mercredi 30 janvier 2013

Fragile


Le grand Nick Drake.
Un morceau peut être moins "connu" - prudence, car notion relative -
tiré de Time of No Reply 
un album composé d'inédits.
Je ne m'en lasse pas...

mardi 29 janvier 2013

Doucement

Deux albums restaient encore dans ma besace à propos de Michel Jonasz. Poursuivant ma démarche, il est temps d'en dire quelques mots après plusieurs écoutes attentives.

Je commence par le plus récent qui n'est pas mal à mon goût mais reste inégal.  
Les hommes sont toujours des enfants (2011)

Il y a certes des choses très intéressantes dans cet album, comme "Avant", "Paris by" "Mésange" en particulier. Ou bien "Hé Black" " les souvenirs".
Il y a aussi un souffle d'air frais dans l'instrumentation avec des cordes et de la guitare (plus que dans les autres disques). La chanson Jesse Owens (Berlin Jeux Olympiques Nazis de 1936) est un collage étrange, avec des applaudissements en début et fin, il y a certes une recherche mais - pour moi- ça ne prend pas, c'est un peu lourdingue à vrai dire. Et l'ensemble de l'album décolle peu, on retombe trop dans les schémas beaucoup trop connus. Un peu trop évident finalement, explicite, je ne sais comment le dire mieux. Manque de mystère ?

Je peux passer à celui qui recueille mon adhésion quasiment sans retenue, à un ou deux détails près. Un album qui à mon sens se détache très nettement dans toute la série que je viens d'écouter.
Où vont les rêves (2002)

"Terre" et "Où vont les rêves" sont les deux premiers morceaux qui propulsent l'album sur les hauteurs, musiques et textes ambiances poétiques en avant. Une manière de bien orienter l'auditeur, la première impression, ça compte !
"Vieux style" recycle un peu la nostalgie des années 60 qu'on trouvait dans la chanson "la nouvelle vie" mais ça passe bien. "Le Lafontaine" (une brasserie) est comme une petite photo du quotidien en ce lieu, avec un rêveur velléitaire qui transforme le périphérique en fleuve Amazone, tout cela mené par petites touches suggestives bien senties et tendres. "Le grand-père"  raconte une vie, un amour de soixante années ... et même plus (très beau texte). On arrive à un autre grand moment avec "Doucement" un petit bijou intimiste parfait pour moi (tout est y fluide, à la fois léger et profond, une réussite totale !), juste avant "Mélancolie" qui se tient bien aussi notamment avec un texte rempli d'auto-dérision.
"Modern hôtel" passe bien, c'est du Jonasz classique, le souvenir d'une brève rencontre une nuit à l'hôtel. Texte un peu passe-partout par contre. Souvenirs toujours avec "Le rhythm and blues" qui ramène à la surface le tout début des années 60 avec l'orchestre de jeunes, ses galères, ses filles... Sympa sur un bon rythme. "Je pense à elle tous les jours" est un blues où la voix rechute un peu et on frise la caricature vaine. Heureusement "Juste une bouffée d'air pur" conclut magnifiquement l'album au piano, sur un texte dont l'ambiance évocatrice fait frissonner, c'est superbement chanté, bouleversant. Oui, le silence qui suit ce morceau est d'une qualité exceptionnelle.
Sur l'ensemble, c'est un bel album, du piano, une basse superbe et ronde de bout en bout, des percussions excellentes et incisives, intervenant avec pertinence, c'est en résumé de vrais instruments, ça s'entend et c'est superbe.

Bonus de fin :  en extrait, la chanson qui a donné son titre à ce billet.







dimanche 27 janvier 2013

Trintignant

ÉTRANGES ÉTRANGERS 


Je place sur le titre un lien vers l'album Vian Desnos Prévert : si la plage 17 correspond au texte ci-dessous on peut toutefois  écouter l'ensemble, non ;)


Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel
hommes de pays loin
cobayes des colonies
doux petits musiciens
soleils adolescents de la porte d'Italie
Boumians de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d'Aubervilliers
Brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris
Ebouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied
Au beau milieu des rues
Tunisiens de Grenelle
embauchés débauchés
Manœuvres désœuvrés
Polaks du Marais du Temple des Rosiers
Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone
pêcheurs des Baléares ou du cap Finistère

Rescapés de Franco
et déportés de France et de Navarre
pour avoir défendu en souvenir de la vôtre
la liberté des autres
Esclaves noirs de Fréjus
tiraillés et parqués
au bord d'une petite mer
où peu vous vous baignez
Esclaves noirs de Fréjus
qui évoquez chaque soir
dans les locaux disciplinaires
avec une vieille boite à cigares
et quelques bouts de fil de fer
tous les échos de vos villages
tous les oiseaux de vos forêts
et ne venez dans la capitale
que pour fêter au pas cadencé
la prise de la Bastille le quatorze juillet

Enfants du Sénégal
dépatriés expatriés et naturalisés
Enfants indochinois
jongleurs aux innocents couteaux
qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés
de jolis dragons d'or faits de papier plié
Enfants trop tôt grandis et si vite en allés
qui dormez aujourd'hui de retour au pays
le visage dans la terre
et des bombes incendiaires labourant vos rizières
On vous a renvoyé
la monnaie de vos papiers dorés
on vous a retourné
vos petits couteaux dans le dos
Étranges étrangers
Vous êtes de la ville
vous êtes de sa vie
même si mal en vivez
même si vous en mourez .

samedi 26 janvier 2013

Incertain


Wondering est le morceau magnifié par l'orgue de Hugh Banton
qui clôt l'album "WORLD RECORD" paru en 1976,
en mettant un terme à l'activité débordante du groupe
dans cette forme-là (Hammill Evans Banton Jackson)
avec trois albums en dix-huit mois et des tournées incessantes et épuisantes. 
Un rythme insoutenable qui verra la mutation
vers Van der Graaf tout court en 77 ,
sans Banton ni Jackson qui jettent l'éponge.
Ce titre éloquent conclut donc cette séquence prodigieuse
ironiquement, se demandant tout haut si tout cela fut réel.
Peut-être un des moments plus "progressifs" du groupe.
Et élégiaque.

mardi 22 janvier 2013

Test

Je m'étais proposé il y a quelques jours de revenir (pour des albums connus) ou venir (pour des albums ignorés à leur sortie) à Michel Jonasz. 
Un passage à la médiathèque et quelques écoutes plus tard, voici ce que j'en ai tiré.
La nouvelle vie (1981)
Celui-ci s'est réécouté avec le plaisir des retrouvailles. Il date d'avant 83 avant le lâche lâchage que j'ai mentionné il y a peu. Il y a une fraîcheur et un équilibre dans les ambiances, c'est ouvert, ça respire, les choix musicaux font que cet album tient debout trente après. Pas de faiblesse repérée. 
Si j'osais... Son meilleur album ?


Unis vers l'unis (1985)
Où est la source(1992)
Deux albums que je ne vais pas dissocier car connus, les réécoutes n'ont pas infléchi mes impressions. Il y a là des grands succès de Jonasz (mais pas mes préférés) il y a une inflexion où la musique se fait aux synthétiseurs et à l'américaine, ça manque assez de "spontanéité", ça vibre peu même si c'est très bien fait. La soul laisse trop souvent le funk un peu graisseux prendre le pas. La manière de chanter évolue aussi, et pas dans un sens qui m'accroche.
Quand aux chansons qui donnent leur titre aux deux albums, le côté cosmique me semble indiscutable. Et c'est pas ma tasse de thé.

 
Pôle Ouest (2000)
Un album moyen en fin de compte, car c'est surtout l'esthétique musicale qui finit par le plomber à mes oreilles. On retrouve les morceaux  lents/rapides, dans le "style" ou "la formule" Jonasz, avec le swing le scat mais, malheureusement leur structure est souvent identique (ouverture percussion, ligne de basse, synthés et c'est parti)... ça lasse rapidement, impression de claustrophobie.

Michel Jonasz  (2005)
Surprise, l'album m'embarque plutôt bien sur sa première moitié (frais musicalement, des guitares qui apportent un renouvellement, des textes qui s'écoutent) et puis, que se passe-t-il, ça part en vrille, ça devient insupportable avec des pastiches caricaturaux (Barcelone, tango, j'ai swingué, ...) .
Bref, complètement dérouté par cette soudaine "auto-parodie". 

Les hommes sont toujours des enfants (2011)
Dernier album en date. 
J'y reviens bientôt.
J'attends maintenant de pouvoir écouter intégralement  "Où vont les rêves ?" et celui-là dont je connais deux titres seulement - pourrait bien me faire ... rêver ! 
Je pourrais lui dire que je l'attends...
On en reparle !



dimanche 20 janvier 2013

Flocon

La neige, là aussi.
Ce magnifique premier morceau de l'album 50 Words for snow.
Kate Bush.
C'est très beau.


vendredi 18 janvier 2013

Oh

...regarde, la neige

.
 qui est tombée ...



Regard d'enfant rechaussé !

jeudi 17 janvier 2013

Vérification

C'est parti.



Suite à un message ici, j'entame une révision (les trois albums du haut) et une découverte-approfondissement (les trois du bas) sur Michel Jonasz. Et je raconte après.

Quant à la question "mystique", le terme est peut-être un peu fort en effet, mais on trouve des indices sur les notes de pochette (les remerciements, les anges) et les choses me semblent assez claires ici .


mercredi 16 janvier 2013

Eclairage

Cet extrait de "La Crise" me semble compléter pas mal les questions du message "Ridicule".



mardi 15 janvier 2013

Masada


John  Zorn. Que ce soit avec l'Electric ou l'Acoustic Masada, 
des trésors incroyables et des culminances (à mon goût) avec ceui-ci : 



 Karaim 
tiré d'un double album live de 2005
étincelant, lave bouillonnante,  
"At The Mountains of Madness"



dimanche 13 janvier 2013

Ridicule

Aujourd'hui il y a la déjà fameuse vendue ainsi "manif pour tous".
Je vais suivre cela de près évidemment car j'ai bon espoir que beaucoup - hélas pour eux- vont se couvrir sans difficulté aucune, sans effort particulier, du titre de mon message. Au moment où j'écris, j'ai même l'impression que ça a commencé, non ?
Et cela ne les tuera pas...  cela ne tue plus paraît-il.


Et je penserai fort à tous celles et ceux, connues, connus, inconnues, inconnus,
tous estimables humains, des égaux , 
qu'ils auront ainsi, dans leur Grande Bonté, leur Grande Charité Chrétienne Si Tolérante,
exclus.



samedi 12 janvier 2013

Familial

... ou presque ! 
Je suis rentré hier soir vendredi d'un séjour à Paris, j'étais l'un des trois accompagnateurs d'une classe de CM2 de trente élèves. 
Ce fut à la fois très réussi et très dense, le groupe d'élèves se révélant très coopérant et bien investi, le collègue enseignant à qui j'ai prêté concours en compagnie d'un père d'élève avait également parfaitement bien préparé son affaire.
Le premier jour, après le trajet, une visite au Louvre l'après-midi a permis de voir ou revoir les "grands incontournables" sous forme d'un petit rallye avec documents-indices, fiche, crayon. 
Le deuxième jour nous a vus du côté de la Cité des Sciences puis de l'Assemblée nationale, pour deux moments complètement différents et d'une grande richesse, avec une fois encore des élèves conquis. 
Enfin le dernier jour, sur la route du retour, l'arrêt à Versailles pour les jardins et bien évidemment la partie centrale du Château avec en point d'orgue la Galerie des Glaces. 
Quelques anecdotes agrémentèrent le séjour, comme souvent. Des moments partagés, des clins d’œil pour de futurs souvenirs complices. 
En voici deux qui renseignent peut-être sur la méconnaissance des composantes du métier d'enseignant...  
Je pense au monsieur du premier jour, chargé de l'entretien dans l'aire de repos où nous fîmes notre première pause et qui nous a dit, faisant référence à nos tâches d'encadrement des élèves, "Je ne sais pas comment vous faîtes, je ne pourrais pas le faire...". 
Je n'ai  pas manqué de lui répondre "C'est un métier ! ".
Je pense aussi au monsieur au centre d'hébergement qui ne comprenait pas ce que ce groupe d'élèves faisait là, alors que les vacances de Noël venaient juste de se terminer... 
Je me suis fait un plaisir -et un devoir- de lui expliquer que nous n'étions pas en vacances, que partir en janvier était intéressant du point de vue pédagogique pour exploiter de retour en classe et aussi du point de vue du budget, "nos" moyens étant comme chacun sait illimités proches du néant.
Je pense avoir été précis, posé et convaincant. 
Et je précise que tous deux ont été très amicaux et réceptifs, les échanges ont donc été courtois !

samedi 5 janvier 2013

Eléphant

En rapport avec le message précédent, voici une captation d'un spectacle auquel Sclavis participe, comme un bel exemple des propos tenus dans une des émissions "A voix nue".

Il y est question d'éléphants, mais ça sent entre autres la brousse et ça respire et souffle la noblesse du propos.
Rien de pachydermique contrairement aux saillies nauséabondes de l'actualité...


L’Œil de l'Éléphant - Sclavis, Portal, Texier, Marguet, Le Querrec - ARTE Live Web

vendredi 4 janvier 2013

Sclavis

A voix nue sur France Culture, en septembre dernier, une semaine avec Louis Sclavis.
Plus que passionnant pour dire le moins.
Le personnage à la hauteur de sa musique, qui se raconte en toute simplicité, et dit tranquillement de très justes choses, avec profondeur, sans aucun dogmatisme, sans aucune leçon.

Voici les liens des 5 émissions, environ trente minutes chacune.

UNE 
Des anecdotes à ne pas manquer sur comment il a appris à jouer.

DEUX 
Le rapport à la danse, puis au cinéma (les compositions pour films muets, de très beaux mots) et le théâtre avec Jacques Bonaffé.

TROIS
Sur la photographie, le rapport ou pas entre image et son.

Et la démarche pour Napoli's Walls (cf. Ernest Pignon-Ernest).
Absolument palpitant, éblouissant.

QUATRE

L'improvisation, répéter ou pas...

CINQ
Relations avec d'autres musiciens, comment apprendre des autres  (Michel Portal, Bernard Lubat, Henri Texier, entre autres...), comment devenir "leader" d'un orchestre... ou Sclavis en tant que bon patron communiste ! Et... construire une cabane dans les bois !
(+)
et puisque j'y suis, en complément, je recommande ardemment  "L'histoire d'une création" une film dvd qui explique la genèse de l'album "Lost on the  way de 2009" et revient aussi sur le formidable Napoli's Walls (2004) autour des photos d'Ernest Pignon-Ernest.
Du pur Sclavis.  Etonnant et magnifique.
Toujours émouvant par rapport à la création. 

jeudi 3 janvier 2013

Inadmissible

Le rythme habituel moyen de mes passages chez le coiffeur étant toutes les cinq semaines, soit environ tous les 35 jours ( je ne vous refais pas le calcul),  quelle ne fut pas ma stupéfaction générale lorsque, consultant la date de mon dernier paiement, puis la longueur de mes cheveux,  je me suis aperçu que j'en étais à 43 ce matin.
Serait-ce donc là un effet inconscient de cette fin du monde maya-médiatisée qui m'aurait implicitement fait songer à l'inutilité d'une nouvelle coupe de cheveux ?

Pensif, et espérant que la fin du monde n'a pas été reportée au mois prochain, j'ai pris les mesures d'urgence ce matin pour cet après-midi.

mercredi 2 janvier 2013

Premier

 

L'excellence de cet album m'a transporté 
lors des toutes premières heures de 2013.
Un extrait.