vendredi 31 mai 2013

Intense

Telle est la jubilation qui m'étreint !
Les primaires de droite à paris sont vraiment primaires si ce n'est primitives.
Rudimentaire serait trop avancé pour cette bande de raclures.
Décidément, les règles, la démocratie, au PMU ils n'y arrivent pas. Et même la compétition, finalement, dont ils sont  pourtant les chantres officiels. Mais en réalité ils vendent ça aux pauvres pendant qu'eux font leur beurre libéral en piétinant copieusement décence et éthique, et la compétition ne peut se concevoir que s'ils gagnent eux, forcément, sinon ça vaut pas (écoutez-les par exemple piailler sur l'illégitimité de flanby).
Les copets, voquié, nk ...hum et consorts (oui qu'on les sorte !) une sacrée bande de putains de rustres sous-développés. Pardon, mais ça soulage.

mercredi 29 mai 2013

Possible ?


Numéro 3 sur 3 de la série "???"

L’atmosphère glauque gluait.
Les pavés luisants regorgeaient d’une crasse propre à vous dégoûter.
La nuit, bien nocturne à présent, finirait-elle ?  Et le jour s’en relèverait-il ?

Toute l’affaire défilait dans sa mémoire.
Comment avait-il pu passer à côté de tels indices, pourtant si évidents, si …élémentaires.
Comme si tout était écrit...

Coincé entre Mario Nette, le gentil policier bête manipulé par Karl Hage (son chef facho qui veut des résultats), lui, le grand Charles Loquosme, le célèbre détective infaillible s’était vautré dans les grandes largeurs.

Mauvais départ. Déjà la découverte des corps.
Le premier mort, Théo Fondutrou, retrouvé dans un fossé, avait obstinément refusé de répondre à ses questions. Il avait fallu se rabattre sur les interrogatoires de routine, les enquêtes de voisinage.
Jaime Treney, le passant 1, n’avait rien compris. Mais c’était un génie à côté de Rod Walker, le passant 2. Et mieux vaut oublier Luce Tucru, l’épouse d’un témoin pas fiable dont il avait oublié le nom. Ah si, Charles Hattan, ça me revient.
Bref, rien de concret, et bien sûr, grande incertitude.
Avant un coup de théâtre, la découverte d’un 2e corps, sans tête cette fois-ci, Rory Headless.

Même difficulté pour l’interrogatoire, pratiqué cette fois-ci stratégiquement par Oscar Paccio, le légiste. Mutique, Headless ne lâcha rien. Il méritait des baffes celui-là.
Tout ceci ne pouvait être une coïncidence et, peu à peu, la théorie d’un complot politique émergea.
Et le b-a ba reprit ses droits par a + b. Les interrogatoires de routine, les enquêtes de voisinage, les interrogatoires d’enquête, les voisinages de routine, les enquêtes d’enquêtes…
De fonte en comble.

Charles Mars, un gauchiste bien connu, fut placé en garde à vue, sans résultat.
Le voisinage, de nouveau…
Les passants 3 et 4, Igor et Grishka Bogdanoff, furent incapables de témoigner clairement avant qu’on s’aperçoive qu’ils n’avaient rien vu.
Le même constat s’imposa pour Whitney Blind, le témoin aveugle.
Le comble de la confusion fut atteint avec Alain Vendu, un témoin payé pour faux témoignage, qui ne révéla rien mais confirma par défaut la thèse du complot. 
L’explication de textes et de gravures qui s’ensuivit dans le bureau d’Edmond Cucédupoulé, l’enfoiré des RG, qui avait tout monté, fut mémorable.

"On repart  à zéro" , tels furent les mots de Karl Hage.
"Et on bosse ensemble".
Charles Loquosme et Mario Nette s’y collèrent.
A fond de train. 
Lénine 2, le chien du gauchiste fut passé à la moulinette. Il ne fallait négliger aucune piste.
On l’enterra derrière les bureaux.
Roger Delile , un musicien louche au sang impur, n’apporta rien de plus, malgré les tests AD-haine.
Même la fausse coupable, Manon Cépahel, s’en sortit in extremis (mais à contrecœur) en avouant que le jour du meurtre elle aidait son amant (un plâtrier) à faire disparaître la tête du mort dans la chaux vive.
Ce qu’on appelle un alibi en  béton ?
Et les choses se tassèrent pendant de longues semaines.
Impasse.
Charles Loquosme oubliait les morts en reprenant goût à la vie.
Il passait du bon temps avec Ella Debelmich, le bon coup super canon du détective dans les films.
Quand, nouveau coup de théâtre, un certain Eddy Cépassinié adressa une lettre anonyme à la police.
Insaisissable, introuvable, on ne put l’interroger. (D’ailleurs, Eddy, si tu nous lis…)
Il indiquait que les morts étaient reliées et il permit la troisième macabre découverte : Ali Gator, le cadavre au fond du lac.
Et c’est à ce moment que la thèse du tueur en série s’imposa.

Branle-bas de combat, les enquêteurs et fins limiers allèrent sur les lieux du crime.
On allait voir ce qu’on allait voir, même de nuit.
Gator resta impénétrable sous le feu nourri de leurs questions, mais ça ils avaient l’habitude. Ils interrogèrent Sam Brull (les cendres dans la cheminée) avec force soufflets.
Mais motus.
Chez le vétérinaire, ils dénichèrent Médor 1, le chien du passant 2 qui ne desserra point les dents.
Et bouche cousue.
Roger De Monaco, un faux prince, fut même inquiété - sur dénonciation - au casino voisin, mais sans suite, et il avait tellement les jetons qu’il révéla tout de son trafic de fausses princesses venues de l’Est.
Enfin, humiliation ultime, le coupable, Serge Yalkiller, fut interrogé, mais il tint bon.
Il fut relâché malgré les preuves qu'il apporta et l'ensemble de ses aveux détaillés.

- Décidément, une enquête à oublier bien vite, pensa Loquosme.

mardi 28 mai 2013

Probable ?


Numéro 2 sur 3 de la série « ??? » 

Le crucifix grinçait et suintait l’ail.
Vincent Peur, le héros intrépide au sourire si borgne depuis qu’il avait croisé Modeste Présent (le cadeau piégé), se pinça les dents et serra le nez.
Ah, des spectacles glaçant le sang, il en avait vu d’autres depuis le début de cette aventure, tels Quasimodo Pou, la vision d’horreur ou encore Art Hair, le mec qui pissait le sang par les cheveux.
Vincent savait fort bien que tout ceci n’était qu’orchestration maléfique ourdie par  son ennemi juré intime qui lui appartenait à lui seul.
Oui, un nouveau coup monté par  l’ignoble Francis Stain (pseudonyme transparent de Dracula Frankenstein) comme en avaient témoigné Tom d’Adam (le Cou Mordu) et surtout Andy Coagulan (l’hémophile) qui avait été lâchement achevé par Eugénie Coton-Nirien, l’infirmière incompétente dont Vincent avait pensé qu’elle était à la solde d’Isidore Lépied, triste tortionnaire lui-même homme de main de Francis Stain.

Au début, notre héros avait cru être réveillé par Laurie Bleuméprize (son cauchemar récurrent) dans lequel immanquablement Géraud Nimot (l’indien muet) l’entraînait au cimetière où Pierre Detaille (la tombe maléfique) se soulevait pour laisser passer Guy Don, le cycliste sans tête.
Vision horrible certes.
Mais presque angéliquement anodine à côté de ce qui s’ensuivait avec les déchirants cris d’orfraies d’Alec Sandra  (le linceul) qui essayait d’étouffer Aldo Matchione (l’horreur de casting) qui, à son tour et immanquablement, retombait sur Jeffrey Lanuit (l’ombre inquiétante) qui brandissait les attributs habituels de l’horreur draculino-frankesteinienne accompagné d’Irénée Hoplafon, le fou du cimetière.
A ce moment du cauchemar, toujours et éternellement le même, Vincent Peur se réveillait et cherchait de la main s’il était bien seul dans son lit et là, non seulement Salomon Crucifix (le voleur d’amulettes) s’était déjà fait la malle mais encore Holly Mabel (la vierge violée par le vampire) avait disparu pour céder la place à Max Sacralatronçonneuse (le pinailleur qui coupait les cheveux en quatre et les vampires en deux) qui épiait l’épieu pied à pied. 
Dilemme.
D’un côté, Roger Epéda le faux pieu, était là, tout comme de l’autre, Woody Stick, le vrai pieu.
Mais lequel était lequel ?
Bon sang, la coupe était pleine et Vincent l’avait bue.
C’est là, en dernier ressort, qu’intervenait Fidèle Halier (l’ami du héros) accessoirement ancien fils d’horloger.
C’était l’inséparable acolyte anonyme de Vincent, son Watson en quelque sorte, présent dans toutes leurs enquêtes et leurs traques aux malfaisants maléfiques.
Fidèle, à tout coup, se débarrassait de Jules Chaussette (le mauvais sang bu) délivrant Vincent du sortilège de cette potion, puis les pieux s’évanouissaient, et nos héros pouvaient repartir vers de nouvelles interminables aventures jusqu’à la prochaine nuit des temps.




lundi 27 mai 2013

Vraisemblable ?

Annoncée il y a quelque temps ici, voici (enfin ?) la publication de la série  « ??? » qui commence et ce sera en rafale sur les trois jours qui s'ouvrent. Étonnamment,  je commence par le numéro 1 sur 3.


* * * 


Désolation. Tragique dénouement .
Erica Cool (la barque sur le lac) flottait, abandonnée, depuis que le grand saut avait été accompli par Elie Minet (le suicidé) qui n’avait pu supporter à son tour le spectacle atroce des malheurs  du monde, son impuissance à changer cela, la panne de sa batterie et ce n’est pas Xavier Pavumirza (le chien abandonné) dernier être vivant d’une tristesse insondable qu’il avait rencontré qui avait pu le faire changer d’avis, ni de vie ni de mort.
Réaction en chaîne, Henri Pludutou (l’ami du suicidé) s’était réfugié chez Stanley Gzistepa (la solitude).
Comme quoi...
Drôle de vie, drôle de monde, pensait Roman Deuhérot (le héros romanesque) témoin de cette scène qu’il n’avait pu empêcher, ne sachant ni nager ni vivre ni mourir.
Il cessa de manœuvrer les avirons pour réfléchir.

Il avait accepté la proposition de Jean Sérien (le journaliste intègre) à propos d’un reportage sur les bas de plafond dans les bas-fonds.
Il repensait à tout cela, si surprenant, si inattendu, si loin dans son petit cocon protégé. 
Mais il faudrait tout dire, c’était le contrat.
Bien sûr avec les pauvres, les démunis, les déshérités, il y avait un marché, et c’est là qu’on repérait Jean Brigade (la bête à bon dieu) qui avait réussi à monter une petite équipe de bras cassés avec  Anna Fabête.com/cépié (l’illettrée cul de jatte) , Debra Cébien (la manchote gauchère) et Lino Cent (l’idiot du village vacances).
L’ambiance sur fond de crise restait électrique.
Le quatuor était parfois accueilli fraîchement si ce n’est refoulé par quelques irréductibles et  réfractaires comme Petra Plegic (l’infirme), Emma Mercébaré (l’orpheline), son ami Aimé Paransonpala (l’enfant seul) ou encore Cory Za (l’allergique). 
Paranoïa galopante, on soupçonnait en sous-main Dalaï Félagueul (le bouddhiste boudeur - quand lama pas content)  et Tarik Urgent (le fils du facteur) de jouer les corbeaux dans l’histoire.
La semaine précédente, une dispute houleuse avec Ric Art (le fils de l’alcoolique), Oscar Ton (le sdf ruiné), et Jean Petiquiflambe (le nain grand brûlé) s'était transformée en rixe.
Par-dessus tout, Aurore Scope (l’enfonceuse de fausses portes) avait jeté de l’huile sur le feu avec ses prédictions prévisibles, leurres pour les crédules, visions que ne partageait certes pas Yves-Adam Lemur (l’aveugle qui boîte).
Cet emballement avait eu lieu le jour où le grand chapiteau du cirque Hulère avait été installé pour son unique représentation, le soir même.
On croisait alentour quelques spécimens qu’on aurait pu croire sortis du Musée des Erreurs, ne sachant pas encore qu’ils faisaient partie des attractions : Cary Wolf (le loup édenté) d’un naturel joyeux riait en permanence de toutes ses... rien du tout, Terry Gide (le fils du cadavre) ne bougeait pas un cil et Farida Nimal (l’éleveuse de vaches de cirque) répétait son numéro de jonglage avec Esther Nument junior (la naine enrhumée) sous l’œil admiratif d’Inès Endouce (la mère des orphelins) qui était d’ailleurs enceinte – et c’était récent- de Marc Onteuze (la tache de naissance).

Roman (notre héros) remâchait tout cela. 
Bien sûr, comme disait Beethoven, chacun mène sa vie comme il l’entend...
Mais...
Etait-ce « la faute à pas de chance » comme disaient José Papleuret, Jean Bavetoultan et Seb Adebol, le maire réélu qui n’avait pas compris qu’il valait mieux ne pas se représenter pour éviter ça.
A moins que.
Sauf si.
Une opportunité.
Un concours de circonstances.
Un état de grâce.
Une heureuse conjonction.
Une belle coïncidence.
?
- Oh, je vais vous arranger ça, murmura Bianca Pastologica (l’ardente psychopate italienne). 



dimanche 26 mai 2013

Tautogrammatiquement-10

Je m'amuse, il faut bien en convenir, à faire un peu évoluer l'exercice au fil du temps. 
Après un début où la phrase unique était visée, j'ai ensuite essayé le récit et, alors qu'il me reste une dizaine de lettres de l'alphabet à faire passer à cette diabolique sauce tautogrammatique, j'ai pensé varier encore les plaisirs et, tiens, doubler la contrainte pour le O avec deux haikus. 
Pour le moins abstraits ou abscons, certes ! 

Nul doute que d'autres variations et variantes variées, avariées ou verdâtres devraient voir le jour.


* * *


Œil Opaque Ouvert
Ombres Ourdies Obscurcies
Oubli  Ondulant 



Ondes Orangées 
Oasis Ou Oriflamme
Oiseaux Odyssées

samedi 25 mai 2013

vendredi 24 mai 2013

Parage

PARAGE
Le chemin sans nom,
sans personne,
s’écoule entre des roches usées,
dés de cette partie immémoriale
que jouent sans cesse les éléments,
se prolonge par une plaine,
chaque pas
une légende de la géologie,
se perd dans une dune de reflets
qui n’est ni eau ni sable mais temps.

Il y a un arbre rosé, des herbes noires,
du sel dans les doigts de la lumière.
Le chemin
porte le soleil sur ses épaules.
Le ciel a accumulé des lointains
sur cette réalité qui dure peu.
Une flaque : jet de splendeurs.
Des yeux de tous côtés.
L’heure s’arrête
pour se voir passer entre des pierres.
Le chemin n’en finit pas d’arriver.


Octavio Paz 
... encore et toujours, une fois de plus... 

jeudi 23 mai 2013

images

Chant des délices de Tsai-Talee
Je suis une plume dans la clarté du ciel
Je suis le cheval bleu qui court dans la plaine
Je suis le poisson qui tourne et brille dans l'eau
Je suis l'ombre que projette un enfant
Je suis la lumière du soir, l'éclat des prairies
Je suis un aigle qui joue avec le vent
Je suis un nœud de grains luisants
Je suis l'étoile la plus éloignée
Je suis le froid de l'aurore
Je suis le rugissement de la pluie
Je suis le scintillement de la croûte de neige
Je suis la longue trace de la lune sur le lac
Je suis une flamme de quatre couleurs
Je suis un champ de sumac et la pomme blanche
Je suis l'angle des oies sauvages dans le ciel d'hiver
Je suis la faim du loup
Je suis le rêve entier de ces choses
Vois-tu, je suis vivant, je suis vivant
J'ai bonne entente avec la terre
J'ai bonne entente avec les dieux
J'ai bonne entente avec tout ce qui est beau
J'ai bonne entente avec la fille de Tsen-tainte
Vois-tu je suis vivant, je suis vivant
N.Scott Momaday/tribu Kiowa


mercredi 22 mai 2013

Fissa


ACTE I, Scène première
OCTAVE, SILVESTRE.

OCTAVE: Tu viens, Silvestre, d'apprendre au port que mon père revient?
SILVESTRE: Qu'ai-je à parler davantage?

Scène II
SCAPIN, OCTAVE, SILVESTRE.

SCAPIN: Qu'est-ce, Seigneur Octave, qu'avez-vous? 
OCTAVE: N'as-tu rien appris de ce qui me regarde?
SILVESTRE: Toi et la justice?

Scène III
HYACINTE, OCTAVE, SCAPIN, SILVESTRE.

HYACINTE: Ah! Octave, est-il vrai ce que Silvestre vient de dire à Nérine? 
OCTAVE: Mais que vois-je? 
SCAPIN: Et vous, ne me dites-vous rien?
SILVESTRE: Que lui dirai-je?

Scène IV
ARGANTE, SCAPIN, SILVESTRE.

ARGANTE: A-t-on jamais ouï parler d'une action pareille à celle-là?
SCAPIN: Vous vous portez bien, à ce que je vois?

Scène V
SCAPIN, SILVESTRE.

ACTE II, Scène première
GÉRONTE, ARGANTE.

GÉRONTE: Ma foi! seigneur Argante, voulez-vous que je vous dise?
ARGANTE: A quel propos cela?

Scène II
LÉANDRE, GÉRONTE.

GÉRONTE: Que pourrait-ce être que cette affaire-ci?
LÉANDRE: Quoi?

scène III
OCTAVE, SCAPIN, LÉANDRE. 

SCAPIN: Monsieur, que vous ai-je fait?
LÉANDRE, voulant le frapper: Ce que tu m'as fait, traître?

Scène IV
CARLE, SCAPIN, LÉANDRE, OCTAVE.

LÉANDRE: Comment?
SCAPIN: Le moyen, après une avanie de la sorte?

Scène V
ARGANTE, SCAPIN.

ARGANTE: Quoi?
SCAPIN: Voulez-vous que son valet aille à pied?

Scène VI
SILVESTRE, ARGANTE, SCAPIN.

SCAPIN: Pourquoi, Monsieur?
SILVESTRE: Lui? lui?

Scène VII
GÉRONTE, SCAPIN.

SCAPIN: N'y a-t-il personne qui puisse me dire où est le seigneur Géronte?
GÉRONTE: Que diable allait-il faire dans cette galère?


Scène VIII
OCTAVE, LÉANDRE, SCAPIN. 

OCTAVE: Hé bien! Scapin, as-tu réussi pour moi dans ton entreprise?
LÉANDRE: As-tu fait quelque chose pour tirer mon amour de la peine où il est?

ACTE III, Scène première
ZERBINETTE, HYACINTE, SCAPIN, SILVESTRE.

SCAPIN: Et lorsque c'est d'amour qu'on vous attaque?
HYACINTE: Hélas! pourquoi faut-il que de justes inclinations se trouvent traversées?
SILVESTRE: Pourquoi, de gaieté de cœur, veux-tu chercher à t'attirer de méchantes affaires?

Scène II
GÉRONTE, SCAPIN.

GÉRONTE: Hé bien, Scapin, comment va l'affaire de mon fils?
SCAPIN: (En contrefaisant sa voix) "Quoi? Jé n'aurai pas l'abantage dé tuer cé Geronte, et quelqu'un par charité né m'enseignera pas où il est?"

Scène III
ZERBINETTE, GÉRONTE.

ZERBINETTE: Quoi? que voulez-vous dire, Monsieur? 
GÉRONTE: Pourquoi venez-vous ici me rire au nez?

Scène IV
SILVESTRE, ZERBINETTE.

SILVESTRE: Où est-ce donc que vous vous échappez?
ZERBINETTE: Mais qu'importe?

Scène V
ARGANTE, SILVESTRE.

ARGANTE: Vous vous êtes donc accordés, coquin; vous vous êtes accordés, Scapin, vous, et mon fils, pour me fourber, et vous croyez que je l'endure?

Scène VI
GÉRONTE, ARGANTE, SILVESTRE.

ARGANTE: Mais pourquoi, s'il vous plaît, la tenir à Tarente, et ne vous être pas donné la joie de l'avoir avec vous?
GÉRONTE: Mais que vois-je?

Scène VII
NÉRINE, ARGANTE, SILVESTRE, GÉRONTE.

GÉRONTE: Où est ma fille, et sa mère?

Scène VIII
SCAPIN, SILVESTRE.

SCAPIN: Hé bien! Silvestre, que font nos gens?

Scène IX
GÉRONTE, ARGANTE, SILVESTRE, NÉRINE, HYACINTE.

Scène X
OCTAVE, ARGANTE, GÉRONTE, HYACINTE, NÉRINE, ZERBINETTE, SILVESTRE. 

GÉRONTE: Tu veux que je tienne chez moi une personne qui est aimée de ton frère, et qui m'a dit tantôt au nez mille sottises de moi-même?

Scène XI
LÉANDRE, OCTAVE, HYACINTE, ZERBINETTE, ARGANTE, GÉRONTE, SILVESTRE, NÉRINE.

GÉRONTE: Votre fille?


Scène XII
CARLE, LÉANDRE, OCTAVE, GÉRONTE, ARGANTE, HYACINTE, ZERBINETTE, SILVESTRE, NÉRINE.

GÉRONTE: Quoi?
ARGANTE: Où est-il?

Scène dernière
SCAPIN, CARLE, GÉRONTE, ARGANTE, SILVESTRE, etc.

SCAPIN: Comment, Monsieur?



Procédé de fabrication : 
-contrainte : oulipo / avion 
-source : Les Fourberies de Scapin / Molière 
-méthode :  en partant de la célèbre réplique "Que diable allait-il faire dans cette galère ?" en l'occurrence une question, il a été décidé pour chaque scène, pour chaque personnage dans l'ordre de prise de parole de ne garder que la première question qu'il pose, s'il en pose une ! 
- le titre : LES FOURBERIES DE SCAPIN --> FISSA .
Evidemment un titre correspondant à la lecture proposée de cette oeuvre, ainsi soumise à la question et qui ne manque pas de continuer à interroger.

lundi 20 mai 2013

Chicago-3


Entre la pluie, certes, et les temps d'attente (séchage) dans mes travaux et autres bricolages * , j'ai pu mener à bien une ultime session de "chicagos" pour ce week-end... 
* J'y retourne ! 

En limite des défroques
En fin de fringues
Au terme des costumes
Sans autres tenues
A bout d’habits

Infusion flânant
Tisane vagabondant
Chocolat vadrouillant
Café déambulant
Thé errant

Guet lettre
Veille billet
Service missive
Garde pli
Quart Mot

Sentiment tape
Vue coup
Jugement claque
Idée choc
Avis gnon

Un mec favorable
Deux gonzes acquis 
trois  types d’accord
quatre mecs  ok 
Cinq gars pour  

dimanche 19 mai 2013

chicago-2


Petite gym matinale... !


Un brin
Deux fétus
Trois tiges 
Quatre pailles 
Dix joncs

Période cocotte 
Printemps coq 
Été oeuf 
Automne poussin
L’hiver poule  

Couchette artimon
Pageot misaine
Paddock vergue 
Pieu vertical
Lit mât

Cossu patelin 
Coin huppé
Beau quartier
Riche banlieue 
Cher bourg

Q déjeune
R goûte 
S mange
T soupe
U dine

Joli monde
Supra classe 
Belle caste
Chic people
Beau gotha

Veaux à clarines
Bêtes à cloches
Buffles à grelots 
Bovidés à sonnailles 
Boeufs en sons

Ère de zéphyr
Cycle d'aquilon
Eternité de brise
Siècle de vent
Cent ans d’air

samedi 18 mai 2013

Chicago-1


Les "chicagos" sont des devinettes homophoniques selon l'Anthologie de l'Oulipo, éd. Benabou & Fournel,nrf - Poésie/Gallimard. 
Comme m'y invitait MH de l'Appentis Saucier, je reprends la balle au bond.  Quelques exemples d'abord pour saisir le principe : 

Pisse homme de peu de foi
Vomis dévôt
Crache bigot
Expectore, grenouille
CHIE CAGOT

Nul boulgour
Néant couscous
Zéro patate
Nada polenta
PAS RIZ

Pied de montagne
Lisière de plaine
Plage de mer
Confins des terres
BORD D'EAU


0 heure
1 jour
10 semaines
100 mois
MILLE ANS

Gant Sarah
Chapeau Myriam
Bas Rachel
Robe Léa
MANCHE ESTHER

Suitcase Mom
Big box brother
Vanity-case sister
Purse grand-ma
BAG DAD

Ersatz Europe
Faux Calypso
Succédané Daphné
Bidon Echo
TOC IO

Et voici mes premiers pas... 


Ainsi spectacle
Bêta brûlant
Idiot enflammé
Pot bouillant
Sochaux

Comme terre
Part la vieille
File mamie
Vire-toi mémé 
Valenciennes

Tel père
T’es né ici ?
Marmot idem
Identique rejeton
Memphis

vendredi 17 mai 2013

Terre

Il y a quelques jours, nous avons passé un très bon moment en allant voir PROMISED LAND, un film de Gus van Sant avec Matt Damon, Frances McDormand notamment.
Steve Butler (Damon) rejoint sa collègue Sue (Mc Dormand) dans un bled du nord-est des Etats-Unis.
Ils sont tous deux employés de Global, une compagnie pétrolière qui rachète les terrains en vue d'une exploitation du gaz de schiste.
Leur stratégie d'immersion dans le village vise à s'intégrer pour faire passer le message en vue de faire signer le maximum de gens à qui ils font miroiter une manne financière, un argument d'autant plus décisif à priori que les gens sont fauchés.
Mais tout ne va pas aller de soi. Pourtant, Steve est sincèrement (naïvement) convaincu de faire le bien en faisant son job. Et il est d'ailleurs très bien noté par sa hiérarchie qui le considère comme l'un des meilleurs et lui offre d'ailleurs une promotion à un moment.
C'est sans compter sur des opposants qui se fédèrent peu à peu, menés par un professeur ancien ingénieur chez Boeing... Je ne révélerai pas la suite des événements.
Le film est attachant, plein d'humanité et le réalisateur prend son temps pour nous dérouler cette histoire avec fluidité. Le temps qui coule lentement permet la prise de conscience, la réflexion. Les personnages sont bien campés, leurs failles et leurs interrogations sont suggérées. Des hommes et des femmes beaux dans leur faiblesse mais dignes dans la difficulté.
Il est particulièrement intéressant que même si on sait à peu près où on va question dénouement, c'est le chemin que le film emprunte qui surprend, en étant jamais là où on l'attend. Il y a même une certaine élégance  ou délicatesse à ne pas nous la jouer pensum vertueux.
Et c'est bien par ce biais, grâce à ce choix narratif que la profondeur et la densité s'installent, sans aucune démonstration, sans coups de tam-tam.
Et ça fait du bien.

jeudi 16 mai 2013

Essorage


AVAIT ROI PLUS MORCEAU TANT MANGER BONNES

buvAIT  RIRE RAcONTER hISTOIRES, TAISAIT TANT vIllAGE SE

cONTENTAIT fER cONSTRuIRE dES OuTIlS. S’INTéRESSAIT dANS GuéRIR, FINAlEmENT vOuS

fAuT mANGER TROIS ORANGES

TROuvENT mAINTENANT SOuS l’OGRE. l’écOuTA ATTENTION ORANGES. 

AvAIT TROIS : quATORzE. l’AîNé ORANGES,

dIT-Il. dONNEREz-vOuS l’auTORISATION ? ROI AccEpTA. GARçON lONG vOyAGE SE

dISAIT j’AuRAI lA mOITIé ApRèS mORT. vOyAGE lONG, ET S’ASSIT

fONTAINE, SORTIT pROvISIONS mANGER. AppARuT uN mANGER ? LES

pORTE pOuR lONG SAIS pOuR mOI ! bARbE blANchE S’élOIGNA lENTEmENT TROIS

mONTAGNES déSERTIquES. ROI. VAIS ? pROpOSA. pOuR vOyAGE. UN mONTAGNES

déSERTIquES. AllER, Où bIEN ! vAS. TROuvE ENcORE, mAIS REvIENNES ORANGES.

ET PRèS fONTAINE ASSEyEz-vOuS pRENEz dANS mANGé ET vOuS,

TROIS ORANGES

SONT l’OGRE. vOuS dERRIèRE . vOuS décOuvRIREz GRANdS dOIGTS. LE juSTEmENT

TRAIN NETTOyER dOIGTS. fAITES . VOyEz. AccROchE mORcEAu mON : ORANGES

pATTE l’OGRE. vOuS mOI, vAIS vOuS RENSEIGNER : fAudRA mINuIT l’OGRE. SERA suR.

TROIS ORANGES

SONT. VERSEz GOuTTES dORmIR pluS pROfONdémENT. AlORS ORANGES

ET RApIdEmENT. GARçON. SAIS RESTE. vOIcI mIROIRS SAuvANT, EN  GARçON ENTRA  dANS

dORmAIT OuvERTE. cONTENu fIOlE. AlORS TROIS ORANGES,

bONdIT SuR SON . S’évEIllA SE . GARçON mIROIRS. pOuvAIT dEdANS. fuGITIf. LE TEmpS,

déSOlAIT mORT. hOmmE ARRIvA. S’écRIA vOuS AppORTE ORANGES. 

fuRENT hEuREux. hAIllONS mAIS . ROI GuéRIT dONNA SON...







Procédé de fabrication : 
-contrainte : oulipo / avion 
-source : un conte / les trois oranges
-méthode : faire cuire deux heures le balayage du texte dans l'ordre mot à mot en faisant "tourner" les lettres du groupe de mots "trois oranges" dans l'ordre aussi ; on ne change pas de mot de lettre en lettre si ce mot contient une séquence ad hoc, et on ne retient que les mots bien placés contenant la/les lettre(s) recherchée(s).  

exemple sur la première ligne : 
AVAIT ROI PLUS MORCEAU TANT MANGER BONNES

- titre : LES TROIS ORANGES --> ESSORAGE qui essaie de traduire ce qui s'est passé à la réduction !

A plus tard pour une nouvelle lessive.




mercredi 15 mai 2013

Racines

Joe Jackson était en tournée avec son "Bigger Band" fin 2012. 
Ici ils jouent Hometown une chanson publiée en 1986 
(album Big World) qui est reprise en une très belle version acoustique.
   
Il est plaisant aussi de voir à la fin Joe Jackson manifester 
sa grande satisfaction à ses acolytes pour ce qu'ils ont réussi ensemble.

J'ai un attachement particulier et partiellement paradoxal 
à cette chanson (comme à Toulouse pour n'en citer qu'une) 
car ma propre histoire fait que je serais bien en peine 
de chanter ma ville natale. 
Mais Joe Jackson (revu il y a presque 4 ans en concert) 
fait partie des artistes qui nous lient irrémédiablement madame K et moi, 
et rien que pour ça... 

dimanche 12 mai 2013

14

C’était une journée d’avril froide et claire.
Il convenait donc parfaitement.
Il n’y avait aucun moyen de savoir quelle rédaction serait finalement adoptée, mais il avait la conviction profonde que ce serait la sienne. 
Au milieu de cette horrible pauvreté, il y avait quelques belles maisons, hautes et larges, où vivaient des hommes riches qui avaient pour les servir jusqu'à trente domestiques.
« Vous pouvez pas r’garder où vous allez, non ? » 
Déjà, sur le chemin qui partait de la gare, il s’était senti sale et rabougri, sous le soleil de mai.
C’était une de ces innombrables chansons, toutes semblables, que la sous-section du Commissariat à  la Musique publiait pour les prolétaires.
Après avoir dévoré le chocolat, il se sentit quelque peu honteux de lui-même et traîna par les rues pendant plusieurs heures, jusqu'à ce que la faim le ramenât à la maison.
C’était comme de lutter contre une tâche physique écrasante, quelque chose qu’on aurait le droit de refuser, mais que là on était néanmoins nerveusement anxieux d’accomplir.
Manufactures, mines, terres, maisons, transports, on leur avait tout enlevé, et puisque ces biens n’étaient plus propriété privée, il s’ensuivait qu’ils devaient être propriété publique.
Il glissa une main dans sa poche.
Jamais il ne l’avait aimé si profondément qu’à  ce moment, et ce n’était pas seulement parce qu’il  avait fait cesser la douleur.
Savez-vous que vous puez comme un porc ?
IL AIMAIT BIG BROTHER.







Mode d'emploi : 

-Contrainte Oulipienne :  
AVION  (voir ici billet du  9 mai dernier) 
-Source : 1984 George Orwell 
(édition Folio Gallimard - traduction Amélie Audiberti)

-Règles utilisées pour la "réduction" du texte : 
a) en partant de la première phrase, sélection de 7 phrases toutes les 1984 lignes.
Si une phrase se termine dans la ligne repérée, elle est sélectionnée en la prenant du début. 

b) en partant de la dernière phrase, même principe en remontant de 1984 lignes en 1984 lignes. 
Dans la ligne repérée c’est la phrase qui commence qui est retenue.
  
c) les 14 phrases « en quinconce » sont alors replacées dans l’ordre du récit.


Le titre 14, abrégé et tiré de 1984, est tombé sous le sens, après !



vendredi 10 mai 2013

Coucou


CoUde blanc
polar oléocranien
Chapitre 1

Bertha  referma la porte et  avança vers moi, les yeux brillants de rage. 

-          Donald je suis à bout.
-          Pourquoi ?
-          Il a aligné cinq billets sur mon bureau.
-          Je vais le voir, dis-je

Fisher prit une profonde inspiration.

-          C’est tout-à-fait involontaire.
-          Bien sûr que si, mais beaucoup plus tard.
-          Qui est ce George Cadot ?
-          Je l’ignore.
-          Vous a-t-il dit quelque chose ?
-          Qu’est-ce qui vous le fait penser ?
-          Mon plan ne vous séduit pas ?
-          Quel âge a-t-il ?
-          Dix-huit mois.
-          Impôts déduits ?
-          Non, non, surtout pas.
-          Je m’y attendais.

Bertha m’adressa son plus gracieux sourire.

Chapitre 2
Je m'y rendis.
-          Cela vous dit quelque chose ?
-          Non.
-          Et votre prénom ?
-          Du moins il essaye.
-          Qui est B. Cool ?
-          Il pense.
-          Je le crois capable de tout.
-          Ça dépendra de beaucoup de choses.

Elle sourit.

Chapitre 3

On aurait juré un œuf sur le plat écrasé.

-          Ça vous plaît ?
-          ...
-          Nous en avons essayé d’autres et c’est celui-ci qui allait le mieux.
-          Circulaire !
-          Vous croyez ?
-          Certainement.
-          Il a le téléphone.
-          Billings, dis-je, Donald Billings.
-          Bon sang, Billings !
-          Rien du tout, dis-je noblement.
-          Il y a George, Horace, dit Caroline.
-          Dommage, fis-je.

Nous reprîmes des gins avec de moins en moins de tonic.

-          J’y suis, reprit Horace. Chalmers, George Chalmers... Le cochon !

Je dus me lever précipitamment pour aller vomir, mais ensuite, je me sentis mieux.

Chapitre 4

Fisher se tenait sur le seuil.

-          Avez-vous pu lui couper l’herbe sous le pied ?
-          Mais je ne l’ai pas encore vu.
-          Je ne comprends rien à votre histoire.
-          Exactement.
-          Vous allez vous détraquer les nerfs avec ce petit jeu-là.
-          Que faisons-nous maintenant ?
-          Repartir sans nous faire remarquer.
-          Vous pensez qu’elle a averti Cadot ?
-          J’ai l’impression que c’est déjà fait, dis-je.
-          Je veux rester avec vous.
-          Vous rentrez à la maison, ici vous êtes dans mes jambes. 

Fisher m'examina d'un air méfiant.

Chapitre 5 

Je pliai les deux copies de lettres et les mis dans ma poche. Lois arborait une robe de chambre, des mules et un sourire engageant. 
-          Ce n’est pas vrai !
-          Comme vous êtes psychologue !
-          Pour quelle raison ?
-          Je vous déteste !

Je vidai ma tasse de thé d’un air dégagé.

-          Ne vous fâchez pas.
-          Alors montrez-moi l’exemple.

La sonnerie de l’entrée retentit trois fois.

-          Je suis désolée mais nous n’avons pas un morceau de sucre à la maison.
-          Billings ?
-          Après. Chaque chose en son temps.
-          Je préfère ça. Je rentre à mon hôtel.

Je m'éloignai à grands pas, le laissant pantois sur le pas de sa porte.

Chapitre 6

J'entendis nettement la voix de Bertha au bout du fil.

-          Allô Bertha, ici Donald.
-          Je vous avais interdit d’appeler en PCV.
-          Je comprends très bien.
-          Prenez vos précautions, dit Bertha.

Je raccrochai et rentrai à l’hôtel. Hormis l’étiquette de valise, je ne trouvai rien d’autre. Je quittai la chambre, descendis aux cabines téléphoniques et cherchai dans l’annuaire le numéro de la «Jensen Thrustmore Company ».  
-          Ici les moteurs Jensen.
-          Je suis un détective privé de Los Angeles.
-          Dîtes donc, qui vous permet de me parler sur ce ton ?
-          Merci, je fais de mon mieux.
-          Qu’est-ce qui vous le fait supposer...
-          Je crois que je vais acheter un bateau.

Sur ces paroles, je fis demi-tour.

Chapitre 7 

Dans l’avion, je jetai un coup d’œil au journal de Cadot.  Rien d’intéressant. Mais, à la date du quinze avril, je relevai les lignes suivantes : Grand-père décline rapidement. Le jour suivant : Mais on le dit d’ailleurs dans la famille. Deux jours après : Le téléphone ne cesse de sonner.
J’arrivai à l’hôtel.
Fisher procéda aux présentations.
-          Impossible, dis-je.
-          J’ai reçu une lettre de lui, dit-elle.
-          George Cadot n’était pas présent, rétorquai-je.
-          Vous autres, hommes, dit-elle, savez vous tenir les coudes.

Je jugeai préférable de ne pas téléphoner à Lois Marlow. 
Evans bondit de son fauteuil.
-          DONNEZ-MOI CETTE LETTRE.

Il la lut lentement en sifflant entre ses dents.
-          Comment cette lettre vous est-elle parvenue Mrs Fisher ?
-          Par la poste

Sans se donner la peine de répondre, Bertha raccrocha.

Chapitre 8

Je faisais vraiment de l’équilibre sur le fil du rasoir ! 
Le téléphone se mit à sonner.
-          Hello Donald, dit Lois, aimeriez-vous recouvrer votre couvre-chef ?
-          Evidemment.
-          Je suis libre comme l’air.
-          Je sais où c’est.
-          Vous arrivez ?
-          Et comment !

Elle me décocha un sourire des plus cordiaux.
-          Pas de danger ! m’écriai-je. Où est mon chapeau ?
-          J’en avais besoin, dit-elle.
-          Ce n’est pas votre genre.
-          J’en aimerais un autre, Donald, dit-elle.
-          Pourquoi ?
-          Je... je suis stupéfaite des renseignements que vous avez.
-          Vous voulez dire que vous avez enlevé tout le dossier de copies de lettres compromettantes ?
-          Et alors ?
-          Je ne vous dois absolument rien.  

Chapitre 9

A la fin du repas, Lois repoussa sa coupe de glace vide et croisa ses mains sur la nappe.
-          Donald, dit-elle, vous m’intriguez.
-          Pourquoi ?
-          Je n’en sais rien
-          Dans quel sens ?
-          L’idée de m’installer devant un grand évier  plein de vaisselle sale m’ennuie à mourir.  
-          En tout cas c’est ce qu’on dit.
-          Voilà une remarque sibylline qui donne matière à réflexion.

Mais, du dehors, quelqu’un tambourinait à la porte. 
Evans entra dans la pièce.
-          Arrivez, je ne vous lâche pas et vous emmène avec moi.

Chapitre 10

Nous nous rendîmes au bureau des détectives, au quartier général de la police. Il alluma une cigarette et se mit à fumer en silence.

-          Je saute dans un avion, dit-il. S’ils appellent, dites-leur que je ne suis pas rentré au bureau.
-          Où allons-nous ?
-          A l’aérodrome, dit-il.
-          Ne soyez pas idiot, dis-je.
-          Non, mille fois non, chaque chose en son temps ! En route !

Dave Griffin se tourna vers moi.
-          Vous prenez l’avion pour enquêter sur l’affaire Crosby ?
-          N’hésitez pas à publier ce qu’Evans vous a dit, dis-je.

En entendant ces paroles, le journaliste bondit en direction de la cabine téléphonique. 

Chapitre 11

Une certaine portion des habitants dort tandis que l’autre veille et vice-versa. Il convient de mentionner également les couples venus en vacances d’amoureux et que les jeux de hasard n’intéressent pas.
Au bout de peu de temps, Evans s’endormit et se mit à ronfler.
Un groom s’approcha de Lawson.
Il revint au bout de quelques minutes et, empoignant Evans, le secoua comme un prunier.
-          Quoi ! Qu’est-ce que c’est ? fit Evans.
-          Sans doute encore un de vos tours, fit-il.

Horace Dutton venait de pénétrer dans le hall de l‘hôtel.
En moins d’une demi-heure, Dutton s’effondra et fournit tous les renseignements voulus.
C’était vraiment une histoire  ébouriffante. Pendant longtemps, Dutton n’avait rien remarqué, se contentant de parler peinture avec Cadot. Pas très enthousiasmé, car il avait beaucoup bu. Il avait trouvé Cadot au comble de l’excitation. Dans la bagarre le revolver était parti tout seul. La journée était magnifique.
Il ajouta qu’il était heureux que tout soit terminé, car sa conscience se trouvait enfin libérée.
Lorsque nous sortîmes de l’avion, ce fut une bousculade générale.
-          J’avais besoin de gagner du temps.
Bertha attrapa le téléphone.
-          Dans ce cas, dis-je, ne prenez qu’un seul billet. J’ai rendez-vous avec une blonde.

Chapitre 12 

Elle ne nous aimait pas, réprouvant les femme grossières. 
Pour moi, la véritable fin survint quelques mois plus tard. 
Je ne parlai même pas de ça à Bertha.

D’abord, elle n’apprécie par l’art moderne, non plus que l’art ancien.

F I N