vendredi 12 septembre 2014

Conquis

C’est peu dire que j’ai aimé « La patience de Mauricette ».

Un récit à haute teneur en humanité et imprégné de poésie dont je viens de déguster le fil en quelques heures.
J’ai commencé sur un rythme lent, en alternant d’ailleurs avec des nouvelles d’un autre auteur et puis, entre mardi et mercredi, montée en régime, crocheté par l’histoire, je suis allé au bout.

J’en ai terminé la lecture dans le jardin, sur le banc, à l’ombre du pommier sous une légère brise. Un choix dont je me réjouis après coup.

Mauricette Beaussart 75 ans a disparu, elle était en soins à l’hôpital pour sa santé mentale. 
Que s'est-il passé ? Son ami Christophe va chercher. 
Nous découvrons progressivement les souffrances, les drames, mais aussi les joies et l’espoir.
L'amitié et beaucoup d’attention et de respect sont présentes, précieuses, et c'est la vie finalement, rien de moins. Et c’est déjà tant. 
Comment dire que la distance est toujours la bonne, que rien n'est outrancier, que l'émotion comme les rires ou sourires sonnent juste.
Des pages spéciales s'intercalent par chapitres dans le récit : ce sont les mots, les lignes magnifiques du journal de Mauricette.
Une réussite.
Mauricette, quand on a terminé de lire, on l’aime, on a envie de la rencontrer et d’aller se promener avec elle dans le sable humide de la plage du côté de Merlimont.  
   
 

J’ai découvert Lucien Suel et son œuvre en février 2013.
De la meilleure des manières, à mes yeux. : sur scène, à Nantes, il s’agissait d’une lecture-concert, proposée par la maison de la Poésie, une forme que j’aime beaucoup. Et c’était un peu par hasard, par curiosité.
Lucien Suel était accompagné ce soir-là de Bruno Chevillon à la contrebasse.
La présence d’un musicien que j’apprécie énormément ne pouvait qu’à priori renforcer ma curiosité.
Tout cela mis ensemble était prometteur, à tout le moins.  

Il y fut question de la mort d’un jardinier. Etonnant. Et ce fut un moment intense, chaque membre du duo à son meilleur. 
Quelque chose est passé qui m’a accroché. En général, dans ces cas-là, je creuse !
Depuis, je consulte régulièrement SILO, j’ai lu par poignées étalées dans l’été le recueil « Je suis debout ».

J’avais entamé le chemin avec « La Mort d’un Jardinier ».

Et je vais marquer une pause avant de poursuivre : juste le plaisir de rester encore un peu avec Mauricette !


10 commentaires:

  1. Quoi de plus agréable que d'aimer à tel point un personnage que l'on voudrait le rencontrer ? En tout cas, une belle réussite pour l'auteur qui parvient à ce tour de force.

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    1. Pas si fréquent que cela, finalement, en ce qui me concerne !

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  2. ben oui, conquis...t'adore
    ( friday bad joke)

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    1. Mais j'aime bien quand même, j'ai de la marge
      ;-)

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  3. Bonsoir K, j'avais écrit tout le bien que je pensais de ce roman dans mon billet http://dasola.canalblog.com/archives/2009/08/01/14606624.html Bonne soirée.

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    1. Merci pour le lien : effectivement nos avis sont similaires sur ce roman !

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  4. Merci pour ce bel article. Je suis très heureux de cette rencontre (émouvante) avec Mauricette. Savez-vous que j'ai éprouvé le besoin de la retrouver en écrivant un second roman, "Blanche étincelle", qui est le journal intime de mon héroïne pendant quelques mois, deux ans après sa sortie de l'hôpital...

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    1. Merci de votre passage !
      "Blanche étincelle" ne m'a pas échappé dans votre bibliographie et j'ai bien l'intention de le lire d'ici quelque temps !

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  5. Mauricette, c'est Bashung, elle n'attend plus qu'une allumette ;)
    Certains auteurs aiment le contact à voix haute et en chansons avec le public, je pense à Luc baba ici à Liège.
    Ce serait bien de suivre le conseil de l'auteur et de voir du côté de "Blanche étincelle".

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    1. Cette forme lecture + accompagnement (ou improvisation) musical(e) envoie le texte dans une autre dimension.
      Lucien Suel ne surligne rien quand il lit, il travaille plus le rythme du texte me semble-t-il.
      Pour Blanche étincelle, et l'allumette, ce sera fait en temps et en heure, cher Chrisw.
      ;-)

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