lundi 27 avril 2015

9 Néanmoins le tentacule

Mots :



-C’est vous Chevalier ? J’écoute… 
-Alors chef, je les ai observés très rapidement certes pour pas me faire repérer (comme c'est marqué dans le manuel et comme vous nous l'avez redit) mais néanmoins j'ai bien vu qu'il mangeait une ombrelle… 
ou alors manquait... ?  J'ai peut-être pas si bien vu finalement.
J’ai une hypothèse que ce serait fort possible qu’un des deux faux jardiniers l'a sûrement subtilisée ou bien déplacée et rangée dans le petit cabanon à outils.
Il faut vous dire que comme j'étais bien planqué dans ma voiture banalisée, j'écoutais un truc en sourdine -mais pas au point d'être aveugle, normal quand on est de surveillance si je peux me permettre - c'était comme un petit paradis avec un quatuor à cordes qui m'emmenait au ciel, genre Chouvert. Un truc comme ça. 
- ... 
- Ben oui chef, j'en ai sûrement manqué un peu, chef. Par contre, et là vous allez être content de moi et le manuel aussi,  lorsqu'ils sont partis, je me suis permis une incursion – comme une initiative personnelle de mon propre chef – heu pardon - enfin, pour ….  Ah oui, vérifier un truc !
J'ai pu constater qu'après avoir ratiboisé la sauterelle, ils ne lui avaient laissé aucun tentacule. Et ça, vous me croirez ou pas, chef, j’arrive pas à me l’expliquer.
- ...
- Le rapport, je le tape quand même, le rapport, chef ?

samedi 25 avril 2015

Leaving the sea


Un voyage que je vous propose avec le groupe de David Binney.

Il est possible que le choix de ce morceau ait à voir 
avec l'espérance d'un monde meilleur. 

"Maritimement"  parlant.

jeudi 23 avril 2015

Sienna

Fin 2012 un concert me permettait de découvrir Sienna Dahlen, en compagnie du groupe de Karl Jannuska pour le projet et l'album de ce dernier "The Halfway Tree".

Ce fut même, après, l'occasion d'échanger quelques mots, ce que nombre de musiciens de la scène jazz et indépendante font volontiers et en toute simplicité.

Depuis je garde une oreille sur ce qu'elle chante et compose.
Et là, je vous propose de partir un peu sur les cimes...


 Carrie - album VERGLAS 2013

mercredi 22 avril 2015

Sortie de crise

Exclusif
Migrants, naufrages,
voici les 10 mesures simples étudiées de très près par l’Union Européenne


  • assécher la Méditerranée
  • titulariser les passeurs en CDD non renouvelables
  • passer le relais à la Lufthansa
  • équiper en sous-main les passeurs en sous-marins, plus discrets.
  • bombarder les aires d’embarquement au lance-pierre
  • lancer un grand chantier d’intérêt continental pour relancer le bâtiment : le Grande Muraille d’Europe avec embauche de snipers
  • ressusciter Kadhafi
  • Allo Batman, vous êtes libre en ce moment ? non ? Passez-moi Robin  
  • Une conférence d’un ex-président français en duo avec un pseudo-philosophe à Lampedusa (promo 50 % de réduction).
  • enregistrer un disque avec Bob Geldof 
NB : 
la mesure Kouchner /sac de riz n'a pas été retenue.

CENT QUARAnTE

La situation dramatique issue des récents naufrages en Méditerranée est telle que désormais l’Europe les autorisera juste les jours impairs.

(140-15)

lundi 20 avril 2015

8 Le galimatias du matou

Mots : 



Visionnant les rushs après la journée de tournage, un mot lui vint à l’esprit : un galimatias.
C’était bien le danger qui guettait Robert Bradley, réalisateur  culte de séries Z. 

Trop, c’était trop, à force de trop d’hémoglobine. 
Il quitta la salle. 

Perdu dans ses pensées et dans les couloirs. 

Et si l’heure avait sonné de faire illico une pause, une année sabbatique comme on dit ? 
Distrait, Robert y pensait toujours en peinant à introduire son jeton dans la machine à café.

Pourquoi pas ? Un break pendant lequel on mène des activités inédites, ou sans cesse repoussées faute de temps, comme s’inscrire à un club de karaté. 

Sa décision était prise : les lentilles piégées qui explosent et désintègrent les matous, c’était fini.

Au moins pour un temps.

vendredi 17 avril 2015

Comète


LES HOMMES N'APPARTIENNENT PAS AU CIEL.



Un roman de Nuno Camarneiro à la fois envoûtant et étonnant.
Trois personnages à la fois familiers et énigmatiques prennent la parole, se succédant sans se rencontrer d’un bref chapitre à l’autre.

Et la quatrième de couverture nous a donné quelques indices.
Fernando à Lisbonne, Karl à New-York et Jorge à Buenos-Aires sont en quelque sorte des visions fantomatiques, rêvées, de trois écrivains qui ont marqué le XXe siècle – Kafka, Pessoa et Borges.

Ce rythme ternaire, ces textes courts, ces voix alternées diffusent progressivement un climat poétique souvent, philosophique parfois et créent en volutes un paradoxe surprenant avec la folie causée par le passage de la comète de Haley en 1910. (N'en attendez pas pour autant un "livre-catastrophe" !)

En cinq parties (exorde, confrontation, arrangements, stupeur, clôture) le récit se déploie et nous plonge dans leurs jeunes années formatrices, initiatiques.

Mais tout n’est pas si simple, ce serait faire peu de cas des miroirs, des labyrinthes, des alter ego…
Si Fernando et Jorge font irrésistiblement penser par un jeu de références subtilement maîtrisé à Pessoa et Borges, Karl n’est pas Kafka mais un personnage de Kafka, immigrant d’Europe centrale, tiré d’un de ses romans « L’Amérique ».
Karl est le personnage le plus ancré dans la difficulté, il peine à gagner de quoi subsister, sa vie est dure, faite de rencontres à risque. C’est dans sa partie qu’il y a le plus « d’action »… Jorge passe ses nuits à réinventer les histoires racontées par sa grand-mère. La mémoire, le temps sont déjà là… Et Fernando est déjà pris par le mal de vivre, les interrogations, irons-nous jusqu’à … l’intranquillité ?

Je recommande parmi d’autres un passage fabuleux, dans les chapitres « Jorge » , sur les fourmis et l’été.

Il n’est pas nécessaire de connaître parfaitement les œuvres respectives, mais certaines références, certains filigranes s’apprécieront mieux si on a quelques repères.
L’auteur a su capter et transcrire l’essence des personnages, leur cheminements intérieurs.
Il joue parfaitement avec ce réseau de références, il s’y montre libre, loin d’être écrasé ou prisonnier.
C’est souvent flottant, c’est à la fois précis et imprécis, rien n’est tranché, la porte est ouverte à la rêverie, la réflexion.

Dernière chose : comment un titre original  extraordinaire « Il n’y a pas assez de place dans ma poitrine pour les oiseaux » devient « Les hommes n’appartiennent pas au ciel » est déjà un mystère en soi.
On peut le regretter, mais il ne faut pas s’y arrêter.
On pourrait presque dire que cela « colle » au sujet finalement…

Une excellente lecture donc.

C’est à la fois surprenant et insolite, fort réjouissant : un grand plaisir. 

mardi 14 avril 2015

Etincelle



J’ai eu des nouvelles de Mauricette.
Mauricette ?
Mauricette Beaussart.
Elle habite désormais une petite maison dans le nord de la France, à la campagne.
Elle tient toujours son journal.

Début septembre, il y a près de sept mois, je l’avais laissée du côté de Merlimont.
Nous avions les pieds dans le sable humide de la plage.

Laissée, pas abandonnée.

J’avais déjà pris date pour après. Pour maintenant.
Lire «Blanche étincelle » permet de renouer le contact, l’amitié.
De découvrir que Mauricette,  quelque temps après «La patience de Mauricette», va son chemin et qu’il est fréquenté !

C’est sa maison, avec le chat (qui sera doté d’un nom) et c’est une rencontre dans une librairie. 
Lieu juste parfait pour le point de départ d’une amitié.

C’est aussi le jardin, objet d’attentions quotidiennes, que rythment exemplairement les saisons et leur fil.
Et l'on apprécie en souriant que ce jardin cultivé, sa préparation, ce que l’on sème (s’aime) et comment, résonne avec tout ce qui germe pareillement et s’enracine dans le partage de livres, de musiques… Culture, curiosités, partages, miroirs et vases communicants. Une récolte humaine pleine et indispensable.

On y trouve, toujours bienvenus quelques traits d’humour, des clins d’œil espiègles.
Tiens, le titre de l’ouvrage précédent prend passagèrement une autre dimension, et je ne l’avais pas vu venir ! Il y a des moments où l’on est vraiment content de se faire attraper !

Et l’écriture ? C’est un tour de force. Au cordeau, comme le jardin.
Limpide, débarrassée de tout «gras», on en apprécie la fluidité qui semble se trouver quelque part au confluent de la prose et de la poésie. Un équilibre qu’on devine atteint et maintenu avec exigence et de haute lutte, en s’écartant des écueils du mielleux haut la main haut la plume en se concentrant sur ce qui est bon et beau, et bien !

Quand on referme le livre, on garde certaines images, certains mots ou phrases.

« Je ne pourrai pas changer le monde, juste essayer d’être meilleure ».
« Vivre va prendre tout mon temps ».
Un sacré bon programme.


lundi 13 avril 2015

7 Zéro faribole

Mots :


- Zéro Zéro Sept était sujet de sa majesté et à l’agoraphobie. On le sait peu, dit Q.
- J'avais bien noté sa propension à éviter systématiquement les bastringues. Comme s'il fallait compenser, il ne se privait pas d'user de son charme quasi-démoniaque sur des créatures généralement peu farouches qu’il rencontrait lors de ses missions à l’étranger, compléta Moneypenny.

- Mais, attention, ce ne sont peut-être que des fariboles, pensa le Chiffre qui écoutait tout.   

vendredi 10 avril 2015

It looks different every time


Robert Wyatt - Sea Song
1974
Rock Bottom 

jeudi 9 avril 2015

Sonia


Je me suis rappellé l'excellent concert du Didier Levallet Quartet "Voix Croisées" 
que j'avais évoqué début septembre dans le cadre des Rendez-Vous de l'Erdre. 
Le rappel du concert, ce fut ce morceau ! 
Joué avec une joie et une plénitude rares car le concert et la réception du public 
-soulignée par Didier Levallet lui-même très touché et fort ému - 
furent absolument remarquables:  une attention, une écoute, comme un moment de grâce.

Mais quel chemin m'a ramené sur mes propres pas auditifs ? 
Après avoir publié un extrait de Carla Bley il y a quelques jours, je suis retourné dans les tiroirs où je range les disques pour me remettre en tête quels albums de la discographie de Carla Bley y figurent. 
Quelques incertitudes à vérifier. 
De fil en aiguille, je me remémore quelques-unes des collaborations précieuses de Carla Bley et je retombe sur le grand Robert Wyatt, lui aussi peu écouté ces derniers temps. 
Je me remets l'extraordinaire "Rock Bottom" (1974) et là, le lien se fait car les parties de trompette - élégiaques - sont jouées par Mongezi Feza. 
Ce qui me ramène tout droit à Sonia et Didier Levallet.     

lundi 6 avril 2015

6 Le saucisson du yankee

Mots : 


Andromaque se parfume à la lavande.
Le saucisson est sec.  
Le vent souffle les flambeaux.
Grand-Mère mange nos bonbons.
Le ténor a posé un ultimatum.
Je répète. Le ténor a posé un ultimatum.
Il est temps de cueillir des tomates.
Les pelures d'oignon sont en peaux  de saucisson.
Il faut avoir des pipes pour trier les lentilles.
L'éléphant s'est cassé une défense.
La vague a emporté le wapiti.
Le musicien est enthousiaste.
Les girafes ne portent pas de faux-col.
Le xénon n’est pas si rare. 
Je répète. Le xénon n’est pas si rare.
La mort de Turenne est irréparable.
Les sanglots des yankees sont cuits.
La vache saute par dessus la lune.
  

samedi 4 avril 2015

Útviklingssang

Présent sur l'album Social studies en 1981, on retrouve ce morceau sur l'album 4 X 4 paru en 2000 où il figure en dernière position.
Il rappelle ô combien Carla Bley est une formidable compositrice.
Le morceau se déploie par méandres et ne vous lâche plus.



jeudi 2 avril 2015

Son nom est Nemo

J'ai terminé il y a quelques jours la lecture de "L'île du point Nemo" de Jean-Marie Blas de Robles.
Si vous allez voir chez Zulma , quelques informations à découvrir pourraient constituer une intéressante mise en bouche et vous permettre de tenter cette lecture que pour ma part j'ai entreprise grâce aux bons soins de la médiathèque.
Et je ne le regrette pas, car je me suis retrouvé à bord d'un roman au fort parfum de Jules Verne, mené d'une superbe écriture flamboyante, maniant l'ironie décalée de bon aloi, le tout en une multitude de références. Car ce roman trace sa voie en un foisonnement baroque, logiquement absurde, avec d'ailleurs le risque de l'incongruité parfois.
Mais ça n'empêche pas les pépites, oh non !
Et au gré des courts chapitres, on tombe parfois sur ça :



(c) Jean-Marie Blas de Robles - Zulma éditeur.






mercredi 1 avril 2015