du film, avec cette impression persistante chez moi, que Cronenberg s'est amusé à bâtir le film sur ce type d'oppositions ou de décalages.

jeudi 5 janvier 2012

Elle...seulement elle

Ah... Nadine...
Quand j'y pense, cet alliage subtil d'élégance et de finesse, comment pourrait-on imaginer dépasser cette délicatesse dans les mots prononcés ? Ces mots pesés après mûre réflexion, comme l'expression d'une pensée profonde et empreinte d'une inaltérable sagesse, sans oublier cette justesse de ton, cette humilité à cent coudées du spectaculaire et du vulgaire.
Mais tout cela n'est rien, non rien, si l'on songe, ne serait-ce qu'un instant fugitif, à la compétence sans faille et au professionnalisme avéré qui lui font dédaigner, dans une dévotion quasi-monacale, le clinquant médiatique au profit d'un travail implacable de ses dossiers pour servir avec désintéressement, grandeur et dignité notre république dans l'intérêt de tous.

mercredi 4 janvier 2012

La perlitude des choses

Parfois, on hésite.... Chimpanzé ou bien chien panzé ? ou singe panzé ?
Ce serait pas une tribune d'indiens ?
On sait que ça passe pas vite et c'est pour cela qu'on dit lent demain ? ou encore long demain ?
Les cochons dingues, ça vit longtemps ?
En résumé, faut pas s’pleurer... Tout ça, ça fait des gens vieux !

Voilà, ce fut un petit moment décalé lors de conversations familiales en cette fin d'année, où nous avons déterré avec grand plaisir quelques situations vécues et expressions vraiment entendues !!!

mardi 3 janvier 2012

Journey through the past 2

Je poursuis ce voyage intro et retrospectif que je sens bien parti pour quelques épisodes fournis !
Restons pour le moment avec Nougaro.
Ce "Brésilien" m'empoigne, rythmes, paroles, scansion...
J'aime ça, mais je n'en suis pas encore à "chercher", acheter les disques notamment parce que je ne dispose pas des moyens pour ça ! Ajoutons que Nougaro n'est pas (n'a jamais vraiment été) "médiatique" et puis mes centres d'intérêt sont variés, je fais aussi beaucoup de sport (foot, vélo) avec mes potes.
Du coup c'est plutôt la musique qui va à nouveau venir à moi.
Dans ces années-là, des interludes sont diffusés à la télé qui illustrent deux chansons Orly de Brel et Bidonville de Nougaro. Les dessins sont de Folon qui illustrait les génériques des émissions de la 2e chaîne.
Et là, deuxième étage de la fusée. C'est parti pour l'immersion.
Deux fois, même chose, sensation forte, les mots, la voix, les rythmes, la musique (Brésil encore) même si la chanson est antérieure, à l'époque elle a déjà 10 ans.
Et donc va suivre mon album inaugural, une compilation où pratiquement toutes les pépites des années 60 sont réunies.

Les titres ?
Passés en boucle : Toulouse /La Pluie Fait Des Claquettes/ Cécile Ma Fille/ Je Suis Sous/Armstrong/ Sing Sing Song/ Quatre Boules De Cuir / Paris Mai/ Une Petite Fille / Je Crois/ A Bout De Souffle /Bidonville / L'Amour Sorcier /La Neige /Dansez Sur Moi.

Et je pourrais dire aussi : L'eau verte du canal du Midi et la brique rouge des Minimes  /Je flotte en nos gambades la pluie perd tout son suc /Comme mon souffle sur tes cils / Je suis blanc de peau / On s'dit qu'on sortira de Sing Sing quand nos poules n'auront plus de dents / Son crochet je l'encaisse il esquive mon swing / Avec ma belle amie quand nous dansons ensemble Est-ce nous qui dansons ou la terre qui tremble?/ ça y est j'la vois / Je crois en l'autre je crois en moi /  j'ai couru comme dans un rêve le long des cheminées /  Les gosses jouent, mais le ballon, C'est une boîte de sardines, Bidon / Le ciel et la Terre on va les marier / Oh la neige! Regarde la neige qui tombe.../ Dansez sur moi ... Dansez dessus mes vers luisants Comme un parquet de Versailles /


Voilà comment j'entame plus nettement ce parcours vers les textes et la poésie, les rythmes et le jazz. Dans la foulée, je commence à me documenter, et je me rappelle avoir emprunté en bibliothèque ceci :

  Je n'ai jamais retrouvé cet ouvrage, qui date de 1974, dont j'ai un souvenir assez vague. Je me demande d'ailleurs si ce n'était pas parce qu'il était un peu "fumeux" ! J'en ai retenu la discographie, utilement prise en notes pour poursuivre mes recherches ! Les références à Audiberti sont également marquées et j'emprunterai ultérieurement certains de ses ouvrages.
Les années suivantes seront marquées par les albums que je présenterai la prochaine fois, certains découverts après coup, forcément...
à suivre...


lundi 2 janvier 2012

D'actualité ?


Je viens de lire (cadeau) et de me rafraîchir la mémoire sur ce groupe mythique et ... j'ai retrouvé ça !

dimanche 1 janvier 2012