lundi 30 avril 2012

Demain ? Mai !

Las de t'attendre dans la rue
J'ai lancé deux petits pavés
Sur tes carreaux que j'ai crevés
Mais tu ne m'es pas apparue
Tu te moques de tout je crois 
Tu te moques de tout je crois 
Demain je t'en lancerai trois

Par devant ta porte cochère
Pour faire tomber tes amis
Trois et quatre pavés j'ai mis
J'exècre tes amis ma chère
Demain je recommencerai
Demain je recommencerai
Et tes amis je les tuerai

Si tu ne changes pas d'allure
J'écraserai tes yeux ton front
Entre deux pavés qui feront
A ton crâne quelques fêlures
Je t'aime t'aime bien pourtant 
Je t'aime t'aime bien pourtant 
Mais tu m'en as fait tant et tant

Les gendarmes en cavalcade
Me poursuivront après ce coup
Pour m'attacher la corde au cou
Je me bâtis ma barricade
Et sur les pavés je mettrai 
Et sur les pavés je mettrai 
Mon coeur durci par le regret

Autant de pavés par le monde
De grands et de petits pavés
Que de chagrin-ins encavés
Dans ma pauvre âme vagabonde
Je meurs je meurs de tout cela 
Je meurs je meurs de tout cela 
Et ma chanson s'arrête là.

(ou ici).

jeudi 26 avril 2012

Image de campagne...

Trouvaille, ce jeudi 26 avril, à quelques dizaines de mètres de mon bureau.
Soyons clair, c'est pas très civique de taguer, hein !


Printemps

Au printemps de quoi rêvais-tu?
Vieux monde clos comme une orange
Faites que quelque chose change
Et l’on croisait des inconnus
Riant aux anges
Au printemps de quoi rêvais-tu?

Au printemps de quoi riais-tu?
Jeune homme bleu de l’innocence
Tout a couleur de l’espérance
Que l’on se batte dans la rue
Ou qu’on y danse
Au printemps de quoi riais-tu?

Au printemps de quoi rêvais-tu?
Poing levé des vieilles batailles
Et qui sait pour quelles semailles
Quand la grève épousant la rue
Bat la muraille
Au printemps de quoi rêvais-tu?

Au printemps de quoi doutais-tu?
Mon amour que rien ne rassure
Il est victoire qui ne dure
Que le temps d’un Ave, pas plus
Ou d’un parjure
Au printemps de quoi doutais-tu?

Au printemps de quoi rêves-tu?
D’une autre fin à la romance
Au bout du temps qui se balance
Un chant à peine interrompu
D’autres s’élancent
Au printemps de quoi rêves-tu?

D’un printemps ininterrompu

(Jean Ferrat) 
note :
une autre chanson qu'on peut raccrocher à ma France, bien sûr, et par ricochet au blog de Philippe Torreton où il y a une belle lettre à Jean.

mercredi 25 avril 2012

From the inside

Quelques brèves ...
Depuis les résultats de dimanche, pas mal de choses montrent que nous nous remettons peu à peu, après la déception du résultat.
Retour aux lectures du blog du candidat du Front de Gauche, avec toujours ce plaisir vif de lire ces textes clairs et pédagogiques. Evidemment FH aura notre voix sans barguigner dimanche 6 qui vient, sans être dupe non plus et sans renoncer aux valeurs sur lesquelles nous nous sommes placés dimanche 22 avril. Et la certitude mûrit d'adhérer.
Je bricole toujours, isolation de véranda au plafond quasiment terminée. Les murs ce sera avec les jours fériés du mois de mai !
Je continue sans trembler ni faiblir les 366 réels et j'apprécie les messages croisés qui s'échangent dans ce petit groupe de participants, où l'on découvre de l'humour, des clins d'oeil, des points communs aussi...

Mes lectures sont tracées également, pour mon anniversaire j'ai reçu de quoi faire avec que des surprises : le 1Q84 (3 tomes) de Haruki Murakami, dans lequel je vais me lancer, et une BD de Davideau sur les Mauges, et enfin Le Dictionnaire des Idées Reçues de Flaubert, un délice !
Heureux là, mes "femme et filles" me connaissent bien !
Musicalement très déçu par le nouvel album de Peter Hammill, une chronique viendra, mais ce sera très très réservé. Sinon je suis toujours en plein boom avec Pierrick Pedron (albums Omry et Cheerleaders), le groupe de jazz Radiation 10 avec un album aux superbes compositions longues et changeantes, et d'autres comme Q, ambiance très électrifiée. Et puis Ferré "La frime", acheté en cd, enfin, dans un très beau livret et pour le plaisir de réécouter "Allende" !
Des dates en juin se sont calées, tiens, avec un week-end à Lorient début juin, et à Granville fin juin !


mardi 24 avril 2012

Explicite, encore

Fermeture des écoutilles radio télé question campagne électorale.
Je me rendrai au bureau de vote le dimanche 6 mai juste pour "sortir les ordures".

dimanche 22 avril 2012

Explicite


Chez nous, ça va être du 100 % camarade Jean-Luc !

samedi 21 avril 2012

Ah, que ça fait du bien !

Je ne résiste pas au plaisir de partager cet article.
Le lien est ici, vous aurez les commentaires, mais voici le texte en lecture directement :

Le sanglot du vieux con

Dans l'Angleterre un brin décadente du XVIIIème siècle, il était du dernier chic, pour un aristocrate, d'héberger un ermite au fond de son parc pour racheter ses péchés (1). Dans le PAF de la Sarkozye finissante, et chez Taddéi en particulier, il est devenu tendance d'exhiber son ou ses réacs, pour racheter le péché supposé de boboïtude.
Zemmour a ouvert la voie du PAF à ceux qui, en boucle, disent et redisent qu'ils ne peuvent plus rien dire. Mais attention ! N'est pas estampillé « réac» vintage qui veut, malgré les efforts notoires d'impétrants tels que Robert Ménard, un peu parvenu de la « vieux con attitude », ou Éric Brunet, trop banalement néocon.
Alors on sort les sépulcres blanchis des oubliettes du placard, travestis en révélations du mois. Finkielkraut s'use et nous use un brin? Nemo reprend du service. Les glapissements d'Élisabeth Lévy ont eu raison des spectateurs les plus endurants? Natacha Polony prend la relève. Grillé, Millet (2)? On arrache Tillinac à la recherche des cèpes en Limousin. Il ne manque plus que Paul Guth pour La Nuit des Morts vivants !
Pluralisme, ou mode rétro ? Ne confondons pas les torchons et les serviettes. Le réac ne s'assume pas « néo », mais franchement conservateur. On ne va pas se cantonner à l'ultralibéralisme inculte des cousins d'outre Atlantique, ces ploucs (qu'on défendra pourtant becs et ongles il s'agit d'attaquer les Mahométans, c'est notre civilisation, tout de même, y compris s'ils votent Santorum et croient qu'Adam et Ève gambadaient avec les dinosaures).
Mais à l'inverse du conservateur yankee redneck et fier de l'être, qui au mot culture sort la winchester, le réac français en fait son panache et blason. Ses valeurs proclamées, d'ailleurs, ont le charme discret de l'histoire revue et corrigée par Lavisse. Même si trois gamins à capuche lui font piteusement baisser le nez dans le métro, il se rêve chevalier Bayard. Don Quichotte, il trouve ses moulins à vents outre-périph, aux pieds des tours, dans ces barbaries où une Élisabeth Lévy, Jeanne d'Arc des temps modernes, ne saurait s'aventurer en jupe. (Ce que nombre de gamines court-vêtues, ignorantes de leur héroïsme, font quotidiennement).
Humanités versus humanité
Chez ces gens là, monsieur, on conspue le droitdelhommisme, mais on n'a pas assez de majuscules pour célébrer les Humanités à défaut d'apprécier les humains. Humanités grecques et latines, blanches et chrétiennes : l'universalité de l'art et la culture n'arrache que ricanements méprisants. «Ce qui nous dépasse, feignons de l'ignorer», à l'instar de Luc Ferry résumant la musique africaine au tam-tam, ou de Philippe Val réduisant les collections du quai Branly à « l'étui pénien ».
Et puis, la culture, ce n'est pas pour tout le monde, même quand on verse une larme de crocodile estampillé « républicain » sur l'école et le français pour entonner« tout fout le camp ! » (3).  L'art et la littérature, ça se mérite – et le fait que cela se mérite un peu moins quand on nait entouré de bibliothèques et de tableaux qu'en leur absence n'est pour ces gens là que divagation bourdieusienne (leur grande haine, à son grand honneur).
L'ambigüe notion de méritocratie permet de conserver un délicieux entresoi : nous sommes dans un salon, ma bonne dame, pas question d'y laisser les romanichels entrer, comme dirait le bon Martin Bouygues, qui, lui, s'occupe des cerveaux du peuple.
Au demeurant, les faits sont têtus et accablants: quand il s'agit de se battre pour l'enseignement de La Princesse de Clèves, d'Aristote et de Sénèque dans le texte au lycée et à l'université, les pleureuses de Causeur.fr démissionnent, comme en témoigne leur remarquable absence dans cette pétition. On intitule le dernier opus du mur des lamentations de la réacosphère (4) Crime contre les Humanités, mais on fait l'impasse sur leurs défenseurs : Florence Dupont, Barbara Cassin, Alain Badiou, Bernard Stiegler. Des universitaires rouges qui ont le front de revendiquer La Princesse de Clèves pour tous, et d'estimer l'enseignement de l'arabe classique aussi important que celui du latin! Et voilà pourquoi vos Lévy et Polony sont muettes...
Le monopole des lettres, tendance Lagarde et Michard
Comme le réac entretient un rapport quelque peu distancé à la réalité, cette chose vulgaire (5),  sa grande affaire, ce sont les Lettres. Las de disputer à la gauche le monopole du cœur, il revendique celui de la littérature. Pas n'importe laquelle, il a ses hérauts. Moins Céline, trop gênant que d'aimables seconds couteaux tels Antoine Blondin. À défaut de contenu, d'invention, de regard sur le monde, il idolâtre le style, le coup de griffe, la rosserie bien française, le dandysme, fût-il en charentaises. Tiens, Oscar Wilde, au hasard ? Pas de chance, il eut des sympathies socialistes !
En matière de littérature, chaque camp politique a connu ses boursouflures, ses fausses gloires et ses vraies comètes. On se contetera de soupirer à les voir encenser un ex-phalangiste besogneux, exécuteur des basses œuvres de Gallimard, ou  prendre les gros sabots boueux de Tillinac pour le panthéisme de Giono. S'obstiner à préférer Richard Millet à Chamoiseau devrait nous esbaudir devant tant de constance dans la clairvoyance de vieille taupe: il y a cinquante ans, leur digne ancêtre plumitif Jean-Jacques Gautier conspuait Beckett dans Le Figaro... Quant au devenir de Renaud Camus, auteur de romans et commissaire d'expositions jadis estimables (6), réduit à défendre Rioufol après avoir compté les juifs à France-Culture, il ne mérite que commisération. 
L'excellent Hanif Kureishi m'a un jour avoué qu'à l'opposé de la poésie, la littérature était, foncièrement, une occupation bourgeoise. Ses romans le démentent, mais toute la prose de ces soi-disant défenseurs des Lettres et des Beaux-Arts l'illustrent. Avec une admirable constance, ils persistent et signent dans la haine de l'art vivant, de ce qui bouscule, du chaotique, du mal-léché. Ils idolâtrent Baudelaire pour sa haine de la démocratie, mais vis-à vis de beauté surgie du laid et du barbare qu'il a célébrée, ils ont le regard d'Homais.
Ils se rêvent hussards, ils ne sont que Bouvard. Avec ou sans Pécuchet.

vendredi 20 avril 2012

Sport ? Rideau !

« Le sport s’est détruit dans son propre spectacle. Et nous n’y croyons plus, car nous cherchons en vain l’épaisseur d’un enjeu." 
Cette citation est signée Pierre-Louis Basse, toujours lucide et honnête, bien placé, c'est un ancien journaliste sportif que je mettrais volontiers aux antipodes de -mettons- Patrick Chêne, le gland (parmi tant d'autres, hélas) qui a commenté avec émotion le cyclisme plus de 10 ans sans apercevoir un seul dopé...
Ce que dit Basse ne peut mieux résumer où j'en suis arrivé relativement au sport.
J'ai pratiqué étant jeune:  football, course à pied, vélo puis vtt, tennis de table. Avec beaucoup de plaisir.
Et les retransmissions télé bien sûr, tout cela s'amenuisant au fil du temps...

Ces temps-ci, le "dernier sport" que je suis c'est le rugby, mais inéluctablement avec un tel ennui dans 90 % des matches diffusés que je vais décrocher. Je n'ai plus envie. 
Il y a aussi que je n'arrive plus à faire cette part des choses, ce qu'on appelle un compromis, c'est-à-dire considérer de manière étanche (et un peu schizophrène disons-le), le spectacle en lui-même et ce sur quoi il se fonde et à quoi il sert. Le système, le fric, la pub, avec l'idée que les moyens, tous les moyens sont bons. 
Cela je n'en veux plus. 
Il y a aussi en corollaire à ce que je viens d'indiquer, cette idée de la performance qui est devenue un étalon, y compris à tout petit niveau, ce qui est particulièrement ridicule et qui nous pourrit la vie. Et ne parlons pas de ce culte de l'effort qui en réalité ne regarde que celui ou celle qui veut bien s'y adonner (c'est son choix après tout), sans que cela l'instaure pour autant en valeur universelle. 
Pour terminer, et je ne dirai rien de la bêtise himalayenne des commentateurs, il y a de plus cette exaltation imbécile de valeurs patriotiques ou nationalistes alors que ces sportifs ne représentent réellement qu'eux-mêmes et que pour certains ils sont domiciliés à l'étranger.  
Alors courez les gars et faites pas chier en essayant de nous faire croire que vous pensez. Car cette manière de faire et d'être me semble particulièrement néfaste justement à la noble idée de patrie qu'elle tend à dévoyer en s'en prévalant.

mercredi 18 avril 2012

Cumul

Même si on peut le constater aisément, on parle quand même moins souvent du cumul de mandats de nos "chers" (dans le sens onéreux, parce qu'ils coûtent cher à la liberté de la presse et à la pluralité) médiacrates ou même médiocrates, ces chantres de la pensée unique qui trustent les postes dans la presse écrite, et qui chroniquent à tout va sur toutes les chaînes de télé.
Comme quoi la grosse foutaise de la multiplication des chaînes porteuse de diversité éditoriale ne donne rien ... qu'une multiplication des relais de la même pensée.

Comme si d'autres journalistes (des vrais ?) ne pouvaient exercer en ces places-là ?
Etant partout, ils finissent par être nulle part du point de vue du métier. Ils bossent quand ?
Par contre, ils sont bien là pour surveiller que le robinet à eau tiède reste à bonne température : celle du système. Et ils sont appointés en conséquence.
Alors à quand de "vrais" journalistes, dédiés à leur tâche, informer et non pas manipuler l'opinion, avec un poste et un seul pour chacun, et à quand (puisqu'on y est) un départ à la retraite qui évite l'acharnement thérapeutique (Elkabbach, Duhamel, et consorts) ?

mardi 17 avril 2012

Chronique annoncée

Reçu ce matin.
Ecouté deux fois. Approfondissement d'abord puis chronique d'ici quelque temps...


lundi 16 avril 2012

Balayons

Derniers jours avant le dépôt d'un petit papier important dimanche prochain.
La couleur du mien, le nom écrit dessus sont déjà décidés depuis longtemps.
Fermement.
Et du coup, offrons un avenir...judiciaire...à qui vous savez.

vendredi 13 avril 2012

Journey through the past (6)

Je poursuis cette saga musicale époustouflante de suspense !
Je reviendrai aussi dans un billet (le 8 ?) sur mes favoris chanson française et un autre billet au moins encore abordera le jazz (9 et 10... ?).
So...
J'en étais resté aux grandes rencontres avec Peter Hammill et Van der Graaf  Generator.
Les années 80 et 90 m'ont permis d'ouvrir les vannes et les oreilles vers des pistes parallèles, creusées dans la veine de l'élargissement musical, l'extension de la palette.
Qu'en est-il advenu, resté ? 

Lui fut faussement accroché à la "new wave" anglaise à l'époque et je l'apprécie toujours beaucoup, je l'ai même vu en concert en trio il y a trois ans : Joe Jackson, excellent musicien, dont les mélodies pop rock toujours bien rythmées, énergiques et teintées de jazz sont inventives. Un peu perdu de vue à un moment, je l'ai retrouvé avec plaisir avec l'album Rain de 2008.
Toujours dans l'artisanat pop pointu et lorgnant -dans son évolution- vers les tempo jazz, le groupe américain Steely Dan m'a embarqué dans ses chansons millimétrées, pièces d'horlogerie, avec des textes ironiques et obliques du plus bel effet. Découverts après, c'est un groupe qui a démarré dans les années 70, ils ont connu leur "apogée" en 77 avec l'album Aja dans lequel joue un certain Wayne Shorter, pas moins !
Si l'on reste dans l'artisanat d'art de la pop, je ne peux que citer les anglais de XTC qui sont scandaleusement méconnus.  Eux aussi ont émergé avec la fameuse new wave, mais sans suite, le propos n'était pas là. Repartis sur des bases pop très beatlesiennes, ils ont souffert finalement de ne plus jouer live, leur leader Andy Partridge souffrant de "stage fright". Ils sont alors devenus un groupe de studio uniquement, hélas sous -exposé, empilant les albums où les pépites se ramassent à la pelle.
Je ne peux pas tout citer mais le morceau Chalkhills and children ...



... dans "Oranges et Lemons", ou bien les albums Nonsuch 1992, Apple venus vol.1 et vol. 2 qui sont les trois ultimes albums à ce jour sont absolument impressionnants de qualité.
Je peux conclure cette partie mélodique pop-rock avec le groupe Traffic (génération précédente, né en 1967 sur des bases très hippie power flower) et son talentueux chanteur multi-instrumentiste Steve Winwood. Une des différences avec eux est le format avec des morceaux qui peuvent aller jusqu'à et au-delà des 10 minutes. Winwood a une voix soul absolument fabuleuse et musicalement il emmènera son groupe surtout (moins net sur sa carrière solo) vers une synthèse féconde de pop rock folk blues jazz latino, ce qui peut paraître indigeste dit comme ça, mais musicalement à l'oreille ça tourne impeccablement. Sur scène, c'est ambiance jam session, la parenté avec la démarche jazz et blues est là.
D'autres découvertes avaient déjà été faites et furent approfondies avec Neil Young que j'ai tendance à préférer solo qu'avec les inévitables et inoxydables Crosby Stills and Nash. Je possède un nombre important d'albums de Neil Young, ceux des années 70 sont pratiquement incontournables (et je ne parle pas que de Harvest !!!) et j'ai une affection particulière pour Tonight's the night et Zuma. Je dois avoir un Crosby, un Nash et j'ai tout récemment (re)découvert Stephen Stills en solo avec ces premiers albums début des 70 qui sont excellents. Et ça m'amuse d'ailleurs de constater en écrivant ici que je les apprécie plutôt séparément !



(à suivre...)

mardi 10 avril 2012

... pas le temps ...

Je n’aurai pas le temps de lire
tous les poèmes du monde
Et j’ignorerai peut-être longtemps même
les vers du poète papou Tumuc-Humac
la voix du poète analphabète,
l’oral Siméon de Carinthie
Et la voix du poète aveugle d’Afghanistan
Oumaoul El Kabash
J’ignorerai sans doute jusqu’à ton nom,
poète du désert murmurant tout seul,
dans ta tente berbère,
quelque credo intérieur
en pensant à la femme que tu aimes.
Je ne connaîtrai sans doute jamais
la poétesse nègre d’Haïti
qui chante à son nouveau-né
la joie de l’enfanter.
Je ne connaîtrai pas Dulciane,
poétesse du fond d’Éthiopie,
mirant son visage de princesse Tutsi
dans le miroir de quelque lac
de haute montagne
Ni la prêtresse noire des hauteurs du Rwanda,
égrenant devant le feu la vieille saga
et la chanson que chantaient ceux
qui n’avaient jamais été à Bujumbura.
Ni la voix de cette femme enterrée vivante
au Burundi
Tant de voix perdues comme ta voix
enveloppée dans la fixité de la mort.

Julos Beaucarne
1980 album le Chanteur du Silence
Trouvé en 1980, jamais perdu. 
Peut-on oublier un texte exceptionnel ?

lundi 9 avril 2012

Xtc

Un récent échange m' a remis en tête ce morceau, tiré de l'album APPLE VENUS 1 de XTC, immense groupe méconnu, sous-estimé, et cetera et cetera, hélas....

Harvest Festival



Et dire que tout l'album est de la même eau...

samedi 7 avril 2012

Currently playing

Voici les 4 albums qui vont tourner ces jours-ci intensivement dans la chaîne.
Formes, projets, instrumentations et musiques divers...

 piano et fender rhodes solo

 saxophone alto /piano et fender rhodes /guitare /guitare basse / batteries/ choeurs

 batterie / trompette / contrebasse

piano / contrebasse / batterie

jeudi 5 avril 2012

Majorettes...

Tel est le titre ( Cheerleaders) du dernier projet sur disque de Pierrick Pédron, saxophoniste altiste.
J'ai pris hier mercredi un très grand plaisir à le voir jouer avec son groupe les morceaux de ce projet sur scène.
Plaisir communicatif, partagé, deux rappels et une musique chaleureuse et inventive, très en place, ancrée stylistiquement dans les années 70 et  tournant autour du concept de fanfare. J'adore les fanfares, ne me demandez pas pourquoi. Enthousiasme dans la salle. Je cite les musiciens :
Pierrick Pedron : saxophone alto
Laurent Coq : piano, fender rhodes
Chris De Pauw : guitare
Vincent Artaud : basse
Fabrice Moreau : batterie

Un extrait ?
Une session studio d'un des morceaux joués hier. Hop, c'est parti ! 



mercredi 4 avril 2012

366 réels - le point

Un mois après le premier pointage,
il est temps de voir sans ambages 
où nous en sommes
de cet exercice  imposé
que certains pourraient
nommer pensum.
Aujourd'hui j'ai publié
mon cinquante-deuxième billet.
Pour le moment aucun trou, pas d'interruption.
Je tiens le choc de la production.
Je publie majoritairement en début de soirée,
en ayant lu l'intitulé en début de journée.  
Dans la tranche 17h30-19h30 à peu près
sauf fulgurance absolument irrépressible 
je tape sur le clavier
sur le vif, je fais mon possible.


Une tendance se dessine sur le mois écoulé :
une prise de liberté avec la consigne,
détournée ou contournée,
et puis le comptage des mots,
c'est pas toujours rigolo.
Mais aussi le signe
que je fais plus court depuis quelque temps.
Un phénomène agréable se répand  :
les visites réciproques que nous nous rendons
les uns les autres, les allumés du 366
qui peu à peu sont légion,
et les commentaires qui fleurissent.
On se sent moins seul,  il y a de belles idées
De l'inventivité, je vais donc persister !

mardi 3 avril 2012

Lorsque viendra le printemps (Quando vier a Primavera)

Lorsque viendra le printemps,
si je suis déjà mort,
les fleurs fleuriront de la même manière
et les arbres ne seront pas moins verts
qu’au printemps passé.
La réalité n’a pas besoin de moi.
J’éprouve une joie énorme
à la pensée que ma mort n’a aucune importance.
Si je savais que demain je dois mourir
et que le printemps est pour après-demain,
je serais content de ce qu’il soit pour après-demain.
Si c’est là son temps, quand viendrait-il sinon
en son temps ?
J’aime que tout soit réel et que tout soit précis ;
et je l’aime parce qu’il en serait ainsi, même
si je ne l’aimais pas.
C’est pourquoi, si je meurs sur-le-champ, je meurs content,
parce que tout est réel et tout est précis.
On peut, si l’on veut, prier en latin sur mon cercueil.
On peut, si l’on veut, danser et chanter tout autour.
Je n’ai pas de préférences pour un temps où je ne pourrai plus avoir de préférences.
Ce qui sera, quand cela sera, c’est cela qui sera ce qui est.

1915 -Fernando Pessoa.












note : le printemps est là, je pense aussi à Tabucchi et Pessoa.

dimanche 1 avril 2012

La liseuse

Paul Fournel vient de publier chez P.O.L. "la Liseuse"  un court roman d'un peu plus de 200 pages que j'ai lu suite aux recommandations toujours intéressantes de Dasola (voir le lien ci-contre).

Membre de l'Oulipo, son site est , Paul Fournel fait partie des auteurs que je lis régulièrement, j'ai auparavant apprécié Les Petites Filles respirent le même air que nous, Les Aventures très douces de Timothée le rêveur ( littérature jeunesse, travaillé en classe avec mes élèves à l'époque !), Un rocker de tropLes Athlètes dans leur tête (qu'André Dussolier avait adapté sur scène), Besoin de vélo, À la ville à la campagne, Méli-Vélo, Courbatures. 
L'oulipiste (et pataphysicien) s'amuse et tend des pièges, il n'hésite pas à publier sous pseudonyme.
 
Pour revenir à "La liseuse" l'histoire se passe dans l'édition, avec les mutations ou révolutions du numérique, leur impact sur les maisons d'éditions, avec la fameuse liseuse que le narrateur reçoit un jour en cadeau. J'aime bien le traitement entre découverte et perplexité, il y a une forme d'acceptation de l'objet, une curiosité, une exploration de ce qu'il apporte et de ses potentialités, et comparaison "en filigrane" avec le livre papier, mais il n'y pas de rejet, de nostalgie un peu réac du genre "c'était mieux avant, tout fout le camp"... Non, c'est plutôt, comment lui trouver une place, lui donner un rôle -en complément- qui soit celui d'un atout dans la manche. Tout ceci est bien sûr est le fond, c'est présent dans une histoire qui nous donne à voir des personnages souvent amusants et pétillants, qu'on rencontre au fil des journées.
Et puis j'adore l'écriture stylisée de Fournel, posée, modeste avec la simplicité de l'artisan.
Sa fluidité, sa limpidité, les quelques trouvailles humoristiques dont il parsème les textes, procurent un très grand plaisir de lecture. Un équilibre parfait invisible.
Il y a dans le roman une contrainte de structure (la sextine, forme poétique du XIIe siècle inventée par un troubadour) dont on peut absolument se passer.
Nul besoin de la connaître pour "lire mieux" le roman. C'est aussi ce que j'apprécie avec l'Oulipo, la contrainte révélée ou non, avant ou après lecture, est plus ou moins visible, certes mais elle reste quelque chose de gratuit, librement imposé-accepté par l'auteur dans sa tâche d'écriture. On prend on laisse... mais ça marche !