dimanche 29 juin 2014

Oeil 9 et demi

Clins d’oeil 
et paupières closes

Un petit rire
passe dans ses yeux
le silence
Moi aussi
il ressasse des phrases
pendant
dix heures
une antenne
que je connais vient d’apparaître
jusqu’au bout de vous-même

encore plus                                                                                                                                                  troublants
les amis
des parties de flipper,
ces parties de flipper
le détail
simple
cheveu
prix fou
d’un ennui

baleine blanche
si vous voulez bien me suivre
l’hypnotiseur
que puis-je faire pour vous
passer en revue
le secret espoir
je peux vous donner des adresses
pas très folichon
monsieur Vernier,

un type a joué au ball-trap
pour se faire incinérer
trois jours
–         trois jours ?
obligés trois jours
trois jours
pour trouver tonton
j’ai essayé de compter
soixante-douze
lundi matin
jeudi
les siècles sans le repos

je n’ai jamais su 
je m’appelle
je m’appelle 
j’ai une histoire
et la patience

qui Catherine imagine
ce léger fil
où elle pêche
à prendre par moment
ça
c’est elle
je dis longtemps
en face

oubli
jamais existé
moment emprunté
pire plus loin
je t’ai laissé un rêve filandreux
tiède

on a des appuis
des trucs oubliés
profond
grave
et plein d’autres
une chance
plus de temps
un gros coup
maintenant
dans la foulée
le geste que je redoutais

un rien de temps
dans les mains
des chemins
inattendus
tu vas voir
personne n’a fait attention
le détour
fondamental
hasard évaporé
en mémoire

l’impossible
raison
instant échappé
Wyatt a tout arrangé
grand bonheur
le temps rivalisait
avec l’eau de Javel
ambiance moribonde
musique moderne avant
je poserai son espace à genoux

j’ai rien
rien
et exactement l’inverse
j’ai pensé rendre l’espoir
j’ai ouvert
plus de vingt-cinq
vous comptez
deux minutes plus tard
le travail était fait
impeccable




* * *



Notes : 
Réalisé par compilation des onze "Oeil neuf" dans l'ordre, avec réorganisation en 3 colonnes pour proposer différentes modalités de lecture.

vendredi 27 juin 2014

dimanche 22 juin 2014

Variations (3)

35 variations sur un thème de Dino Buzzati.

00 Texte-souche
Quand Stefano Roi eut douze ans, il demanda comme cadeau à son père, qui était capitaine au long cours et maître d'un beau voilier, de l'emmener à bord avec lui.

01 Réorganisation alphabétique
AAAAAAAAAAAAAAAA BB CCCCC DDDDDDDD EEEEEEEEEEEEEEEEEEE F G IIIIIIIIII LLLLL MMMMMM NNNNNNNNN OOOOOOOOO PP QQ RRRRRRR SSSS TTTTTTT UUUUUUUUUU V V Z

02 Anagramme
ADIEU A L’INOCCUPATION VECUE, TROUVEZ L’IDEE ABRACADABRANTE, IDIOME A MECANIQUE ! OUI AU DUO POUR QUE LES LETTRES DES MOTS FORMENT L’ANAGRAMME DANAIDIENNE.

03 Anagramme (autre)
UN MALFRAT, CAID MOITIE DE COMEDIE, UN VRAI ZERO OU MAUVIETTE DITE L’ANACONDA  -IRONIE- DEPOUILLA UNE BANQUE SANS MASQUE. L’ABUS DE TARAMA PEUT DEGENERER,COCO ! 

04 Lipogramme en A
Lorsque Stephen King eut douze piges, il s’enquit d’un présent de son père, gouverneur de long courrier
et chef d’un joli voilier : qu’il l’emmène pour voguer près de lui. 

05 Lipogramme en I
Quand Stefano Roy eut douze ans, sa demande de cadeau à son père, commandant au long cours et chef 
d'un beau deux-mâts et plus, fut d’embarquer à bord ensemble.

06 Lipogramme en E
Quand S. Roi parvint à cinq plus cinq plus trois moins un ans, il dit à son papa, commandant au long cours
patron d’un joli trois-mâts, qu’il souhaitait avoir la gratification d’un parcours marin conduit par lui.

07 Translation (+7) uniquement les substantifs
Quand Stefano Rollet eut douze anabolites  il demanda comme cadi à sa perestroïka  qui était capital-risque
au long courson et  ma-jong d'une belle voiture de l'emmener à bordelaise avec lui.

08    Palindrome (strict) : 
Note : le texte résiste et ne permet pas cette variation, remplacée 
par la translation + 7 précédente étendue.
Quelquefois Séfano Rollet babilla  douze anabolites il démarqua concrètement cadi à sa perestroïka qui étudiait capital-risque au loqueteux courson et ma-jong d’une bégayeuse voiture de l’émonder à la bordelaise avec lui.

09 Bourdon 
Quand Stefano Roi eut douze ans, il demanda comme cadeau à son père , qui était capitaine au long cours
et mître d'un beau voilier , de l'emmener à bord avec lui.

10 Double bourdon 
Quand Stefano Roi eut douze ans, il demanda comme cadeau à son père , qui était capitaine au long ours
et mître d'un beau voilier , de l'emmener à bord avec lui.

11 Épenthèse
Quand Stefano Roti eut douze ans, il demanda comme cadeau à son père, qui était capitaine au long cours
et maître d'un beau voilier, de l'emmener à bord avec lui.

12 Négation
Quand Stefano Roi eut douze ans, il ne demanda pas comme cadeau à son père qui était capitaine au long cours et maître d'un beau voilier de l'emmener à bord avec lui.

13 Insistance 
A compter du moment où la date tant attendue et l’heure fatidique furent exactement atteintes et que le jeune mais copieusement et régulièrement capricieux Stefano dit « petit prince graine de monarque » Roi atteignit donc ses douze années accomplies, certifiées et tamponnées, il sollicita si ce n’est présenta la requête d’un cadeau  de son père, présentement  excellent et grand capitaine au très long cours et maître avisé d'un fort beau voilier, de l'emmener à bord avec lui.

14 Ablation
Quand Stefano Roi eut douze ans, il demanda à son père, qui était capitaine au long cours et maître d'un beau voilier , de l'emmener à bord avec lui.

15 Ablation (autre)
Quand Stefano Roi eut douze ans, il demanda comme cadeau à son père qui était maître d'un beau voilier
de l'emmener à bord avec lui.

16 Double ablation
Quand Stefano Roi eut douze ans, il demanda à son père qui était maître d'un beau voilier de l'emmener à bord avec lui.

16 bis Triple ablation
Quand Stefano Roi eut douze ans, il demanda à son père qui était maître d'un beau voilier.

17 Contresens
Un petit prince demanda pour ses douze ans que son père lui dessine un voilier en coloriant sans dépasser les bords.

18 Autre point de vue
Quand son père eut douze ans, il demanda comme cadeau à Stéfano Roi  qui était capitaine au long cours
et maître d'un beau voilier , de l'emmener à bord avec lui

19 Variations minimales
Quand Stefano Roi eut douze ans, il demanda comme radeau à son père, qui était capitaine au long cours
et maître d'un beau voilier, de l'emmener à bord avec lui.
Quand Stefano Roi eut douze ans, il demanda comme cadeau à son père, qui était capitaine au long cours
et maître d'un beau voilier, de l'emmêler à bord avec lui
Quand Stefano Roi lut douze ans, il demanda comme cadeau à son père, qui était capitaine au long cours
et maître d'un beau voilier, de l'emmener à bord avec lui

20 Antonymie
Quand Stefano Sujet eut douze ans, il accorda le droit à son fils , qui était employé au long cours et apprenti d'une abominable barcasse, de le laisser dans la flotte avec lui.

21 Amplification
Quand Stefano Empereur bénéficia de douze annuités, il pria qu’en bakchich son géniteur qui était amiral au cours interminable et maestro d'un magnifique multicoques, l'embarque à bord avec cézigue personnellement.

22 Diminution
 Stefano Roitelet, douze ans, demanda cadeau à son père : l'emmener à bord avec lui.

23 Permutation
A son père qui était capitaine au long cours et maître d'un beau voilier, Stefano Roi demanda comme cadeau quand il eut douze ans de l'emmener à bord avec lui.

24 Contamination croisée
a) Lorsque Boabdil, dernier roi de Grenade, fut obligé d'abandonner le royaume de ses pères, il demanda comme cadeau à son père qui était capitaine au long cours et maître d'un beau voilier de l'emmener à bord avec lui. 
b) Quand Stefano Roi eut douze ans, il s'arrêta au sommet du mont Padul.

25 Isomorphisme
Lorsque ce siècle eut deux ans,
Napoléon, perçant comme prévu sous Bonaparte
qui était premier consul et futur empereur par maint endroit,
lui demanda de l'emmener sur le trône avec lui.

26 Synonymie
Lorsque Stefano Majesté eut douze berges, il sollicita comme présent à son daron qui était pilote de longue distance et directeur d’un superbe trois-mâts de le prendre en mer avec lui.

27 Fine déduction
C’est bien parce qu’il ne parvenait pas à terminer ses maquettes en allumettes ni à les introduire dans une bouteille et qu’accessoirement il faisait toujours déborder la baignoire que Stefano Roi, douze ans et toutes ses dents, demanda à son père capitaine au long cours et maître d'un beau voilier la faveur de l'emmener à bord avec lui.

28 Contamination (autre)
Quand Stefano Roi eut douze ans, il demanda comme cadeau à son père une colonie d'Utopiens composée de 9876543210 hommes, sans les femmes et les petits enfants

29 Isoconsonnantisme
Caisse teuf noire, diesel démodé comique, dossier pourri qu’un tacot pété, nul, cramé tordu, bavez loin de là mon brave :  clou !

30 Isovocalisme
En pédalo vois-tu souvent si ceux en canot accostent à fond vers l’irréel, magie, fées, sorts, bons tours, effets, jeux d’un faux soir, ciel bleu en feu qu’évapore la mer d’huile.

31 Isophonisme
« Camp stef !  A noroît ! Hue, doux zan !
- île de Man ?
- Da ?  comme cas ...
Do à son : paire quiète et cape y tiennent .
Oh ! long ? court ?
Emettre Dumbo, voix liée de l’an mené, abhorre Ravec, lui  !   

32 Boule de neige clinamenoïde (strict)
Q
ua
nd S
tefa
no Roi
eut dou
ze ans, il
demanda c
omme cadea
u à son père, q
ui était capi
taine au long c
ours et maître d
un beau voilier, d
e l'emmener à bord a
vec lui. de D. Buzzati

32 bis  Boule de neige clinamenoïde 
A
un
âge 
pile
quand
le môme
Stefano
Roi eut là
douze ans, ô
il demanda à
son cher père  
qui était déjà 
capitaine au si  
long cours et, pis, 
maître d’un si beau
voilier de vouloir
l’emmener à bord avec
lui. K par Dino Buzzati.

33 Hétérosyntaxisme
Le cadeau d’un embarquement à bord avec lui, capitaine au long cours, maître d’un beau voilier, fut ce que le père de Stefano Roi se vit demander par son fils atteignant ses douze ans. 

34 Alexandrin(s)
Quand Stefano Roi eut douze ans, il demanda
en cadeau à papa, qui était capitaine
au long cours et maître d'un beau voilier ébène
de l'emmener à bord avec lui par là-bas .

35 Interrogation
Est-ce quand Stefano Roi eut douze ans qu’il demanda comme cadeau à son père, qui était capitaine au long cours et maître d'un beau voilier, de l'emmener à bord avec lui ? 

***
 Note : Le thème de Dino Buzzati est bien, comme vous l'aviez deviné, la première phrase de la nouvelle "le K"...

mercredi 18 juin 2014

samedi 14 juin 2014

Impromptu imprévu improvisé

Les chemins buissonniers vont à l'encontre, et c'est heureux, des programmes programmés tels que je les évoquais dans le billet du 7 juin dernier, il y a une semaine exactement. Ceci n'est point une brusque volte-face. C'est un itinéraire bis, un délestage, une bretelle imprévue. Une improvisation.
J'en remercie un des blogs de chevet ci-contre qui m'a donné cette idée à laquelle je n'ai pu résister.
Le girondeau. Ah, le girondeau...
Vous lirez donc sur le blog de Robert Rapilly les quatre merveilles qu'il nous propose !

Et comme je m'y suis collé, voilà un peu de lecture !

Si Cléopâtre avait eu le nez plus fin 
Aurait-elle connu un peuple idolâtre
La dissuadant de ce venin ?
Pour renoncer là à se battre
Sont-ce ses déboires romains
Qui la firent opiniâtre 
Choisir ce chemin
Si Cléopâtre
N’est plus, teint
Saumâtre :
Fin !

Sancho Panza c’est pas le moment qu’il flanche
Sus aux moulins à hue à dia fissa
Non ce n’est pas s’en payer une tranche
Qu’accompagner cet échalas
Plus parfaitement étanche
Assoiffé de combats
Tocs d’un Don qui cloche
Sancho Panza
Qui chevauche
Dans la
Manche


Arsène Lupin manie en as la chignole  
Menant de vie grand train grâce aux butins
Snobe les fariboles et les babioles
Herlock défié arrive en vain   
Rival dont il se gondole
Ganimard fou devient    
Risquant camisole
Arsène Lupin
cambriole
badin
vole 



Ce Don Quichotte préfère voir les choses en grand
Fougueux manieur de bâtons sans carotte
Il s’attaque en plein vent aux géants
Dans le combat point ne mégote
Leurs ailes de son zèle pourfend
et si Sancho ballotte
rien ne le suspend :  
ce Don Quichotte
rossinant 
dépote
tant

jeudi 12 juin 2014

Rouge

Grosse matinée jardin lors du dernier week-end, quand la fraîcheur est encore de mise. 
Je m'activais à ramasser la tonte de la veille, je désherbais et nettoyais par-ci par là, et quelques signaux colorés me firent de l’œil.




lundi 9 juin 2014

samedi 7 juin 2014

Projetons-nous dans les mois

Le 6 juin, hier, était le jour J, le 7 c'est donc le jour K ? Doit-on en déduire que le 4 c'est le jour H ? Sauf que le 6 c'est aussi le D-day donc le déca tomberait le 13 ?

Pouf pouf.

Nous sommes déjà au mois de juin.
En un sens c'est bien, c'est une bonne nouvelle si l'on pense à l'été, à la perspective de tous les plaisirs qu'on peut y associer.

C'est donc le temps où ce blog va peu à peu entrer en somnolence ondulatoire, surtout du fait de son patron à vrai dire qui aime bien couper complètement en juillet et en août.
En juin, on pourra trouver ici-même la fin de l'expérimentation "Un Œil Neuf", dont il doit rester deux ou trois "épisodes" ou tentatives, je ne sais plus, au moment où j'écris et je ferais bien d'aller vérifier au labo.
Cette affaire se terminera avec un petit plus, non pas tel un douzième travail d'Hercule mais plutôt tel un douzième œil -sans rapport direct avec l'alexandrin- qui reprendra et retravaillera le matériau sélectionné dans les onze précédents pour un ultime clin d’œil ...neuf et demi.

Un petit exercice oulipien pourrait fort bien être publié fin juin et donner le signal des vacances.
Il s'agira d'une troisième tentative des fameuses "35 variations" dont j'avais en juin 2013 réalisé deux versions, une sur l'infortuné Grégoire Samsa de Kafka que j'avais sans me priver bien métamorphosé et l'autre peu de temps après sur la pauvre Alice de Carroll que j'avais quelque peu emmenée loin de Wonderland.
Tel la chèvre, tel le chou, je ménage le suspense quant à la variation, sachez seulement que je n'ai pas choisi l'oeuvre complètement au hasard.

Enfin, dans la série carnets, peut-être aurai-je mis la touche finale à un texte qui entamé depuis quelque temps chemine au long cours sur papier sur écran et dans la tête, texte que je mettrai à la lumière du jour seulement si je parviens à en être complètement satisfait. Ce n'est toujours pas le cas aujourd'hui.

Ceci posé, il sera temps de fermer la porte du labo !
Et, au fait, le loup n'y est pas.

mercredi 4 juin 2014

On avait dit 12 !

Voici ma proposition pour la restructuration territoriale.
J'ai procédé alphabétiquement.
C'est pas plus idiot, non ?
Et même si c'est pas moins le bordel, au moins ça ouvre des perspectives !
Je tiens cependant à préciser que je ne brigue aucunement la présidence de la République.




dimanche 1 juin 2014

A poursuivre !

Amusant de constater que les ponts, appelés aussi week-end prolongés, provoquent une envie assez irrésistible : les prolonger, justement !
Surtout lorsqu'on maîtrise parfaitement certains proverbes du mois de mai où paraît-il on peut faire ce qui... Bref. Ne perdez pas le fil, même si nous ne sommes plus en avril.

Que dire alors quand ces ponts permettent en plus des passerelles, de franches et belles occasions amicales qui permettent de renouer en vrai après une "première" en mars de l'année d'avant !
L'occasion au passage de faire connaissance de la génération montante (qui promet !) et même, impromptu, d'un mystérieux "cyberfils" extrêmement sympathique dont je ne dévoilerai rien ici, mis à part que le court moment à l'abri des remparts du château fut fort appréciable !
Il y eut plus que l'espace en notre faveur en ce samedi où géographiquement ces rencontres furent possibles, car le temps fut aussi au rendez-vous, et nous avons passé quelques heures dans une belle douceur pré-estivale, à discuter tranquillement.
Cette bonne ambiance fut facilitée par quelques crêpes dégustées en terrasse, la grande ville étant peu chargée (voir plus haut : pont), au point que même les bonnets rouges n'ont pas fait recette...
Les voyageurs reprirent leur périple aux alentours de 17h00. Une bonne journée.
La revanche ?
A suivre au mois d'août sur le chemin  d'une descente plein sud !