samedi 31 mars 2012

La vague...

Hier soir nous étions à Saint-Herblain, c'était le concert d'ouverture de l'année 2012 qui fête les 10 ans du festival vendéen Vague de Jazz.
Bien dans la manière simple et festive de Vague de Jazz, la deuxième partie de soirée s'est conclue dans le hall de la salle de spectacle, avec Alexandra Grimal en solo qui nous a proposé un magnifique solo en deux parties : excellent, exigeant, émouvant.
Revenons à ce qui s'était passé juste avant. 
Le concert fut exceptionnel avec le trio E T E (Andy Emler piano, Claude Tchamitchian contrebasse, Eric Echampard batterie) qui invitait Dave Liebman (saxophones).
Nous avons pris une claque majestueuse.
Tout était là, l'incroyable talent de ces monstres, leur musique et toute la synergie basée sur un immense respect entre eux. Je retiendrai quelques moments en suspension, magnifiques rochers escaladés pour aller tutoyer les cimes dans cette océan musical : une superbe ballade composée par Liebman, qu'il a lui-même entamée au soprano, puis l'ouverture -un morceau plus tard- à la flûte, flûte qu'il a transformée en orchestre tellement il nous a envoyé des images avec ce qu'il en a tiré, quelques magnifique passages à l'archet avec Tchamitchian et enfin dans l'avant-dernier morceau un fantastique chorus de batterie d'Eric Echampard où il a montré l'étendue de sa palette, avec sa frappe sèche, sa justesse et son inventivité: Liebman ne s'y est pas trompé.

Trois extraits ici du trio (sans Liebman, donc ) pour apprécier sa vélocité comme sa versatilité et réjouissons-nous, la formation réunie hier soir devrait sortir un enregistrement d'ici quelque temps.


 

 

 


vendredi 30 mars 2012

Une chanson


J'apprécie la mélodie lancinante, symbole d'un problème installé et malheureusement permanent.
Aucun effet de manche, une sobriété bienvenue. Digne et humain.

jeudi 29 mars 2012

Shadows and Light

-Je t’écoute, Lucas.
-On a retrouvé le citron découpé au fond du petit verre. Pas de trace de l’instrument avec lequel il a été tranché. Le relevé d’empreintes est négatif. Les pépins ont disparu. Le grand verre était vide, pas d’empreintes non plus. Il est posé à exactement 6 cm de la coupelle qui contient les noyaux d’olives.
Les deux serviettes sont pliées différemment. Il y a sûrement une signification d’autant qu’on n’a pas retrouvé de traces de rouge à lèvres. Pour la coupelle, les deux piques pourraient indiquer l’heure, par exemple 10h05, et ce serait un moyen de nous provoquer en nous donnant un indice. Il se sent fort. Par ailleurs les deux petites piques en bois léger ont servi aussi à déguster les olives. On les a donné à expertiser au labo pour qu’il nous donne la couleur des olives.   Reste à déterminer pourquoi 4 olives ce qui me semble à la fois inquiétant et complexe, révélateur d’une pathologie à haut niveau de dangerosité. Comme s’il était capable de recommencer n’importe où n’importe quand.
-Un apéro nain qui a mal tourné ?
- ... Difficile à dire.
- On a reçu ça au courrier. Jette un oeil à la photo, ça correspond.

- Il obéirait à un rituel ?
- Le numéro derrière la photo : ce serait le 17e citron exécuté ainsi. Je me demande si on n’a pas affaire à un tueur en série. Une idée pour un profil ?
-C’est quelqu’un qui s’expose et prend des risques. Par goût. Il aime narguer. Soit il s’appuie sur une grande maturité et sophistication, soit il est indifférent – presque imprudent – par rapport aux conséquences de ses actes. Rien d’improvisé cependant, tout est calculé, au millimètre, il est donc très confiant. Et expérimenté. Et ça correspond si on en est bien au 17e citron.
- Et donc ?
- Donc, je pencherai pour un horloger-limonadier gaucher possédant un vélo et habitant Orange.

* * * 

note : billet rediffusé, initialement publié en juin 2010 dans le cadre du dyptique d'Akynou - sessions 5 sur le blog précédent. Le diptyque d'Akynou fonctionne en deux parties à chaque session : un texte de départ auquel il faut associer une photo ou un dessin et, en sens inverse, une photo pour laquelle il faut proposer un texte. Ce billet correspond au 2e cas, photo de Bladsurb.

mercredi 28 mars 2012

VH

Il faut que le poète

Il faut que le poète, épris d'ombre et d'azur,
Esprit doux et splendide, au rayonnement pur,
Qui marche devant tous, éclairant ceux qui doutent,
Chanteur mystérieux qu'en tressaillant écoutent
Les femmes, les songeurs, les sages, les amants,
Devienne formidable à de certains moments.
Parfois, lorsqu'on se met à rêver sur son livre,
Où tout berce, éblouit, calme, caresse, enivre,
Où l'âme à chaque pas trouve à faire son miel,
Où les coins les plus noirs ont des lueurs du ciel,
Au milieu de cette humble et haute poésie,
Dans cette paix sacrée où croit la fleur choisie,
Où l'on entend couler les sources et les pleurs,
Où les strophes, oiseaux peints de mille couleurs,
Volent chantant l'amour, l'espérance et la joie,
Il faut que par instants on frissonne, et qu'on voie
Tout à coup, sombre, grave et terrible au passant,
Un vers fauve sortir de l'ombre en rugissant !
Il faut que le poète aux semences fécondes
Soit comme ces forêts vertes, fraîches, profondes,
Pleines de chants, amour du vent et du rayon,
Charmantes, où soudain l'on rencontre un lion.

note : Petite plongée hugolienne ces temps-ci !

lundi 26 mars 2012

Antonio Tabucchi est mort

Ouverture / Pereira prétend avoir fait sa connaissance  par un jour d'été.


Fermeture / Il valait mieux se dépêcher, le lisboa allait sortir sous peu et il n'y avait pas de temps à perdre, prétend Pereira.

Intervalles /
"Comment, tu n'es pas au courant ? Ils ont massacré un homme de l'Alentejo sur sa charrette, il y a des grèves, ici en ville et ailleurs, mais dans quel monde vis-tu, toi qui travailles dans un journal ?" Lisbonne, 1938.
 C’est facile objecta le docteur Cardoso, de toute façon il y a la censure préventive, chaque jour avant de sortir les épreuves de votre journal passent à travers l’imprimatur de la censure préventive, et s’il y a quelque chose qui ne va pas, vous pouvez être tranquille que ce ne sera pas publié, peut-être qu’ils laisseront une espace blanc, ça m’est déjà arrivé de voir des journaux portugais avec de grands espaces blancs, cela inspire une grande rage et une grande mélancolie.

dimanche 25 mars 2012

Avis de recherche

Le petit "p" comme programme est demandé à l'accueil.
Je répète le petit "p" est demandé à l'accueil.

Sans aller jusqu'à déclencher l'alerte enlèvement avec numéro d'urgence, ce serait pas mal que "ce qui nous tient lieu de président" et qui "fait office" de candidat de la droite brutale mette ou remette la main dessus.

Parce que voir à quoi le temps est consacré actuellement est assez affligeant, pitoyable, indigne oui pour reprendre des termes de l'expert en raclures, le triste et pénible sieur C*pé.
En ce moment, et ça dure un peu trop là, un mauvais comédien joue les bateleurs. Un triste sire qu'on ne peut écouter que si l'on fait partie de la clique.
Soit dedans (le parti, les élus) ou dehors (les votants). La clique des cyniques, des individualistes, des haineux, des mafieux du fric et du système, des peureux de la colère du petit chef.  J'en passe.
Sinon je ne vois pas.

Alors, ça dure, oui, cette prise de risques inouïe dans des salles préparées et chauffées à blanc. Quel courage ! Des salles remplies de militants triés sur le volet.  Et là ça y va, flattant avec noblesse les instincts les plus bas, se vautrant sans complexe dans la fange.

Ce parti pris de la qualité va finir par m'intoxiquer, je frise l'overdose.
Ce candidat lancé dans un jeu de bonneteau, un poker menteur n'est qu'un contorsionniste, transformiste, caméléon... Mais en paroles uniquement. Feignant l’amnésie, il apparaît schizophrène.Attisant la violence, il se dit posé et digne. Décent.
Oh que c'est mal joué, quelquefois on a un peu l'impression qu'il ne sait pas son texte, faut dire aussi (voir au début) qu'il n'y a pas de programme... Et sans programme, c’est « l’autre » qui est nul : j'allais le dire.
Promettant encore et encore, parfois la même chose, ou pire, on se dit mais tiens pourquoi ne l’a-t-il pas fait, il avait un peu de temps, là, cinq ans, même si ça passe vite.

Vite, ça dépend pour qui.
Alors au bout de 5 ans,  où en est l’histoire ? Pas vraiment cohérente, plus ça va, plus on a du mal à suivre.

Alors on se contente des rushes.
Quand on les revoit, on n’a pas du tout envie d’embaucher ce piètre comédien, qui peine à émouvoir, n’entre pas dans le rôle, est incapable de laisser de côté un ego boursouflé, qui surjoue la compassion et la protection, et capte la lumière narcissiquement et irrépressiblement, sans pouvoir se contrôler.
Sa troupe, malgré les retouches dans la distribution, ne vaut pas mieux.
Et les attachés de presse chargés du service après vente sont consternants.

...
Pendant ce temps, fidèle à la ligne, à la stratégie définie, à la belle idée respectueuse du peuple qu'il se fait d'une campagne présidentielle avec des propositions sur le fond, une idée noble de la culture, une pédagogie indiscutable, Jean-Luc Mélenchon passe 2h30 en interview avec la rédaction de Médiapart : du haut niveau, des réponses, des contradictions /des évolutions /des changements assumés, bref de la responsabilité.
On ne dira jamais assez le bien fou, l'appel d'air impressionnant qu'apportent le candidat et son équipe du Front de Gauche.
Le bulletin de vote, oui, mais marqué MELENCHON dessus. On fait tourner.

vendredi 23 mars 2012

citons !

Comme une envie de finir la semaine avec un grand...

Il y a des gens qui observent les règles de l'honneur, comme on observe les étoiles, de très loin.
Servir la patrie est une moitié du devoir, servir l'humanité est l'autre moitié.  
Pour moi, l'idée de nation se dissout dans l'idée d'humanité.
Les maîtres d'école sont des jardiniers en intelligences humaines.  
La pensée est le labeur de l'intelligence, la rêverie en est la volupté.  
La jeunesse est le sourire de l'avenir devant un inconnu qui est lui-même. 
La liberté commence où l'ignorance finit. 
Un petit peuple libre est plus grand qu'un grand peuple esclave. 
Un peuple qui a la liberté, doit aussi avoir la volonté. 
Lorsqu'on peut tout savoir, il faut savoir aussi tout taire. 
Créer, c'est se souvenir.
Lire, c'est voyager ; voyager, c'est lire. 

Victor Hugo.
Un superbe vademecum, de quoi faire au quotidien !

mercredi 21 mars 2012

Du dégoût et de l'indignation sélective

Le n'importe quoi règne en maître. Quel bordel.
Vacarme médiatique à son comble de manipulation par l'émotion et tout le reste. Le droit à l'information a du souci à se faire pour sa bonne santé éthique avec de telles méthodes. 

Des profils FB réclament ni plus ni moins vengeance : qu'on tue le tueur.
Les prénoms des seuls enfants juifs sont affichés. Ah bon, pas de père ?
Et les militaires tués, c'est quoi leur prénom ? Ils comptent moins ? Ils valent moins ?
Il y aurait des vies qui auraient plus de valeur que d'autres ? et on ne me dit rien ?

Ces vies des jeunes enfants manqueraient plus à leurs parents que les vies des militaires assassinés enlevés à leurs propres familles ? Hallucinant.
Mais c'est pas fini.  

Union nationale. Ok, on lisse tout, tout est égal. On pense tous pareil. Ah ouais ?
Certains candidats à la présidentielle réagissent en emboîtent le pas de "l'enfumeur en chef" qui fait son chemin compassionnel sur le sang et la douleur. Même en en faisant moins, il en fait trop, c'est con, non ?
Tout en suspendant, la main sur le coeur, par grande commodité stratégique le débat. Et la poissonnière blonde renouvelle ses analyses fines et posées, du fond de son ornière.

Ben voyons.
Le consensus, pas une tête qui dépasse, tout est étouffé et passe par les fourches caudines de ceux qui "gèrent" et qui - suivez mon regard - nous protègent. Vachement bien, d'ailleurs, voyez le résultat.
Français nous pensons pour vous, voilà, vous devez penser ça, non en fait vous ne devez pas penser. C'est dangereux.
Le processus de débat démocratique est interrompu, c'est exactement le but recherché par les fanatiques timbrés  de ce calibre. On fait leur jeu.
Et le silence fracassant qui devrait s'installer au moins par respect pour les familles touchées par cette tragédie est kidnappé par cette couverture médiatique, indigne d'un pays avec une meilleure civilisation que d'autres, hein.
Il n'y a décidément jamais de trêve de la connerie. Et si quelques voix politiques s'élèvent, teintées de raison, appelant à la lucidité , si elles me permettent de rester un petit peu debout et de ne pas être submergé par la honte devant ce spectacle, cela ne fait pas vraiment passer la terrible envie de dégueuler qui m'étreint...

ô ...

Toulouse...
telle qu'elle devrait être...


mardi 20 mars 2012

Nous d'une autre trempée

Nous d'une autre trempée et d'une singulière extase
Nous de l'Épique et de la Déraison
Nous des fausses années Nous des filles barrées
Nous de l'autre côté de la terre et des phrases
Nous des marges Nous des routes
(extrait de la Violence et l'Ennui)



Léo Ferré - Richard

lundi 19 mars 2012

Le vin et les livres

J'ai lu dimanche en début d'après-midi LES IGNORANTS, une bande dessinée d'Etienne Davodeau, chez Futuropolis.
Reçue en cadeau à Noël dernier, j'ai pris le temps de trouver le moment favorable, disponible pour la lire.


C'est le récit vivant d'une initiation croisée, celle d'un auteur de bd et d'un vigneron, leur rencontre et leurs échanges, entre le milieu du livre et le milieu du vin, chacun mettant la main à la pâte dans le domaine de l'autre : travaux de la vigne d'un côté, lectures découvertes d'un autre. On apprend beaucoup de choses, on perçoit l'évolution du métier de vigneron, les choix qu'il fait aussi.
Instructif et attachant. Ou comment la rigueur et la discipline dans le travail physique de tous les jours témoignent d'un goût du travail bien fait et de l'amour de la terre, de ce qu'elle apporte.
On n'apprend qu'à la fin qu'il n'est pas vigneron au départ, et c'est une belle surprise. Les rencontres avec d'autres vignerons ou d'autres auteurs de BD, dans les festivals notamment, sont frappées du sceau du "vécu" : il n'y a pas que le vin qui est bio ! Les points communs sont plus nombreux qu'on aurait imaginé, la méticulosité n'en étant pas le moindre.

 Ode à la rencontre et au partage, avec beaucoup de simplicité, cette bd nous réserve beaucoup d'humanité, les personnalités des deux "héros" y sont pour beaucoup qui en font le charme. Et leur curiosité en tous points éveille les papilles, donne des envies de vins et de lectures, le tout sur un ton débonnaire à l'humour léger et piquant. Sans nul doute le récit d'une belle amitié aussi. Vraiment très bien.

dimanche 18 mars 2012

Quand le négatif éclipse la photo

Le comble n'est sans doute pas encore atteint, mais ça déborde sérieusement.
Cela sent vraiment la merde. Ecrans de fumée, jolie photo qu'on veut nous fourguer.
Le procédé de l'attaque tous azimuts, comme une outrance outrancière, est un révélateur puissant et implacable. On brandit des mots, c'est ce que l'on sait le mieux faire, on invective, on insulte en sachant parfaitement que c'est dégueulasse. Et c'est encore pire une froide stratégie ainsi calculée : tous les moyens sont bons, c'est la droite. Encore et toujours.
Les mots parlent d'eux-même, boomerangs adressés à celui qui les emploie : cynisme, arrogance, mensonge, irresponsabilité. comme un éclairage à rebours de son propre bilan sparadrap dont il essaie de se défaire.

Que propose ce piteux petit monsieur ?
Rien.

Rien de positif. Rien qui rassemble, qui protège (déjà oublié...et ça vous étonne ?), rien qui sonne clair du côté de liberté -égalité -fraternité. Non, divisons, semons la haine, comme du côté de la blonde d'à côté.
Alors ? N'oublions pas que la formulé clé, le mot d'ordre numéro 1 est très certainement :  Affaires/Impunité  (including Karachi).  Mettez cela en perspective et, partant de là, n'y voyez aucune volonté autre.
Pas de vision, évidemment, vu qu'il n'y pas de programme. Toujours pas de programme. Se protéger, oui mais soi-même et son clan.

On va en rester là afin de ne pas se salir de toutes ces saloperies. La stratégie de la pourriture. La droite dans toute sa splendeur et sa compétence. Comment peut-on vouloir ça ? Quelles motivations... Incompréhensible pour moi.
Et je n'en parlerai plus. Je vais me concentrer ailleurs. Oui... levons la tête..

Car, pendant ce temps, il y  un candidat qui parle clair, propose, explique, bref mène avec talent et cohérence une campagne de fond.
Pendant ce temps, à la Bastille...

samedi 17 mars 2012

Ways out

Super soirée hier avec le quartet de Claude Tchamitchian Ways Out.
Avec
Rémi Charmasson : guitare
Régis Huby : violon
Christophe Marguet : batterie
Claude Tchamitchian : contrebasse
Belle découverte avec Régis Huby au violon, connu sur disque seulement, dont le jeu m'a emballé.
Une idée ici : 

Durant le set, signalons un hommage pertinent à Paul Motian et aussi une très belle ballade en rappel. Chaque morceau démarre sur un thème annoncé et ensuite ça improvise, ça circule, avec un côté terrestre, tellurique où chaque instrument passe au premier plan avant, progressivement, de se couler dans le moule collectif et l'émergence suivante. Tout cela est très fluide et inspiré, grosse écoute et complicité entre eux. 
Excellent, un format très mobile qui est capable de nous emmener partout parfois en puissance, parfois en douceur, sans jamais perdre réellement le fil mélodique dans un espace sonore tantôt en expansion, tantôt en compression.

mercredi 14 mars 2012

hISTOIRE

Cas typique d'histoire personnelle croisée en plein avec la grande même si elle n'est pas très belle...
Accessoirement : prise en pleine gueule ...
Il y a 50 ans, c'est bientôt : les accords d'Evian du 18 mars 1962.
Je suis né en Algérie en 1960. Je ne me rappelle rien. J'en ai toujours entendu parler. Petit, cette brisure chez les miens, j'y ai été plongé, j'ai infusé dedans.
Jusqu'à la nausée. Surtout dans les années 60, un peu moins les 70, où j'entendais parler de "là-bas"... Où je sentais confusément ce racisme anti -arabe, plus ou moins larvé, avec ces mots dégradants. 
Mon grand-père maternel (qui était très proche de nous) indéfectiblement, je le comprends, s'en est-il jamais remis ? Il a été le porteur de cette mémoire, de cette tristesse, de ce ressentiment jamais éteint, cet abandon vécu comme une trahison...
J'ai été assez rapidement à l'écart de "tout ça". Incompréhension, car je n'y comprenais rien.
Aujourd'hui évidemment je comprends mieux, avec le recul, les années. Je comprends la charge émotionnelle et affective forte, le déracinement, les conditions du départ portant atteinte à la dignité, et l'hostilité de l'accueil en France. Se sentir aussi chassé de chez soi, les difficultés matérielles pour recommencer, reconstruire une vie.
J'y vois aussi l'éclatement des familles, les chamboulements que cela a provoqué, un éparpillement qui a fait qu'on était moins soudé, moins proche, davantage livré à soi-même, en proie à l'inconnu sans le filet protecteur plus ou moins lâche de la famille au sens large... Changement d'échelle, changement de vie, insécurité devant l'inconnu...

Aujourd'hui, cicatrices visibles et ineffaçables, on peut enfin réexaminer les choses, leur complexité, comprendre les motivations et le ressenti des uns comme des autres. C'est bien, sans que cela efface la souffrance du moment et d'après...
Et puis au plan politique, le cliché très ancré du pied-noir à l'extrême droite a volé en éclat. Il y en a eu évidemment, mais il y a eu aussi en 1965 des votes "anti-De Gaulle" pris au pied de la lettre, alors qu'il y a des modérés, des gens de droite et de gauche, et aussi des déçus et méfiants de la politique.
Avoir été traité de colonialiste, de profiteur, je comprends sans aucun mal que ça choque, et cela fit partie des simplifications outrancières à gauche... Oui ça fait mal quand on est d'une  famille modeste ou moyenne descendant de maçons ou de militaires...Totalement injuste.
J'ai regardé l'autre soir un documentaire "la déchirure" de Benjamin Stora. J'y ai appris, je me suis remémoré des faits historiques que j'avais oubliés. Je lirai sans aucun doute quelques articles ou dossiers. 
Mais il  y a des choses qui resteront loin de moi, il y a forcément des complexités qui m'échappent, et pour cause car faisant partie de la génération "moderne", je n'ai jamais rien revendiqué, je n'ai jamais supporté ce racisme, j'ai toujours voté à gauche. Ce qui n'est certes pas un cas très répandu dans la famille. Voilà, je reste un peu marginal parmi les miens sur la question car je n'en ai jamais considéré uniquement l'aspect affectif et un peu irrationnel qui était véhiculé dans la famille...

mardi 13 mars 2012

IFOP ou CQFD ?

Laurence Parizot, MEDEF, est la vice-présidente de l'institut IFOP.
Ok ?

lundi 12 mars 2012

Giraud

Un clin d'oeil à l'auteur de BD Jean Giraud disparu il y a quelques jours. 
Ne pas le réduire à Blueberry, penser aussi entre autre à Métal Hurlant. 
Son oeuvre importante et influente va poursuivre indéfiniment son chemin sur l'anneau... de Moebius.

En topologie, le ruban de Möbius (aussi appelé bande de Möbius ou anneau de Möbius) est une surface compacte dont le bord est homéomorphe à un cercle. Autrement dit, il ne possède qu'une seule face contrairement à un ruban classique qui en possède deux. Elle a la particularité d'être réglée et non-orientable. Cette surface a été décrite indépendamment en 1858 par les mathématiciens August Ferdinand Möbius (1790-1868) et Johann Benedict Listing (1808-1882). Le nom du premier fut retenu grâce à un mémoire présenté à l'Académie des sciences à Paris. On trouve également les dénominations de bande, anneau ou ceinture de Möbius, et on écrit parfois Moebius.

 

Peter Hammill 1983 The Moebius loop.

Indecision and uncertainty
catch you now as they never have before...
how come you didn't recognise
the revolving door?
Are you going to take sides
on the chequered floor?
It used to be so easy,
you saw everything in black and white.
When you lost track of all the moves you'd made
you lost faith in wrong and right.
         
It doesn't seem conceivable,
look what's happening in your hand.
Is it just a trick of comprehension
or a master plan?
Oh, the change in your perspective,
from the gutter now you stoop...
how come you didn't recognise the fiery hoop?
How are you going to take sides
now you're on the Moebius Loop?
         
Now you're on the Moebius Loop.
 

dimanche 11 mars 2012

D'un z qui veut dire zéro...

Suite à un billet de l'excellent Leunamme (voir dans les liens sur le côté)...
 
Un certain eric z.. auto-proclamé pourfendeur du politiquement correct est traité par d'aucuns "d'histrion télévisuel " ce qui me semble une excellente expression.
Eric z. utilise évidemment sa position médiatique privilégiée pour manipuler les choses à loisir et faire passer ce qu'il dit comme vérité intangible. En se donnant le beau rôle. N'oublions pas d'où il parle : le figaro magazine, le site atlantico, ou encore des émissions de télé destinées à vendre de la pub par l'audience via son tintamarre, on aura connu plus incorrect, plus pourfendeur...  Sa petite entreprise (à tous les sens du terme) ne connaît pas la crise.
Je n'ai aucun souvenir d'une saillie de z qui mette à terre la droite (et plus à droite encore) et tout ce qu'elle met en oeuvre. S'il y en a eu, alors elles n'ont guère retenti... Etrange, non ? Un oubli sans doute. 
Les rares contradicteurs qui lui sont opposés de temps à autre sont eux aussi baignés dans le système médiacratique, installés dans leur suffisance quel que soit leur pseudo-bord, ce qui pose question au niveau vrai débat et crédibilité, en sorte que ces discussions sont au final  purement cosmétiques.
N'oublions pas non plus qu'eric z. ne dédaigne pas l'incohérence, le mépris (je pense aux ouvriers et à leur pitance idéologique dans un article récent à propos du candidat du Front de Gauche ) que je ne peux absolument pas accepter.
La tactique est simple: sous couvert de l'anti-politiquement correct, donc implicitement du "parler vrai' il balance des énormités, une provocation par-ci, une simplification par-là, qui évidemment (et il le sait) sera sortie du contexte et monsieur le pourfendeur va se pourlécher les babines. Plus c'est gros plus ça passe, ça vous rappelle pas quelqu'un ?

J'aime l'aspect nuancé de ce positionnement : pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour. J'aime ce côté constructif.

Il y a même, j'allais oublier -honte à moi- des bouquins.
A ceci près que, lorsque l'exercice est au long cours, loin des saillies de 3 secondes, c'est plus difficile. Et je vous propose pour  déballonner définitivement cette pitoyable baudruche, de lire ici.
Le paragraphe de fin juste avant les lignes de conclusion est édifiant. 

Ce faux-nez, qui se dit bonapartiste, profite de sa place pour semer la confusion (alors qu'il prétend la combattre) en sorte que rien ne change du côté des dérives de la République, de la liberté de l'égalité et de la fraternité alors qu'il y a tant à restaurer.

samedi 10 mars 2012

More Monk and Ellington

Après un mois de février pratiquement "blanc" au plan musical, nous avons renoué vendredi soir avec le concert en vrai, en vivant.
Et ce fut une bonne soirée avec Denis Charolles et sa "grande compagnie des musiques à ouïr".
Huit sur scène pour une relecture de thèmes de Duke Ellington et Thélonius Monk :
Denis Charolles : batterie, arrosoir, graviers, percutterie, clairon et embouchures à bouches
Frédéric Gastard : saxophone basse, ténor, soprano
Julien Eil : flûte traversière, saxophone baryton, clarinette basse
Matthias Mahler : trombone
Sylvain Bardiau : trompette, tuba
Vincent Peirani : accordéon
Thibault Cellier : contrebasse
Rémi Dumoulin : saxophone, clarinette

Je crois qu'il vaudrait mieux dire déconstruction et reconstruction tant les morceaux ont été triturés et, en de nombreuses occasions, méconnaissables.
Le tout dernier morceau fut un sommet avec une magnifique contribution de Vincent Peirani à l'accordéon. Sur l'ensemble, les qualités décalées, humoristiques et même iconoclastes de Charolles, que nous avions déjà vu, restent intactes et ce fut un bon moment, comme une excellente remise en jambes dans un mois de mars qui s'annonce riche et chargé.


vendredi 9 mars 2012

8 + 1

Le 9 mars, pour moi, ce n'est pas précisément le lendemain de la journée de la femme.
C'est plutôt autre chose, hélas, et chacun dans le noyau familial initial (ma mère, ma soeur) s'y consacre, de façon plus ou moins concrète, plus ou moins visible.
Pour ma part mon choix est aucun affichage, aucun signal. Juste dans mon coeur.
Unique concession, ce billet.
J'avais (nous avions) une petite soeur. Elle aurait aujourd'hui 48 ans et cela ne s'est pas passé ainsi, la maladie l'ayant frappée et emportée jeune. Alors, comme pour bon nombre d'entre nous je suppose, il y a une date -ici cette date- qui a un cachet particulier, un goût amer.
Avec, toujours, une pensée et des larmes et -aussi- des sourires de quand on était tous là.

Guillevic

Matin
L’un trempe son pain blanc dans du café au lait,
L’autre boit du thé noir et mange des tartines,
Un autre prend un peu de rouge à la cantine.
L’un s’étire et se tait. L’autre chante un couplet.
Là-bas la nuit ; ici l’on ouvre des volets.
L’un dort, l’autre déjà transpire dans l’usine.
Plus d’un mène sa fille à la classe enfantine.
L’un est blanc, l’autre est noir, chacun est comme il est.
Ils sont pourtant pareils et font le même rêve
Et le même désir est en nous qui se lève :
Nous voulons vivre plus, atteindre ce degré
De plénitude où sont les couleurs de la pomme
Et du citron que le matin vient éclairer.
Nous voulons être heureux, heureux, nous autres hommes.

mercredi 7 mars 2012

Le duel ...prout prout !

Hier soir, annoncé à grands renforts de tam-tam, le "choc" sarko-fabius". Ah ah !
J'ai fait l'impasse.
Quelques commentaires lus ou entendus ce matin me montrent semble-t-il que je n'ai rien perdu et même gagné du temps ( au moins !).
De la politique politicienne de merde, avec un concours de petites phrases, entre deux has-been.
Nul à chier, les deux.
Vivement le "bon débarras".

mardi 6 mars 2012

Très bien, très bon

Lundi soir, il a fallu être patient pour voir apparaître Jean-Luc Mélenchon sur la chaîne que je ne regarde jamais. Mais cela valait le coup. Des questions ? Des réponses : sans détour, avec argumentation, avec cohérence. Il bûche et il connaît ses dossiers. Il ne ménage ni chèvre ni chou. Contrairement à certains (... à beaucoup ?), Jean-Luc Mélenchon a un programme.
Et en plus, il le connaît.
Voyez ici.



Dit hier, avec force et conviction : 
"Chaque fois que nous serons plus humains, nous rendrons la société meilleure." 
Jean-Luc Mélenchon. 



Le panier des tristesses

Le billet d'aujourd'hui est dédié à quelqu'un qui n'est plus, qui a choisi d'en finir.
Son choix. Je n'ai pas d'éléments très précis mais je sais qu'il y a plusieurs causes, je ne m'étendrai pas, ce n'est pas le lieu, pas l'objet.
L'horrible, s'il peut y avoir une graduation dans cette horreur, est que cela ne s'est pas très bien passé.
Entre son geste et sa fin, il y a eu trois jours de souffrance.

Christophe.
Merde.

Un mec comme ça ( je fais le geste du pouce levé ) avec qui j'ai bossé dans le cadre de la réussite éducative, je lui ai montré qu'on pouvait travailler avec les "chiants" de l'éducation nationale pour essayer de tirer quelques gamins de la misère noire sociale, véritable quart monde où ils se noient.
Un mec engagé, avec qui on a bossé dans le respect, la confiance, chacun à sa place, dans son champ de compétence mais dans l'échange, la réactivité, pour ces situations de gamins à la ramasse. On a même été inventifs à des moments, putain que c'était bien. 

Je suis touché, pas coulé, mais très touché.

dimanche 4 mars 2012

Trois Cent Soixante-six

J'en suis à 20 "réels à prise rapide". Ici.
le 21e sera aujourd'hui, et je n'ai au moment où j'écris aucune idée de ce qu'il pourra être !
Sur cette "expérience" , autant dire que cela commence à peine.
Je me sens un peu en rodage. Je tiens toutefois à faire partager quelques réflexions dès maintenant, réflexions que je renouvellerai sans doute régulièrement au fil du temps.
L'écriture avec contrainte est un exercice et un genre que j'apprécie depuis longtemps, comme lecteur des écrivains de l'Oulipo: Raymond Queneau, Georges Perec, Paul Fournel, Jacques Roubaud, Jean Lescure... mais aussi comme "scripteur" dans le cadre d'ateliers.
La libre possibilité de m'imposer l'exercice comme parcours obligé m'est apparue comme un clin d'oeil auto-personnel, empreint d'auto-dérision.
Dans les réels, ne pas dépasser 100 mots me semble très stimulant pour trouver des solutions et des ressources dans la langue et par la langue, ce qui, pour l'instant, se traduit par une dimension synthétique au plan des raccourcis et réductions qu'il faut opérer lorsque les choses s'étirent et dépassent un peu.
Statistiquement parlant, puisque c'était l'objet et le thème du billet n° 20 d'hier, samedi 3 mars, il s'avère que 12 de mes 20 billets comportent 100 ou 99 mots, le signe que cette contrainte est un critère prégnant dans ma manière de pratiquer. Certains billets courts ou même très courts (il y en a un qui compte 9 mots) sont éventuellement le signe d'une inspiration légèrement en berne ou bien encore d'une volonté délibérée d'être lapidaire.
Les thèmes imposés quotidiennement sont à insérer dans le vif, dans le quotidien de la journée, sans en préciser d'ailleurs le moment. Il se trouve que j'ai beaucoup écrit les premiers jours en fin d'après-midi vers 17 ou 18h, en passant vite en revue le fil de la journée et ce qui pouvait s'accorder au thème proposé. A d'autres moments, ce fut lorsque l'idée m'est venue et que la disponibilité s'y prêtait.
Je lis le thème le matin, le jour-même. J'ai puisé à 15 reprises directement des éléments de ce que j'avais vécu dans la journée ou éventuellement la précédente. Pour certains thèmes plus réflexifs ou introspectifs, il n'est pas toujours évident d'avoir le jour dit quelque chose à raccrocher, et c'est là que j'ai pu user de subterfuges ou digressions pour essayer malgré tout de retomber sur mes pattes ! 
Voilà pour le moment,  je me disais en rodage, je le confirme, j'en suis encore à la phase de découverte, d'accommodation, et je sens bien que la palette, les registres vont peu à peu se compléter, s'enrichir.
A suivre.

samedi 3 mars 2012

El Chino

D’un côté, une vache qui tombe du ciel, s’écrase sur une barque et tue une future jeune mariée et, de l’autre, une quincaillerie de Buenos Aires tenue par Roberto.
Le jeu du film sur les contrastes est posé d’entrée. Quel rapport entre les deux ? Le film va nous y emmener progressivement.
Roberto est quincailler, il recompte les clous des boîtes qu’on lui livre ( il n’y a jamais le compte, il en manque 5 ou 6, ça le met en colère), il vit seul, il collectionne, découpe et colle les faits divers des journaux, choisissant soigneusement les plus absurdes, les plus insolites. Il éteint sa lampe de chevet le soir à 23h00 précises, attendant le moment exact du passage des minutes de 22.59 à 23.00.
Roberto mène donc une vie hyper ritualisée, assumant une misanthropie certaine, cultivant en quelque sorte l’absurde, et il va se retrouver, alors qu’il pique-nique dehors non loin de l’aéroport ( !) près de sa voiture, en présence d’un Chinois (Jun) jeté d’un taxi.

Le contraste va jouer à plein dans les premières scènes. Moments réjouissants.

On pressent bien sûr que Roberto va sortir changé de cette rencontre qui va jouer comme un véritable révélateur pour lui, provoquer une lente mise à jour de sa vie, et le mettre en mouvement, lentement mais inexorablement. 

Car, derrière le masque fermé et impassible de Roberto, il y a la noblesse et la douleur, comme le dit Mari, la jeune femme amoureuse de lui (dont il est épris également) mais à qui il s’interdit de manifester autre chose qu’une profonde amitié ou camaraderie. 


Roberto va toutefois tout tenter pour aider le jeune Chinois,  même (et surtout) si on le sent hésitant sur la conduite à tenir, un peu comme s’il se demandait jusqu’où ne pas aller trop loin, par peur des conséquences, des responsabilités et de l’engrenage qui broierait sa solitude tranquille. Les démarches à l’ambassade de Chine nous valent, en deux temps, des scènes hilarantes aux répliques bien senties.
S’il regrette à des moments avoir fait un pas, parce que cela lui apporte des complications, l’inverse est vrai aussi. Roberto éjecte le Chinois qui vient de casser sa vitrine et les objets de la collection dédiée à sa mère, mais il retourne le chercher peu après et va, clin d’œil, être tiré d’un mauvais pas par le Chinois lui-même.  Car Roberto reste -finalement et définitivement- perméable, sensible et fidèle à une certaine humanité. 
Le trio Roberto / Jun / Mari va évoluer et faire sortir chacun de sa solitude, dont les causes sont différentes, on l’apprend ou le comprend au fil du film.
Chacun va être en mesure d’apprendre quelque chose des deux autres et aux deux autres.
La scène pivot où Roberto et Jun discutent avec un livreur de repas chinois comme traducteur est superbe. C’est à la fois une boucle qui se boucle par rapport au deux scènes initiales, et qui comporte son lot de révélations à propos du quincailler, et c’est aussi un mini-choc culturel où enfin les deux protagonistes vont communiquer sur l’essentiel en se questionnant l’un l’autre : Roberto considère que la vie est absurde et n’a pas de sens, alors que pour Jun tout a un sens.
Voilà, les choses vont s’arranger, cela finit bien, mais cela reste léger, il n’y pas de flonflons, pas de grandiloquence, bon sang que ça fait du bien !  
Nous avons passé un très bon moment avec ce film. J’y ai retrouvé en filigrane les qualités de la littérature argentine que j’aime tant. Un substrat présent (Cortazar, Borges, etc.) sans être prégnant.
J’apprécie toujours fort le mélange de légèreté et de gravité, avec des moments franchement absurdes ou surréalistes. 
C'est un film avec peu d’effets, même si tout est parfaitement soigné. L’histoire est déroulée de manière assez simple, il y a juste quelques insertions de séquence oniriques (où Roberto imagine les faits divers absurdes  en s’identifiant aux personnages) et un flash-back. Le procédé est utilisé finement, bien dosé, en évitant le « systématique ».
Un film jamais prétentieux, toujours prêt au clin d’œil, qui ne surligne jamais, impressionniste mais au propros clair, et qui s’appuie sur trois comédiens excellents.