samedi 31 janvier 2015

Suite (s)



Je ne peux que recommander la trilogie d'albums publiés de  1995 à 2005 par Aldo Romano, Henri Texier et Louis Sclavis associés au photographe Guy Le Querrec, initiateur du projet dont les clichés fournissent matière à de magnifiques livrets présentés dans les boîtiers des disques.

Après "Carnets de route" illustré par le morceau Annobon il y a quelques jours, voici Soweto Sorrow issu du deuxième album, "Suite africaine". Nous restons dans une ambiance calme et méditative, mais ce n'est pas le seul registre des trois compères !


Un extrait du troisième (African Flashback) ultérieurement.

mercredi 28 janvier 2015

10-moi dix mots...

« Dis-moi dix mots qui nous relient » est une manifestation francophone internationale.
Les dix mots de 2014-2015 : 
amalgame, bravo, cibler, grigri, inuit, kermesse, kitsch, sérendipité, wiki, zénitude.

Bon, ne cachons pas plus avant que je me suis occupé d'eux.


Sans faire aucun amalgame 
qui ne susciterait aucun bravo 
et ne viserait -tell une pomme- qu'à me cibler
sans recours à aucun grigri, 
je puis vous annoncer
que l’inuit, comme chacun sait, tous les chats sont gris,
que Paris vaut bien une kermesse surtout en breton,
que je préfère et de loin le kitsch lorrain
que je n’ai toujours pas trouvé la sérendipité puisque je ne cherche rien,
mais qu’à mon avis, le wiki n’est jamais qu’un kiwi en train de faire demi-tour,

et la zénitude la capacité à profiter au plus haut point de la lumière du soleil.

lundi 26 janvier 2015

Zazipo 2015 - 2

Souche
Les livres que je n’ai pas écrits, n’allez surtout pas croire, lecteur, qu’ils soient pur néant. Bien au contraire (que cela une bonne fois soit dit) ils sont comme en suspension dans la littérature universelle. Ils existent dans les bibliothèques, par mots, par groupes de mots, par phrases entières dans certains cas. Mais il y a autour d’eux tant de vain remplissage, ils sont pris dans une telle surabondance de matière imprimée, que moi-même à vrai dire, malgré tous mes efforts, n’ai pas encore réussi à les isoler, à les assembler. Le monde en fait me paraît rempli de plagiaires, ce qui fait de mon travail une longue traque, la recherche têtue de tous ces menus fragments inexplicablement dérobés à mes livres futurs.

Marcel Bénabou, Pourquoi je n’ai écrit aucun de mes livres, Textes du XXe siècle, Hachette 2006

Monorime

Les livres que je n’ai pas écrits
Qui l’eut cru qui l’eut cri
Ne sont pas vues de l’esprit.
Ils existent suspendus circonscrits 
Dans tant et tant de récits,
De bibliothèques et de librairies.
Faits comme des rats, ils sont pris
dans une nasse qui déborde de manuscrits
au point que je n’ai réussi aucun tri,
aucun assemblage, j’en suis contrit.
Ne pensez pas que je m’aigris
si je dis, quitte à être proscrit,
que ce monde est plein de malappris
usant de grigris
qui fleurent l’escroquerie.
Ma besogne en change de gabarit
et je sens bien qu’elle s’inscrit
dans la quête de tous ces fragments, ces débris
étrangement envolés comme colibris,
escamotés de mes livres au futur assombri. 

samedi 24 janvier 2015

Déambuler


Promenade in green

vendredi 23 janvier 2015

Zazipo 2015 - 1

L'an dernier, on a joué avec Jacques Jouet. 
Cette année, ce sera cela :

Souche
Les livres que je n’ai pas écrits, n’allez surtout pas croire, lecteur, qu’ils soient pur néant. Bien au contraire (que cela une bonne fois soit dit) ils sont comme en suspension dans la littérature universelle. Ils existent dans les bibliothèques, par mots, par groupes de mots, par phrases entières dans certains cas. Mais il y a autour d’eux tant de vain remplissage, ils sont pris dans une telle surabondance de matière imprimée, que moi-même à vrai dire, malgré tous mes efforts, n’ai pas encore réussi à les isoler, à les assembler. 
Le monde en fait me paraît rempli de plagiaires, ce qui fait de mon travail une longue traque, la recherche têtue de tous ces menus fragments inexplicablement dérobés à mes livres futurs.


Marcel Bénabou, Pourquoi je n’ai écrit aucun de mes livres, Textes du XXe siècle, Hachette 2006.


J'en propose illico un lipogramme en A

Les livres que je n’écrivis point, ne croyez guère, lecteur, qu’ils soient pure chimère. 
Non, bien évidemment (que ce soit une bonne fois dit) ils sont comme en suspension en plein milieu des lettres universelles. Ils existent en bibliothèque, en mots, en groupes de mots, en énoncés entiers en de nombreux exemples. 
Seulement il est près d’eux tellement de fioritures superflues, ils sont pris en une telle boursouflure d’éléments imprimés, que moi-même pour tout dire, en dépit de tous mes efforts, je coince encore pour les isoler et les grouper. 
Le monde effectivement me semble rempli de copieurs, et mon boulot me semble une longue course, une recherche têtue de toutes ces menues bribes incompréhensiblement retirées de mes livres futurs.

Ticheurte Bencrevé , Pourquoi je n’étions écrit zéro de mes livres, 
Textes du XXe siècle, Procure 2006.


et un lipogramme en E

Bouquins à moi pas parus, n’y vois pas, ô bibliorat, faux ou illusion.
Ils sont a contrario là, flottants dans tout opus au plan supranational, national ou local.    
Ils sont dans maints rayons, par mots, par blocs, par locutions ou tout propos accompli, fini. 
Mais il y a tout autour un gras surabondant, ils sont si pris dans un flux d’inscriptions à ras bords, 
qu’ils sont là sous ma main sans solution aboutissant à tout saisir puis tout unir.
La civilisation m’apparaît ainsi : pillards copiant à foison, par cargaisons.
Mon boulot tournant alors au grand safari où moi, cabochard, poursuis un à un tout bout manquant, par faits obscurs, à tout bouquin qui naîtrait par moi.


M. Totalflapi pourquoi j’ai pondu aucun bouquin à moi, 
topos d’avant aujourd’hui, Tomahawk     

jeudi 22 janvier 2015

Trois



Annobon
Carnets de route
Aldo Romano Louis Sclavis Henri Texier

mercredi 21 janvier 2015

La nuit est un son

François Corneloup Hélène Labarrière Simon Goubert
Trio Noir Lumière 



lundi 19 janvier 2015

dimanche 18 janvier 2015

Surnager

7 janvier.
Terrible semaine juste après.
Le sentiment d’un ko debout. L’automate allant malgré tout travailler, accomplissant les tâches quotidiennes, au ralenti, et l’esprit ailleurs.
Des images, Pelloux, détruit, le visage absolument gonflé d’un chagrin irréversible.

Des billets lancés dans la foulée pour témoigner ; soutenir, comme des bouteilles à la mer, verre rayé et goulots passablement ébréchés.
Le dérisoire est assis sur un banc…
Les billets des autres par ci par là et quelquefois l’impression tenace  de lire du silence mouillé.
Après, marcher dans une foule compacte dont l’intensité silencieuse rendait les yeux brillants.

Et puis un trou, ensuite, cinq jours, pour laisser à la poussière le temps de retomber, de se déposer, un comble quand on a le sentiment qu’elle va rester en suspension et troubler durablement l’horizon.
Un espace avec deux ou trois jours pendant lesquels le son fut coupé pour  tenter de retrouver une respiration intérieure, loin  de l’engorgement poisseux et de la folie furieuse des media. 
Deux exemples. Ce ridicule à vouloir trouver la formule choc : c'est notre 11 septembre. Pitoyable.  
Et une parmi les politiques, catégorie « dédiabolisée »  réussit haut la main à lier l’indécence et l’ignoble, sans frémir et… sans surprise, en foulant aux pieds la mémoire des tués. 

Et puis une semaine après, se procurer le « nouveau Charlie », oui ce sera fait, mais tranquillement, pas à la manière des soldes auxquels je ne participe d’ailleurs jamais…

J’ai dans ce laps de temps très spécial souvent été touché par les témoignages gorgés d’humilité, disant l’incompréhension et la peine, et surtout pas par les démonstratifs – tellement narcissiques-  racontant  et analysant « j’ai fait ceci ou cela, parce que voyez-vous j’ai tout compris ».

Et je ne parlerai même pas des théories fumeuses qui ont vite émergé.

Aujourd'hui je ne sais pas encore très bien ce que j’ai compris ou pas.
Je reste sûr qu’il faut en parler, pour mesurer une responsabilité : celle des « grands » envers les « plus petits » qui sont en train de grandir, de se construire. Elle existait déjà avant. Elles reste indispensable.

Mais je ne sais pas aujourd’hui de quel côté souffle le vent.

vendredi 16 janvier 2015

Lire

El Premio Nóbel de Lectura 
me lo debieran dar a mí 
que soy el lector ideal 
y leo todo lo que pillo:
leo los nombres de las calles 
y los letreros luminosos
y las murallas de los baños 
y las nuevas listas de precios
y las noticias policiales
y los pronósticos del Derby
y las patentes de los autos
para un sujeto como yo 
la palabra es algo sagrado
señores miembros del jurado 
qué ganaría con mentirles 
soy un lector empedernido
me leo todo – no me salto 
ni los avisos económicos
claro que ahora leo poco 
no dispongo de mucho tiempo 
pero caramba que he leído
por eso pido que me den 
el Premio Nóbel de Lectura 
a la brevedad imposible
Nicanor Parra.
- - - 
Le Prix Nobel de Lecture
Devrait m’être attribué
Car je suis le lecteur idéal
Je lis tout ce qui me tombe entre les mains :
Je lis les noms des rues
Et les enseignes lumineuses
Et les graffitis sur les murs 
Et les nouvelles listes de prix
Et les actualités judiciaires
Et les pronostics pour le Derby
Et les plaques d'immatriculation  
Pour une personne comme moi
La parole est une chose sacrée
Messieurs les membres du jury
Que gagnerais-je à mentir 
Je suis un lecteur acharné
Je lis tout – je ne saute même 
Pas les petites annonces
Bien sûr ces derniers temps, je lis peu 
Je n’ai pas beaucoup de temps
Mais bon Dieu, qu’est-ce que j’ai lu
C’est pour cela que je vous demande de me donner
Le Prix Nobel de Lecture
Aussitôt qu’impossible.



NOTES :
Grand merci à l'auteur de la traduction pour son aimable autorisation de publier ici. 
Son blog : Brumes
Grand merci à Colo  pour sa contribution amicale.

jeudi 15 janvier 2015

Elsewhere



to see the ocean 
     peace and quiet in the sky 
          drown view of the city 

    you imagine the reach of the noise 
     the expanse to hear the sound 

         the sea echoes     wind 
             long against man 

                 and through the streets   salestalk 
               precise,      acoustics 

                      glass glass     gas gas 
                          coloring eyes 
                         a system of motion 

                                darkness blowing a wall 
                                                       cracked in most cases 
                                  foam    stars 
                                            as in the air as 
                                               under wheels 
                                                         of feet 

                                         as leaves still growing in 
                                                  fewer millions 

                                    imagination eating 
                                        time like a body 
                                     mountains on water 
                                               wave over and over 
                                           vivid on gray 
                                      striding streets at 
                                    once all that looms 

                                          if you find time  
                                                         you think 

                                             if a few things 
                                               merge, you may sleep 



Extrait de : Larry Eigner : Waters / Places / A Time, Black Sparrow 1983.  

voir l’océan 

     paix et tranquillité dans le ciel 
          noyer vision de la ville 

       tu imagines la portée du bruit 
            l’étendue pour entendre le son 

                la mer renvoie échos          le vent 
                      long contre l’homme 

                          et dans les rues                    discours commercial 
                        précis,           l’acoustique 

                             verre verre         gaz gaz 
                                 colorant les yeux 
                                un système de mobilité 

                                        obscurité soufflant un mur 
                                                          craquelé dans beaucoup de cas 
                                              écume     étoiles 
                                                  comme dans l’air comme 
                                                      sous les roues 
                                                              de pieds 

                                             comme les feuilles continuant à croître en 
                                                       moins de millions 

                                                 imagination dévorant 
                                                      le temps comme un corps 
                                               montagnes sur l’eau 
                                                               vague encore et encore 
                                                          vives sur le gris 
                                                                  des rues à grands pas et 
                                                              tout ce qui peut surgir 

                                                                 si tu trouves le temps 
                                                                              tu penses 

                                                                 si quelques-unes des choses 
                                                             se fondent, tu pourrais dormir 



Extrait de : Larry Eigner : Waters / Places / A Time, Black Sparrow 1983. Traduit de l’anglais (américain) par Jean-René Lassalle.  


Merci à POEZIBAO pour cette trouvaille.

samedi 10 janvier 2015

Besoin d'oiseaux



© Nicolas Honorez pour GEO



vendredi 9 janvier 2015

CENTQUaRANTE

Etrangement, les essuie-glace tout neufs n’amélioraient absolument pas la visibilité. Cela me conduisit –sic- à une hypothèse fructueuse à propos de mes lunettes. 

(140-11) mardi 6 janvier


Etrangement, les essuie-glace tout neufs n’amélioraient toujours pas la visibilité. L’hypothèse « mes lunettes » tomba : elles étaient nettes. C’étaient mes yeux.


(140-12) jeudi 8 janvier

jeudi 8 janvier 2015

Magnifique

Permalien de l'image intégrée

(c) Banksy / twitter


mercredi 7 janvier 2015

Folie

Voilà où nous en sommes. 
12 vies fauchées et de gros dégâts autour pour ceux qui restent.

Brindilles, il va falloir jouer serré.

 Je n'ai absolument pas pu me concentrer sur quoi que ce soit ce mercredi après-midi.

S'il est un billet que je n'aurais jamais imaginé mettre en ligne, c'est bien celui-ci. 
Et il me semble si dérisoire...

Un lien ... 

Ensemble.





Note/ à titre exceptionnel les commentaires sont fermés.

lundi 5 janvier 2015

2014 / lectures

Je reprends à ma façon l'excellente idée de Samantdi sur son blog Vie Commune où elle retrace et relate ses lectures de l'année. 
Contrairement à elle, je n’ai pas noté à mesure, et je pense que j’en oublie quelques-uns, mais l’essentiel et la majorité sont là ! 
(Et pour 2015, je note !) 
* * * * 
  • Argent brûlé / Ricardo Piglia : polar nerveux
  • Trois / Roberto Bolano : Bolano, toujours magique, ici des nouvelles.
  • Les fantômes de Belfast / Stuart Neville, polar noir très bien mené, distant des clichés
  • Désaccord parfait (chroniques) / Philippe Muray : style et approche incisifs, quelques pages datées – c’est le lot des chroniques liées à l’actualité. J’en tenterai un autre à l’occasion, je pense à « l’Empire du bien ».
  • Les 39 marches / John Buchan , un classique adapté par Hitchcock. Impec.
  • Impasse Adam Smith /Jean-Claude Michéa, essai ; excellente analyse du bourbier où se trouve la gauche aujourd’hui.
  • Le 2e vœu / Ramon Diaz-Eterovic, un polar avec Heredia et son chat Simenon, deux immanquables, excellentes ambiances et déambulations à Santiago du Chili.
  • Quand nous étions révolutionnaires / Roberto Ampuero : mi-roman mi-chronique qui « casse » bien Cuba, mais pas entièrement convaincant.
  • Les courants fourbes du lac Tai / Qiu Xiaolong : une enquête de l’inspecteur Chen, j’en lirai d’autres, c’est excellent.
  • 44/ David Peace : chronique footballistique - vue des coulisses -sur le célèbre entraîneur Brian Clough à Leeds United. Curieusement, ou pas, c’est  passionnant.
  • Perdre est une question de méthode / Santiago Gamboa : un bon petit polar colombien ! 
  • Le banquier anarchiste / Fernando Pessoa : un court récit de Pessoa, inattendu et plus qu’ironique.
  • Eloge du Contraire / Francis Bott : essai plein de subtilité et d’humour, de la profondeur et de l’élégance.
  • Le rock progressif / doc musique /Aymeric Leroy Hé hé plein de groupes connus dès les seventies
  • Comme dans un miroir / Gunnar Staalesen : nouvelle enquête de Varg Veum, le privé norvégien que je suis assidûment d’épisode en épisode. Un bon cru, solide.
  • Le vieux qui lisait des romans d’amour / Luis Sepuvelda : un peu inattendu en regard du titre, et finalement ambiance et histoire bien sympathiques.
  • Sur le fleuve / Silvia Baron Supervielle : la poésie telle qu’elle m’emmène, extraordinairement concise et suspendue, fragile et vivante.   
  • Cœurs solitaires / John Harvey : premier polar d’une série bien ancrée socialement, c’est bien écrit, … et puis l’inspecteur Resnick aime le jazz ! 
  • La poésie comment dire ? /James Sacré : rigoureux, intéressant car très documenté et d’une grande humilité.
  • La conférence de Cintegabelle / Lydie Salvayre : plein de justesse et d’ironie.
  • Poèmes. Du mouvement et de l'immobilité de Douve. Hier régnant désert. Pierre écrite. Dans le leurre du seuil / Yves Bonnefoy : souvent très abstrait. Pas forcément ce que je préfère. 
  • L’homme qui avait peur des livres / Marcel Cohen : intense.
  • La fête de l’insignifiance / Milan Kundera : déconcertant.
  • Suicides exemplaires  Enrique Vila-Matas 
  • Etrange façon de vivre Enrique Vila-Matas : toujours Vila Matas émouvant et pince sans rire, jamais dupe.
  • Meurtre au 31e étage / Per Wahloo
  • Le camion / Per Wahloo :  après la série des 10 « romans d’un crime » du suédois en duo avec sa compagne, deux très intéressants thrillers de Wahloo, secs tendus et au final implacables.
  • Lip des héros ordinaires / Vidal et Galandon
  • Les Vieux Fourneaux / Paul Cauuet, Wilfrid Lupano
  • Le chien qui louche / Etienne Davodeau
  • Mademoiselle Else /Manuele Fior
  • L’entrevue / Manuelle Fior
  • Mauvais genre / Cauchaudet
  • Les petits ruisseaux /Pascal Rabaté
  • Les cobayes, Benaquiesta / Barral 
  • Tyler Cross / Nuri & Bruno 
  • Quartier lointain / Jiro Taniguchi
     Ce sont dix BD très diverses. Je les prends à la médiathèque en suivant leurs conseils, et ça marche ! Lip est un excellent rappel, Davodeau toujours bien, Les vieux fourneaux moyen  Quartier lointain est très bien. 
  • Neuf histoires et un poème / Raymond Carver 
  • Les vitamines du bonheur / Raymond Carver : la touche Carver incisive, précise, qui capte des instantanés aux angles surprenants. C’est superbe.
  • Une jeunesse /Modiano
  • L’herbe des nuits /Modiano
  • Dora Bruder /Modiano
  • Le café de la jeunesse perdue /Modiano : 4 grands moments, avec Goncourt « oblige », mes quatre premiers Modiano. Il y en aura d'autres, ultérieurement.
  • La patience de Mauricette /Lucien Suel : une des belles émotions de 2014, sans conteste. Mauricette m’a conquis.
  • Automne /Mons Kallentotft
  • Hiver /Mons Kallentotft
  • Eté /Mons Kallentotft
  • Printemps / Mons Kallentotft
  • La 5e saison / Mons Kallentotft : Cinq aventures de la super intendante Malin Fors qui, malheureusement, sur la distance ont vu mon intérêt s’étioler même si j’ai tout lu, et dans l’ordre chronologique. Les constructions des romans chapitres alternés entre récit et monologues avec voix intérieures ont fini par me peser et par paraître invraisemblables et trop systématiques. 
  • Jason Murphy / Paul Fournel : un oulipien malicieux ( pléonasme ?) qui nous mène par le bout du nez avec une écriture éblouissante.
  • Le champ du potier / Andrea Camilleri et son commissaire Montalbano : une première. Et ambiance sicilienne truculente, un régal !
  • La République de Mek Ouyes / Jacques Jouet : un somptueux feuilleton, joyau oulipien 
  • Je suis debout – recueil poétique Lucien Suel / Une voix, un souffle qui m’ont passionné. Magnifique.
  • Mécanismes de survie en milieu hostile / Agnès Rosenthal : construction complexe, il faut s’accrocher mais la récompense en vaut la peine
  • L’île des Chasseurs d’oiseaux / Peter May
  • L’homme de Lewis / Peter May
  • Le braconnier du lac perdu / Peter May : Une grande humanité dans cette trilogie de polars, le décor (îles écossaises Hébrides extérieures) y est pour beaucoup, magnifiquement décrit, tout comme les personnages fort attachants dans leurs difficultés et contradictions ; du coup les éléments d’enquête policière sont plutôt au second plan, dans une lignée classique et cela donne une belle série très « atmosphérique ».
 Et puisque je n'ai pas l'intention de faire de "pause" ... 
A venir
Bonheur National Brut de François Roux
Le Puits de Ivan Repila
Cent titres de Clémentine Mélois
Après la guerre de Hervé le Corre
Les hommes n’appartiennent pas au ciel de Nuno Camarneiro
Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet d’Antoine Bello
Pas pleurer de Lydie Salvayre
Fonds perdus de Thomas Pynchon
La blanche étincelle de Lucien Suel
Mantra de Rodrigo Fresan
La peau froide d'Antonio Sanchez Pinol
J’avoue que j’ai vécu de Pablo Neruda
La forme d’une ville de Julien Gracq

edit ; j'ai oublié la liseuse ! Et donc

Le duel de Arnaldur Indridason
Opération Sweet Tooth de Ian McEwan
Fuir Pénélope de Denis Podalydes
Expo 58 de Jonathan Coe
Noir Ocean de Stefan Mani
La tunique de glace de William T Vollman
Tous les diamants du ciel de Claro




dimanche 4 janvier 2015

Voyons voir

Préambule : 
On a de ces faiblesses quelquefois... 
Le 2 janvier peu avant 20 heures, je suis en mode légume devant le journal télévisé de France 3. 
Je n'en crois pas mes yeux de concombre mort lorsqu'un reportage donne la parole à trois "voyants". Décidément ça continue de voler haut, question info sur le "service public".
Mon sang de navet ne fait qu'un tour. 
C'est parti.

* * * *

L'homme humain est ainsi fait qu'il se laisse aller parfois, dans sa mégalomanie à vouloir tout expliquer sans rien comprendre, à des faiblesses qui peuvent l'assimiler à un gros demeuré.
Parmi les quantités astronomiques (et je pèse mes mots) de conneries déversées et gobées, celles que nous devons aux astrologues et autres voyants ne sont pas les moindres.
Et même si à vue de nez on pourrait dire qu'un voyant est peu dangereux, ça reste à prouver, d’autant qu’on peut considérer comme vain (et plus) de vouloir hiérarchiser les nuisances.
Trêve de précautions, voyons donc objectivement ce qu'il en est de ces charlatans.
Pourquoi lorsqu'on dit voyant pense-ton immédiatement à allumé ? Leur présence (presse, radio) en rangs serrés éclaire-t-elle vraiment ? De nombreux voyants aussi lumineux rassurent-ils vraiment ?  Demandez à un pilote d’Airbus.
Pour ma part, la lecture d’un bulletin météo d’astrologue ou de voyant me donne des boutons et je saisis en ces quelques lignes en ligne l’occasion de régler cette affaire en espérant n’être pas trop…prévisible (ah ah).
Les différentes formes de prédiction ou divination laissent rêveur.
On sait qu’il y a une différence entre voyance et clairvoyance : c’est clair.
Tout voyant extra-lucide devrait au minimum se dénoncer pour intra-obscurantisme s’il tenait compte de ce qu’il prétend avoir vu en infralucide qui extrapole.

Voyons maintenant les techniques et leur popularité.
La chiromancie n’est plus guère pratiquée en raison d’une part des coups et blessures recensés dernièrement : certains prophètes prenaient aussi des mains sur la gueule sans l’avoir soupçonné un instant. D’autre part, Chirac – oui oui, lui !- n’a jamais eu la moindre vision.

La cartomancie reste en vogue : il faut dire que les résultats parlent pour elle.  On vendu cette année 31% de cartes des 24h du Mans en plus. Des tests en laboratoire ont montré que si vous allez voir un cartomancien ou une cartomancienne avec une carte d’Irlande (en ne la dépliant pas afin qu’on puisse voir seulement le nom)  il ou elle vous dira quel pays vous allez visiter, ce qui à défaut d’être une prédiction valide, montre à tout le moins qu’il ou elle sait lire. Troublant et impressionnant, quand même.
Passons sur l’arithmomancie, l’oniromancie qui ne constituent que vaticinations oiseuses, augures de mauvais oiseaux et autre oracles ô désespoir,  pour nous consacrer à certaines nouveautés.
La Montmorency consiste à ouvrir un noble en deux, pour savoir si vous pourrez l’être un jour, et à le jeter.
La symphonie-en-si  est utilisée pour prévenir le mal au dos chez les chefs d’orchestre qui se spécialisent dans l’interprétation d’un seul compositeur.
Attention gras. 
Une autre forme pratiquée chez les Romains par les haruspices connaît un regain d’intérêt qu’on aurait dû sentir venir. La cassouletomancie (dont le nom vient du célèbre ragoût roboratif à base de haricots dit cassoulet) permet de prévoir le nombre d’émissions gazeuses post-repas à 200 près. Ses prophètes sont vous l’auriez parié les haruspètes.

Nous ne pouvons conclure sans poser quelques questions existentielles qui nous taraudent.
Un sourd peut-il avoir des visions ?
Un voyant peut-il choper les boules (même en cristal) ?
Un astrologue n’est-il pas qu’un désastre ?
Les horoscopes nous prennent-ils pour décans ?
En cas d’erreur un tireur de tarot garde-t-il une excuse quand il prévoit un temps de chien ?
Et peut-il se tirer ?
En peinture, les voyants préférèrent-ils les tableaux lumineux ?
Un voyant est-il remboursé quand il a des ampoules ?
Vastes questions…certes.
Et, n’en doutons pas, pour être plus éclairé, il faut bien se garder de prendre les prophéties pour des lanternes.


vendredi 2 janvier 2015

Et maintenant ?



«Très bonne année ! » D’un jet de ma sarbacane,  
tiens, j’envoie janvier fuser à grands traits, 
en quelques pensées que j’enrubanne,
pour voir venir sérénité,
sans que je serine sœur Anne !  
Santé prospérité  
Prises en tisane… 
Très bonne année,  
d'air diaphane,
calme et
plane.





(c) d'après une gravure de Gravami pour les Voyages de Gulliver.