samedi 29 juin 2013

interruption

Entracte ou relâche, halte ou pause, trêve ou suspension... 
C'est comme vous voulez, en tout cas voici la pause annoncée pour ce blog il y a quelque temps. 

La "saison" a été bien remplie de septembre à aujourd'hui ! Que puis-je en dire... ou en retenir ? 

De septembre à décembre, ici-même, apparut une série musicale spontanée retraçant certaines rencontres dans mon parcours musical sous formes de vignettes et d'extraits, ce fut aussi le choix de titres de billets en un mot (hop un concept, un!), quelques billets sur des lectures, des concerts ou des films... 
Une "ligne" à peu près stable sur ce blog depuis les débuts et qui va perdurer. 
En janvier, il y eut une série sur Michel Jonasz, une recherche dans sa discographie plus récente, afin de mettre à jour ce qui m'avait écarté de sa piste. Bien m'en prit puisque deux albums, parmi les plus récents, furent une belle surprise, idée donnée par ...(A) commentatrice de ces lieux. 
En février, il y eut un temps encore les chemins parallèles Interférences et Interférences 2 (avec les 366 réels), une situation ne permettant pas de publications aussi régulières sur ce blog-ci mais, passée la date de fin des Réels, Interférences retrouva ensuite un rythme plus élevé avec la parution de billets reprenant les thématiques déjà évoquées, ajoutant toutefois de nombreuses trouvailles et partages poétiques, mettant moins en avant les musiques ( la saison des concerts étant achevée courant avril, il faut dire). 
Surtout ce fut une nette tendance oulipienne -jusqu'ici plus dormante- qui prit son envol un peu au débotté avec le relais de propositions de l'ami Obni sur son propre site notamment (entre autres, Lipo et Tautogrammes, série en cours !) ou encore par l'arrivée d'une nouvelle lectrice MH de l'Appentis saucier et sa piqûre de rappel sur l'anthologie de l'Oulipo (découverte des avions, des chicagos,etc.). 
Voilà pour l'essentiel.
Je ne voudrais pas terminer sans citer Silo de Lucien  Suel -que j'ai pu apprécier en spectacle- dont le travail est une magnifique découverte ; et l'inlassable Colo qui amène aussi par sa curiosité et son amour des textes un lot de trouvailles hispaniques plus que réjouissantes. Enfin merci aussi paul(A) pour Terre de Femmes qui est superbe. 

Cette rapide évocation me permet de retrouver avec plaisir les très bons moments de l'année écoulée (et j'en oublie) et d'envisager la suite tranquillement... avec la perspective d'échanges toujours chaleureux d'un blog à l'autre (voir évidemment les liens dans la colonne ci-contre).    
Mais... chut ! 
Je repousse la porte, elle peut bien se fermer seule, dans le mouvement...

D'ici là portez-vous bien et profitez surtout de ce que l'on appelle encore l'été, avec sa brassée de temps librement choisi, un temps intérieur, un temps d'amitié, de rencontres et de surprises, et ceci quels que soient les caprices du temps dehors... 
Dans la famille K, pas de programme à proprement parler, des repères posés, très peu, et de l'incertitude quant à un séjour ailleurs. On peut difficilement faire plus imprécis !  

Retour ici pour interférer ? Probable dans les derniers jours du mois d'août. 

D'ici là disais-je, portez-vous bien et, à cette occasion, je n'ai guère trouvé mieux pour annoncer cette pause que ce morceau tiré d'un disque que j'ai beaucoup écouté à sa sortie, il y a 7 ou 8 ans. Et qui reste, tel un caillou blanc, un très bon repère discographique. Un magnifique album que je recommande vivement. 


Bobo Stenson Trio Goodbye 
(2005 album éponyme )
Bobo Stenson piano
Anders Jormin double bass
Paul Motian batterie



mercredi 26 juin 2013

Variations-2

Voici la seconde série de variations... Did I reach Wonderland ? - - - 

35 variations sur un thème de Lewis Carroll
- - - -
00 Texte-souche
Assise à côté de sa sœur sur le talus, Alice commençait à être fatiguée de n’avoir rien à faire.

01 Réorganisation alphabétique
AAAAAAAAAAA  CCC  DD EEEEEEEEEEEEEE FF G IIIIIII LLL MM NNN OOO RRRRRR SSSSSSS TTTTT UUUU V

02 Anagramme
Le ministère organisa la fuite osée de rumeur taoïste lascive et recasa féeries au Canada.

03 Anagramme (autre)
Idée oiseuse à la trame fantaisiste, ire ? Ce géant sourd fracassa muraille, caverne...et ouïe.

04 Lipogramme en A
Posée près d’une sienne nonne sur une butte, Ulice connut un début d’ennui lors de moments désœuvrés.

05 Lipogramme en I
Placée à côté de sa sœur sur le talus, A. Luce commença à être crevée d’être occupée à que dalle.

06 Lipogramme en E
Son cul à plat touchant un talus, jouxtant son sang sororal, Alix inaugura un cafard, ayant nada manip. 
(dedicated to Franz K)
07 Translation (+7)
Assorti  à cotillon de sa soif sur le tamaris, Alise communiait à étriquer favorable de ne babiller nul rififi à faner.

08  Palindrome (strict)
Eri a fane Irri, o vanne de E.U. git à fer, tea (ti), acné, M. Mo, ceci l’a su, là : tel,  rus, rue, os, ase, dé, toc, à ès, sis, sa !
(Désolé...)
09 Bourdon
Assise à côté de sa sœur sur le tas, Alice commençait à être fatiguée de n’avoir rien à faire.

10 Double bourdon
Assise à côté de sa sœur sur le tas, Ali commençait à être fatiguée de n’avoir rien à faire.

11 Épenthèse(s)
Rassise à côté de sa sœur sur le talus, Alice commençait à être fatiguée de n’avoir rien à faire.
Assise à côté de sa sœur sur le talus, Alice commençait à être fatigulée de n’avoir rien à faire.

12 Négation
Assise à côté de sa sœur sur le talus, Alice ne commençait pas à être fatiguée de n’avoir rien à faire.

13 Insistance
Assise, bien calée, mieux installée et plus confortablement que dans un fauteuil, à côté de sa sœur, vraiment tout près de sa frangine sur le remblai que d’aucuns appelaient la butte alors que c’était en tout et pour tout un strict talus, Alice, elle-même en personne, dans son for intérieur et son corps extérieur, entamait un coup de moins bien, un vrai coup de pompe, et commençait à être fatiguée, crevée, rincée, laminée, essorée, bref naze et cuite de se retrouver dans un no man’s land programmatique, un imprévu temporel, impensé, en clair de n’avoir rien mais alors rien de rien à faire.

14 Ablation
Assise à côté de sa sœur sur le talus, Alice commençait à être fatiguée.

15 Ablation (autre)
Alice commençait à être fatiguée de n’avoir rien à faire.

16 Double ablation
Alice commençait à être fatiguée.
16 bis Triple ablation
...
17 Contresens
Alice s’ennuyait à la ferme car sa sœur avait lu toute la pile mais n'en avait rien à foutre.

18 Autre point de vue
Alice, tu t’ennuies ? Passe la tondeuse au lieu de glander ! 

19 Variations minimales
Assise à côté de ma sœur sur le talus, Alice commençait à être fatiguée de n’avoir rien à faire.
Assise à côté de ta sœur sur le talus, Alice commençait à être fatiguée de n’avoir rien à faire.
Assise à côté de sa sœur sur le malus, Alice commençait à être fatiguée de n’avoir rien à faire.
Assise à côté de sa sœur sur le talus, Alice commençait à être fatiguée de n’avoir bien à faire.

20 Antonymie(s)
- Debout loin de son frère sous le fossé, Alice finissait d’être reposée d’avoir tout à défaire.
- Couchée à l’écart de son frère sous le talus, Alice achevait d’être dispose d’avoir quelque chose à démolir.  

21 Amplification
Solidement plantée au plus près de sa sœur préférée sur la butte-témoin, Alice recommençait à être éreintée de ne disposer d’aucun horizon.

22 Diminution
Assise, Alice commençait.

23 Permutation
Alice commençait à être fatiguée de n’avoir rien à faire assise à côté de sa sœur sur le talus.

24 Contamination croisée
a) Assise à côté de sa sœur sur le talus, c'était entièrement la faute de la minette noire.
b) La chose est bien certaine, la minette blanche n'y avait été pour rien : Alice commençait à être fatiguée de n’avoir rien à faire.

25 Isomorphisme
Écrasé à cause d’un cyclope sous un rocher,  Acis s’attendait à être transformé pour n’avoir qu’à couler.

26 Synonymie
Installée près de l’autre fille de sa mère sur le monticule, Alice sentit poindre la lassitude faute d’occupation.  

27 Fine déduction
C’est sûrement la sœur d’Alice qui lui avait piqué son joint.

28 Contamination (autre)
a) Assise à côté de sa sœur sur le talus, Alice a souvent répété que tout homme cultivé suivait fatalement une métaphysique.
b) Depuis William James, on commençait à être fatigué de n’avoir rien à faire.

29 Isoconsonnantisme
Ascèse, quête de censeur, sors l'étalon, hélas camé, s'étant atrophié, tagué de nouveau, renne fier.

30 Isovocalisme
A qui la beauté veut la peur, lutte, salut, acide volant évadé de la cité. Peuh ! Aboie chien pas clair !

31 Isophonisme
A six accotés, deux sasseurs sur le tas lu, A. lisse comme en C à être fat, Tiguet, de n’avoir ri, hein, à  « fer».

32 Boule de neige clinamenoïde (strict)
A
ss
ise
à côt
é de sa
sœur su
r le talu
s, Alice co
mmençait à
être fatigu
ée de n’avoir r
ien à faire.LC

32 bis  Boule de neige clinamenoïde
A
ce
bon
beau
temps :    
assise
à côté de
sa sœur là
sur le vert
talus, Alice
commençait  à  
être fatiguée 
de n’avoir juste
rien à faire. By LC.

33 Hétérosyntaxisme
Sur le talus, Alice, assise à côté de sa sœur, de n’avoir rien à faire, commençait à être fatiguée.

34 Alexandrin(s)
Assise à côté de sa sœur sur le talus,
Alice commençait à être fatiguée
De n’avoir, de n’avoir, de n’avoir rien à faire.

35 Interrogation 
Assise à côté de sa sœur sur le talus, Alice commençait-elle à être fatiguée de n’avoir rien à faire ?



ignoble

Quand j’entends l’abjection des propos de l’aubergiste poissonnière du parti qui serait désormais « fréquentable » en ces temps de crise, je me sens planté dans une trame de territoires mentaux, terrestres, géographiques, au cœur de mes abreuvoirs à racines, celles qui m’ont été données, d’autres dont je me suis emparé, nourricières, elles alimentent mon passé et changent mon futur, c’est sans surprise et intensément que tout à la fois, tour à tour, en permanence, je me sens Niçois d’Alger ou Espagnol du Jura, Franc-comtois de Nantes comme Argentin de Londres, Italien du Maghreb, bronzé de Stockholm, Irlandais de Vincennes de Dijon, Toulousain de Norvège ou bien Parisien de Barcelone, c’est-à-dire, ai-je besoin de préciser ? Français.

Et je t’emmerde, l'aubergiste.

samedi 22 juin 2013

Quoi ?

Il arrive parfois que quelque chose nous tracasse.
Cela peut correspondre à un laps de temps plus ou moins long, sur une échelle de durée plus ou moins étendue...
On ne dira rien des possibilités de répétition ou de récurrence du phénomène, ni même de possibles transformations, selon que l’on parvient peu ou prou à le mettre de côté, à l’étouffer en étant pris par exemple par une activité qui mobilise l’esprit et contraint (aide ?) à différer.  
Je ne sais quelle unité légale de mesure du temps pourrait paraître la plus adaptée. Qui pourrait trancher ? Et en est-il besoin en réalité ? Je pense que chacun de nous ayant pu déjà éprouver cette différence de durée dans les situations, nous n’avons pas besoin de plus de détails pour faire saisir cette évocation. 
Ce « quelque chose » semble une expression appropriée dans sa magnifique splendeur imprécise, surtout si l’on n’a pas réussi à remettre la main par la pensée et par les mots sur ce que cela pourrait bien -bon sang de bon sang- être.
Car « il » s’apparente à une présence obscure, presque fantomatique, qui peut le cas échéant nous hanter, à tort ou à raison, tant qu’on ne l’a pas cerné... Présence semblable  peut-être à la lumière faible, incertaine, intermittente, renvoyée par une bougie à la flamme vacillante et tremblante du fond d’une caverne.
Il arrive bien sûr que le « quelque chose » n’en soit pas un, c’est-à-dire qu’il soit parfaitement identifié, plutôt clair et qu’il soit « là » de façon contrariante mais absolument pas anonyme. Un souci, un problème, une idée noire à l’origine bien définie.
Mais si nous revenons au cas de figure précédent qui traite du phénomène non identifié ou non reconnu pour des raisons sur lesquelles nous ne nous étendrons pas, ce sentiment lancinant, cette sensation latente, cette idée diffuse – appelez-le comme vous voulez puisqu’on ne sait toujours pas ce que c’est- nous privent d’avoir l’esprit  totalement libre et nous chargent d’un poids qui empêche de nous sentir léger. Cela étant, dans notre condition d’humains, petits roseaux pensants, on pourra se demander s’il est possible de façon générale de se sentir léger durablement... En montgolfière peut-être ? N’insistons pas.

Tenez, l’autre matin, j’ai vécu une expérience similaire. Quelque chose n’allait pas, malgré un réveil facile et un esprit à priori clair. Immédiatement, une ambiance "cheveu dans la soupe" ou "mouche dans le lait" s’est installée. Bon sang de bon sang. 

Et cela m’a pris quelques secondes, j’ai vite compris.
Le temps de faire deux ou trois pas.
Je m’étais trompé de pied pour mes chaussons.

On  est peu de choses.

jeudi 20 juin 2013

Origines

Si je me souviens bien, j'ai raconté cette histoire dans le courant de l'année dernière pendant les "366 réels à prise rapide". Voici ce que je disais il y a un peu plus d'un an.
J’ai envie de raconter ou révéler une petite histoire (vraie).  
Depuis quelques années (bientôt dix, de manière discontinue) j’ai mené des recherches généalogiques, reprenant à son décès les travaux de mon père. J’ai pu faire des progrès permettant de remonter de 1861 à 1728 grâce à la forte avancée de la numérisation des archives en ligne, notamment à Nice, grâce aussi à une visite au Centre des Archives d’Outre-mer à  Aix-en-Provence (c’était en 2006) et à divers contacts dont le dernier n’est pas le moins surprenant. 
L’an dernier je reçus un message d’une dame qui  travaillait avec un historien niçois et avait consulté notre arbre généalogique en ligne pour des recherches sur Garibaldi.
De message en message, des précisions furent apportées, je pus même corriger certaines erreurs, et c’est ainsi que les derniers progrès furent accomplis, avec la remontée jusqu'en 1623.
Aujourd'hui un site mis en ligne par ses soins il y a quelques jours témoigne de l’opiniâtre travail de fourmi qu’elle a accompli. Il fait apparaître qu’une sœur de mon arrière-arrière-grand-père a eu une fille de Garibaldi.
Avec la dame, nous nous sommes aperçus –incidemment- après plusieurs semaines de correspondance, que nous étions voisins de 3 kilomètres.
Nous nous sommes donc rencontrés et nous l’avons reçue pour le café en septembre dernier avec un très grand plaisir.
Cette répétition n'est pas anodine, évidemment, penserez-vous... Et vous n'aurez pas tort.
En effet, cette histoire un peu surprenante a désormais une suite.
L'historien niçois a poursuivi son travail, faisant équipe avec un confrère italien. Une brochure d'une centaine de pages vient d'être publiée. Et j'en ai reçu un exemplaire ce matin par la poste en gage de remerciements.
Je ne m'y attendais absolument pas. Dans mon esprit je n'ai rien fait de plus que d'aider un peu.
Superbe cadeau en vérité.
C'est à la fois surprenant et émouvant dans ce que cela révèle et scelle de richesse dans le rapport humain, dans le goût du travail bien fait, dans la constance. Je suis touché.


lundi 17 juin 2013

Variations

L'oulipoterie allant bon train, je me suis lancé il y a peu dans la contrainte "35 variations" repéré dans l'excellente mine qu'est l'Anthologie de l'Oulipo de MM. Fournel et Benabou (poésie/Gallimard). 
A tout seigneur tout honneur, voici un lien qui vous emmènera à la production de Perec qui a planché en son temps sur Proust Marcel. 
Je ne cacherai pas que cette affaire prend du temps et nécessite plusieurs sessions puisqu'elle passe un texte à la moulinette de 35 contraintes oulipiennes bien connues pour nombre d'entre elles. Et l'affaire mérite qu'on y consacre quelques minutes pour les plus courtes et simples (si ce n'est "mécaniques") ou bien une bonne heure pour les plus complexes (je vous laisse deviner lesquelles !) surtout si l'extrait de texte choisi se révèle également plus ou moins résistant.
Hop, c'est parti ! 


35 variations sur un thème de Kafka.  
- - - - - 
00 Texte-souche
Un matin, au sortir d’un rêve agité, Grégoire Samsa s’éveilla transformé dans son lit en une véritable vermine.

01 Réorganisation alphabétique
AAAAAAAAA  B DD EEEEEEEEEEEEEE F GGG IIIIIIII LLLL MMMM NNNNNNNNN OOOO RRRRRRRRR SSSSSSS TTTTTT UUUU VVVV

02 Anagramme
L’égorgeur (M.M, né daltonien) tournait dans un van, réveillait angoisse et terreur massives, vrai enfer, abîmes.

03 Anagramme (autre)
Vrais rats mutants, les remords rongeaient son âme tiraillée. Vile ignominie, verrue, s’abreuvant d’une fange.

04 Lipogramme en A
Le jour juste levé, sorti d’un rêve mouvementé , Grégoire Simsi s’est éveillé modifié en son lit en une réelle vermine.

05 Lipogramme en I
Le jour juste levé, sortant d’un rêve mouvementé, Gregor Samsa émergea, transformé sur sa couche en un réel cancrelat.
 
06 Lipogramme en E
Un matin, sortant d’hallucinations zinzin, Gaspard Samsa ouvrit illico iris plus iris, ayant subi dans son lit la transformation « vrai cafard ».

07 Translation (+7)
Un matraquage au sottisier d’un revendicateur agonisant, Griselda  Sancy s’évita transmutée dans sa litharge en une vermivore vernation.  

08  Palindrome (strict)
En I.M.  Revel bati rêve, nu né...   émrofsn ??? 
Art allie vé ! sas mas « E. Rio » , gérgétiga... ???
Eve Rnudritrosu ? Anita Mnu ?

09 Bourdon 
Un matin, au sortir d’un rêve agité, Grégoire Samsa s’éveilla transformé dans son lit en une véritable mine.

10 Double bourdon 
Un matin, au soir d’un rêve agité, Grégoire Samsa s’éveilla transformé dans son lit en une véritable mine.

11 Épenthèse
Un matin, au sortir d'un rêve agité, Grégoire Samsa s'évenilla transformé dans son lit en une véritable vermine.

12 Négation
Un matin, au sortir d'un rêve agité, Grégoire Samsa ne s'éveilla pas  transformé dans son lit en une véritable vermine.

13 Insistance 
Un matin matutinal de très bonne heure extrêmement tôt, aux premières secondes de l’aube, au sortir -que dis-je- à l’évacuation, à l’échappatoire et même à l’exfiltration d’un rêve tumultueux, d’une hallucination cauchemardesque et frénétique, d’une psychose délirante et nerveuse, Grégoire Samsa, oui j’ai bien dit Monsieur Grégoire Samsa, LE Grégoire Samsa, s’éveilla, ouvrit les yeux et s’agita, transformé, chamboulé, transfiguré dans son pieu, dans son pageau, bref dans son pucier, en une véritable larve, une authentique et avérée vermine, une incontestable chenille, un indubitable parasite, quoi !
   
14 Ablation
Au sortir d'un rêve agité, Grégoire Samsa s'éveilla transformé dans son lit en une véritable vermine.

15 Ablation (autre)
Un matin, au sortir d'un rêve agité, Grégoire Samsa s'éveilla transformé dans son lit.

16 Double ablation
Au sortir d'un rêve agité, Grégoire Samsa s'éveilla transformé dans son lit.

16 bis Triple ablation
...

17 Contresens
Un chien, quittant une soirée techno troublée, grégaire, sensas’, réveilla, déguisée dans sa niche, une vraie chenille.   

18 Autre point de vue
Un matin, au sortir d'un rêve agité, une vermine s’éveilla transformée dans son lit en un véritable Grégoire Samsa.

19 Variations minimales
Un matin, au sortir d'un rêve alité, Grégoire Samsa s'éveilla transformé dans son lit en une véritable vermine.
Un matin, au sortir d'un rêve agité, Grégoire Samsa s'éveilla transformé sans son lit en une véritable  vermine.

20 Antonymie
Un soir, entrant dans une réalité paisible, Grégoire Samsa s’endormit inchangé sous son lit tel un erroné héros. 

21 Amplification
Très tôt à l’aube, s’expulsant d’un cauchemar convulsif, Grégoire-Grégoire de Samsa naquit transmuté dans son grabat en un irréfragable cancrelat.

22 Diminution
Tôt, Grégoire émergea vermine.

23 Permutation
Grégoire Samsa s'éveilla transformé dans son lit en une véritable vermine, un matin, au sortir d’un rêve agité.

24 Contamination croisée
a) On avait sûrement calomnié Joseph K., car Grégoire Samsa s'éveilla transformé dans son lit en une véritable vermine.
b) Un matin, au sortir d’un rêve agité sans avoir rien fait de mal, il fut arrêté un matin.

25 Isomorphisme
De temps à autre, sur les bords des chemins poussiéreux, Jean-Jacques Rousseau marchait, plongé dans ses pensées, en une féconde solitude.

26 Synonymie
A l’aube, après un sommeil perturbé, Grégoire Samsa ouvrit les yeux, changé en vraie blatte.

27 Fine déduction
La grande angoisse de Kafka quant à la pérennité de son œuvre littéraire le conduisit par exorcisme à transformer son double en blatte.

28 Contamination (autre)
Pendant plusieurs jours de suite des lambeaux d'armée en déroute avaient traversé la ville : Grégoire Samsa s'éveilla transformé dans son lit en une véritable vermine.

29 Isoconsonnantisme
En montant, senteurs dorées, vues jetées, grès guère censés s’envoyer tresses, fumées des salles neuves, tableaux verts menés.

30 Isovocalisme
Hein, parrain, au zoo, vilains bêtas, ils essaient quoi ? à m‘lâcher paye avant d’ôter gens dont si lent tu dédicaces tétines ?         

31 Isophonisme
Un mat hein hausse or, tire daim rets, vagis, tais Grégoire ! Sam, ça ? c’est veille à transe, : formez dents, son liant, hue, Nevers  y table, vers mine ! 
  
32 Boule de neige clinamenoïde (strict)
U
nm
ati
n,aus
ortir
d'unrêv
eagité, G
régoire S
amsa s'évei
lla transfo
rmé dans son l
it en une vérit
able vermine.FK.

32 bis  Boule de neige clinamenoïde 
ô
un
vif
beau
matin,
aube au
sortir ô 
enfin d'un
rêve assez
agité, sieur
Grégoire nom
Samsa remuant
s'éveilla (inoui !)   
transformé muté
dans son lit blanc 
en une véritable, ah !
vermine. Franz Kafka

33 Hétérosyntaxisme
Transformé en véritable vermine, c’est ainsi que Grégoire Samsa s’éveilla dans son lit un matin, au sortir d’un rêve agité.

34 Alexandrin(s)
Tôt un matin au sortir d’un rêve agité
Grégoire Samsa se réveilla transformé
Dans son lit en une véritable vermine.


35 Interrogation
Un matin, au sortir d'un rêve agité, Grégoire Samsa s'éveilla-t-il  transformé dans son lit en une véritable vermine ?

dimanche 16 juin 2013

Lumière

Démarrer un week-end parisien (du vendredi soir un peu tard au dimanche un peu tard aussi) ne peut pas mieux commencer qu'avec le plaisir d'être accueilli à Montparnasse par nos deux grandes filles.
Une intermittence dans l'espace et dans le temps me fait songer que ce sont les années qui passent qui nous attendent lorsque nous les apercevons à notre sortie de l'escalator.
Il est tard nous filons chez l'aînée qui nous héberge. Les réjouissances sont annoncées, une expo le samedi après-midi du côté de la Villette, un repas  de retrouvailles familiales en soirée et, le lendemain en fin de matinée, une autre exposition au palais du Luxembourg. Un bon équilibre avec des moments choisis, organisés et d'autres plus flottants et ambulatoires..
L'après-midi ce furent deux équipes avec jonction prévue vers 18 h 30 : Madame K avec notre cadette du côté du 18e, alors que notre fille aînée et moi direction Cité de la Musique. Me croirez-vous si je vous dis que je n'y avais encore jamais mis les pieds (ni les oreilles) ?
En arrivant sur place, j'appréciai les lieux sous le soleil. Les pelouses prises d'assaut, certains jeunes rollers n'ayant pas encore le permis, mais personne dans le canal.... On sentait le monde content de pouvoir profiter un peu.
Et une image, en plus de la géode publiée lundi dernier :


La tour de Babel ?

On entre et on commence par le musée, dans une visite de découverte. J'ai vraiment aimé les 5 salles et cette histoire des instruments, parmi lesquels j'ai retenu le luth symbole du brassage culturel. Les casques pour écouter sonner les instruments, pour déguster quelques extraits d'oeuvres sont utiles, encore faut-il ne pas s'emmêler dans les fils... 
Cela méritera une visite plus longue c'est promis pour bien apprécier cet ensemble, s'appesantir à certains endroits.
L'expo ensuite, Musique et Cinéma. 


Futée dans son installation, faisant référence à des films qui sont entrés dans l'imaginaire populaire du cinéma depuis un siècle, donnant une foule d'informations qu'elles soient anecdotiques ou plus pointues, cette expo ne se la pète pas, elle parle à tous et à chacun. 
Evoquant la relation film/musique selon que la musique existe avant, ou est composée après, ou encore pendant, l'expo permet de découvrir quelle place lui était réservée par les plus grands cinéastes. 
Des génériques de films à la pelle, une projection au niveau inférieur de grandes scènes où la musique et les images ne font qu'un ( la scène du barbier dans le Dictateur de Chaplin, sur du Brahms ; Gilda retirant langoureusement son gant ; Fred Astaire époustouflant ; les hélicos sur Wagner dans Apocalypse Now ; le célèbre coup de cymbales chez Hitchcock et tant d'autres, moins connus , moins exposés ... mais dont on se prend à penser qu'on a bien envie de voir le film !). On passe aussi devant un juke-box géant où l'on peut réécouter des morceaux, des chansons, gravés dans les mémoires.  
Et des interviews, autour des collaborations durables de duos célèbres compositeurs /cinéastes avec un fauteuil pour s'installer et, parmi d'autres exemples, l'excellent moment où Angelo Badalamenti explique comment il travaille avec Lynch sur les bandes originales de leurs films. 
Je n'en dis pas plus. C'est l'occasion de passer un très bon moment et d'apprendre une foule de choses. Allez voir ici !
Le soir, retrouvailles familiales, un excellent moment dont je dirai seulement qu'il en appelle d'autres, d'ici la fin 2013 ! 
Le lendemain, l'expo consacrée à Chagall au palais du Luxembourg m'a permis de faire plus ample connaissance avec un peintre que je connaissais fort mal, en dehors des grandes œuvres ultra-célèbres connues mondialement. 
Un imaginaire étonnant tutoyant volontiers le surréalisme mais en le "maîtrisant", des couleurs qui m'ont sidéré (le vert ci-dessous est particulièrement magique), les bleus et les rouges. 
La partie centrale de l'expo m'a un peu moins accroché, retraçant sa quête personnelle du sacré, une thématique qui est loin de m'interpeller. Elle n'en est pas moins intéressante dans la démarche de l'artiste où l'inspiration entremêle les traditions bibliques orientales et occidentales très librement au plan pictural. Esthétiquement cela donne - notamment sur des rouges- des tableaux presque explosifs. 
Cela valait le détour !          


Les Amoureux en vert 

Le Champ de Mars 

Au sortir de l'expo au palais du Luxembourg nous renonçâmes à l'incursion envisagée du côté de la Butte aux Cailles, ce sera pour une autre fois (puisque Paris ne finit jamais !) et avec espérons-le une météo plus favorable et des arpenteurs voyageurs moins chargés ! 
Traversant le jardin du Luxembourg, après avoir photographié le buste de Stefan Zweig, je sentis de fantomatiques présences ... 
  
Était-ce là une conversation ?

Ici un débat ?

Et là une confrontation ?

Un petit coup de métro plus tard nous étions plus proches de la gare de Lyon, endroit stratégique pour le  retour de la non-parisienne de nos filles. 
Et l'après-midi fut davantage empreint de bucolicosité, avec la pluie un moment calmée mais qui hélas nous rattrapa, et le temps passé ensemble passa par-dessus toute cette humidité. 
Du côté de Bercy, nous n'avions pas jusqu'ici traversé les jardins dans la zone des anciennes halles aux vins. 

Apaisant ...

Cet arbre m'a fait signe ! 



Quelques aménagements bien agréables, porteurs d'une ambiance qu'on ne s'attend 
guère à retrouver là, mais tout cela transporte ailleurs durablement... 

Dire que c'est passé vite est une évidence, mais les moments partagés ont été pleins, l'épaisseur du temps dans sa durée fut palpable. 
Marquant. Consistant. Plein. Léger aussi.  
On était bien.

jeudi 13 juin 2013

tautogrammatiquement-12

Mausolée Machinal Macchabée Maléfique
Macaron Mâchonné Miteuse Macédoine
Mangetout Maladif Mastiquant Magazine
Macramé Maculé, Malfaçon Majuscule

Marocain Magistral,  Malaga Madrilène
Maestro Malheureux, Mandarin Malhabile
Macadam Malvenu Morcelant Mandoline
Mahatma Maniéré Maintenant Manivelle

Marmiton Maoïste Maîtrisant Manigance
Majesté Maquillée Mannequin Magnétique
Maréchal Malotru Mafioso Manifeste

Malandrin Méprisé Manitou Malhabile
Madrigal Maladroit Malmenant Margoulette
Magenta  Minéral Miroitant Miniature

mercredi 12 juin 2013

Signes


J’avais un cheval 
Dans un champ de ciel 
Et je m’enfonçais 
Dans le jour ardent. 
Rien ne m’arrêtait 
J’allais sans savoir, 
C’était un navire 
Plutôt qu’un cheval, 
C’était un désir 
Plutôt qu’un navire, 
C’était un cheval 
Comme on n’en voit pas, 
Tête de coursier, 
Robe de délire, 
Un vent qui hennit 
En se répandant. 
Je montais toujours 
Et faisais des signes : 
« Suivez mon chemin, 
Vous pouvez venir, 
Mes meilleurs amis, 
La route est sereine, 
Le ciel est ouvert. 
Mais qui parle ainsi ? 
Je me perds de vue 
Dans cette altitude, 
Me distinguez-vous, 
Je suis celui qui 
Parlait tout à l’heure, 
Suis-je encor celui 
Qui parle à présent, 
Vous-mêmes, amis, 
Êtes-vous les mêmes ? 
L’un efface l’autre 
Et change en montant. » 





Plein ciel - Jules Supervielle



lundi 10 juin 2013

samedi


C'était donc avant-hier, il a fait beau avant que la pluie se réinvite en soirée et tout le dimanche ou presque...
Quelques mots et images sous peu de ce week-end parisien aux deux expos ...

samedi 8 juin 2013

Tautogrammatiquement-11

Vingt voyageurs volontaires verront vraiment 
Viatiques, valises, visas vadémécums
Vulgaires virgules verbales vacillantes
Voleurs vauriens, vilains vampires véridiques

Violente vendetta, vocables venin veules
Van Gogh vénézuélien vernissant verts vifs
Violoncelles vaudous valsant, vélins veinés 
Vers virtuoses virevoltant volubiles

Volutes vésuviennes voilant vieux vergers
Vaisseaux voilés voguant vrillés, vergues vibrant
Visages verglacés vagabonds violacés  

Vagues velues, vents vétustes, voix visitées
Vitres vides, visions vérités volapuk 
Vasques voltaïques, volcaniques vortex     

jeudi 6 juin 2013

Poussières


Fin de jour
L'érable frémit
Bruissement d'ombre
L'ombre sans limites
Se penche sur terre
Un grand laurier-tin
Se voile de nuit
Une ride coule
Peut-être une larme
La pudeur habille
Le cœur du bocage

Nuit
Le monde tourmente la nuit
Où mon âme s'avance
En peine de ses ombres
Désolation de mon âme
Gorgée de petits riens
Dans la longue allée de fusains
Nuit que l'on dit intérieure
Et même sans mémoire
Que d'aucuns percevront obscure

(c) poèmes de Jean-Pierre Boulic



Mazzy Star / Into dust 
(David Roback /Hope Sandoval)

mercredi 5 juin 2013

Rétrospectif

Décalages procrastinations intercalations pas de deux valse hésitation solitaire fluidités froissées 
fil à bout de sa raideur tendu   é    t    i    r    é  manquant se rompre 
                                                                                                                                 équilibre 
patient architecturé des jours habituels just in time où tout semble concorder right man right place s’accorder tomber à point pile. Pas cette fois. Minutes grignotées irrémédiables désormais écoulées crêpes retournées contre lui pression montant lentement gestes sûrs maladroits précipités nerveux risques fracas écart trop tard wrong man wrong  place trop tard écart plus tard sirènes arbre immobile à l’heure fracturé ... l’heure éparpillée








Note : Un matin, sur la route du boulot, au volant, l’idée m’est venue de ce texte juste après avoir été le témoin à chaud, passablement surpris et inquiet, d’un dépassement automobile qui se traduisit pas un écart aussi spectaculaire que dangereux quelques mètres plus loin.... 
J'ajoutai sur le coup cet épisode aux peurs rétrospectives.

lundi 3 juin 2013

Galop

Peut-être serait-il judicieux d'entamer chaque semaine de façon poétique, finalement ?

CHEVAL DES RÊVES

Superflu, me regardant dans les miroirs
avec un goût de semaines, de biographes, de papiers,
j’arrache de mon cœur le capitaine de l’enfer,
j’établis des clauses indéfiniment tristes.
j’erre d’un point à l’autre, j’absorbe des illusions,
je bavarde avec les oiseaux dans leurs nids:
et eux, souvent, d’une voix fatale et froide
chantent et font fuir les maléfices.
I1 y a un vaste pays dans le ciel
avec les superstitieux tapis de l’arc-en-ciel
et les végétations vespérales :


c’est vers lui que je vais et grande est ma fatigue,
foulant une terre retournée de tombes encore fraîches,
je rêve entre ces plantes aux fruits indécis.
Je passe entre les enseignements possédés, entre les sources,
vêtu comme un être original et abattu :
j’aime le miel usé du respect,
le doux catéchisme entre les feuilles duquel
dorment des violettes vieillies, évanouies,
et les balais, aux secours émouvants,
dans leur apparence il y a sans doute, cauchemar et certitude.
Je détruis la rose qui siffle et la ravisseuse anxiété:
je brise les extrêmes aimés: et plus encore,
je guette le temps uniforme, sans mesures
une saveur que j’ai dans l’âme me déprime.
Quelle aurore a surgi ! Quelle épaisse lumière de lait,
compacte, digitale, me protège !
J’ai entendu hennir son rouge cheval
nu, sans fers et radieux.
Je survole avec lui les églises,
Je galope à travers les casernes désertes de soldats
et une armée impure me poursuit.
Ses yeux d’eucalyptus volent l’ombre,
son corps de cloche galope et frappe.
J’ai besoin d’un éclair de splendeur persistante,
d’une parenté joyeuse qui assume mes héritages.

Pablo Neruda
Résidence sur la terre (1925-1931) 

dimanche 2 juin 2013

Brillant

Quelques trouvailles, que je mets en partage, puisées dans mes dernières lectures... 

« On ne sait jamais qui on est. Ce sont les autres qui vous disent qui et ce que vous êtes. On vous explique si souvent qui vous êtes et de si différentes façons qu’on finit par ne plus savoir du tout qui on est. Chacun dit de vous quelque chose de différent. Par ailleurs, on change sans arrêt d’avis. Si on ajoute à cela qu’on s’efforce de surprendre les autres en étant plusieurs personnes à la fois, ce qui, il est vrai, finit par arriver, on en vient à n’avoir aucune notion de qui on est ou pourrait être ».


(c) Enrique Vila-Matas in Air de Dylan

Du même auteur, d’une lecture plus ancienne, j’avais noté... entre autres : 
"... un ange est tout à coup passé dans un lieu aussi bruyant que celui-ci et j’ai senti que mêmes les êtres invisibles se cachaient." (le Mal de Montano)

Vila-Matas dont j'ai lu toujours avec un immense plaisir plusieurs ouvrages a toujours des angles d'attaque décalés, Air de Dylan cité plus haut commence par un colloque sur l'échec, le conférencier ayant comme objectif de faire fuir tout le monde avant la fin ! C'est de haute volée !  
Par ailleurs - antérieurement car paru en 2003-  Le Mal de Montanoconstruit en 5 parties, peut paraître déroutant, il est cependant époustouflant. 
On y retrouve le goût de l’absurde et de la mise en abyme de l’auteur et, au gré des pages, il y a toujours quelques éclairs et fulgurances qui font jubiler ou frissonner d’émotion. La question étant la littérature. Je vous renvoie à un éclairage impeccable ici, auquel je me contenterai d’ajouter l’ombre immense de Borges qui alimente le "substrat" de l'auteur, sans qu'il soit le seul vous l'aurez compris ! 


Le Mal De Montano de Enrique Vila-Matas