vendredi 31 janvier 2014

mercredi 29 janvier 2014

lundi 27 janvier 2014

Musiques souterraines air libre grands espaces

Sans doute trop confidentielles alors qu'elles sont formidables et portées par des musiciens et compositeurs excellents et passionnés, voilà ce que je me disais en sortant des deux concerts de la semaine dernière.

Car musicalement ce fut aussi chargé que riche et plein de belles rencontres.

Ce fut comme un rendez-vous amical avec Jean-Marie Machado, que j'ai déjà applaudi quatre ou cinq fois en concert et que j'apprécie énormément.
Esprit ouvert et curieux, comme en témoignent les projets et collaborations foisonnants qu'il a menés, excellent pédagogue, pianiste compositeur chaleureux et simple.
Avec Dave Liebman (saxophone, flûte) et  le quatuor Psophos ( Eric Lacrouts, violon / Bleuenn Le Maître, violon / Cécile Grassi , violon alto / Guillaume Martigné, violoncelle) la soirée fut un pont entre le jazz et la musique de chambre. 
La vue sur le pont valait le déplacement, on pouvait poser son regard sur les paysages sonores environnants de ce projet qui portait magnifiquement son nom : Painting notes in the air.

Vendredi ce fut tout autre chose avec le quintet de la flûtiste compositrice syrienne Naissam Jalal qui nous a lentement mais sûrement envoûtés, j'en veux pour preuve l'extrait ci-dessous qui a conclu la deuxième partie de leur set. Là encore l'engagement , la complicité et le plaisir de jouer furent palpables, d'une intensité qui a suscité un joli partage avec le public et de belles émotions. 
Je les cite tous, c'est la moindre des choses : 
Naïssam Jalal (flûte, percussions) Mehdi Chaib (saxophone) Karsten Hochapfel (guitar) Matyas Szandai (double bass) Francesco Pastacaldi (drums)

Un extrait : Beirut

samedi 25 janvier 2014

Déplier et farcir

Déplier puis farcir. Servir frais.  


Un avant-bras
Un avant pris dans la mêlée y laissa un bras.

Un aide-mémoire
Un aide de camp permettait heureusement au général de pallier ses pertes de mémoire.

Le casse-pied
Le casse se déroula sans heurts au point qu’il put même s’enfuir à pied.

Un coq à l’âne
Un coq au vin fut servi par erreur à l’âne.

Le dessous-de-plat.
Le dessous de l’affaire ne pouvait être évoqué sans mettre les pieds dans le plat.

La descente de lit
La descente de police trouva les complices au lit.

Le porte-bébé
Le porte à porte ne permit pas de retrouver le siège de bébé.

Le fric-frac
Le fric avait été dissimulé dans un frac.

Le demi-sel
Le demi fut bu sans mousse même si cela manquait de sel.

Le hors-jeu
Le hors-la-loi était décidément loin de jouer franc jeu.

Le rabat-joie
Le rabat était par chance resté en place malgré la chute du livre et il reprit sa lecture au chapitre « joie ».  

Le tout à l’égout
Le tout fut prestement déchiqueté puis confié aux bons soins de l’égout.

Le vide-ordures
Le vide du parking l’étreignit, la solitude lui pesait alors qu’il était massacré par ces ordures.

Le quatre-quarts
Le quatre quatre creva et ne descendit l’escalier qu’aux trois quarts.

Le gratte-papier
Le gratte-ciel n’abritait qu’un empire de papier.

L’homme-tronc
L’homme dépité par ses malheurs avec l’abattant alla pisser contre un tronc.







jeudi 23 janvier 2014

VU

Dans l'exercice pratiqué déjà à trois reprises de l'AVION, avion pour abréviation, il manquait malgré tout une pièce dans ce puzzle à l'envers.
Après avoir dynamité un polar miteux (Cousu de fil blanc devenu, pour oublier, Coude blanc), un roman peu connu d'Orwell (1984 transformé en 14) et une pièce de Molière (Les Fourberies de Scapin rebaptisée pas si vite que ça Fissa) , il m'a semblé qu'il fallait monter le niveau, prendre de la hauteur. 
Pas question de survoler le sujet. 
C'est ainsi que j'ai lâché du lest, j'ai décollé en montgolfière, j'ai rêvé de planeurs et d'hélicoptères... et même, chut, d'oiseaux blancs.

Ce qui donne ceci. (La "fiche technique" est en bas de page.)



  
sous l'avion, creusaient déjà leur sillage d'ombre dans l'or du soir
ainsi les trois avions postaux de la Patagonie
le son de ce moteur lointain devenait de plus en plus dense
Rivière regardait Pellerin
or Robineau ce soir était las
les secrétaires somnolaient dans les bureaux de Buenos Aires
le radio navigant du courrier de Patagonie
Rivière était sorti pour marcher un peu et tromper le malaise qui reprenait
il rejoignait son bureau personnel
réveillée par le téléphone
Rivière le reçoit
le courrier de Patagonie abordait l'orage
le courrier d'Asuncion marche bien
la femme de Fabien téléphona
ce papier plié en quatre le sauverait peut-être
en corrigeant mieux les remous
un des radiotélégraphistes de Commodoro Rivadavia
et Rivière médite
il n'avait rien à proposer
Commodoro Rivadavia n'entend plus rien
avec mélancolie
le courrier d'Asuncion signala qu'il allait atterrir
dans une minute





Source :
Vol de nuit, Saint-Exupéry, 1931
Mode d’emploi 
Suivre l’ordre des lettres du titre, VOL DE NUIT.
Les affecter une par une chapitre par chapitre : V chapitre 1, O chapitre 2, L chapitre 3 etc.
Repérer le premier mot qui contient la lettre dans le chapitre et prélever ...
a)      soit la phrase contenant le mot si elle est écrite d’une traite.
Exemple : L’avion se posa sans dommages.
b)      Soit la partie de phrase contenant le mot s’il y a une virgule avant ou après qui le sépare du début ou de la fin de phrase.
Exemple : Une rafale de vent, puissante et inattendue, contraignit le pilote à différer son atterrissage.

Recommencer autant de fois qu’il y a de chapitres : par exemple, la lettre V reprend au chapitre 10, puis au chapitre 19, telles des boucles d'atterrissage.
Un dernier coup de tournevis et de chiffon me conduit, après avoir fait les niveaux, à retirer toutes les majuscules hors noms propres et la ponctuation du texte ainsi constitué.

mercredi 22 janvier 2014

Futur




Ainsi se décide l'impossible
comme une caresse

Entre le monde et l'amour
le lien est d'eau qui tremble


Tes mains sont un fruit
autant que la rondeur de l'été


Et la révolution et les désastres
sont l'oeuvre d'un regard
ou d'un baiser demeuré vide

Tout désir est une enfance revécue
au bord d'un ruisseau

Toute vaillance dans le pas
est nouée au sommeil le plus chaud

Ainsi l'avenir
cet ordinaire du pauvre
est la trace indécise
d'une main sur ta peau



Jean-Pierre SIMEON
Extrait de Fresque peinte sur un mur obscur

Cheyne éditeur, 2002

lundi 20 janvier 2014

Blind to the beautiful

L'extrême douceur mélancolique de ce morceau pour un lundi ?




Derek Dick aka Fish chanta dans Marillion dans les années 80 avant de partir solo. 
J'ai toujours apprécié cette voix caractérisque, son bel accent écossais, loin des insipidités lisses.

Ici, cette ballade écologique transcrit le regret profond de ne plus jamais voir la planète telle qu'elle fut après ce que nous en avons fait. 
Hymne à la nature, simple, triste et beau, je le prends et l'entends comme un constant appel à nous maintenir éveillés pour préserver ce qui peut l'être.
Peut-être.

samedi 18 janvier 2014

Au doigt et à l'oeil

Depuis quelques jours, je l'utilise régulièrement.
La semaine écoulée et ses nombreux trajets en transports en commun m'en ont offert l'occasion. 
Je ne parle pas de la carte à puce que je passe devant le lecteur dans le tram à chaque montée dans la rame.
...
Le choix du premier roman (La couleur de la peau) joue son rôle aussi, je dois dire que je découvre avec le sourire le détective privé chilien Heredia, sa solitude peuplée, sa passion de la littérature... et son chat Simenon avec qui il dialogue.
Créé par Ramon Diaz Eterovic, Heredia est un anti-héros modeste qui s’efforce de résister malgré le pessimisme qui le broie lorsqu’il regarde la marche du monde. Don Quichotte n’est pas loin, les affaires ressemblent fort à des causes perdues tel un combat contre les moulins. Les exclus, les déshérités sont pris en compte,et l'auteur chemine selon un équilibre fragile où les clichés et la bonne conscience ne sont pas loin. 
On ne recherchera pas un suspense haletant, l’aspect policer est secondaire même s’il est bien conduit. « La couleur de la peau » aborde les rapports entre péruviens et chiliens. On n’en tirera aucune conclusion réaliste, juste un éclairage sur un aspect méconnu. 
On est plongé dans un polar déambulatoire, émaillé de citations choisies, qui avance au rythme des pas d’Heredia, de ses rencontres et ses discussions (les dialogues sont excellents) dans le centre-ville de Santiago qu’il arpente les après-midi et la nuit... 
Si vous appréciez les ambiances qui prennent leur temps, un peu rêveuses et désenchantées...  
 ...

Véritable clin d’œil, j’ai prévu -après ce polar- de lire le dernier roman de Paul Fournel « Jason Murphy ». Lecteur qui lit sur liseuse, suis-je... un liseur ? 

jeudi 16 janvier 2014

Quart de siècle

Le temps passe.
Une de nos filles a 25 ans aujourd'hui.
Je pense à elle.
Elle est loin mais elle est là.
Je ferme les yeux et je vois des images d'enfance.
Je l'aime et le lui dis.
Le temps passe.
C'est bien.

mercredi 8 janvier 2014

Mettre le feu sous la porte

Poursuivons...

Toujours comme source l'inépuisable "Anthologie de l’OuLiPo"...
P.592, locutions introuvables (Marcel Benabou)

Principe :  fabriquer de nouvelles locutions. 
*Avec « tirer le diable par la queue » et « bâtir des châteaux en Espagne » on obtient « tirer le diable en Espagne » et « bâtir des châteaux par la queue »... Il reste ensuite à en donner une signification précise !
Exemples sur la thématique "l’œuf et la poule"
Mettre tous ses œufs en Espagne : s’entourer de précautions inefficaces
Mettre tous ses œufs en poupe : prendre de gros risques
Mettre tous ses œufs dans le plat : utiliser toutes ses ressources d’un coup
Tuer la poule devant les bœufs : faire un exemple
Tuer la poule sur le feu : agir de façon précipitée
Tuer la poule dans la bergerie : agir avec dissimulation

Je m'y colle ! 

-         Pousser le bouchon en Espagne:
Bloquer le col du Perthus
-         Pousser le bouchon sur la soupe :
Se livrer à des expériences maritimes avec ses aliments pendant le repas
-         Pousser le bouchon derrière la tête:
Emprunter exclusivement les itinéraires bis. 
-         Sauter du coq à son moulin :
Se réveiller tôt dans la farine.
-         Mettre la charrue sur le bout des doigts:
Labourer en braille.
-         Avoir une idée sous roche:
Donner son avis dans une grotte.
-         Avoir une idée à ses trousses :
Ne pas pouvoir chasser une sombre pensée.
-         Avoir une idée dans un magasin de porcelaine:
Se rappeler sans grande certitude le prénom de son éléphant.
-         Avoir une idée au tournant:
Changer de direction, finalement.
-         Apporter de l’eau comme l’as de pique:
En renverser.
-         Bâtir des châteaux comme un arracheur de dents:
Etre un très très gros menteur.
-         Avoir une idée avant les bœufs :
Y penser le premier, mais sans gloire.
-         Etre fringué comme une casserole:
Porter un queue-de-pie qui attache.
-         Avoir des fourmis dans les orties :
Confondre la faune et la flore.


mardi 7 janvier 2014

Le retour

Paru en 1975.
Voici le morceau d'ouverture de l'album qui marque 
après trois ans d'absence le retour de Van der Graaf Generator :
The Undercover Man

Peter Hammill voix et guitares
Guy Evans batterie
Hugh Banton claviers et basse
David Jackson saxophones et flûte 

L'album compte en tout et pour tout quatre titres incandescents..
(The Undercover Man, Scorched Earth, Arrow, the Sleepwalkers) 

VdGG a creusé son sillon en solitaire.
Assimilé à tort à la vague progressive rock, 
il s'est rapidement éloigné 
des territoires plus mélodiques (et à tendance virtuose)  
de ses contemporains
Genesis et Yes, par exemple,
pour pencher du côté chaotique et plus sombre de King Crimson.

lundi 6 janvier 2014

Pourquoi pas ?

L'heure exquise




La lune blanche
Luit dans les bois ;

De chaque branche

Part une voix
Sous la ramée ...

Ô bien-aimée.

L'étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure ...

Rêvons, c'est l'heure.
Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l'astre irise ...

C'est l'heure exquise.
Paul Verlaine

vendredi 3 janvier 2014

A quoi tu penses ?

Une année qui commence ne saurait à mon sens marquer de rupture dans certaines bonnes habitudes que je me suis fixé, enfin, c'est ainsi que je les considère ! 
Donc, par conséquent, c'est reparti ! 

MODE D'EMPLOI : 
Contrainte : « A quoi tu penses ? »
Source : Anthologie de l’OuLiPo (Fournel-Benabou) pp.353 à 361
Voici les 3 premières réponses sur 49 faites par Hervé Le Tellier (in Les amnésiques n’ont rien vécu d’inoubliable).

-Je pense que, quand j’étais gosse, j’écrivais au Père Noël, et qu'aujourd'hui encore, il m’arrive d’imaginer les trois souhaits que je souhaiterais voir exaucés si je rencontrais une fée.
-Je pense que l’oreille absolue existe, mais pas le nez absolu, ni l’œil absolu, ni même le sexe absolu, et au demeurant, je me demande ce que ça pourrait bien être si ça existait.
-Je pense que, non, Mathausen n’est pas un opéra de Wagner.

J’ai à mon tour écrit 49 réponses à la question « A quoi tu penses ? » sachant que pour certaines réponses repérées (*), j’ai repris le thème de Hervé Le Tellier en le personnalisant dans ma réponse. 

A QUOI TU PENSES ? 



1.      A quoi tu penses ? 
Je pense que je ne sais pas trop dans quoi je m’embarque, juste là, à faire ça.
2.      A quoi tu penses ?
Je pense qu’en me donnant cet exercice on peut dire « je suis donc je pense ». Vous suivez ?
3.      A quoi tu penses ? 
Je pense à « Tu penses à quoi ? » cette magnifique chanson de Léo Ferré dans l’album La Frime.
4.      A quoi tu penses ? 
Je pense que je dois faire attention à ne pas confondre abusivement « je pense » (ici ?) et « je me souviens»...(ailleurs ?)
5.      A quoi tu penses ? 
Je pense, tiens justement,  qu’il y a certaines choses dont on se souvient qu’on ferait mieux d’oublier.
6.      A quoi tu penses ? 
Je pense qu’un de nos chats possède un cerveau à canon scié. 
7.      A quoi tu penses ? 
Je pense au détachement, à cette propension forte que j’ai à me perdre dans mes pensées.
8.      A quoi tu penses ? 
Je pense qu’en roulant sur l’autoroute*, on se fait rouler.
9.      A quoi tu penses ? 
Je pense qu’il y a certaines choses qu’on oublie dont on ferait bien de se souvenir.
10.  A quoi tu penses ? 
Je pense que quelquefois on fait certaines choses qui ne présentent pas le moindre intérêt.
11.  A quoi tu penses ? 
Je pense que je mange les pamplemousses comme des oranges, mais qu’il n’y a pas d’enchaînement avec d’autres fruits, par exemple je ne mange pas les prunes comme des kiwis ; cela m’autorise cependant à dire que je mange les oranges comme les pamplemousses.
12.  A quoi tu penses ? 
Je pense que j’aurais pu préciser « en les pelant comme une orange, et sans sucre ».
13.  A quoi tu penses ? 
Je pense à la petite souris qui trouve une dent et apporte une pièce. Et qu’il est injuste qu’on ne reçoive aucune dent quand on trouve une pièce.
14.  A quoi tu penses ?
Je pense aux bières aromatisées que je déteste cordialement car le « tout aromatisé » dénature et m’ennuie.
15.  A quoi tu penses ?
Je pense à certains mots que j’aime et me renvoient à Marcel Pagnol dans la Gloire de mon père : « J’avais la passion des mots ; en secret, sur un petit carnet, j’en faisais une collection, comme d’autres font pour les timbres. J’adorais “grenade, fumée, bourru, vermoulu” et surtout “manivelle” : et je me les répétais souvent quand j’étais seul, pour le plaisir de les entendre. »
16.  A quoi tu penses ? 
Je pense que ce passage a dû me marquer mais quel âge avais-je donc ?
17.  A quoi tu penses ?
Je pense que je n’ai jamais fait de collection de timbres, mais de capsules de soda à l’âge de 8 ans et jusqu’à l’âge de 9 ans, ce qui vous pose un collectionneur.
18.  A quoi tu penses ?
Je pense que cela explique un peu et m’a conduit à une collection de boules à neige correspondant aux lieux où je suis passé, une collection soit dit en passant qui se veut le temple du mauvais goût (et ça marche !) et qui se constitue par procuration également (ça marche aussi) au point que je n’ai pas à m’en occuper (on donne ce qu’on veut)...
19.  A quoi tu penses ?
Je pense que ce qui me chiffonne dans les comédies musicales est qu’ils se mettent à chanter et à danser en étant pile poil dans le sujet, et en dansant et chantant super  bien, que c’en est étonnant d’être aussi inspiré et qu’en fait j’y crois pas.
20.  A quoi tu penses ? 
Je pense pourtant que Gene Kelly sous la pluie me remplit de joie et d’enthousiasme.
21.  A quoi tu penses ?
Je pense que ceci n’explique pas pour autant entièrement mon rapport plutôt cordial à la pluie.
22.  A quoi tu penses ? 
Je pense qu’on ne parle jamais des cerises tomates et qu’on a rarement été aussi inspiré.
23.  A quoi tu penses ? 
Je pense que dans mes visites chez le coiffeur* je prends un soin méticuleux à arriver exactement à l’heure pour ne pas avoir à me plonger dans un magazine inapte à me décoiffer les neurones.
24.  A quoi tu penses ? 
Je pense que dans mes visites chez le coiffeur* je prends un soin méticuleux à arriver exactement à l’heure pour ne pas avoir à me plonger dans un magazine etc. etc. et qu’une fois j’ai dû patienter et que finalement j’ai pris un album du coin enfants, très épais, 8 pages.
25.  A quoi tu penses ?
Je pense que lorsque je suis face à une femme au décolleté généreux* je regarde d’emblée et ouvertement, je ne fais donc pas d’effort particulier pour fixer ses yeux, par contre je n’y reviens pas : je ne pratique pas le regard insistant et répété. 
26.  A quoi tu penses ? 
Je pense que ce type de questionnaire donne une grande marge de manœuvre pour passer du coq à l’âne sans qu’on me le reproche réellement. Et d’ailleurs je ne m’en veux pas.
27.  A quoi tu penses ? 
Je pense que bientôt nous aurons des poules dans le jardin et ce sera bien.
28.  A quoi tu penses ? 
Je pense que j’aime bien écouter de la musique dans le noir* ou la pénombre, c’est aussi bien qu’au casque, que je supporte de plus en plus mal ...vu que je n’ai plus de mobylette.
      29. A quoi tu penses ? 
Je pense que j’ai fait un excellent choix il y a quelques années lorsque j’ai décidé de ne plus être abonné à aucune revue* : cela ne me manque pas, cela m’a permis de renforcer très solidement mon attachement aux livres, cela ne m’empêche pas d’aller en kiosque quelquefois, même si c’est en définitive assez rare...
30.  A quoi tu penses ? 
Je pense à la liseuse qu’on vient de m’offrir et à Paul Fournel pour son roman éponyme que j’avais beaucoup apprécié.
31.  A quoi tu penses ?
Je pense à cette liseuse, justement, il va falloir que je m’habitue à son usage, je ne lâcherai pas le livre papier et le bruit de la page qu’on tourne me manque dans les quelque cent pages que j’ai déjà lues. Mais ça va se faire ! 
32.  A quoi tu penses ? 
Je pense au temps qui est assassin -comme disait la chanteuse- et il court toujours.
33.  A quoi tu penses ? 
Je pense que je dis souvent exprès de grosses bêtises en restant sérieux comme si de rien n’était* mais que je ne sais pas d’où me vient cette pratique. Est-ce une pratique d’ailleurs ?
34.  A quoi tu penses ? 
Je pense que la théorie des graphes* qui permet paraît-il de prouver que n’importe qui
connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît le président des Etats-Unis ne nous avance pas beaucoup.
35.  A quoi tu penses ? 
Je pense au plaisir des découvertes poétiques emballantes que je ferai dans l’année.
36.  A quoi tu penses ? 
Je pense que si cet exercice peut amener à faire son intéressant, il ne faut cependant se vautrer ni dans la complaisance ni dans la platitude.  
37.  A quoi tu penses ? 
Je pense que je vais très certainement noter sur un carnet cette année les titres des livres que j’aurai lus, car je m’aperçois que la liste écoulée cette année – assez longue- m’échappe partiellement.
38.  A quoi tu penses ? 
Je pense que l’on peut aisément faire passer le dictionnaire pour un roman lorsqu’on y cherche un mot, qu’on le trouve ...et que cela se prolonge malgré tout et qu’on devrait le refermer. Peut-être.
39.  A quoi tu penses ?
Je pense que -si je peux me permettre une remarque- cela ne facilite pas la compréhension d’avoir mis d’un côté les noms communs et d’un autre les noms propres.
40.  A quoi tu penses ? 
Je pense qu’il m’arrive, si j’ai bonne mémoire, de ne pas me souvenir d’un nom* lors de conversations,  en évoquant un cinéaste, un acteur, un musicien, un auteur mais ce n’est rien à côté de certains amis qui peinent systématiquement.   
41.  A quoi tu penses ? 
Je pense que je ne tarderai plus guère à me lancer dans l’acrostiche brivadois, exercice de style oulipien  que je n’ai encore jamais essayé.
42.  A quoi tu penses ?   
Je pense au moment où j’écris que nous sommes en période de vœux, que je m’en acquitte généralement par courrier postal en fabriquant artisanalement « la carte » et que je n’ai encore rien écrit à personne pour le moment cette année. Il paraît qu’on a tout le mois de janvier, non ?
43.  A quoi tu penses ?
Je pense qu’en réalité j’hésite sur la forme, je bannis les sms, je n’ai aucun compte dans les réseaux sociaux, et j’aime bien l’idée du courrier physique papier , il n’est pas dématérialisé, on peut personnaliser la trace, bon je vais attendre avant de trancher... On a toujours tout le mois de janvier, non ?
44.  A quoi tu penses ? 
Je pense aux pages qui se tournent. Dans la liseuse et ailleurs.
45.  A quoi tu penses ?
Je pense que je pense trop ces temps-ci. 
46.  A quoi tu penses ? 
Je pense, en vrai filou, que je viens d’avancer à peu de frais dans ce questionnaire.
47.  A quoi tu penses ? 
Je pense que si je répétais l’opération, ça finirait par se voir.
48.  A quoi tu penses ? 
Je pense que ça se voit.
49.  A quoi tu penses ? 
Je pense que 49 c’est un bon nombre au moins pour une bonne raison, mais aussi d’autres ... L’une d’elles étant qu’il me rappelle un bouquin de Thomas Pynchon que j’ai beaucoup aimé « Vente à la criée du lot 49 » qui parlait de timbres plutôt étranges, tiens tiens....


mercredi 1 janvier 2014

Greenwich village

Nous avons terminé 2013 hier soir avec madame K en choisissant d'aller voir "Inside Llewyn Davis" des frères Coen.
Nous en sommes ressortis très heureux cinématographiquement et musicalement.
Très bon film au héros attachant dans son inadaptation au réel, le tout raconté avec les qualités bien connues des cinéastes dans une de leurs spécialités, la chronique du "loser", avec quelques moments redoutablement vachards estampillés pur Coen.
Intéressant aussi sur la notion de carrière, d'intégrité, ce qui s'accepte ou pas, le renoncement comme le choix : en l'occurrence Llewyn Davis est souvent porté par une conjonction d'événements et d'influences qui pour la plupart lui échappent...
Il fait bon de terminer ainsi 2013 !
Mais comme la vie continue (vous l'aurez sans doute remarqué) nous entamons 2014 dans l'ambiance...

Avec Dave Van Ronk, capté en public, une grande figure des années '60 folk à New-York.
Guitare, voix, dépouillé.Vrai.
A la fois frugal et essentiel.
C'est bien ce genre d'émotions qu'on se souhaite dès à présent.

Et, ici, vous le verrez jouer et expliquer comment jouer le même morceau.