dimanche 31 janvier 2016

51 Temporaire sans zébu

Les mots 


Parfois, même si c’est temporaire,
l’énigme reste perchée au sommet de l’impénétrable. 
Quand l'impossible tient dans une main,
laquelle tient le stylo, lequel ne crache rien. 
Et ce n’est pas une question d'hygiène ni d’ubiquité. 
Juste que la chasse aux idées, même tous azimuts,
avec les mots qu’on a ensilés et mis à notre disposition,
nous fait le regard transparent, comme en vadrouille vers le no man’s land. 
Et cela ressemble au silence du monde. 
Que n’interrompt aucune fuite en avant, aucune dérobade. 
Et il n’y a pas de conseil valable, ni d’attitude viable.
Les pensées s’effacent au profit d’une idée fixe :  
«Wahou, j’en bave, là ! » ,
et nul besoin de se sécher les babines. 

Bon sang, mais que se lève un vent rafraichissant
qui charrie quelques bribes, maigres brindilles
où le texte puisse commencer à nicher. 
Et aussi en passant
livrez donc une montagne de courage,
ce ne sera pas du luxe, si l’on reste sur les produits autorisés.
Car il vaut mieux éviter le dopage et ces dommages,
surtout si sous l’effet de la xanthine,
on pense soudain croiser un yack.
Cela ne ferait en rien surgir le texte,
de même qu’aucune soif ne saurait être étanchée par un zébu. 
Ainsi la quête ne finira-t-elle pas forcément mal, au contraire.
Il y aura bien un résultat, c’était juste une question de temps


et de tempo qui permettra de se dire que cela ne pouvait durer.

vendredi 29 janvier 2016

50 La maison du saltimbanque.

Les mots :




J'exerce le métier de fantôme.
Je n’habite pas à proprement parler une maison.
Je suis l'ombre qui ressemble à un rêve inconnu. 
Il n'y a aucune onde quand je vais nager, comme une obsession sans reflet. 
Je pourrais jouer au « génie des lieux », mais ce serait oublier les conseils de papa.
Alors, je voyage à travers les murailles dans un cercle de brouillard.
Je me base sur un livre ouvert, page quarante, au hasard. 
Je suis des instructions secrètes que je décrypte sans lanterne dans tout le château.
Aucune raison ne me gouverne, je reste fidèle à cette vieille maçonnerie de briques.
Je suis une sorte de saltimbanque assuré d'accomplir des prodiges.



jeudi 28 janvier 2016

CEnT-QUARANTE

Sur la plage, après la tempête, la mer avait rendu une chaise, une table, une commode, un lit,  un bahut et autant de bouées. Quelqu’un avait essayé de sauver les meubles ?

140-23

mercredi 27 janvier 2016

49 Ni fantaisie ni langoureux

Les mots : 



La surprise fut de taille.
Il y avait une telle fantaisie chez Martin Gall qu’il était devenu le spécialiste reconnu du gag qui tue, le running gag qui ne doit rien au hasard. Le comique de répétition c’était son affaire, il en maîtrisait la formule sur le bout des doigts. Ses talents de scénariste garantissaient aux programmes qui recouraient à ses services des taux d’écoute records. Avec lui une histoire de kangourou c’était –forcément- dans la poche.

Mais le hasard – si c’est son nom - frappe aussi les idoles.
Le gourou du gag se fit canarder, car l’idole suscite en certains cas la jalousie. 
Gangrénée par la colère.
Des bouffées et des bribes réfléchies par le sombre kaléidoscope de la haine.

C’était comme une gangue toxique qui occultait l'écran et l’avait rendu fou.
Pourquoi lui, et pourquoi pas moi.
Son regard malade se fit langoureux de jouissance. Justice enfin, il le tenait à sa merci. 

La déflagration folle brisa les vies.
Patrick Lebras devint enfin célèbre, mais ce ne fut pas drôle du tout.   


lundi 25 janvier 2016

48 Yacht et égalité

Les mots



C’est en descendant de son yacht que le zèbre s’aperçut qu’il avait été rayé par des abrutis. 
Des bas du front qui n’avaient rien trouvé de mieux à faire que baguenauder en surveillant peut-être la ligne de flottaison. 
Se sentant enclin à distribuer des mandales plutôt que des câlins, le zèbre craignit de se faire traiter de drôle et sentit bien que le délice procuré par les pains serait passager, presque clandestin, que le soulagement ou même défoulement occasionné risquait fort de lui valoir de gros déboires. 
Comme ce n’était pas le moment de faire l’âne, il décida donc, prenant sur soi, de ne pas franchir la ligne, de rester du côté de la légalité qui, cette fois, ne faisait que rimer très pauvrement selon lui avec l’égalité. 
Il organisa donc une marche blanche, une marée noire. Et s'envola.

dimanche 24 janvier 2016

samedi 23 janvier 2016

Un "tentet" tentant


Exceptionnelle et intègre Joëlle LEANDRE !

vendredi 22 janvier 2016

Les soldes, tiens, puisqu'on en parle...

Les "fameux" alphabétiques 366 touchent à leur fin, il reste 5 épisodes (48 à 52) dûment programmés, déjà prêts.
A mon goût, ça traîne en longueur et puisque j'ai déjà pas mal détourné cette affaire, il n'y a finalement aucune raison d'en rester là.
Je bouscule donc le calendrier, le rythme et à compter de lundi 25 janvier , les derniers textes paraîtront tous les deux jours. J'aurai rempli mon "contrat" !
Comme un nettoyage de printemps avant l'heure...

mercredi 20 janvier 2016

Un questionnaire de plus !!!

Tiens ! Original (je ne l'avais jamais vu) et amusant, j'ai vu chez Aifelle ce questionnaire.
Il s'agit de répondre avec des titres lus dans l'année écoulée uniquement.


q       Décris-toi ...
Jazz

q       Comment te sens-tu ?
Plus haut que la mer

q       Décris où tu vis actuellement ...
Notre quelque part

q       Si tu pouvais aller où tu veux, où irais-tu ?
Le vrai lieu

q       Ton moyen de transport préféré ?
L'art presque perdu de ne rien faire

q       Ton/ta meilleur(e) ami(e) est ...
Un membre permanent de la famille

q       Toi et tes amis vous êtes ...
Les porteurs de lanterne

q       Comment est le temps ?
Le guetteur

q       Quel est ton moment préféré de la journée ?
La blanche étincelle

q       Qu'est la vie pour toi ?
Insoupçonnable

q       Ta peur ?
La méprise

q       Quel est le conseil que tu as à donner ?
Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

q       La pensée du jour ...
Les hommes n’appartiennent pas au ciel

q       Comment aimerais-tu mourir ?
Plus fort que Sherlock Holmes

q       Les conditions actuelles de ton âme ?
Solaire

q       Ton rêve ?
De beaux lendemains

lundi 18 janvier 2016

47 Racornir X

Les mots


Avant de devenir un avenir qui nous attend et va nous voir jaunir,
tenter diverses expériences sans s’abstenir 
pour ne pas trop tôt racornir
s’occuper de la sagesse des dents
puis faire un détour pour filtrer de l’eau, la tamiser à Londres sous Tower Bridge 
remonter, gagner de l’altitude, avant de joindre les multitudes pour passer d’abord l’ubac
et ensuite partir en vacances, en colonie, en procession, ou pas,
pour éviter l’envahissement wagnérien de la Pologne à perdre Allen
et finir discret, incognito, X, par en connaître un rayon... 

jeudi 14 janvier 2016

lundi 11 janvier 2016

46 Kaki à quai

Les mots




Kaki dans le métro.

Quel étonnant camouflage !  

Par hypothèse, pas celui d’un lâche puisqu’il ne passait pas inaperçu.

Mais était-ce le but ? Et en était-ce ?

Du camouflage.

N’était-ce pas plutôt de la magie ?

Une tentative en réalité. Après s’être frotté la paume de la main gauche avec de la nacre pour devenir invisible ?

L’objectivité et le sérieux obligent à préciser en l’occurrence que cela ne suffisait pas exactement à disparaître du panorama.

Après cette expérience, l’apprenti magicien supposé restait donc à quai.
De métro : boucle bouclée.

mardi 5 janvier 2016

Une année de lecture 2015

Ce pourrait être un bilan. J'avais pioché il y a un an à peu près l'idée de cette liste qui consiste à noter tout ce qu'on a lu au fil du temps de janvier à décembre.
Elle est bien sûr liée à la célébrissime PAL -pile à lire- que tout un chacun connaît plus ou moins.
A ceci près que les digressions, dont les origines et sources sont variées, abondent, et certains ouvrages surgissent, imprévisibles et impromptus. Ce doit être ce qu'on appelle la vie. Et quelques amis blogueurs m'ont aidé, ils se reconnaîtront ! 
Les "petits nouveaux" bousculent et décalent les "anciens" qui stagnent ou même reculent dans la pile. Une bonne dizaine est victime de cette temporisation cette année et 2016 leur accordera peut-être enfin leur chance. Dernier point, je n'ai volontairement pas noté ce qui touche à la poésie -sauf en décembre- et j'aurais peut-être dû... La lecture n'étant pas intégrale, puisque je picore.
Mais l'idée de noter les titres sera étudiée.

L'ensemble est assez diversifié me semble-t-il. 
Il y a assez naturellement des alternances stylistiques qui font office de respiration. 
A vous de vous faire une idée dans une année marquée par un lien très fort aux éditions ZULMA (Robles, Haddad, Garnier ), mes premiers Russell Banks et mes premiers Erlandur en Islande, des retours (Coe et Mc Ewan) , des BD documentaires socio-politiques, etc.    

Un mot rapide sur quelques-uns, complètement subjectif évidemment, et en gras, "mes" grands moments !


Janvier

  1. Le braconnier du lac perdu Peter May 
Fin de la trilogie écossaise que j’avais entamée fin 2014 (l’île des chasseurs d’oiseaux,  L’homme de Lewis) du polar classique, bien charpenté, situé dans les Outer Hebrides. Ambiance rugueuse, un héros attachant, Fin McLeod revenu sur les pas de son enfance.

  1. Le bonheur national brut François Roux
Saga chorale (quatre personnages) qui court sur 30 ans, génération Mitterrand de 1981 à 2012. C’est un peu lisse à mon goût, manque de mordant… et surtout ça ne tient pas le choc après « Bienvenue au club » et « Le cercle fermé » de Jonathan Coe, un peu son « équivalent » britannique qui fouille davantage où ça fait mal. Lisez BNB avant et Coe après, c’est mieux !

  1. Les vieux fourneaux BD tome 2
  2. Stéréo club BD T 1/2/3
  3. La lune de papier Andrea Camilleri
Lue par curiosité une enquête du commissaire Montalbano, c’est à la fois sympa, truculent et foutraque.

  1. 24h de la vie d’une femme Stefan Zweig
Une nouvelle extraordinairement dense, un classique, vraiment magique.

  1. Enquête sur la disparition d’Emilie Brunet Antoine Bello
Un peu tarabiscoté et artificiel, je préfère le Bello des « Falsificateurs ».

  1. Pas pleurer Lydie Salvayre
Goncourt 2014, lu volontairement après la mousse médiatique. Grande richesse, formidable d’humanité, très touché par le rapport mère fille.

Février

  1. La lumière des étoiles mortes John Banville
Découverte superbe avec cette histoire initiatique qui tourne principalement (mais pas seulement) autour de la relation amoureuse d’un adolescent avec une Mrs Gray de 35 ans, une Mrs Gray inoubliable. Très beau roman.

  1. Fuir Pénélope Denis Podalydes
Léger, oh là très très léger, pas une réussite à mon sens, et si on se détachait de son nombril ?

  1. Opération Sweet Tooth Ian McEwan
De l’espionnage sauce british dans les années 50, un régal.

  1. Expo 58 Jonathan Coe
Un très bon Coe pendant l’expo universelle de Bruxelles.

  1. Noir Ocean Stefan Mani
Noir, oui, très et du coup un peu « prévisible », une histoire qui « déroule » son huis clos et dont j’attendais finalement mieux. L’auteur a eu la main –je pense- un peu lourde.

  1. Jazz Toni Morisson
  2. Le duel Indridason
Marque mon entrée –décalée – dans l’univers d’Indridason. Du coup j’en ai lu quelques-uns !
  1. La cité des Jarres Indridason
  2. Après la guerre Hervé le Corre
Polar classique, très très bien écrit, mais –paradoxalement- aurait gagné à être plus elliptique.  

  1. Le vrai lieu Annie Ernaux
Un livre d’entretien avec Annie Ernaux, ça ne se refuse pas. Et j’ai beaucoup aimé. On apprend quel est ce « vrai lieu » en plus !

Mars

  1. La femme en vert Indridason
  2. La voix Indridason
  3. Debout dans la tombe d’un autre Ian Rankin
Le retour de John Rebus, le flic écossais cabossé, dont j’ai lu toutes les aventures et celle-ci ne m’a pas déçu !

  1. Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur Lee Harper
Superbe roman sur la transmission, un classique, humain, émouvant, magnifique.

  1. L’île du point Nemo Jean-Marie Blas de Robles
Amateurs de Jules Verne –entre autres- et d’aventures en tous genres, ce roman copieux est fait pour vous. Ingénieux et érudit. Superbe immersion. J’ai énormément aimé.

Avril

  1. Face à la nuit Peter Robinson
Polar de l’inspecteur Banks. Une petite récré.

  1. Cent titres Clémentine Melais
  2. Fonds Perdus Thomas Pynchon
Retour à Pynchon après 20 ans ou presque, et ce fut dur, j’avais perdu la longueur d’onde. Toujours aussi barré.  Mais je poursuivrai.  

  1. Blanche étincelle Lucien Suel
Un régal, après la déjà magnifique « Patience de Mauricette ». Le registre change et j’aime les aspects positifs narrés avec justesse, sans chichi ou ornement, sans sombrer dans  la guimauve ou la préciosité. D’où l’idée pour moi que c’est un tour de force de rester en équilibre sur cette ligne de crête.

  1. Le puits Ivan Repila
J’avais lu une chronique dans Lire… et le moins que je puisse dire c’est que ce roman – heureusement assez court- m’a fait l’effet d’une belle esbroufe, bien toc.

  1. Les hommes n’appartiennent pas au ciel Nuno Camarneiro
Kafka, Borges et Pessoa sont les figures qui traversent ce roman construit sur une alternance ternaire et loin d’être écrasé par de telles références.  J’ai beaucoup apprécié.  

  1. La Grande embrouille Eduardo Mendoza
Délirant, avec Angela Merkel en guest ! Je ne vous dis que ça.

  1. Rentrer les bêtes Magnus Mills
Tordant, barré, de quoi passer un moment très original.

  1. La revanche de Kévin Iégor Gran
Une belle variation sur le déterminisme, les clichés. Ah se moquer des Kévin…

  1. L’art presque perdu de ne rien faire Dany Lafferrière
Un régal que ces chroniques. La sieste, excellente et les pages sur Borges aussi.

Mai

  1. J’avoue que j’ai vécu Pablo Neruda
De très belles pages sur la poésie, sur « écrire », sur Eluard. Le reste est dispensable et parfois irritant,  car on est dans l’auto-construction de la légende.

  1. Energies extrêmes BD Blancon / Lapoix
  2. Sang Noir, la catastrophe des Courrières BD JL Loyer
Efficace si l’on veut bien se pencher sur la lutte des classes ! Et je veux bien !

  1. Bataille de chats Eduardo Mendoza
Une intrigue plantée à Madrid début 1936, un ton feuilletonnesque, un anglais expert en peinture un peu couillon  et un récit qui permet de se plonger dans cette drôle d’ambiance malgré tout. Vif.

  1. Tom Sharpe Wilt 4 (ou Comment échapper à sa femme et ses quadruplées en épousant une théorie marxiste)
Pris au hasard à la médiathèque, c’est supposé être drôle, ça l’est parfois mais c’est très vite très lourd. 

  1. Le guetteur Nabokov
L’auteur dans ses premières œuvres, cette nouvelle date je crois des années 30. Un petit bijou.

  1. Un membre permanent de la famille Russel Banks
Mon premier Banks,  un recueil de nouvelles absolument renversantes. Style, sujets, tout m’a vraiment conquis.

  1. De beaux lendemains Russel Banks
Dans la foulée du précédent, un roman à quatre voix, plus ancien, sur un accident d’autocar. Les regards sont croisés et tout cela forme un nœud dramatique qui vous enserre et ne vous lâche plus.

  1. Putains meurtrières Roberto Bolano 

Juin

  1. L’écologie en bas de chez moi Iégor Gran
Après Kévin, plutôt une déception, je m’attendais à une critique pointue du politiquement correct en la matière mais c’est un roman dont assez vite je n’ai plus trop bien su où il allait.

  1. La réserve Russell Banks
Un Banks très romanesque. Avec un avion !  Mais pas mon préféré.

  1. La méprise Marc Dugain
  2. La clôture Jean Rolin
Quelle écriture ce Rolin. Un Paris « cinématique ». Il traverse les espaces, les zones. J’ai beaucoup apprécié la narration et les situations. « Deep in the middle of nowhere » prend tout son sens.

  1. Le livre des aveux John Banville 
Un 2e Banville, plus ancien que celui de février, en plus verbeux, j’ai moins accroché.


Juillet

  1. Quinquennat Marc Dugain
  2. Insoupçonnable  Tanguy Viel
Très bon thriller et une écriture au cordeau. Très bien pour un lecteur qui ne veut pas qu’on lui mâche tout le boulot !

  1. Les atouts de M. Wens S-A Steeman
  2. Le dernier des six S-A  Steeman 
  3. Plus haut que la mer  Francesca Melandri
Un grand moment. Un bateau, une île, Paolo et Luisa s’y retrouvent pour visiter chacun un proche emprisonné là. Leur relation puis leur rencontre nous est racontée avec finesse.
J’ai apprécié les petites touches et surtout le refus de la facilité dans le roman que l’auteur termine dans la justesse et non pas dans le pathos gluant qui aurait vraiment tout gâché.
Un propos maîtrisé jusqu’au bout sans concession.

  1. Lointain souvenir de la peau Russell Banks
Sur des thèmes hautement inflammables (criminalité prédateurs sexuels pédophilie) Banks s’y colle et s’en sort haut la main. Admirable de justesse.

  1. Face à face Gunnar Staalesen
  2. L’hypnotiseur  Lars Kepler
  3. Le pacte Lars Kepler

Août

  1. Plus fort que Sherlock Holmes Mark Twain
  2. Un mariage poids moyen John Irving
  3. Solaire Ian McEwan
Beard est Prix Nobel de physique. Il recycle ad nauseam la même conférence. Pour le reste c’est un vrai « looser ». Il en est à cinq mariages. McEwan m’a bien embarqué dans cet univers passablement incongru avec un héros qui n’est pas spécialement « aimable ». 

  1. De soie et de sang Qiu Xaolong (enquête de l’inspecteur Chen)
Enquête un peu décevante, problème de construction avec un  gros pavé explicatif à la fin, préférez  « Les courants fourbes du lac Tai » à la construction plus audacieuse et réussie.

  1. Rouge ou mort David Peace 
Je connais Peace avec sa tétralogie 1974 1977 1980 1983 à couper le souffle.
Là on change d’univers avec le football et Bill Shanky manger de Liverpool dont il trace « la geste » en 700 pages épiques. Le manager « historique » s’est investi d’une mission loin du foot business d’aujourd’hui. Il veut rendre sa fierté à la communauté ouvrière par son équipe de football. Véritable héros à Anfield Road, un mec comme on n’en fait plus ! 
Livre impressionnant, il y a beaucoup de répétitions que je n’ai pas hésité à sauter parfois une fois compris le caractère « obsessionnel » de Bill !


Septembre 

  1. La joueuse d’échecs Bertina Heinrichs
Une très belle histoire d’émancipation féminine. Finement contée.

  1. Fatale JP Manchette
Quand on connaît Manchette, du tout bon. Bien resserré, bien ficelé. Parfait.

  1. La Fille de mon meilleur ami Yves Ravey 
Un court roman, de 140 pages rempli de chausse-trappes, une mécanique de précision qui m’a subjugué. Fascinant.

  1. Notre quelque part Nii Ayikwei Parkes
Une histoire policière imprégnée de l’esprit africain au Ghana. Très étonnant.

  1. La lettre à Helga Bergsveinn Birgisson
Bjarni écrit à la seule femme qu'il ait jamais aimée, Helga, des années et des années après. Ce court roman islandais part d’une bonne idée mais finit par se vautrer dans une complaisance pénible dans des scènes crues,  et un pseudo-lyrisme niveau CE2 extrêmement gênant. Heureusement juste 120 pages environ.

  1. L’affaire N’gustro JP Manchette
  2. L’A26 Pascal Garnier
Mon premier Garnier (avant que je creuse !) avec un ton noir, un style ciselé, au couteau, il n’y a jamais un mot de trop, c’est du grand art. Absurde, décalé mais surtout sombre.

  1. Le grand loin Pascal Garnier
  2. Un été avec Baudelaire Antoine Compagnon
  3. Soumission Houellebecq
Lu aussi « après-coup ». Lorsque je l’ai refermé, je me suis dit « tout ça pour ça ? »  et franchement il y a des moments d’ennui insondables, le passage « obligé »( ?)  sur les fixettes sexuelles, bref… que c’est lourd.

  1. Football Jean-Philippe Toussaint
Déception.
  1. Florange une lutte pour aujourd’hui BD Thil & Touron
  2. Lune captive dans un œil mort Pascal Garnier


Octobre  

  1. Grand maître Jim Harrison 
M’a bien emmené, une histoire de secte qui permet de brosser en creux des portraits attachants. Harrison, j’en lirai d’autres, c’est sûr !

  1. Les hauts du bas Pascal Garnier
  2. Quand le diable sortit de la salle de bain Sophie Divry
Alors là grosse déception, quelle bouse !  

  1. Intérieur nuit Marisha Pessl
Polar classique qui pourrait donner un film, on passe un excellent moment avec un cinéaste culte qui vit reclus, que personne ne connaît réellement, qui est mort ou pas… En résumé,  cela tourne autour des faux-semblants et imposteurs, des leurres et c’est bien mené.

  1. L’imposteur Javier Cercas
Avec cet ouvrage on monte en puissance tout au long des 400 pages qui nous racontent une histoire vraie qui a défrayé la chronique en Espagne et dans le monde en 2005. Enric Marco,  le président de l'Amicale de Mauthausen a porté la parole des survivants espagnols de l'Holocauste et n'a jamais connu les camps nazis. Une imposture sur laquelle Javier Cercas porte ses doutes (écrire à ce sujet ou pas) et questionne – je cite- : « La littérature n’est pas un passe-temps inoffensif mais un danger public ». Palpitant et vertigineux.


Novembre 

  1. Le tabac Tresniek Robert Seethaler
Un petit roman qui ne se la pète pas, j’en ai aimé le ton. Montée du nazisme en Autriche, un jeune garçon débarque à Vienne envoyé par sa mère pour travailler au tabac Tresniek. Il rencontre un certain Sigmund Freud. Mais cela ne résume pas toutes les péripéties de ce roman d’apprentissage. 

  1. Le temps où nous chantions Richard Powers  (étalé sur 2 mois)
Un pavé énorme de 1000 pages  –indiscutablement très ambitieux- dont la lecture n’a pas été facile, car j’ai eu beaucoup de mal avec le style et l’écriture ampoulée, lyrique , baroque de Powers.
Au bout du compte j’ai bien fait d’insister –en aménageant la lecture en plusieurs fois- car le sujet emporte tout à la fin. Le parcours des protagonistes dans l’Amérique des années  60, les petites histoires et la grande histoire, il y a un souffle impressionnant.
Mais honnêtement j’ai failli lâcher… Relirai-je du Powers ? Pas sûr.

  1. Les porteurs de lanterne Robert-Louis Stevenson
  2. L’intérêt de l’enfant Ian McEwan
Une magistrate doit décider si on arrête ou pas les soins pour un jeune atteint de leucémie, sachant que les convictions religieuses de sa famille interdisent les transfusions sanguines.
Je ne déflore pas le sujet et son traitement, mais j’ai beaucoup apprécié « le côté flottant » du récit dans la deuxième moitié, comme un signe que pas mal de certitudes ne sont pas au rendez-vous…  

  1. Corps désirables Hubert Haddad
Encore une découverte Zulma, une écriture magnifique, d’une fluidité.
Haddad nous emmène avec une subtilité admirable à partir d’une situation de science-fiction vers des questions d’identité, d’éthique certes mais aussi et surtout d’amour et d’humanité. On est dans le somptueux mais pas pompeux du tout.

  1. Ormuz Jean Rolin
  2. L’arabe du futur 1 Riad Sattouf 
Bof… Je ne sais pourquoi mais j’attendais tellement mieux… J’ai pourtant persisté avec le tome 2.

Décembre

  1. Monarques Sébastien Rutes – Juan Hernandez Luna
Roman étonnant, à la construction épistolaire originale.  La première des trois parties est vraiment très réussie.

  1. La théorie du panda Pascal Garnier 
  2. Ma Hubert Haddad
  3. Derniers poèmes d’amour Paul Eluard
  4. L’arabe du futur 2 Riad Sattouf
Bof bof… Pas convaincu du tout.

  1. Cartons Pascal Garnier
  2. Mermoz (BD) Micheluzzi
une bio classique en BD de l’aviateur mythique qui permet d’apprendre pas mal de choses à son sujet et d’élargir la vision strictement « traversée de l’Atlantique » !

  1. Un week-end dans le Michigan Richard Ford
Premier de quatre romans que je lirai très certainement car celui-ci m’a convaincu.
Trois jours avec Franck Bascombe qui promène son regard un peu rêveur, un peu désabusé sur ce qui l’entoure. Beaucoup de sensibilité, une belle acuité sur des situations ordinaires et parfois le masque de l’ironie.  A suivre donc, avec « Indépendance » le numéro 2.

  1. La  7e  fonction du langage Laurent Binet 
Oh que c’est bon ! Roland Barthes aurait été assassiné… il faut enquêter et l’auteur nous emmène dans une danse loufoque où sur fond politique (Mitterrand va gagner en 81) toute l’intelligentsias parisienne des années 70/80 est consciencieusement moquée et renvoyée à ses postures… Le duo de limiers – drôle d’attelage- cherche, cherche et ira aux Etats-Unis et en Italie à un moment. Vraiment très drôle et, de plus, l’auteur arrive à tenir sur la longueur ce qui n’est pas toujours gagné !

  1. Mr Gwyn Alessandro Baricco
Baricco raconte l’histoire d’un écrivain –assez Bartlebien en fait- qui décide ne plus écrire, ceci étant une des 52 choses qu’il ne fera plus… Des indices sont semés ici là qu’on aura plaisir à retrouver dans une relecture je pense. A la croisée de thèmes-clés, nous entrons dans le processus de création, dans un dispositif expérimental  qui donne des pages magnifiques dans la partie centrale du livre. J’en suis encore époustouflé…  

Très beau. Des moment très intenses, très émouvants, quel plaisir d’achever l’année de lecture sur une telle note, subtile et délicate.

PS: 

lundi 4 janvier 2016

45 Le danger à jalonner

Les mots 

















A ce stade, un rappel du résumé me semble bienvenu :





















vendredi 1 janvier 2016