dimanche 30 décembre 2012

Incandescent

Dans le courant des années 90, Robert Fripp 
(King Crimson) entame une collaboration 
avec David Sylvian (ex-Japan). 


En sortira l'album studio The First Day, réussi même si un peu "froid" 
à mon goût, mais  qui sortira magnifié de l'expérience en live, 
où la matière prendra toute sa dimension.
L'album DAMAGE paru en 1994 en sera la preuve et, depuis, 
en constitue le témoignage indispensable,
faisant penser irrésistiblement à ce que King Crimson
- réapparu en 95 avec Thrak - aurait pu être 
si Sylvian avait accepté l'invitation de Fripp...

vendredi 28 décembre 2012

Dépouillée




On se demande bien pourquoi ce morceau a été autant repris...
Je vous propose une version solo acoustique par celui qui l'a écrit.
C'est quelquefois, comment dire, plus sûr !

"Dimming Of The Day"

This old house is falling down around my ears
I am drowning in a river of my tears
When all my will is gone you hold me sway
And I need you at the dimming of the day

You pull me like the moon pulls on the tide
You know just where I keep my better side

What days have come to keep us far apart
A broken promise or a broken heart
Now all the bonnie birds have wheeled away
And I need you at the dimming of the day

Come the night you're only what I want
Come the night you could be my confidant

I see you on the street in company
Why don't you come and ease your mind with me
I am living for the night we steal away
And I need you at the dimming of the day
Yes I need you at the dimming of the day


edit du 29/12/ autre version par ses auteurs et interprètes originaux


mercredi 26 décembre 2012

Intensité


German Overalls 1973 (Peter Hammill)
le titre qui ouvre le somptueux
Chameleon in the Shadow of the Night
est un morceau sombre qui décrit les aspects 
les plus durs et désespérants
d'un groupe (le sien, VdGG) qui vit (?) ou survit (?)
en tournée. On sent que c'est du vécu :
Van der Graaf Generator (première période) n'y a pas résisté.
(Lyrics ici )

lundi 24 décembre 2012

Fluide

 

Printemps 2011, j'ai eu la chance d'assister à un concert de ce trio  :
Jean-Philippe Viret contrebasse / Edouard Ferlet piano / Fabrice Moreau batterie
lors de la sortie de leur projet " Pour" (très bel album), 
suite du déjà très bon "Le temps qu'il faut"...
Ce fut un très beau moment musical, avec des musiciens 
de cœur, dédiés à leur musique en artisans méticuleux. 
Après, et c'était bien aussi, un moment d'échange, 
avec des musiciens accessibles, à qui il était important 
de manifester combien le plaisir  avait été grand. 
Et partagé.

dimanche 23 décembre 2012

Caste

Une question que je me pose. 
Comment se fait-il "tout à coup" que des gens dont on n'entend jamais la moindre prise de position, à tel point que c'est évidemment avec le plus grand soin qu'ils avancent masqués, sortent du bois ?
Allez.
15 secondes.
 Rien sur rien, jamais, et là, c'est bon, on est sur les histoires de gros sous et soudain, générosité bruissante qu'on ne peut étouffer, irrépressible, c'est le cœur qui parle.
Ne soyons pas naïfs pour autant, la manière de faire leur métier est un indice, leur participation effective au système aussi. Ces fameux "rebelles" preneurs de risques sous perfusion subventionnés magnifiquement intégrés.
C'est étonnant mais il se trouve que les trois gros soutiens à Obélix (c'est un pseudo !) , soutiens qui ont été massivement matraqués par les médias, sont trois  personnalités du spectacle dont le travail ne m'intéresse absolument pas. Coïncidence, vous croyez ?
"L'humoriste" ne m'a jamais fait rire.
La super "grande actrice légendaire" du cinéma français, je n'ai jamais compris pourquoi et comment elle jouait bien.
Enfin le comédien qui répand sa diarrhée verbale égocentrique et narcissique, le mec qui en met partout,  m'a toujours horripilé. Son nom à l'affiche d'un film me bloque instantanément.
Et les arguments sont affûtés.
Si tu as une belle et bonne filmographie, tu peux parler. Intéressant non ? Donc les critiques vos gueules, le public, vos gueules aussi, restons logique. Cela ne suinterait pas un peu le mépris ?
Autre argument, la fameuse cour des grands. Evidemment celui qui s'y réfère parle de là, il y est lui, dans cette cour. Celle des cire-pompes peut-être ? Et comment on fait pour rentrer ? Le nombre de zéro du compte en banque sûrement ?
Quand à l'homme en souffrance, thématique du troisième argumentaire, c'est tellement pathétique que je me contenterai seulement un petit conseil,  très modestement hein, vu que je n'ai pas de filmographie et que je ne joue pas dans la cour des grands : je lui conseillerais, Obélix en souffrance, plutôt  la discrétion, la dignité. 

Quant à Capitaine Conan ( autre pseudo), je suis allé lire sa tribune.
Je me fous qu'il puisse passer pour aigri ou jaloux, on détourne le fond, le "quoi" au profit (sic !) du pourquoi, et ...on ne répond pas !
Il balance sec, on n'a pas l'habitude dans ce beau pays, dans cette profession où officiellement tout le monde aime tout le monde ( la grande "famille" du cinéma français, famille pour ne pas dire mafia ?), et du côté où il se place, parce qu'en face les conneries et les saillies réactionnaires ont pignon sur rue.
Alors c'est gonflé, il l'a fait, c'est peut-être un coup de sang, mais cela méritait d'être dit.
Et on va de plus, sur ce terrain, attendre de pied ferme sa montée au créneau pour les difficultés de ceux qui restent, les petites mains, les anonymes, ceux de l'intermittence quand inévitablement "on" va essayer de leur régler leur compte s'occuper d'eux.

samedi 22 décembre 2012

Après

Je me demandais l'autre jour, il y a fort peu, tiens ... la fin du monde, juste après on fait quoi ?
Je vous écris donc, d'ici (du jour d'après) puisque je n'étais pas là hier, le jour J.
Heureusement j'avais des affaires de rechange.

Bien...
Si quelqu'un peut m'éclairer.

Que s'est-il passé ?
Mais, au fait, y a-t-il quelqu'un ?
Et quand est-ce qu'on mange ?

lundi 17 décembre 2012

Gam(m)es


Une fois n'est pas coutume, je reprends la balle au bond telle qu'elle a été lancée ici et, à mon tour, j'attrape dans ma pile la poignée d'albums qui a accompagné et éclairé de façon régulière et marquante l'année musicale 2012. Une précision, les albums ne sont pas forcément « labellisés » 2012, et il n’y a aucun ordre de préférence. Enfin vous saurez certainement ce que j’écoute le plus -stylistiquement parlant- après lecture et peut-être écoute.

C'est parti ?  

    
                
          
Un trio qui m’a transporté en concert cette année, le disque étant à l’avenant. Le leader Vijay Iyer est un partageux, ça s’entend et ça se voit : ça tourne et il décale un peu la mécanique qui peut être très stéréotypée du trio jazz classique en s’appuyant sur une polyrythmie luxuriante. Pour ne rien gâcher, le batteur Marcus Gilmore est phénoménal.  Extrait : mmmhmm



Vu aussi en spectacle, le bluesman norvégien -personnalité attachante à la technique d’une fluidité étonnante- est une grande découverte pour 2012. Tour à tour héroïque ( la reprise de Ace of Spades de Motorhead peut en témoigner) ou intimiste, là  où des fragilités diablement intéressantes se font jour,  il promène son blues avec énergie et humanité. Blues for one sur l’album Blackwood (2011) instille sa fatigue avec émotion.
En extrait : Some day.



Enregistré en public au Sunside, un album phénoménal avec Sophia Domancich (p), William Parker (cb) et Hamid Drake (b) qui approchent l’osmose musicale.
Deux excellents morceaux d’abord (Washed away et The Seagulls of Kristiansund) d’une dizaine et quinzaine de minutes avant un final étonnant, où tout bascule, les montagnes sont renversées par un époustouflant « Lonely Woman » d’Ornette Coleman de 36 minutes !
Une idée ici.



Marc Ducret, compositeur, est engagé depuis plus de deux ans dans un projet « Tower » initialement prévu en 3 volumes qui sont devenus 4 avec – en plus - la parution du 4 avant le 3 (typique de Ducret et de sa défiance absolue des médias et du système).
Inspiré de deux pages de Nabokov (dans Ada ou l’ardeur), l’ensemble est décliné en différentes formations (quartet/quintet, on y retrouve entre autres Tim Berne et Tom Rainey les fantasques et fantastiques acolytes de la période Big Satan), et Ducret est évidemment le trait d’union avec son jeu de guitare étincelant, inimitable et tranchant. 
Vu en concert, une claque monumentale, malgré la « lourdeur » de la formation (12 sur scène), c’est une musique exigeante. 
Avec "Tower  volume 4", Ducret brasse tout ça en solo acoustique et c’est magique. Quelques références à Joni Mitchell (Electricity) ne pouvaient pas me déplaire. L’excellente surprise de fin d’année avec un album qui n’était somme toute pas prévu. Volume 3 à « suivre » courant 2013 !



Le lien ici se fait par  Richard Thompson dont je suis de près la carrière solo depuis de longues années, grand guitariste également.
Un folk rock électrique, une curiosité. Etranges réminiscences dans les sonorités de Love forever changes… le son d’une époque… ? Belle voix de Sandy Denny qui traverse les âges (quarante ans !).
Extrait ici.



Il y a les batteurs de jazz et il y a Daniel Humair. Qui pourrait, d’autres le font à moins, jouer les légendes vivantes. Non, il préfère jouer tout court. Et il sait s’entourer.
Avec Emile Parisien un surdoué du sax au phrasé caractéristique, Vincent Peirani en train de « réinventer » l’accordéon en allant piocher partout au gré des humeurs, et Jérôme Regard efficace de présence discrète à la contrebasse, Daniel Humair nous offre un très grand disque aux ambiances changeantes où il peut tout se permettre et, si rien n’y est évident car c’est indiscutablement la règle posée par le quartet, il se le permet !
Du coup, tout coule de source…
Extrait en public ici.



 
Après Omry, Pierrick Pedron nous offre un disque de majorettes, de fanfares comme il le dit lui-même. Paru en 2011, vu en concert en 2012, ce projet fleure bon le concept, avec une formation solide (Laurent Coq aux claviers par ex) sans toutefois s’enfermer, car ça respire.  Un album tonique qui déroule avec fluidité, quand le jazz rencontre l’électronique, la pop, les musiques populaires. Plein de vitalité.
Extrait ici.



Avec Mick Karn basse (ex-Japan), Terry Bozzio batterie (Zappa) et David Torn (heu... David Torn !). Un album de 1994. La rencontre est fructueuse, il y a des ambiances à la Sylvian & Fripp (époque First day /  Damage) juste avant le retour du « Roi Fripp » avec Thrak.
En extrait, Open letter to the heart of diaphora  avec option Palms For Lester qui peu à peu “découpe” bien. Un disque intérieurement bouillonnant, terriblement dense et compact.



Louis Sclavis, toujours en chemin, jamais dompté, avance et nous entraîne en explorateur, ici avec les claviers de Benjamin Moussay et les guitares de Gilles Coronado dans des compositions superbement mystérieuses parfois, envoûtantes toujours, rêveuses à jamais. 
Evocatrices et suggestives, y compris par les titres (Quai sud, A Road To Karaganda), elles se déploient par un jeu subtil d’échos entre les trois compères, la clarinette faisant irrésistiblement le lien.
Sclavis, une fois de plus, nous montre que l’art de l’artiste est aussi de se renouveler sans se renier.




Stills, en solo, quasi unplugged.
Dépouillé, sans les harmonies vocales de qui vous savez , les orchestrations parfois superfétatoires.
Il nous déploie son folk rock teinté de blues dans des compositions prenantes.
Fraîcheur. Un côté brut et précieux.
Extrait : Helplessly hoping

jeudi 13 décembre 2012

Plein


En concert, mercredi (hier soir) ça a pétillé, bouillonné. 
Capable dans le même morceau de faire évoluer 
une approche bruitiste vers une partie très écrite 
d'où surgiront des chorus dévastateurs et organiques 
- avec un passage quasi abstrait, pourquoi s'en priver ? - 
qui rebondiront en folles échappées improvisées, 
le tout avec des clins d'oeils humoristiques redoutables 
(ex: les titres Dieu m'a brossé les dents, Sopalynx, etc.)... 
Ces mecs jouent (ô combien) sans se la jouer !
Bref, Emile Parisien Quartet...Une super soirée. 
Ils sont excellents : qu'on se le dise !

mardi 11 décembre 2012

Pluie


On bascule côté jazz 
avec une entrée en matière ...coltranienne.

samedi 8 décembre 2012

Communicatif



Je n'ai qu'un album de Terry Callier,  
Time Peace, ce morceau y figure.
L'ambiance généreuse dégage un beau parfum d'humanité.

C'est l'occasion tardive ici d'un salut. 
Terry Callier est mort fin octobre.

dimanche 2 décembre 2012

Fiévreuse

Après une saison dernière qui nous a rarement amenés dans les salles osbcures, la reprise se confirme avec d'une part quelques affiches attendues dans "notre" salle de prédilection (Tabou, Au-delà des collines, La Chasse, Après mai,...) et d'autre part, après Amour il y a une quinzaine, un film vu en début de soirée ce samedi.
Sans connaître et sans rien avoir lu que le petit texte de présentation, nous avons choisi Violeta, un film chilien d'Andres Wood, retraçant la vie de Violeta Parra.
Une vie courte que nous ne connaissions pas. Nous avons rencontré un personnage fort, une femme engagée, à la fois chanteuse, peintre, poète dans les années 50 et 60. Son oeuvre a rendu son nom incontournable dans la culture chilienne. Sa fin fut tragique. 
Le film n'est pas pour autant une pleine réussite.
Même s'il n'est pas facile de réussir un "biopic", un genre particulier semé d'embûches. Ici, le réalisateur a voulu éviter la linéarité quitte à passer par un symbolisme un peu pesant. La narration suit cependant globalement la chronologie, des retours en arrière viennent éclairer le présent un peu lourdement (le père alcoolique), parfois c'est plus réussi avec les gros plans du visage de petite fille, une petite fille au caractère trempé.
L'évocation de cette personnalité hors norme, son apport à la musique folklorique chilienne qu'elle a remise au premier plan (elle en cherche les racines, la tradition, et la modernisera) est bien brossée avec sa démarche artistique sans concession. La terre chilienne en sort magnifiée. 
Beaucoup de chansons éclairent le film, rompant parfois l'équilibre entre les différents pôles de l'histoire.
Mais l'interprète principale (Francisca Gavilan) est l'atout majeur du film, sa présence physique, terrestre emporte tout sur son passage. Grâce à elle, revêche, énergique et fiévreuse, on ne s'ennuie pas une seconde.