lundi 31 août 2015

27 Jongler avec philosophie

Les mots



Trafic.
S’en dépétrer il faut jongler
dans la jungle de la circulation
Les heures de pointe circulent  
Vas y que j’te klaxonne
ce vieux libidineux, ce jeune libidivieux …
Tiens là, devant, un futur mort 
un noctambule
qui vrille la file
passe à l’orange.
Essuie l’orage des protestations qui crissent
Trafic trafic  
continuum ad nauseam
A fond, en avant toute …

Nouvelle philosophie ?

lundi 24 août 2015

26 Le colibri de l'ingénue

Les mots : 





Le colibri – Robert Dodine – 1966- collection privée  

Il s’agit du premier tableau d’une série de cinq que l’artiste a thématisée sous le label «épinard contemporain».
Cette œuvre se veut dans son épure une dénonciation implacable de la société de consommation.
Au premier plan au centre la mer penche symbole des fractures et des déchaînements d’un monde agité.  
Une ligne invisible nous relie -coin droit en haut- au flibustier qui n’apparaît pas mais que l’on devine en une sorte de présence-absence, un lointain-proche angoissant.
Cette figure étrange est convoquée avec gourmandise par l’artiste qui fait ici référence très explicitement aux prédateurs qui préfigurent la globalisation et la mondialisation. 
Inévitable dans la vision du peintre, l’horreur atteint son climax dans l’empilement en haut à gauche de petits rectangles (à moins que ce ne soient des briques –la question mérite d’être posée) qui n'en finissent pas de se fondre dans un néant ascendant.
Etrange inversion de la chute – ascensionnelle donc- qui vient en écho de… l’espoir.
Oui, où trouver et maintenir l’espoir dans le message, comment dépasser la seule dénonciation, pourrait-on se questionner ?
La pleine maîtrise de l’artiste lui permet de le mettre en scène allusivement avec l’ingénue qui se tient sur la plus basse des deux lignes courbes, prête à fendre le tableau en son centre et désignant le précipice qui attend l’humain dans sa condition avec la perte (la fin ?) de l’innocence, la chute faisant passer d’un rouge à un noir quasi-infernal. 
La frêle flamme de l’espoir n’aura guère duré. 
Implacable, Dodine en est d’autant plus précieux.  

lundi 17 août 2015

25 Vénus, bravo !

Les mots :




La Vénus de Botticelli  surfait sur l’onde depuis qu’elle était connectée par wifi. Un véritable wifi génie pensait de son côté Xylène de Troie tout en félicitant Maître Yoga pour son calme et son sabre laser. Yoga sentit son cœur faire zoom, résultat de cette étrange alchimie avec la dame. Il voulut l’inviter mais, troublé, il ne réussit qu’à produire un amphigouri dans lequel il ne se noya pas, grâce à des propriétés amphibies insoupçonnées. Sans pour autant lui dire bravo, Xylène accepta la danse. 

lundi 10 août 2015

24 Orage urbain

Les mots : 

L’orage éclate, le dernier n’a pas séché 
et le pénultième m’a trempé les pattes !
Question « il pleut ? » à ne pas poser  :
réponse ou silence diplomates.
Et va tintinnabuler 
l’eau qui l’urbain hydrate.
Il faut s’abriter, 
l’orage éclate.
Fais chauffer 
en hâte
thé.
(forme : girondeau)

lundi 3 août 2015

23 l'hirondelle et la noblesse

Les mots 






On compte deux sortes d’hirondelles infrarouges : l’hirondelle objective et l’hirondelle relative. 
La première est celle que fabrique la mécanique du monde et la seconde est le journal de l’infrarouge tout seul. Son kilomètre, pourrait-on dire, car plus il est rapide, plus l’infrarouge fabrique de l’hirondelle.
L’hirondelle du monde est celle qui nous vient de face. Contre elle, je ne connais pas d’autre remède que la liberté et la solidarité. Le jour où vous prenez une grande hirondelle du nord bien installée dans la pipe, rien ne vaut une montagne aux larges épaules.
Vous vous faites petit derrière lui et vous attendez que ça passe. Plus précisément, vous attendez qu’il s’écarte pour vous céder la noblesse et aller au charbon à votre tour.








(D'après un texte souche extrait de  Besoin de vélo, Paul Fournel)