lundi 30 septembre 2013

Urticant

Quelques lignes me semblent nécessaires pour apporter certaines précisions sur la vie de quelqu'un dont on parle fort feu, trop peu, en réalité pas du tout, ces temps-ci. 
Pour des raisons obscures si ce n’est échappatoires en effet, il n’y a rien sur Marat, rien de rien sur le célèbre révolutionnaire affecté d’une maladie de peau, certes mort, mais dont on peut penser - hypothèse et interprétation un peu osée ou forcée j’en conviens – qu’il serait de nos jours un possible « confrère », puisque le directeur de la brochure l’Ami du Peuple tiendrait peut-être un blog pour peu que son ordi ou sa tablette soient étanches. 
Si Marat, Jean-Paul de son prénom, n’a jamais eu l’intention de devenir pape vers 1978, il n'a par conséquent pas davantage songé à changer de prénom pour s'appeler François, par contre son orientation  professionnelle a posé rapidement de gros problèmes à ses parents.
Il se signale par un comportement brutal qui l’amène à détruire violemment tout ce qui lui tombe sous la main. Marat casse. Il alterne des moments de repli sur soi et des périodes explosives. Dans ces moments en creux, on sent que Marat bout. Et comme chacun sait, Marat bouillu, Marat foutu.
Ses parents s’installent à la campagne, ce qui tombe bien, ils y étaient déjà. Ils vivent maintenant dans une grande demeure au beau milieu de magnifiques espaces verts et pensent tenir LA solution. Ils inventent le travail d'intérêt particulier et décident que le petit Jean-Paul (car il s'appelle toujours ainsi) aidera les jardiniers dans leurs tâches quotidiennes pour canaliser son énergie débordante. 
C’est ainsi que Marat tond.
Très exactement 40,195 kilomètres de pelouse par semaine.
Mais cela ne dure qu’un temps comme aurait pu le prévoir n’importe quel visionnaire de la trempe d’Elisabeth Féchier. Préférant noyer le poisson, Marat se casse.
Il est en âge de filer sur Paris mais il a du mal à subsister. Sans ressources, tel un mendiant, Marat quête. Toute occasion est bonne pour quémander, partout, sur les places, dans les rues que Marat longe. Il prend toutefois le temps de créer le concept de marasme.
Cela s’arrange fort heureusement et la suite de sa vie n’est que littérature, avec son journal  qui lui apporte la renommée, si bien que tout le monde connaît Marat. En effet, grâce à cette publication, Marat dit haut ce que certains pensent tout bas.
La suite de la suite, c’est-à-dire sa maladie, sa mort, ne sont qu’histoire et je n’en dirai pas davantage car chacun sait comment, ultime stade, Marat cana.

samedi 28 septembre 2013

Toc

Allez savoir pourquoi, je suis toujours sensible et attentif aux mots qui flottent puis se posent ici  et là, à l’oral et à l’écrit.
Dans les articles, discussions ou entretiens, vécus, lus ou encore entendus dans les médias, vous aurez remarqué comme moi certaines habitudes, des insistances qui persistent en prise directe avec l’air du temps ...
Des mots fleurissent, vont et viennent, finissent par s’incruster, rester au point qu’en dehors d’eux il semble n’y avoir point de salut pour être... compris ?? Reconnu ?
Ah ...l'air du temps, cette espèce de moutonnisme grégairement panurgique, auquel personne n’échappe vraiment. Car soyons honnête, malgré une vigilance certaine, je m’y laisse prendre et cela ne manque pas de me laisser interdit lorsque je m’autoflagrandélise. 
Dans une langue qu’on souhaite toujours en mouvement, quelle est cette curieuse manière irrépressible (?) d’employer un mot qui  -au fond- n’est pas satisfaisant, n’est vraisemblablement pas celui qu’on aurait choisi d’emblée... S’y cacherait-il une insidieuse aspiration à la reconnaissance et au conformisme ?
Evidemment ils existent ces mots, mais ils me sont irritants.
Ces mots en pâture, en une surenchère boursouflée, sonnent le creux, ressemblent à une impasse, constituent une pâle pitance, un vague brouet.
Et j’attends impatiemment que mes oreilles ouvrent grand leurs yeux de surprise et de contentement parce qu’enfin un formidable, un incroyable ou un remarquable parmi tant d’autres aura remis quelque temps énorme à sa place... et renvoyé dans les cordes tout ce qui est tout le temps hallucinant.
Je verrais d’un bon œil aussi que le trop fameux « j’dis ça j’dis rien » cède la place à un silence pertinent et de belle tenue (et je suis poli !). Il serait bien qu’on arrive au moins à cela, et non pas à minima.
Je veux me réjouir de ne plus entendre jubilatoire ou de constater que la consommation de psychotropes est en baisse car il y a nettement moins de « que du bonheur !»
Que l’on s’en occupe, qu’on s’en charge, qu’on le fasse mais surtout qu’on arrête de « gérer » ! Qu’on y parvienne, et je sens que je vais apprécier fortement plutôt qu’adorer.
Et si en passant, tiens, au diable l’avarice, nous pouvions contourner très largement incontournable pour revenir à l’essentiel, au recommandé, à l’indispensable, voire l’inévitable, cela (me) ferait un bien fou.    
On pourrait prendre ses distances aussi sans trop de regrets avec l’utilisation improbable invraisemblable, inadaptée et incertaine, d’en même temps pour laquelle un effort impose. En même temps, (pardon, une rechute !) :  Même si, alors que, cependant, mais –au choix-  ce n’est pas facile. 
On pourrait s’y coller... un petit peu complètement et se délivrer de ce grand n'importe quoi fatras.
Et je rêve d’entendre gronder un océan de variations en lieu et place de la pauvre flaque sèche et poussièreuse servie trop souvent. « Exactement ! Evidemment ! oui ! » c’est clair :

Et je prendrai soin de ne pas conclure avec un « voilà ! »

;-)

vendredi 27 septembre 2013

Stupidités



Chère paul(A)
par deux fois cette année vous recommandâtes ici-même la lecture de "Mon Chien Stupide" de John Fante.
Suivant (enfin...) cette recommandation, je me le procurai cet été, légalement.
Avec l'idée de découvrir un auteur -soit écrit en passant- dont je n'avais rien lu jusqu'ici.

Je ne saurais trop vous remercier de m'avoir ainsi aiguillé et d'avoir en quelque sorte insisté.
En un peu plus de cent-cinquante pages, le tableau est dressé, magistral.
Je ne vais rien révéler, volontairement, pour ne pas gâcher la découverte.
Nous sommes plongés au cœur d'une famille qu'on pourrait qualifier de dysfonctionnelle selon les termes à la mode, à moins qu'atypique n'en dise moins en suggérant plus, et que bordélique soit plus cru.
Justement, cru, c'est le registre utilisé pour décrire les relations et rapports ambiants dans ladite cellule familiale.
Un chien - énorme- va débouler dans le jeu de quilles en cours et ça ne va pas être triste : il jouera le rôle de catalyseur ou de révélateur.
Tout va partir en vrille, ce sera à la fois tragique et drôle, percutant et ironique, vachard et incorrect, dans un récit découpé en vignettes, avec des chapitres plutôt courts, numérotés de 1 à 25. Du rythme donc, sans qu'on perde haleine pour autant. Certains moments plus posés, extrêmement flottants et incertains, permettent de saisir ou palper le désespoir.
Le narrateur donne dans l'auto-dérision, c'est le père, écrivain passablement raté, qui confie qu'il entame tout le temps de nouveaux romans. Et tout y passe, les rapports avec son épouse, avec leurs quatre enfants, ce qui constitue inexorablement un tableau désastreux et désabusé des rêves déchus.
Ne pas croire pourtant que l'on referme le livre pratiquement neurasthénique...Non !
Plutôt avec une solide envie de le relire, ce qui ne tardera pas. Sa richesse et sa profondeur permettent me semble-t-il une relecture telle une dégustation.
Et pour finir, j'allais oublier de dire que cela m'a remis en tête qu'un bar nantais porte ce nom !
Et que Stupide, c'est le nom du chien !!!


mercredi 25 septembre 2013

Rêvasser

C'est bien l'état plus qu'agréable dans lequel je me trouvais à certains moments, samedi dernier !
Il devait être trois heures, j'étais en excellente compagnie : nous nous promenions, madame K et moi, tranquilles et estivaux, dans l'île de Nantes.
A la recherche de surprenances, comme dans un voyage tout près. C'était bien. L'appareil photo à portée de main.
La suite en deux photos.
Un chat a surgi.



Le chat sur le mur de La Fabrique, lieu culturel de création multimédia.




Plus avant toujours dans l'île, une école.

L'aménagement de l'île s'appuie sur une démarche globale qui me semble intelligemment pensée et réalisée. J'en veux pour marque l'ambiance de l'endroit fort prisé. Vaste et ouvert à tous, il préserve l'histoire aussi en intégrant les anciennes constructions, hangars et autres vestiges de l'activité fluviale. 
J'aime y voir une certaine harmonie où demain, innovant et toujours changeant, y rencontre hier en étant respectueux, sans l'oublier ni le renier.

lundi 23 septembre 2013

Quantifier


Quand le voyage à Nantes emprunte le trajet de ceux de Gulliver...


Enfin prendre la mesure des choses.

samedi 21 septembre 2013

Périssable

Prêts pour une enquête ? Que dis-je, une investigation ! 
Le souci de précision presque maladif qui me caractérise m'amène très souvent à étudier éplucher  inspecter  (non plus) lire (oui !) de A à Z les notices, les emballages, ce que je mets sur le compte à la fois de ma traque effrénée de la dimension poétique de l'éphémère dans sa splendeur dérisoire, de ma volonté de donner une image de consommateur averti à qui on ne la fait pas, et d'une habitude contractée très petit où, même avant l'âge officiel du plein apprentissage de la lecture, je lisais absolument TOUT ce qui me tombait sous les yeux, ou sous la main, y compris les lettres de la marque du frigo, dont j'avais sûrement eu une prescience de la dimension poétique (donc) de ses basses températures.
C'est donc parce que  vous êtes peut-être passés à côté de merveilles et autres plaisirs que je m'en vais vous conter de ce pas, dans une sorte de voyage au pays des étiquettes (ou : la péremption,comment ça marche ?), ce que j'ai découvert. 
Sans être péremptoire, la péremption, c'est - vous le savez bien - le fameux "à consommer avant" ou "jusqu'à"... mais plutôt "avant", amis du marketing, bonjour, et merci de nous mettre la pression, y compris sur la petite bouteille de tabasco et autres canailleries au piment  qui, question périssable, ne craignent pas grand-chose. Car, avouons-le, un amateur - même moyen- de piment achètera dans sa vie de mangeur de piment combien de bouteilles, hein ? Allez, pas des tonnes, et en plus c'est même pas vendu en packs de 12. Parce qu'alors, si c'est plus, il risque de se faire coffrer comme trafiquant.
Selon le produit, c'est bien connu, l'emballage change. Mais ce sera bien la seule chose.
Car il y a des constantes. Jugez-en.
Je prends mon pot de moutarde, au hasard dans le placard à provisions, et, pour monter une vraie expérimentation scientifiquement valide, n'importe lequel dans le pack de 12. J'avais une idée avec l'opercule fraîcheur, la capsule jaune, vous voyez. Eh bien, que lis-je ? "à consommer de préférence avant la date indiquée sur le sceau de garantie". J'ai bien fait de le lire avant car d'habitude le sceau de garantie il est direct poubelle après ouverture et adieu la péremption. J'ai donc ouvert un petit calepin et j'ai noté le renseignement pour ce pot (type verre à moutarde, rangé en haut à gauche de la 2e étagère, côté droit , le jour de l'observation) cette fameuse date, pour anticiper sur la connerie inévitable du sauvage qui ouvrira ce pot en saccageant le sceau de garantie.
Poursuivant mon enquête, et tirant de plus belle sur ma pipe, tel un commissaire Maigret dubitatif mais pugnace, j'empoignais une conserve au hasard et je lus : "à consommer avant voir date sur l'un des fonds de la boîte". Ce qui renforça mon air interrogatif. Le fond, oui mais lequel ? Intérieur ? Extérieur ? Haut ? Bas ? De quoi rester songeur, même si les boîtes dans leur grande bonté n'ont que DEUX fonds.
Je redoutais de découvrir bientôt une mention du genre " à consommer de préférence avant d'avoir ouvert", si ce n'est " à consommer de préférence avant solution dans notre prochain numéro".
Persévérant, je trouvai ensuite un " à consommer de préférence avant voir date figurant sur emballage".
Euh, ça tombe bien, je viens de tout verser le contenu dans un saladier, j'ai déjà balancé le reste. Enquête dans la poubelle, bref, je vous passe les détails, le marc de café, le gras du poulet... et puis ils pourraient pas causer français non ? Z'avez vu la tournure des phrases ? La syntaxe, MERDE !
J'ai aimé "à consommer de préférence avant voir ci-contre", ce qui nous mettait exactement à trois millimètres sur la droite et je me demande encore pourquoi ils ne l'ont pas écrit directement avant ci-contre.
C'était du poivre, peut-être que ça a un rapport ?
Je n'insisterai pas non plus sur une délicate formule " à consommer avant (jour) (mois) (année)date limite d'utilisation optimale ", écrit sur le rabat d'une boîte de céréales, rabat que l'on explose complet en ouvrant, vous l'auriez parié, car en plus ils ont raté l'oscar de l'emballage...
Non, j'ai une petite faiblesse, pour "à consommer de préférence avant voir au dos" avec ses variantes "voir sur le côté" (ça doit être de profil ) ou encore "voir au dos du paquet" ce qui constitue une précision d'expert entomologiste indispensable, car j'étais déjà parti chercher dans le dictionnaire...
Instructif, un peu inattendu, j'ai appris des choses ... Bref, ce petit périple du genre " envoyé spécial chez moi", bonjour je vous parle en direct de mon  placard à provisions valait le (petit) détour.
Même si j'aurais aimé lire une petite formule du genre "à consommer avant le cachet de la poste faisant foi... dans le dos". 

Allez, ce sera pour une autre fois.

vendredi 20 septembre 2013

Options

Il y a quelque temps (est-ce moi ou est-ce vraiment si lointain ?) j’étais en plein toilettage de cet espace –au moins graphiquement- avant le retour et la reprise. 
Rassurez-vous, c’était tellement intensif question cadence qu’à côté un feignasse dilettante désinvolte serait passé pour un stakhanoviste acharné obsessionnel. Bien. Quelques litres de sueur plus loin, le résultat fut une nouvelle bannière, et c’est sans aucun doute à ce jour le plus visible des changements. Et c'est bien normal puisque j'ai rien fait les autres ne se voient pas, si jamais ils surviennent.
Ajoutons que les catégories -ou libellés- ne devraient pas changer, ou peut-être en ajouterai-je si nécessaire après m’être réuni. Si jamais je coïncide. 
Précisons que l'art est flexion la réflexion s’est exercée aussi sur le contenu et cette fois-ci on peut comparer la récolte à un brainstorming lors d’un symposium d’huîtres. N’ayant pas d’intention  particulière, je me suis retrouvé batifolant, creusant des pistes, évoquant des propositions à me faire à moi-même avec le grand luxe de pouvoir me les refuser et de ne m’en prendre qu’à moi-même, ou bien griffonnant des idées de billets.
J’en ai noté, certes, notamment pour le labo OuLiPien et ça se met en place, tranquillement, à défaut de grouiller.  
Je me suis aussi replongé dans des cahiers anciens contenant des bribes, des miettes, des bouts de poubelles et je me suis dit que je pourrai peut-être en tirer quelque chose, réactualiser... En bossant un peu. Cela devrait pouvoir se faire. Quelques croix sont apparues sur les pages au fil de la « sélection ». Impitoyable évidemment. Et quelques vagues imprécisions ont essayé de surgir mollement. Cette idée de revisiter m’a peu à peu séduit, je ne sais pas si elle est bonne. On verra...
En attendant, je mettrai en ligne dès le prochain billet une redif, un truc publié il y a quelques années, un peu légèrement modifié. Aura-t-il résisté à ce dont il traite ? Mystère... 

mercredi 18 septembre 2013

Noté

J'ai la fibre nerudienne ces temps-ci. Un premier picorage plus loin ça donne :

...
" Dans le silence le vent grandit
avec sa feuille unique et sa fleur fouettée,
et le sable qui n'a pour lui que tact et que silence,
n'est rien, il est une ombre,
une foulée errante de cheval,
il n'est rien qu'une vague accueillie par le temps,
car toutes les eaux s'en vont vers les yeux froids
du temps qui regarde sous l'océan "
...

extrait de "Le sud de l'océan" 
Pablo Neruda
Résidence sur la terre II


à suivre...

mardi 17 septembre 2013

Musical

Notre agenda de la saison est choisi, du moins jusqu'en mars. 
Et on pourra improviser... si ça se présente ! 



Un extrait ? 
David Murray jouera peut-être Sorrow Song...



dimanche 15 septembre 2013

Liens

1.
Les cerises.

Jean-Baptiste Clément croise l'épinette.
Pierre Mendes-France veille, tout à côté.
Régulièrement je les vois.
Leurs noms.
Je chausse mon vélo et enfourche les rues et les chemins.
Belle perpective au bout de la course que de rallier la médiathèque.
Le final n'est pas mal.
Mon parcours vers les livres se termine en arrivant par la rue Pablo Neruda.
Cela pourrait tomber plus mal, non ? Un coup d' œil sur la plaque, à chaque fois, juste avant de franchir la porte d'entrée.
Et chez vous, tiens, quelle rue accueille la bibliothèque ou la médiathèque que vous fréquentez ?


2.

Cerises, luttes, livres...

Juste avant de mourir à Santiago, emporté par un cancer, moins de quinze jours après le coup d’État, le poète communiste Pablo Neruda ajoutait quelques strophes à son autobiographie publiée sous le titre J’avoue que j’ai vécu, ainsi rédigées : « Les œuvres et les actes d’Allende, d’une valeur nationale inappréciable, exaspérèrent les ennemis de notre libération. Le symbolisme tragique de cette crise se manifeste dans le bombardement du palais du gouvernement ( …) : des pilotes chiliens attaquaient en piqué le palais qui durant deux siècles avait été le centre de la vie civile du pays. J’écris ces lignes hâtives pour mes Mémoires trois jours seulement après les faits inqualifiables qui ont emporté mon grand compagnon, le président Allende. »
(c) source Mediapart


3.
Comment ne pas ajouter ....


4.
Mise à jour 20h02 ce dimanche 
La très judicieuse suggestion de Colo dans son commentaire est en réalité indispensable. 
Et donc... 

Ici, la très belle chanson hommage de Julos Beaucarne à son  propos.

Et là, le plus simple, c'est de l'écouter. 
Victor Jara.





vendredi 13 septembre 2013

Kyrielle

Numéro 14 dans la série "tautogrammatiquement votre"...
C fait !  Et il me reste encore les lettres D E G L N R...

 * * *

Clarinettiste concertiste contrarié constituant collection cinquante-cinq curiosités cherche :  cantatrice chauve, caniche coulissant, canoë coulé, complice compétitif, conteur convaincu, colloque colossal, colosse local,
carapace coopérative, champignon crédible, concasseur content, colvert compatible, cosmétologue côtier,
choucroute collector, chic choquant, chocolat chaud, cachalot chat, corbeau constrictor, condor chiche,
consommateur corrosif, caramel chilien, cybernaute cubique, calebasse chinoise, confiture centrale, charabia clair, cinéma cintré, cintre cinglé, cingle cintré, chaloupe cimentée, chicano chicaneur, chou clignotant,
canard convertible, cloporte clouté, cariacou confus, chimère concave, chasseur ciblé, citronnade carrelée, catapulte coincée, coqueluche conique, chocottes classées, chiffe collante, chenapan compulsif, cloque chevelue, cagoule calcaire, cirque circulaire, chevauchement chevalin, chiasse ciblée, cruche crochue, coupure curieuse, croupier cryogène, contact chimique, cultivateur culturiste, culturiste cultivé, cultivateur cultivé, crotale croustillant, coquelicot congolais.




mercredi 11 septembre 2013

Jardins

Après l'échappée belle fin juillet à Chaumont sur Loire pour le Festival des Jardins, nous sommes restés plus près, beaucoup plus près il y a quelques jours en profitant du soleil d'un samedi après-midi, le temps d'un trajet en tram en une petite demi-heure.
Le Jardin des Plantes, le lieu dont il s'agit, près de la gare, abrite depuis plusieurs semaines quelques créations et surprises qui ne pourront que réjouir les amateurs des œuvres de littérature de jeunesse.
C'est l'occasion d'une visite très agréable dans l'idée de prolonger l'été et de prendre l'air en pleine ville avec un jardin conçu et aménagé pour qu'on n'y ressente pas vraiment l'affluence. Précieux, non ?

Mais revenons aux créations, fort réjouissantes... Une belle idée, appréciable, pour le plaisir et la surprise certes, mais aussi pour populariser l'univers à la fois onirique et loufoque de cet auteur.



 Faire vivre les poires...



 Georges, si c'est toi, où es-tu ?


Rêve-t-il à la leçon de choses de Queneau ?


Il semblerait que quelqu'un caché nous observe...

mardi 10 septembre 2013

Imparable

Imparable. 
J’aurais pu titrer indiscutable ou impressionnant.


Je viens de terminer, espacée sur 6 mois, la lecture des dix romans 
qui composent le cycle « le Roman d’un Crime » écrit à quatre mains 
par les auteurs suédois Maj Sjöwall et Per Wahlöö entre 1965 et 1975.
Une série que j’ai entamée par « Le Policier Qui Rit » (tome 4) après 
lecture d’un billet ici de l’excellent Leunamme : 
merci une fois de plus, camarade !


J’ai enchaîné avec Roseanna -le tout premier- qui 
a confirmé l’appréciation précédente.
J’ai eu, parvenu à ce stade, le projet de lire 
les « meilleurs » recommandés ici et là par les 
lecteurs de la série. J’avais donc pensé poursuivre 
avec le 7, 9 et 10.
Et puis, patatras. Non. 
Pourquoi trier, pourquoi amputer ?
Finalement j’ai tout pris dans l’ordre !



Et c’est vraiment ce qu’il y a de mieux, expérience faite, si l’on veut 
s’inscrire dans l’évolution décrite des personnages et des situations, 
lesquelles croisent admirablement le récit policier procédural et l’observation 
sociale de la Suède de ces années-là en mettant à mal le fameux modèle social-démocrate. 
Est-il besoin de préciser que ces aspects politiques tracés avec une acuité 
pénétrante restent d’actualité quarante ans plus tard... Et constituent un 
pan passionnant de la série... qui va même s'amplifiant dans les derniers tomes. 



L’évolution stylistique narrative des auteurs est à noter aussi avec des 
récits qui se densifient, se complexifient en des trames toujours bien ficelées 
sachant maintenir le suspense, sans la moindre surenchère, sans artifice. 
Cette remarquable économie de moyens, cette rigueur réaliste permet de 
coller  au plus près des vies de tous les personnages attachants qui traversent 
les romans. 

Martin Beck en est le héros mais il n’est pas omniprésent, les équipiers qui l’entourent sont loin d’être des silhouettes dans un décor et prennent corps 
et vie, ont toute leur place et leur rôle en un vrai travail d’équipe qui ne signifie pas pour autant convergences de vues et de méthodes... Rien n'est décidément simpliste dans les romans de Sjöwall et Wahlöö et cela n'étonnera personne. 

Les parcours seront différents, un des flics démissionnera pour être en accord 
avec lui-même, et cela nous est raconté sur un tempo lent, avec toute leur 
place laissée aux temps morts, aux erreurs ou fausses pistes, à l’attente. 
Et ne négligeons pas quelques répliques bien senties, car l’humour a sa place aussi , tout comme l’absurde, davantage mis en avant par certaines situations.

Cette oeuvre est généralement considérée comme la pièce fondatrice du polar suédois ou scandinave, et même si je laisse la responsabilité de cette assertion à leurs auteurs, je veux bien les croire sachant toutefois que le polar "nordique", je le fréquente relativement peu et le connais très mal... 

Ce qui est sûr est que cette œuvre au long cours procure un plaisir de lecture social-romanesque que j’ai rarement connu dans ma fréquentation régulière du genre policier moderne. 

Voici les titres dans l’ordre chronologique :


  1. Roseanna
  2. L'homme qui partit en fumée
  3. L'homme au balcon
  4. Le policier qui rit
  5. La voiture de pompiers disparue
  6. Meurtre au Savoy
  7. L'abominable homme de Säffle
  8. La chambre close
  9. L'assassin de l'agent de police
  10. Les terroristes
   

 

vendredi 6 septembre 2013

Histoire(s)

Si l'on s'y prend bien, même sans suivre, d'année en année, on tombe toujours sur un anniversaire, une commémoration ou une célébration, un bicentenaire voire un jubilé. De là à penser que c'est jubilatoire, il y a un pas ou une marche, un canyon, enfin bref...
Cela se pratique aussi bien pour les naissances que pour les morts dans le cas de personnages célèbres, et cela s'étend aussi à la date de création des œuvres. Une manière de ne s'arrêter jamais. 
Cette réflexion m'est venue il y a peu alors que je regardais un peu distraitement à la radio un reportage à ce propos, mais je dois avouer humblement ne pas me souvenir de quel événement il s'agissait.
Et cela n'empêchera d'ailleurs en rien que la poussière, ultime, retombe et se dépose. Avant qu'elle ne recouvre tout, je vais lever un coin de voile, soulever un peu le tapis et proposer quelques révélations, quelques petites choses que vous aimeriez peut-être (?) savoir à mon sujet. 
Histoire de rétablir les choses.
En 1899, je n'étais toujours pas né. En 1900 je pense me souvenir que non plus, c'est-à-dire toujours pas. C'est en 1910 que j'ai fêté - je ne sais plus exactement où ni dans quelles circonstances, mes moins 50 ans. Peu après, enfin 9 ans plus tard, je félicitais personnellement Georges Clémenceau pour le Traité de Versailles et j'en profite d'ailleurs pour lui rappeler qu'il ne m'a toujours pas rendu le stylo que je lui avais passé juste avant la signature (Georges, s'il te plaît...).
C'est en 1929, oui, que j'ai réussi à juguler la crise économique à l'aide d'un tournevis cruciforme n°8. J'étais désâgé à ce moment-là de -31 ans, ce qui prouve une nouvelle fois que la valeur n'attend point le nombre des années. A force d'expérience, je finis par rajeunir, il faut dire que je me rapprochais de ma naissance et c'est ainsi qu'en 1939, je repoussais vigoureusement les Allemands à Poitiers. 
N'épiloguons pas sur le fait qu'en 1949, le train Paris-Bordeaux a battu le record d’Europe de vitesse moyenne avec 131 km/h... car ça n’a rien à voir. D'autant que je n'avais pas encore mon permis de locomotive. En 1959, moi qui suis toujours à l'heure, j'étais en retard au mariage de mes parents, je ne me le suis jamais expliqué. Toujours est-il que pour me rattraper, je vins officiellement au monde en 1960.
Passablement lent, je ne fis mon premier pas qu'en 1969, sur la Lune. En 1968, vers mai-juin, je replaçais, éternel recommencement entre deux bagarres, tous les pavés dans les rues où ça chauffait, du coup il n'en a pas manqué. A ce rythme, j'étais hyper entraîné pour le marathon des Jeux Olympiques de Mexico que j'empochais haut la main, c'est un hold up. Vers 1972, j'ai réussi à permuter pendant un quart d'heure la Tour Eiffel et la Tour Montparnasse sans que quiconque s'en aperçoive. En remettant la Tour Eiffel à sa place, je l'ai remplacée par une réplique parfaite en allumettes. En 1975, je poursuivis ma jeunesse sportive sans la rattraper mais en gagnant le Tour de France devant Bernard Thévenet avec deux jours d'avance au classement général. En 1979 et même 1980, je fis une pause, histoire de m'économiser un peu. Marié en 1986, je me consacrai à ma famille, puis en 1989, parfaitement dispos, je démontai entièrement le mur de Berlin et écoulai les briques la nuit en remorque furtive. Auparavant, lors des cérémonies du Bicentenaire de la Révolution Française, j'avais planté moi-même tous les arbres de la liberté. Puis ce furent les années 1990.
J'assistai au procès de Landru affublé d'une barbe postiche. En 1995 je récupère et mets en compote toutes les pommes gaspillées par Chirac pour la présidentielle (...il en reste, d'ailleurs). Je gagne -seul, contrairement à la légende - la Coupe du Monde de foot en 98, vous voyez bien que c'était pas truqué.
Je termine les yeux fermés en 99 et incognito l'ultime film de Kubrick. Je surveille et empêche le bogue de l'an 2000 à Troyes. En 2002, je m'occupe personnellement d'échanger les francs en euros.
Voilà. Il fallait rétablir. Même si ce n'est pas tout.
Et vous comprendrez que certaines choses plus futiles mais plus confidentielles n'aient pas leur place ici. 

NB: toute ressemblance avec des personnes ou des faits existant ou ayant existé est purement volontaire que je l'ai fait un peu exprès.

mercredi 4 septembre 2013

Goûteuses

C'est la période idéale par ici pour les poires.
Nous les recueillons sur nos petits poiriers : jusque là, normal, tout va bien !
Que ce soit avant qu'elles ne chutent au sol ou bien alors qu'elles viennent juste de se livrer à la gravité.

Nous les posons alors quelques jours ici :


Et nous constatons et surveillons avec envie le passage subtil du vert au jaune qui donnera le signal de la dégustation.

Aujourd'hui, ce fut le cas, en un repas solo que j'ai conclu avec cette poire fondante à souhait et suavement goûteuse.


La corbeille que vous avez en image contient encore aujourd'hui quelques espoirs de régal qui seront des promesses tenues pour les gourmets !

lundi 2 septembre 2013

Fichtre !

Comme prévu, si ce n'est promis, la série de tautogrammes devant couvrir l'alphabet entier reprend.
Quelques lettres restent au menu. Les exercices viseront comme les derniers temps (en mai et en juin) à adopter quelques formes codifiées pour essayer de stimuler la formule.

Aujourd'hui... A.
Ah ?


Approximatif Aztèque Aérostatique
Alambiquée Allégorie Alémanique 
Anecdotique Anticonformiste Artistique
Atmosphérique Aquarelliste Acrobatique

Apolitique Anthropologue Aromatique
Amazonienne Alopécie Asymétrique
Authentique Australopithèque Anachronique  
Audacieux Archéologue Apocalyptique 

Abominable Ayatollah Antiseptique
Assassin Anesthésiste Anthropométrique
Apoplectique Ambulancier Amphigourique

Amphibien Anticlérical Anthologique 
Arithmétique  Analogie Asymptotique
Acoustique Acronyme Aérodynamique 

dimanche 1 septembre 2013

Erdre

Des silences s'accumulent porteurs d'espoir.
Une attente muette comme un grondement intérieur sourd.
On distingue l'invisibilité dans son épaisseur affairée sur la scène circulaire plongée dans le noir obscur.

Ces moments se répètent, se renouvellent, inestimables dans leur part d'inconnu.
Passages. Passerelles.

On devine des mouvements.
ILS arrivent.
Prennent place. Pas un mot encore et, déjà, des notes s'élèvent. Premiers accords.
Les premières minutes nous emmènent vers les sommets.
Eux, et nous, n'en descendront pas pendant une heure trente.
Exceptionnel , et tellement simple, comme marcher, ou respirer...


Michel Portal Unit avec Daniel Humair, Bruno Chevillon, Vincent Peirani.
Un reportage sur les RV de l'Erdre ici avec quelques mots de MP (2 premières minutes)