mercredi 27 mai 2015

Nouvelles découvertes


Un membre permanent de la famille


Un membre permanent de la famille, le dernier recueil de nouvelles que j’ai lu, a été l’occasion de découvrir l’écrivain américain Russell Banks, connu seulement de nom jusqu’ici.

Essai transformé.

Ces douze nouvelles forment un bel ensemble qui frôle le sans-faute, j’ai pu constater par expérience que les recueils sont rarement homogènes si tant est que cela signifie quelque chose, d’ailleurs.
Ils peuvent même être inégaux dans la qualité des récits  et ceci dépasse la seule question d’affinité avec les histoires et les thèmes.

Ici quelques-unes se détachent
Une transplantation, au final fragile et majestueux
Outer banks, la plus brève, avec une belle intensité,
Oiseaux des neiges, le deuil et l’amitié, deux amies, absolument superbe.
Ancien marine, relation tragique entre un père et ses trois fils, ancrage social 
Big dog, une fête entre amis qui ne se déroule pas exactement comme prévu
Fête de Noël, mélancolique et tendre,
Blue, un achat de voiture d’occasion qui dérape,
Un membre permanent de la famille, autour d’une garde alternée après une séparation
Perdu trouvé, rencontre, non-rencontre, seconde chance…

Les autres m’ont moins plu

Le perroquet invisible, sans grand intérêt, et c’est bien la seule qui ne m’ait pas enrôlé.
La porte verte, sur un barman assez bizarre et un client à la recherche de plaisirs un peu spéciaux
A la recherche de Veronica, un peu trop explicative, j’aurais aimé qu’elle reste plus abstraite...

C’est bienveillant et incisif. Aucun jugement.   
Intense souvent, brut et surprenant dans les trajectoires. Les révélations ou changements de cap des histoires sont souvent inattendus. On se laisse emmener, conquis et confiant. Je pense que Carver n’est pas loin. Pour le coup, très certainement, l’Amérique qu’on aime.
Banks n’en fait jamais trop : retrancher c’est ajouter. Touchant, complexe, plein d’humanité.


lundi 25 mai 2015

13 Le paradoxe de la varicelle

Les mots

Au diable l'avarice, deux pour le prix d'un !

RECIT
Un jour vers midi du côté du parc Monceau, sur la plateforme arrière d'un paradoxe à peu près complet de la quenelle S (aujourd'hui 84), j'aperçus un personnage au cou fort long qui portait un feutre mou entouré d'un galon tressé au lieu de ruban. 
Cet individu interpella tout à coup son voisin en prétendant que celui-ci faisait exprès de lui marcher sur les pieds chaque fois qu'il montait ou descendait des voyageurs.
Il abandonna d'ailleurs rapidement la ratonnade pour se jeter sur un secret devenu libre.
Deux heures plus tard, je le revis devant la tentation Saint-Lazare en grande union avec un ami qui lui conseillait de diminuer la varicelle de son pardessus en en faisant remonter le bouton supérieur par quelque tailleur compétent.



NEGATIVITES .
Ce n'était ni un paradoxe, ni un avion, mais un moyen de transports terrestre.
Ce n'était ni le matin, ni le soir, mais midi.
Ce n'était ni un bébé, ni un vieillard, mais un homme jeune.
Ce n'était ni un ruban, ni une quenelle, mais du galon tressé.
Ce n'était ni une procession, ni une ratonnade, mais une bousculade.
Ce n'était ni un aimable, ni un méchant, mais un secret.  
Ce n'était ni une vérité, ni un mensonge, mais une tentation.
Ce n'était ni un debout, ni un gisant, mais un voulant être assis.
Ce n'était ni la veille, ni le lendemain, mais le jour même.
Ce n'était ni la gare du nord, ni la gare du p.-l.-m. mais la gare Saint-Lazare.
Ce n'était ni un parent, ni un inconnu, mais une union.  
Ce n'était ni une injure, ni une varicelle, mais un conseil vestimentaire.



(c) D'après Raymond Queneau, bien sûr.

vendredi 22 mai 2015

Rome en photo ?







Note : 
Le retour absolument pas précipité des "express" cette fois-ci indépendants les uns des autres, publiés au coup par coup, aléatoires. Pas de calendrier, pas de contrainte, que de l'improvisation selon affinités ! Et,bien sûr, merci à Lucien Suel pour l'engrenage !

mardi 19 mai 2015

Pas simple

Incapable de dire non, il avait fini agent quadruple.
Il se faisait l'effet d'une triple-buse.
Il était - évidemment- polygame et sa deuxième femme avait eu des quintuplés.
Il se confia à un tiers autour d'un double-scotch.

"J'aurais tellement aimé faire les choses à moitié".

lundi 18 mai 2015

12 L’image de l’omniscient

Les mots



Les flashs et traînées lumineuses apparaissent à l’image
Bouffées surréalistes
C’est comme un jeu bizarre
Un karaoké de gare désynchronisé
Un bric à brac machinal à la Léonin de Varci
Une procession emboucannée par les odeurs de méchoui
Des braises et des fumées qui tissent des nébuleuses obscures
semant le doute même dans l'esprit de l’omniscient 
du bois
dont on fait les flûtes ?

samedi 16 mai 2015

Down the river


Dans son album SITTING TARGETS paru en 1981, 
Peter Hammill chante Ophelia. 
Baignée d'une étrange sérénité, 
la chanson me fait penser 
à une onde qui vient lentement s'échouer 
sur la rive.

mercredi 13 mai 2015

Aveu


 


J’ai terminé il y a une quinzaine « J’avoue que j’ai vécu » de Pablo Neruda.
Ce qui nous est donné à lire présente un poète que l’on suit ancré dans la vie, un homme de son temps, engagé les yeux tournés vers le peuple chilien et jamais détournés. Même si ce n’est peut-être pas si « simple ».

On apprend beaucoup, on mesure combien la curiosité les rencontres les voyages ont compté, et il y a de fort belles pages – vraiment magnifiques- sur l’enfance, les commencements.

Mais, progressivement, tel un sparadrap dont je ne suis pas parvenu à me défaire, il y a eu ce sentiment de lire un peu l’édification du mythe ou de la statue, et une nage en pleine gauche romantique et sentimentale, avec une certaine auto-complaisance et des points qui fâchent qu’on évite soigneusement.

Preuve si besoin que l’équilibre subtil de ce type d’exercice n’est pas simple, il faut ... l’avouer (!). 
A noter, un passage sur Staline qui, plus de vingt ans après la mort de celui-ci, est complètement « surréaliste » et laisse pantois. Il y avait encore du chemin, le concernant. Bizarre... 



MAIS.  

Cela ne retire rien à la grande qualité littéraire de l’œuvre.
C’est beau, c’est sûr parce que Neruda est un conteur hors pair, et que l’ouvrage finalement dépasse les mémoires et n’est pas non plus exactement une autobiographie.
On a parfois l’impression d’une  conversation à bâtons rompus, de confidences faites plutôt simplement, la chronologie étant parfois bousculée pour faire des liens.
 
Certains passages sont drôles, ou encore absolument poétiques et d'autres sont plus dramatiques.
Certaines parties sont magnifiques : "Vivre avec la langue", "Vers courts vers longs", "L’originalité" sonnent tous un peu comme un manifeste poétique. 
Et des portraits réussis, attachants aussi, avec Garcia Llorca, Eluard. 
Des pages sur Allende et un ouvrage qui se conclut, en 1973 année de triste mémoire, sur le peuple chilien encore une fois trahi.

Au-delà de mes réserves, c’est une belle histoire finalement et un grand plaisir de lecture.

J’avoue que j’ai vécu.

Pablo Neruda. 

lundi 11 mai 2015

11 Baveux mais pas hermétique

Mots :


- C'était adorablement baveux, mon chéri.
- Diantre !
Jean-Charles savait que la remarque de Constance était loin d'être pure élucubration.

Il avait depuis quelque temps pris quelques initiatives destinées à égayer certains de leurs moments de farniente. Manière de s'encanailler, voyez-vous. 
Eviter la gangrène de l'habitude, avait-il proclamé.
Et le moins que l'on puisse dire était qu'elle se montrait loin d'y être hermétique.

Elle y repensait souvent, ravie.
Soupirs.

"Mon dieu,  mais quelles omelettes !"

jeudi 7 mai 2015

Un plat froid, la belle, tel est pris qui...

La revanche de Kevin de Iégor Gran que j'ai terminé il y a une dizaine de jours est un roman tout récent de 190 pages environ qui permet de passer un bon moment de lecture. Ce n’est pas un chef d’œuvre, il est sans doute oubliable, mais il amène régulièrement le sourire à nos yeux ou à nos lèvres. 
Le prénom Kevin est déjà un indice… selon les clichés en vigueur.
Ensuite le milieu journalistique et éditorial  qui sert de toile de fond est l’objet d’une satire dont il ne sort pas indemne ou grandi ! 
Le héros (Kevin, donc) est un peu spécial, il est même franchement détestable quant à ses agissements et son attitude. Il est marié à Charlotte dont la mère est déjà tout un poème à elle seule. Je n’en révèle pas plus… que la quatrième de couverture :


 .
Disons que si on ne peut excuser ce que fait Kevin (enfin pas moi) , là on peut le comprendre quand on découvre dans quel milieu de crabes il évolue. Et l’intérêt de l’histoire est de camper des personnages plutôt complexes – à grands traits parfois, satire oblige – dont on finit par se demander ce qu’ils vont bien pouvoir inventer « après »… Car on sent que tout est possible avec un tel cynisme et de tels vautours !  
L’ensemble est bien vachard, l’humour grinçant, et tous les pauvres petits qui ont tellement conscience de leur importance évoluent dans leur bocal où ils se révèlent vraiment pathétiques avec leur nombril. 
Une belle noirceur qui nous invite aussi à une réflexion utile sur l’air du temps. Les gros moqueurs petits bras qui se laissent aller à « cet humour de classe » où l’on méprise les « Kevin» -justement- sont présents : ce sont les « potes » de bureau de Kevin.  Et indiscutablement, les beaufs c’est eux !

lundi 4 mai 2015

10 D’un ululement à l’algorithme.

Mots :



L’ululement du plus fort est toujours le meilleur
Nous l'allons montrer tout à l'heure.
Une valise se désaltérait dans le courant
d’un watt pur
Un xénophile survint à jeun qui cherchait un yaourt
Et que le zigoto en ces lieux attirait
Qui te rend si hardi de troubler mon algorithme ?

vendredi 1 mai 2015

En mai écoute ... s'il te plait... !


Ouvrir mai en musique afin de faire ce qu'il nous plaît ?
Allez c'est parti pour 13 minutes 
qui valent un très bon moment sans esbouffre tout en finesse :  
Courtois - Casagrande jouent un morceau de ce dernier 
tiré de son très bel album 
At the End of the Day.