lundi 28 avril 2014

Atout

JEU


 Regardez ce document très attentivement pendant 37 secondes, cachez-le puis répondez :

  1. Combien  y a-t-il de joueurs ?
  2. A  quel jeu jouent-ils ?
  3. Etre  ou ne pas être, c’est la question ?
  4. Qui  va gagner ?
  5. Qui triche ?
  6. Quelles sont les cigarettes préférées de l’artiste ?
  7. Pourquoi ?
  8. Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique ?
  9. Que faisiez-vous aux temps chauds ?
  10. Est-ce que Panisse coupe à cœur ?
  11. A quelle heure la gazinière a-t-elle explosé ?
  12. Ça vous gratouille ou ça vous chatouille ?


Edit du 29 avril :
La bienveillante et pertinente Colo propose une aide assez malicieuse :
Pour répondre à plusieurs des questions il faudrait d'abord procéder selon la suggestion du Suisse Ursus Wehrli dans Tidying up art .

samedi 26 avril 2014

Un peu de technique

Le côté exhibitionniste qui traverse ce blog plein d’impudeur au risque de provoquer l’embarras des lecteurs se matérialise quelquefois par des tranchettes de vie qui peuvent compromettre gravement par leur caractère privé la vie tranquille et douillette de ma petite famille.
C’est ainsi qu’aujourd’hui je vais bombarder à la Gravelotte avec des révélations à couper le souffle.
Respirez.

« Comment j’ai appris à taper des sms * »
*Qui ne m’avaient rien fait


Même si je suis correctement familiarisé avec la technique, je veux dire les nouvelles technologies, et tout et tout (attention, tout est dans le second tout), je n’en demeure pas moins limité sur certains points.
Même si je fais des progrès.
Lents, d’accord.
Mais progrès. 
Des petits progrès dans le  style « bon an mal an ».

Je passerai sur l’anecdote de l’achat de mon premier téléphone portable où le monsieur m’a très vite fatigué avec les Zoptions qui contrairement à ce que l’on veut nous faire croire ou penser ne sont pas des choix.
Je lui ai juste dit, je veux un truc pour pas téléphoner, limite en pierre et pas cher. Et je me soupçonne de ne pas avoir été le seul dans ce cas de figure. 
En tout cas c’est avec ça que je suis reparti.
Ce fut mon premier mobile et il finit tristement lorsque je le perdis dans les sentiers lors d’une sortie vtt dans les bois. Un retour sur les lieux du crime ne me permit pas de le retrouver et pourtant j’avais des gants, des sacs en plastique pour l’Adn.
Il avait glissé du sac à dos et cela me fit penser aux limaces qui ont fini de traverser le chemin : quand on repasse en rentrant, elles n’y sont plus.
Bon, j’en suis à mon troisième.
Le deuxième -qui fut longtemps le second- a fini perdu dans le train en glissant lui aussi de ma poche.  Se dessine -si vous suivez- une certaine  désinvolture de ma part quant à cet appareil, à son rangement et, par suite, sa conservation.
Il convient de préciser que jusqu’ici les changements d’appareil se font au plus simple : seulement quand je les perds. Cela n’a jamais à voir avec une quelconque offre ultra alléchante avec les super points de fidélité qu’on trouve dans les boutiques ou les sites et dont mes filles ont renoncé à me parler depuis longtemps et même plus.
Tant qu’il n’y aura pas de points gagnés pour les mobiles perdus, je n’ai aucune chance.

Le troisième donc, que j’ai en main (enfin je m’entends), j’en suis toujours l’heureux propriétaire depuis quelques années maintenant, ce qui signifie que je ne l’ai pas perdu.
Cela pourrait faire croire que j’en prends soin. Mais alors à peine.
En réalité, je ne l’ai TOUJOURS pas perdu.
Car, pour ne rien arranger, il semble doué de sa vie propre et il arrive que je ne sache absolument pas où il s’est caché. S’il croit qu’en plus j’ai le temps de jouer... 
Non, ce qui me sauve pour le moment est qu’il n’est pas très bon en bonnes cachettes.

Venons-en maintenant à notre sujet.
Replaçons nous dans le passé, à une époque où, novice sur la question, on suppose que je veux envoyer un message sms. (A quelqu’un, en plus.)
Il me faut d’abord y penser. Trouver un destinataire. Déjà une semaine de passée.
Ensuite, c’est la découverte de mon téléphone portable au fond de la poche de mon manteau parce que j’ai de la chance. Puis, moins chanceux, je constate que l’appareil dont la batterie est vide doit être rechargé. Cela relativise singulièrement le caractère urgent du message qui peut se voir retardé facilement de quelques jours. Et le temps passé à recharger la batterie n’a rien à y voir.
Recherche du code pin. Deuxième essai.
Vient alors la découverte –tel un pionnier sur les routes poussiéreuses et hostiles de l’ouest- des potentialités de l’appareil, sur le plan téléphonique dans un premier temps, et je m’aperçois que mes doigts sont globalement plus gros que les touches. Ça n’aide pas.
A supposer que je veuille répondre à un appel, je choisis une sonnerie. Et une sonnerie ... de téléphone. On a les moyens mnémotechniques qu’on peut, hein ?

Et puis un jour, tiens, quelqu’un m’écrit !

Quelle drôle d’idée en vérité. Tiens c’est une des filles, y a pas, faut que j’réponde.
Obligé. Mais ça va pas être facile.
Dans cette période paléolithique j’ai développé un sens aigu de la réponse brève, concise, bien carrée. Ce fut donc surtout ok ou alors quand j’avais un quart d’heure devant moi, oui.
Conscient de certaines limites lexicales, je songeai à un moment -après un examen minutieux des touches- à la constitution d’un répertoire de mots-réponses possibles commençant par 1 a d g j m p t w. J’y renonçai presque aussitôt, et ce n’est pas pour wapiti dont je persiste à dire que dans certains cas c’est une réponse, un peu comme wurtzite, mais plutôt pour « 1 » qui m’avait immédiatement paru louche comme lettre. Faut pas me la faire non plus.
C’est ainsi que je m’accrochai donc énergiquement et durablement au OK ou OUI.
ET cela ne m’empêcha pas des découvrir des choses incroyables, le « ! »  fruit d’une erreur de manipulation, ce qui explique que je ne l’ai pas maîtrisé immédiatement, ni répété. Du coup je m'exclamai peu.
Je sentis qu’il était temps d’avancer.  Le temps bien sûr de trouver mon journal des messages, ce que je fis très rapidement. Je  dois avouer que j’avais en l’occurrence sollicité l’aide d’une autre de mes filles, laquelle ne se fit pas prier, croyant à tort que j’allais me lancer à doigts perdus dans une mise à jour sérieuse de mes compétences techniques en la matière, ce dont je ne la détrompai pas.
En réalité j’avais en tête la surveillance étroite du nombre de sms reçus et répondus dans l’année... histoire d’avoir un peu de maîtrise sur la chose voyez-vous.
Une année à 37, la suivante 54, cette progression me fit froid dans le dos.
Devenais-je addict ? Parce que 37, figurez-vous ça  nous met à 0,71 message par semaine et 54, alors là, catastrophe : 1,03.
J’appris à me méfier du jour de l’an également, susceptible de faire monter dangereusement ma moyenne autour de 6 ou 7 en première semaine. Et je pris des mesures urgentes en coupant l’appareil.  
Quelque temps après, remis de cette émotion, je découvris le smiley mais volontairement, après l’avoir cherché.
J’étais entré dans une nouvelle phase que l’on pourrait baptiser « moins mais mieux », tant il est vrai que je suis toujours plus à l’aise s’il y a un concept derrière (ou devant).
Cette phase toujours d’actualité (je n’ai pas peur de le révéler) consiste à rédiger des messages avec des phrases, écrites correctement, bien ponctuées, et parfois agrémentées d’une incroyable touche de frivolité – certes mesurée, faut pas exagérer non plus- comme un smiley. Un sacré pas en avant quand même.
Tout en sachant que « oui » est une phrase. Et que le « moins » du concept consiste à envoyer moins de messages donc, mais un peu plus longs. Le tour est joué.

J’en suis là aujourd’hui faisant -ma modestie dut-elle en souffrir – l’admiration de mes centaines de destinataires conquis. Et même si je me mélange encore un peu dans les smileys...
Tout cela, vaut l’aurez compris se base sur une mauvaise foi, rafraîchissante mais assumée, car je persiste à penser que ces trucs-là ne valent que par ce qu’on en fait.
Vu que j’en fais pas grand chose...
Je ne vais pas vous faire un dessin, pas le temps, je dois réviser mes smileys et puis  je suis occupé pour les dix ans qui viennent, je dois aller apprendre à touiter.

vendredi 25 avril 2014

mercredi 23 avril 2014

Jongleries mixées

Souvent pour s’amuser les avirons d’hommes
Prennent des équipages, vastes albatros des oiseaux,
Qui suivent indolentes mers de compagnon,
Le voyage glissant sur des navires amers.

A peine les ont ils déposés sur les gouffres,
Que ces planches de roi, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leur grands azurs blancs
Comme des ailes traîner à côté d’eux.

Ce voyageur laid comme il est ailé et gauche !
Lui naguère si veule, qu’il est beau et comique !
L’un agace son géant avec un bec,
L’autre mime en boitant le brûle-gueule qui volait !

 L’infirme est semblable au poète des princes
Qui hante la nuée et se rit de la tempête ;
Exilé sur le sol au milieu des archers
Ses huées d’ailes l’empêchent de marcher.



Notice : 
Cette jonglerie a été mixée en faisant tourner les noms sur les huit premiers vers, 
puis les adjectifs sur les vers 9 et 10, 
avec retour aux noms des vers 11 à 16. 
Simple adaptation au lexique qui m'a amené à mixer les ustensiles avec lesquels jongler en constatant les effets produits ou pas !
   

mardi 22 avril 2014

Interférences sonores 4 The Clearing



Un des morceaux de son dernier album CROZ
et le plaisir, rien que le plaisir, 
celui de l'indestructible David Crosby
(il a pourtant essayé).

On se retrouve comme par magie 
au début des seventies...

Et tout est là. 




THE CLEARING 
Fear doesn’t live inside the blind
Let go
And step into the clearing mind and soul
This kind of love don’t need a home
This kind a heart beats all alone
This kind of world, gonna let it go
Lay down the things that came before
Firelight creates families 
Believe
Shadows become giants in the trees
This kind of love don’t need a home
This kind a heart beats all alone
This kind of world, gonna let it go
Lay down the things that came before
The sky is dark enough to swallow you
A storm
Violence the least of all it’s forms
This kind of love don’t need a home
This kind a heart beats all alone
This kind of world, gonna let it go
Lay down the things that came before

vendredi 18 avril 2014

LA collection (aka THE collection)


 
Un mythomane prétend avoir sauvé les Etats-Unis pendant la guerre d’indépendance.

Une expérience spatio-temporelle permet de déposer un projet de loi pour des saisons de deux mois et demi.

Un fabricant de bandes Velpeau tombe amoureux fou d’un sarcophage.

Un enfant mal-aimé fugue et monte à la capitale où il s’installe, rue Lepic.

Bouvard, sa science et ses études, ses échecs et où il reste plongé finalement.

Un narrateur se prend pour François le Champi et il parle seul pendant dix randonnées.

Deux fantômes finissent par s’avouer leur amour après maints contretemps, dénégations, péripéties.

Un chevalier de la Table ronde défroqué cultive incognito son jardin mobile.

En panne de sous-marin dans la Loire, le capitaine Némo est forcé 
de le pousser avec son équipage jusqu’à l’estuaire.

Quasimodo, sonné par les cloches, épouse une chèvre en peau de lapin.

Deux libertins échangent du courrier, missives où les arguties sur le h aspiré dégénèrent ad nauseam.

Par vengeance, un prisonnier injustement condamné creuse un tunnel 
avec son nez mais arrive dans une truffière en Dordogne.

Polar champêtre, un paysan mène l’enquête. 
Chaque matin, un cadavre est trouvé dans une mare. 
Et c’est toujours le même.

Conte métaphysique dans lequel le diable est envoyé dans lui-même.

Comme son nom l’indique, une étude sur le S, le C, le A, le P, le I et le N.

Pécuchet se lance dans une étude chromatographique dans les Côtes du Rhône et finit bourré.

Des révélations encombrantes et nauséabondes refont surface grâce à un éclairage à la chandelle.

Les trois mousquetaires, qui ne sont plus que moins quatre, ne se reforment pas pour une tournée d’adieu.

Soufflant dans un rasoir, Roland s’aperçoit que l’embuscade de Roncevaux 
était décidément bien organisée et il meurt bêtement.

Un faux dévot pense que ses mauvaises actions ne seront jamais mises à jour. C’était compter sans la Stasi.

Un déguisement de Peau d’âne tombe incidemment entre les pattes d'un prince amoureux d'une grenouille.

Une jeune prostituée est triste de constater à ses dépens que 
bassesse et hypocrisie sont les deux mamelles de la bourgeoisie.

Une passion platonique ne se concrétise pas malgré une croisière en sous-marin.

Le diable, fraîchement fâché d’avoir été renvoyé chez lui, fait la tête 
et se retire en enfer certes mais à la campagne.

Un gentleman anglais désargenté décide de faire le tour du monde chez lui. 

Annexe mytho maniaque du Guide du Routard

Une fusée blanche annonce un pape et s’écrase dans un moulin suite à une erreur de conception.

Un narrateur fait croire qu’il se couche tôt tout le temps, 
ce qui est surprenant pour des gens qui ne guère mentent. 

Le jeune Frédéric rêve, et c’est tout.


Le jeune Frédéric ne rêve pas, et c’est tout aussi. 
Et c’est pas drôle.



Un trader fourgue des pompes à merdre en croco 
pour éliminer les emprunts toxiques et assainir ses phynances.



mercredi 16 avril 2014

3 oeil neuf


code 1 704 067 200
4h20

dimanche 13 avril 2014

samedi 12 avril 2014

Cueillette matinale

Je me défais des songes
et maintenant vers moins de nuit
le regard s’agrandit de cercle en cercle
comme une eau où l’on a jeté une pierre

l’aube m’attend-elle
pour avoir un ciel
pour battre des draps de vent
où dormaient les oiseaux les abeilles

de mes deux mains
j’avance vers le jour
celle qui n’a jamais rien voulu saisir
où tout ce qui se pose
est libre comme l’air




Jean-François Mathé, 
Le Temps par moments, 
Éditions Rougerie, 1999

vendredi 11 avril 2014

Extirpations de la nuit retournée

Lumière de vitesse,
croire  plus n’existe ...
elle pourtant, vois, 
tu vois, 
étoile

Regardez longtemps aussi peut-être et vite aussi :
partir
à pas... s’attendait on ?

L’infinitude.

Image comme plus, non mal
N’est ciel mais mer
manque, 
vrai.

C’est vacances de camp ! 
et vacances, c’est s’aère, respire, mais sûr, bien frisquet, 
plus que soigné.

D’ongle arrondi en élégante lune
une avec cuivre, punaises
plafond fixé pour nuages

tous

Chassé ciel
regardez, soir hypnotiseur est feu
Compte feu, 
feu 

quand ...
Quand nuit ...
 voir plus, pourrons nous ?

Feu allumé
aurons nous ?  

Quand nuit...



Rappel /source
La nuit... Quand nous aurons allumé le feu, nous ne pourrons plus voir la nuit. Quand il y a le feu, il n’y a plus que le feu qui compte. Le feu est un hypnotiseur. Ce soir, regardez, le ciel a chassé tous ses nuages pour nous ! Il a fixé au plafond ses punaises de cuivre, avec une lune élégante en arrondi d’ongle soigné. Il n’en fait que plus frisquet, bien sûr, mais on respire, mais on s’aère, c’est les vacances et le camp de vacances ! C’est vrai qu’il manque la mer, mais le ciel n’est pas mal non plus comme image de l’infinitude. On ne s’attendait pas à partir en vacances aussi vite, et peut-être aussi longtemps. Regardez cette étoile, je la vois, tu la vois, et pourtant elle n’existe plus, s’il faut en croire les affaires de vitesse de la lumière.

lundi 7 avril 2014

dimanche 6 avril 2014

Cinq ou six lignes sur...

... les polars de Mons Kallentoft (Hiver, Été, Automne, Printemps, La 5e Saison)


Lue dans les trois premiers mois de l’année, cette « tétralogie » qui comprend cinq tomes (à ce jour) met en scène les enquêtes de Malin Fors, superintendante de la police suédoise. Le respect de la chronologie de la série m’a conduit à lire le tout dans l’ordre pour un sentiment final mitigé. L’enquêtrice est attachante certes, son équipe aussi. Les intrigues sont glauques mais leur résolution m’a  semblé un peu flottante et ne m’a pas toujours convaincu. Longueurs et digressions aussi. Enfin, le système de narration alterné faisant parler les victimes mortes (pas moins !) ne m’a pas emballé, entamant à mon sens la crédibilité du tout, et a fini par me peser de plus en plus. 

vendredi 4 avril 2014

La nuit - évocation alphabétique

Aurons allumé 
bien 
compte ce ciel chassé cuivre c’ camp comme cette croire 
de 
est élégante en et étoile elle existe 
feu fixé fait frisquet faut 
hypnotiseur 
île infinitude 
je  
le la lune les l’ longtemps lumière 
mais manque mer mal 
nuit nous ne nuages n’ non 
ongle on 
pourrons plus pour plafond punaises pas partir peut-être pourtant 
quand que qui qu’ 
regardez respire 
soir ses soigné sur s’ 
tous tu 
un une 
voit vacances vrai vite vois vitesse 




*** 
Rappel /source
La nuit... Quand nous aurons allumé le feu, nous ne pourrons plus voir la nuit. Quand il y a le feu, il n’y a plus que le feu qui compte. Le feu est un hypnotiseur. Ce soir, regardez, le ciel a chassé tous ses nuages pour nous ! Il a fixé au plafond ses punaises de cuivre, avec une lune élégante en arrondi d’ongle soigné. Il n’en fait que plus frisquet, bien sûr, mais on respire, mais on s’aère, c’est les vacances et le camp de vacances ! C’est vrai qu’il manque la mer, mais le ciel n’est pas mal non plus comme image de l’infinitude. On ne s’attendait pas à partir en vacances aussi vite, et peut-être aussi longtemps. Regardez cette étoile, je la vois, tu la vois, et pourtant elle n’existe plus, s’il faut en croire les affaires de vitesse de la lumière.

Interférences sonores 3

Le temps est venu d'un extrait joyeux (live !) de PRISM du Dave Holland Quartet :

.
Craig Taborn Dave Holland Kevin Eubanks Eric Harland

jeudi 3 avril 2014

Extension du domaine de la nuit

La nuit... câline, nuit de Chine
Quand nous aurons est arrivé
allumé de la paix
le feu, nous ne pourrons plus voir la nuit naître de l’uniformité.
Quand mais si je sais où est Caen
il y a le feu, au lac
il n’y a plus que le feu qui compte à rebours .
Le feu est un hypnotiseur. Ce soir, regardez, le ciel mon mari
a chassé tous ses nuages remplis de têtes
pour nous ! Il a fixé au plafond de la sécurité sociale
ses punaises de cuivre, avec une lune de miel
élégante en arrondi d’ongle soigné béni mes frères.
Il n’en fait que plus frisquet, bien sûr, mais on respire comme on ment,
mais on s’aère, c’est les vacances au bord de la mer
et le camp de vacances du pouvoir !
C’est vrai qu’il manque la mer, défaite
mais le ciel n’est pas mal aux pieds
non plus comme image de l’infinitude des sentiments.
On ne s’attendait pas à partir c’est mourir un peu
en vacances aussi vite fait bien fait,
et peut-être aussi longtemps, longtempslongtemps après que les poètes ont disparu.
Regardez cette étoile de fond,
je la vois, tu la vois, et pourtant elle n’existe plus, s’il faut en croire les affaires sont les affaires
de vitesse du son
de la lumière noire.


* * * 

Pour mémoire/ source : 
La nuit... Quand nous aurons allumé le feu, nous ne pourrons plus voir la nuit. Quand il y a le feu, il n’y a plus que le feu qui compte. Le feu est un hypnotiseur. Ce soir, regardez, le ciel a chassé tous ses nuages pour nous ! Il a fixé au plafond ses punaises de cuivre, avec une lune élégante en arrondi d’ongle soigné. Il n’en fait que plus frisquet, bien sûr, mais on respire, mais on s’aère, c’est les vacances et le camp de vacances ! C’est vrai qu’il manque la mer, mais le ciel n’est pas mal non plus comme image de l’infinitude. On ne s’attendait pas à partir en vacances aussi vite, et peut-être aussi longtemps. Regardez cette étoile, je la vois, tu la vois, et pourtant elle n’existe plus, s’il faut en croire les affaires de vitesse de la lumière.

mercredi 2 avril 2014

Aiguillages

Est arrivée devant l’entrée du bâtiment à la grande façade vitrée une dame aux cheveux gris, habillée de noir. Elle saisit la poignée pour ouvrir la porte.
Il ne se passe rien, la porte résiste, la dame est surprise, nettement. Pense-t-elle « Tiens ? Fermée ? »...
S’ensuivent rapidement un deuxième essai puis une troisième tentative qui échouent également. 
Toujours rien. Changeant de tactique, la dame se colle maintenant à la vitre, sa main en visière l’abritant des reflets et du soleil. 
Elle n’a pas remarqué le petit attroupement qui s’est formé derrière elle. 
Elle jette un coup d’œil à l’intérieur et n’en semble pas plus avancée. 
Aucune lumière et, sans doute, aucun bruit. Un infime instant d’incertitude plus tard, elle recule légèrement, se met à chercher puis trouve le panonceau indiquant les horaires d’ouverture.  Elle y obtient l’information. Elle sait.
Et à ce moment, elle a définitivement renoncé à actionner la poignée de la porte. 
Elle est bel et bien arrivée une quinzaine de minutes en avance pour l’ouverture de la médiathèque. 
Comme moi, et j'y étais même quelques minutes avant elle. 
Elle n’a donc pas pu voir, contrairement à moi juste avant qu’elle ne s’escrime avec la porte, le couple qui l’a précédée avec ses deux enfants. Devant la même situation de bois, ils ont décidé d’aller faire un petit tour à pied et à roues dans le quartier en attendant...
La dame connaissait-elle les horaires ? Si oui, les avait-elle oubliés ? Si non, aussi ? Avait-elle consulté sa montre ? Savait-elle que nous étions samedi matin ? Avait-elle anticipé sur l’heure d’été en commettant une fausse manœuvre ? Ou pas du tout ? Ou était-elle véritablement dans un trou de l’espace-temps ? Est-ce qu’il y a quelqu'un ?
Je n’en saurai jamais rien.

Et c’est elle, d’ailleurs, qui m’a donné l’idée de ce billet, qui m’y a poussé lorsque je l’ai aperçue. 
Une petite gymnastique matinale plus tard dans la boîte à gants, je m’étais emparé d’un morceau de papier pour en griffonner les prémisses. 
Car il y avait bien une différence entre elle et moi : je savais parfaitement que j’étais en avance !