mardi 14 avril 2015

Etincelle



J’ai eu des nouvelles de Mauricette.
Mauricette ?
Mauricette Beaussart.
Elle habite désormais une petite maison dans le nord de la France, à la campagne.
Elle tient toujours son journal.

Début septembre, il y a près de sept mois, je l’avais laissée du côté de Merlimont.
Nous avions les pieds dans le sable humide de la plage.

Laissée, pas abandonnée.

J’avais déjà pris date pour après. Pour maintenant.
Lire «Blanche étincelle » permet de renouer le contact, l’amitié.
De découvrir que Mauricette,  quelque temps après «La patience de Mauricette», va son chemin et qu’il est fréquenté !

C’est sa maison, avec le chat (qui sera doté d’un nom) et c’est une rencontre dans une librairie. 
Lieu juste parfait pour le point de départ d’une amitié.

C’est aussi le jardin, objet d’attentions quotidiennes, que rythment exemplairement les saisons et leur fil.
Et l'on apprécie en souriant que ce jardin cultivé, sa préparation, ce que l’on sème (s’aime) et comment, résonne avec tout ce qui germe pareillement et s’enracine dans le partage de livres, de musiques… Culture, curiosités, partages, miroirs et vases communicants. Une récolte humaine pleine et indispensable.

On y trouve, toujours bienvenus quelques traits d’humour, des clins d’œil espiègles.
Tiens, le titre de l’ouvrage précédent prend passagèrement une autre dimension, et je ne l’avais pas vu venir ! Il y a des moments où l’on est vraiment content de se faire attraper !

Et l’écriture ? C’est un tour de force. Au cordeau, comme le jardin.
Limpide, débarrassée de tout «gras», on en apprécie la fluidité qui semble se trouver quelque part au confluent de la prose et de la poésie. Un équilibre qu’on devine atteint et maintenu avec exigence et de haute lutte, en s’écartant des écueils du mielleux haut la main haut la plume en se concentrant sur ce qui est bon et beau, et bien !

Quand on referme le livre, on garde certaines images, certains mots ou phrases.

« Je ne pourrai pas changer le monde, juste essayer d’être meilleure ».
« Vivre va prendre tout mon temps ».
Un sacré bon programme.


8 commentaires:

  1. Je note , ce que tu en dis me tente.

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    1. La rencontre en vaut la chandelle !

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  2. Je viens de lire ici, pour en savoir plus, (http://la.revuex.free.fr/le_site/bios/mauricette.html) une sorte de biographie de Mauricette.

    Lucien Suel m'est inconnu...ce que tu dis de ce roman "récolte humaine pleine et indispensable" me le rend....indispensable!
    merci K.

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    1. Colo merci, si tu vas dans les liens SILO est tenu par Lucien Suel !

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  3. Une lecture qui nous laisse des souvenirs pérennes est une lecture que l'on a envie de partager...

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    1. Oui, j'ai déjà d'ailleurs offert "La patience de Mauricette" et Blanche étincelle connaîtra sûrement le même sort !

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  4. Cher K., Je vous lis et c'est comme si Mauricette elle-même me donnait de ses nouvelles. Dernièrement, j'étais invité dans une classe de 1ère L qui "étudiait" "La patience de Mauricette" pour le bac français. A la fin de la rencontre, alors que je parlais de "Blanche étincelle" en disant que je n'écrirai pas un troisième livre avec mon héroïne, une jeune fille m'a demandé : "Mais comment allez-vous pouvoir vivre sans Mauricette ?". Cela m'a tellement touché que j'en suis resté sans voix pendant un moment...
    Merci de me surprendre avec cette chronique-poème. Mauricette est toujours là.

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    1. Comment ne pas rendre - un peu- ce qui nous a été donné ?
      C'est aussi partager.
      Et merci pour cette anecdote en classe, très beau moment.

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