samedi 31 mai 2014

mardi 27 mai 2014

Besoin d'un petit peu d'air frais ?

DE QUOI IL S’AGIT 

Il s’agit de retourner en ces lieux
où nous ne sommes jamais parvenus. De penser
des pensées si longtemps assoupies
qu’elles sont désormais perdues.
Il s’agit de cueillir avec étonnement
et gratitude les minuscules fleurs des champs,
d’extraire les essences infinies
des espèces communes laissées
sottement languir devant 
notre porte. De commencer à vivre,
voilà de quoi il s’agit. 



(c) Franco Marcoaldi, Le temps désormais compté, poèmes, Nunc | Éditions de Corlevour, 2013, page 87. Traduit de l’italien par Roland Ladrière.


Trouvé sur cette formidable et indispensable mine que constitue le remarquable Terres de Femmes d'Angèle Paoli.

edit de fin de journée
j'ai le plaisir d'ajouter la contribution de paul(a). Merci. 

"Ne rien avoir à écrire
procure cette peine enfantine, infinie,
de qui ne trouve pas à se loger
en terre étrangère.
On cherche partout,
tout est déjà occupé,
essayez ailleurs, cependant
il se fait tard, rien à vers.
Où irons-nous dormir ?"
Valerio Magrelli,

dimanche 25 mai 2014

Autodéraison

Souvenez-vous, j’ai lu en début d’année « Jason Murphy » de Paul Fournel sur ma liseuse, Fournel dont j’avais lu le précédent roman sur papier titré justement... la liseuse !!!
Je sais, je suis parfois joueur.
Alors fatalement, à force de faire le malin ou l’enclume, on se prend parfois les pieds dans son propre tapis. Les décalages peuvent faire glisser, trébucher. 
Joueur certes, mais sans imaginer me prendre à mes propres tours...

C’était un matin, il y a quelques jours. 
« On se lève tôt un matin,
et l’on ne dit ni une ni deux
pour se mettre en train
et démarrer la journée. 
Entre un papier à déposer
Et une course programmée
Le monde peut battre de l’aile
On n’a pas le temps d’y penser... »
(J’aurais presque pu le chanter, et comme je n’en ai pas pleuré, il faut en rire !)

Bien décidé, je sors, ferme la maison puis monte dans mon véhicule dont j’ai impérativement besoin.
Je mets le contact, c’est parti, je me dirige vers le périphérique après avoir traversé quelques ronds-points, la voie ferrée et la voie de tram. 
Un avant-dernier changement de direction et la la pédale d’accélération ne répond plus. Les voyants passent au rouge. Faut dire que c’est leur boulot. 
Sur la lancée, je parviens quelques mètres plus loin à me ranger parfaitement sur une place de stationnement. Je coupe tout et j’attends quelques minutes avant de redémarrer. A la troisième ou quatrième tentative, j’y parviens et je décide de repartir à l’aventure, parce que - n’oublions pas-  j’ai une course à faire. Quand même.
Mon optimisme déjà fort modéré cède rapidement la place à un sang-froid pragmatique mâtiné d'un plan B au stop suivant où, la pédale d'accélération présentant une nouvelle fois sa démission accompagnée de toussotements de machine, je me retrouve en rade, en plein milieu du carrefour, figé sur la ligne de stop.
Je déclenche donc les feux de détresse qui eux sont orange (nul n’est parfait, drôle de couleur pour la détresse, mais bon...) alors que les voyants du tableau de bord sont toujours rouges : il y a au moins un truc qui marche dans cette caisse !
Un petit délai supplémentaire.
J'attends. 
Je réussis à relancer le moteur, et là, ni une ni deux, immergé dans le plan B au point de ne plus avoir pied, j'avise et je vise un petit parking d’une quarantaine de places, car j’ai compris et je n’insiste pas. J’atteins de justesse la terre promise en jouant avec une petite bosse pour me propulser et me garer en roue libre.
Et je rentre en marchant. Assez glorieusement tout de même, en ayant fait preuve de calme et de patience. Pas un juron, rien, je vous le promets !
Et même si en cette occasion je viens de vérifier par l’expérience qu’il faut un peu d’essence pour aller faire le plein.
Un jerrycan plus loin, en fin de journée, j’ai trouvé plutôt marrant de tomber en panne en allant faire le plein. J’avais quand même bien senti le coup, non ? 

samedi 24 mai 2014

Emploi du temps

Il y a un certain temps que je n'avais pas éclaté de rire aussi franchement en lisant le Canard Enchaîné.
Voici le coupable !




(c) dessin paru mercredi 21 mai

jeudi 22 mai 2014

samedi 17 mai 2014

28

Je ne sais si vous connaissez l'émission 28 minutes sur Arte, mais elle offre vers 20h15 en semaine du lundi au vendredi de très bons moments de qualité sur l'actualité.
Le programme fonctionne en deux temps avec un entretien assez court (exemple il y a quelque temps Pascal Bruckner pour son dernier ouvrage où il évoque son père) puis un débat d'actualité avec trois invités qui répondent aux questions de l'équipe qui comprend Nadia Daam -présente chaque soir- et un journaliste selon une rotation (par exemple, Renaud Dély, Guillaume Roquette, entre autres).
On est loin de l'info zapping enchaînée au kilomètre à toute vitesse buzée et sans éclairage par tous les autres médias.
Les atouts de l'émission sont variés.
La formule est mixée intelligemment avec des rubriques fixes chaque jour ou hebdomadairement.
Une excellente meneuse de jeu, Elisabeth Quin, qui bosse indiscutablement ses dossiers, qui n'a pas sa langue dans sa poche et tient son petit monde. Son équipe est au diapason.
La langue de bois se fait sérieusement remonter les bretelles.
Des débatteurs variés, des gens très intéressants, qu'on ne voit ou n'entend jamais ailleurs.Pas les experts d'eux-mêmes à la Barbier Giesbert ou Apathie abonnés du vide.
Enfin, du temps pour répondre, pour développer un argumentaire, tout simplement parce que le respect et l'écoute sont bien les principes posés et maintenus.
Bon sang que cette émission fait du bien !
Tiens, hier soir, fin d'émission, François Morel -qu'on ne présente plus- commente une photo, c'est une rubrique de chaque vendredi.
Il choisit donc une photo d'une manif favorable au mariage pour tous et développe son commentaire - car il a le temps- et conclut son intervention d'une tonalité positive en mettant en exergue une superbe pancarte de la manif : "L'égalité des droits n'est pas une menace."
Morel, humain, profondément humain. Et simple.
Alors des séquences comme ça, vives et intelligentes, on en veut bien tous les jours pour nous changer des chorégraphies de merde et autres ballets de cons servis ordinairement.

mardi 13 mai 2014

dimanche 11 mai 2014

Cinq ou six lignes sur

"Quand nous étions révolutionnaires" de Roberto Ampuero.

Chronique d'un chilien exilé à Cuba après le coup d'état de Pinochet. Le narrateur révise cruellement à "la baisse" son modèle d'idéal révolutionnaire avec la réalité cubaine. Désillusions, politiques ou sentimentales. Privation, souffrance, méfiance, injustice, persécution, censure, discrimination, tout y est pourrait-on dire. Édifiant, rien qu'on ne sache déjà (hélas). C'est pour moi le problème du roman qui a peiné à m'embarquer, et qui intègre à certains moments "pendant" ce qu'on a compris "après"... Question de forme, de style ? Le témoignage, même crypté, légèrement romancé, aurait-il été plus fort ? Et... ce sont les annexes qui m'ont le plus intéressé, préface, postface. 

Extrait de la postface :





samedi 10 mai 2014

Frontières et entre-deux


6.  Et quelqu'un a dit :

Sœur de notre mémoire féroce,
du courage mieux vaut ne pas parler.
Qui a pu vaincre la peur
est courageux pour toujours.
Alors dansons, tandis que passe la nuit
comme une gigantesque boîte à chaussures
par-dessus la falaise et la terrasse,
dans un pli de la réalité, du possible,
où la courtoisie n'est pas une exception.
Dansons dans le reflet incertain
des détectives latino-américains,
une flaque de pluie où se reflètent nos visages
tous les dix ans.

Ensuite est venu le rêve.


57. J'ai rêvé que Georges Perec avait trois ans et pleurait, inconsolable. J'essayais de le calmer. Je le prenais dans mes bras, lui achetais des friandises, des livres à colorier. Puis nous allions sur les Quais de New York et pendant qu'il jouait sur le toboggan je me disais à moi-même : je ne suis bon à rien, mais je serai là pour prendre soin de toi, personne ne te fera de mal, personne n'essaiera de te tuer. Ensuite il se mettait à pleuvoir et nous retournions tranquillement à la maison. Mais où était notre maison ?
(BLANES, 1994)


Trois est un court recueil de Roberto Bolano, paru chez Christian Bourgois.
Il est composé de Prose de l'automne à Gérone (fort bien décrits comme des fragments kaléidoscopiques et hallucinés dans la présentation de l'éditeur), Les Néo-Chiliens et Un tour dans la littérature (57 fragments tels une promenade onirique d'où j'ai tiré les deux extraits du jour).
C'est au septième fragment et jusqu'au cinquante-septième et ultime que prennent place les "J'ai rêvé" échos possibles des "Je me souviens"...


mercredi 7 mai 2014

Ne pas perdre le film...

Les films n'ont pas toujours été titrés tels que nous les connaissons aujourd'hui.
Voici quelques pièces à verser au dossier :

Le cran de siciliens
Marqué par la laine
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sax sans jamais oser le demander
Le seau dans le bide
La course : allez Charlotte !
Buvez froid
La vengeance du sergent à plumes
Mille milliards de mollards
Le jour du monde en 80 tours
Prends l’oreille et tire-toi
A travers le tiroir
Max et les dérailleurs
Fruits et suçotements
Un deux trois sommeil
Voyage au bout de l’envers
L’essaim de glace
L’homme qui en bavait trop
Compartiment sueur
La crime était presque pas fait
On range mes canines
Pour une poignée de tolards
Soudain j’étais l’air niais
Deux hommes dans mes tatanes
Le bazar et la violence
Bouts de pneu dans la sierra
Le mal des gens pires
Le caporal est cinglé
La mère des moutons
Le grand bond avec une chaussure noire
La scandaleuse de Merlin
L’hommes des balais perdus
La dernière sensation du triste

dimanche 4 mai 2014

jeudi 1 mai 2014

Edifice

Des chansons 
comme des pierres de touche, 
des repères, des balises... 
On en ressort changé... 
- après ?


House with no door

1970
Hammill  Banton Evans Jackson Potter 
album H to He, Who am the only one 
un invité dans ce disque, un certain .... Robert Fripp.