vendredi 21 mars 2014

En perspective

Avril


Déjà les beaux jours, - la poussière,
Un ciel d’azur et de lumière,
Les murs enflammés, les longs soirs ; -
Et rien de vert : - à peine encore
Un reflet rougeâtre décore
Les grands arbres aux rameaux noirs !
Ce beau temps me pèse et m’ennuie.
- Ce n’est qu’après des jours de pluie
Que doit surgir, en un tableau,
Le printemps verdissant et rose,
Comme une nymphe fraîche éclose
Qui, souriante, sort de l’eau.
Gérard de Nerval, Odelettes

4 commentaires:

  1. poésie par ci, poésie par là...mais qu'est- ce c'est que cette drôle de petite bête qui à chaque printemps fait grand bruit(sement )?



    Certains aiment la poésie

    Certains-
    donc pas tout le monde.
    même pas la majorité de tout le monde, au contraire.
    Et sans compter les écoles, où on est bien obligé,
    ainsi que les poètes eux mêmes,
    on n'arrivera pas à plus de deux sur mille.

    Aiment-
    mais on aime aussi le petit salé aux lentilles,
    on aime les compliments, et la couleur bleue,
    on aime cette vieille écharpe,
    on aime imposer ses vues,
    on aime caresser le chien.

    La poésie-
    seulement qu'est-ce que ça peut bien être.
    Plus d'une réponse vacillante
    fût donnée à cette question.
    Et moi-même je ne sais pas, et je ne sais pas, et je m'y
    accroche
    comme à une rampe salutaire.

    W.Szymborska , in De la mort sans exagérer, p 112

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  2. Szymborska, décidément toujours superbe. une belle contribution à ces pages ! Je vais tenter de me procurer ce recueil, merci !

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  3. Les seuls arbres, ici, à encore montrer des rameaux noirs et nus sont les figuiers. Pestent-il d'être les derniers à se garnir de vert?
    Merci à toi, à Paul(A) et...à de Nerval!

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