mercredi 30 mars 2016

Montgolfières, éclairs et latitudes


Il y a un tout petit peu moins de trois ans...
J'avais écrit :

"(...) Hier soir, le concert juste achevé, quittant les travées, nous étions à descendre les quelques marches pour gagner la sortie. Silencieux.
Comme très souvent, car tous deux, avec madame K, et on n'a pas besoin de se le dire, on sait qu'on va s'en parler mais un peu après, car rien ne presse... 

Car on est encore dedans, encore dans les sensations douces de ce très beau moment que nous a offert Gian-Maria Testa à la fois simple et chaleureux, gorgé d'humanité, et de lucidité aussi. 

On se sent bien, on sent bien qu'on a fait une belle rencontre.(...)"

Oh, on y serait retourné, c'est sûr.
Mais, aujourd'hui la triste nouvelle est parvenue.

J'ai choisi quatre morceaux - oh, que c'est difficile à faire - pour témoigner de cette belle rencontre que j'ai prolongée avec ses disques. Disques pour lesquels je remercie aussi chaleureusement paul(A) qui m'avait fait quelques recommandations.

Preferisco cosi ( paru sur l'album Altre Latitudine) 

Polvere di gesso (paru sur l'album Lampo)

La tua voce  ( Lampo également) 

et puis NUOVO, (album Vitamia) 
titre d'une douceur indépassable, dont je ne me lasse(rai) jamais...


 


Écoutons sa voix, sa guitare, son chant, tout cela est si précieux. 

Sans lui on se sent un peu plus fragiles aujourd'hui.



mardi 29 mars 2016

Mars, bon et beau








Pour le mois de mars, plus nombreux que je ne l’aurais pensé sont les dictons , me dis-je, alors que je préparais un autre billet. « C'est en mars que le Printemps chante, et que les rhumatismes commencent. » Pas mal.
Je me permets toutefois d’en proposer un qui revient sur le mois bien rempli qui va s’achever dans cet espace blogguien nettement interférencé. 
"Printemps des poètes en mars, tu auras plus que des comparses."



lundi 28 mars 2016

Faire tapisserie



Ah...
Qui fait quoi ? 
Pourquoi s’en faire ? 
Faire et défaire, la belle affaire, 
Refaire parfaire ou contrefaire 
Et faire 
un tour d’enfer 
quatre-vingt fois porter le "faire"  ...
Dans la vie faut pas s’en... 
FAIRE   

      I.
je fais office
tu fais l’affaire
il fait le larron
elle fait fonction
nous faisons illusion 
vous faites le beau
ils ne font pas de doute
elles font cavalier seul

II.
je fais de l’argent
tu ne fais pas le bonheur
il fait mouche
elle ne fait pas un pli
nous faisons place nette
vous faites table rase 
ils font les deux
elles font la paire
 
III.
je fais chou blanc
tu fais la lumière
il fait la part des  choses 
elle fait sa prière,
nous ne faisons pas de vieux os,
vous faites le mort 
ils font long feu 
elles font l’appel

IV.
je fais le malin 
tu fais injure
il fait des vagues
elle fait des histoires
nous faisons des manières
vous faites scandale
ils font compliqué
elles font du bruit

V.
je fais un faux pas,
tu fais du surplace,
il faux bond,
elle fait les cents pas,
nous faisons un tour, 
vous faites fausse route
ils font la malle,
elles font machine arrière

VI.
je ne fais pas de quartier ,
tu fais l’impasse,
il fait le mur  
elle fait d’une pierre deux coups 
nous faisons les bordures
vous faites le trottoir
ils font la route 
elles font le pont 

VII.
je fais les pieds
tu fais main basse
il fait profil bas
elle fait front
nous faisons bonne figure
vous faites face
ils font semblant
elles font impression

 VIII.
je fais le sourd
tu fais avec
il fait le bœuf 
elle fait chorus
nous faisons l'amour
vous faites une fleur
ils font corps
elles font écho

IX.
je fais la paix,
tu fais l’union,
il fait la force,
elle fait cause commune, 
nous faisons simple,
vous faites un geste
ils font du chemin,
elles font pour le mieux

X.
je fais l’oiseau,
tu fais le printemps,
il fait du feu,
elle fait son miel,
nous faisons le thé,
vous ne faites ni chaud ni froid ,
ils font la pluie et le beau temps,
elles font soleil 




samedi 26 mars 2016

Passants

L’étranger
– Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? Ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?
– Je n’ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
– Tes amis ?
– Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
– Ta patrie ?
– J’ignore sous quelle latitude elle est située.
– La beauté ?
– Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
– L’or ?
– Je le hais comme vous haïssez Dieu.
– Eh ! qu’aimes -tu donc, extraordinaire étranger ?
– J’aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages !
Charles BAUDELAIRE In Petits poèmes en prose (1869)

vendredi 25 mars 2016

CENT-qUARANTE

Devenu cannibale, l’avaleur d’oncle était de plus en plus inquiet et se demandait s’il n’allait pas par dessus le marché devenir vampire à force de se ronger les sangs.

140-24 bis

jeudi 24 mars 2016

Vers l'ouest...

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Dernier disque en date du trio 
paru en novembre 2015.
Avec le titre qui ouvre l'album : 
Webstern.

Hasse Poulsen guitares
Edward Perraud batterie
Daniel Erdmann saxophones

mardi 22 mars 2016

CENt-QUARANTE

Ayant épuisé ses propres ressources, l’onychophage était arrivé au bout de lui-même et il tâtonna un moment, avant de finir par changer de régime : il dévora son oncle.

140-24

lundi 21 mars 2016

Ce fut leur quinzaine :

Merci d'avoir parcouru avec eux, 
silencieusement ou bien par le commentaire, 
cette quinzaine...

 

Et je ne résiste pas à partager celui-ci...

dimanche 20 mars 2016

samedi 19 mars 2016

vendredi 18 mars 2016

Le moral de cette histoire ...

Le moral
est d’acier
Et le cheval de bois

Les chiens
sont de traîneau
Et les tranches de pain

Les dix
sont de der
Et les cuisses de grenouilles

La chasse
est au canard
Et le feu à l’orange

Le chameau
est de taille
Et la bosse des maths

La porte
est de sortie
Et le cheval de retour

Le chien
est de ma chienne
Et le chat de la voisine

L’ogre 
est de barbarie 
Et l’heure de vérité

Les lettres
sont en souffrance
Et les promenades en barque

Les soupçons
sont de mise
Et les tubes de l’été

Les pneus
sont à plat
Et les pièges à loup

Le visage
est de marbre
Et la controverse de Valladolid

L’article
est de fond
Et l’épreuve de force

La clé
est de l’énigme
Et la musique de chambre

Les semelles
sont de plomb
Et les quintes de toux

La parole
est d’argent
Et le tremblement de terre

La ville
est au courant
Et le fils à papa

Les jetons
sont de présence
et les billes de clowns

Le chapeau
est de sable
et le palais de justice

Les oreilles
sont au mur
et le pied au plancher

Le tabac
est de contrebande
et le coup de Trafalgar

Les choux
sont de Bruxelles
et les tickets de métro

Les contrôles
sont de police
et les délits de faciès

La crise
est de régime
Et la combinaison de plongée

Le chant
est des sirènes
et  la dérive des continents

La pêche
est à pied
Et la tarte aux pommes

Le sport
est de combat
et le chemin de fer

Le clou
est du spectacle
Et l’arabe du coin

Le château
est de paille
Et le tenue de rigueur

Le chant
est du départ
Et le vol du bourdon

Le sac
est à dos
Et le fil à la patte

L’invité
est à l’honneur
Et la mise à l’index

La bière
est de garde
et le poste de radio

Le diable
est dans les détails
et la balle dans le pied

L’appel
est du large
et les vingt-quatre heures du Mans

Le premier
est de cordée
et l’état de fatigue

Les passants
sont de passage
e t les recettes de grand-mère

La prime
est à la casse
et l’appel au secours

L’œil 
est dans la tombe
Et Caïn dans le caha  

Les ailes
sont aux anges
et le mal à l’aise

La prise
est de conscience
et l’enfance de l’art

 Le bonheur
est dans le pré
et l’affaire dans le lac




QUATORZE







jeudi 17 mars 2016

TREIZE



*** 
"En écho lointain" de paul(A) - je cite - 

Insomnie et autres poèmes de Marina Tsvetaieva



J'écrivais sur un tableau d'ardoise,
Et sur les feuillets d'éventails fanés,
Et sur le sable des mers et rivières,
D'un patin sur la glace, d'une bague sur le verre,

Et sur l'écorce des arbres centenaires...
Et, enfin, pour que nul ne pût ignorer
Que tu es aimé! aimé! aimé! aimé!
Je signais d'un arc dans le bleu du ciel. 





mercredi 16 mars 2016

mardi 15 mars 2016

lundi 14 mars 2016

dimanche 13 mars 2016

NEUF



Flux et reflux

L’impression est bonne
Et le livre ouvert

Les têtes sont pleines
Et les histoires oubliées

La voie est libre 
Et la peinture abstraite

La critique est aisée
et le boulevard périphérique 

La confiance est aveugle
Et les variations saisonnières

La trêve est suspendue
Et la formule chimique  

Les pieds sont plats
Et la géométrie variable

Les frontières sont poreuses
Et les voyageurs immobiles

Les murs sont lézardés
Et les déserts médicaux 

La mer est ronde
Et la Terre salée

La faim est justifiée 
Et le contrôle technique 

La parole est belle 
Et la promesse vaine 

La porte est ouverte
Et le rideau baissé

Les mains sont sales
Et le spectacle vivant

Les borgnes sont rois
Et les bruits sourds

Les bouches sont verbeuses
Et les mots essoufflés

Les dents sont longues
Et les sourires envolés 

Les chants sont désespérés
Et les merles moqueurs   

Les chats sont gris
Et les nuits blanches 

Une chose est sûre
Et l’incertitude totale

Les dés sont pipés
Et les herbes folles

Les carottes sont cuites
Et les haricots finis 

L’heure est grave
Et les temps incertains

La religion est faite
Et le parti pris

Les faits sont têtus
Et la cause entendue

La minute est interminable
Et le silence dort

samedi 12 mars 2016

vendredi 11 mars 2016

jeudi 10 mars 2016

SIX

la nuit est immobile on ne reconnaît 
pas les choses le noir défait le monde 
on a peur de ce qui vient dans les yeux
quand il n’y a plus d’images
alors on chuchote on parle doucement
on dessine la vie avec les lèvres
on la recommence on garde en soi
une blessure dans la main on cache
des cailloux froids secs et durs on tremble
encore, mais on ne le dit pas il ne faut pas
le dire personne ne veut l’entendre

Claudine Bohi
in "Même pas"
(c) Le bruit des autres 2009
p.84
* * * 
paul(A) nous ajoute ceci,
et je dis paul(A) merci :-)



Les choses qu'on ne dit pas
Se relèvent la nuit
Et parlent toutes seules

Faible remuement
De remords
De colères
Et de vieilles casseroles

Dans le secret du temps
Toutes ces choses tues
Se relèvent
Et nous tuent


Lise Mathieu encore elle " le bonheur ne dort que d'un oeil" p64


***
Et merci Colo pour... 

Guy Goffette (Éloge pour une cuisine de province):

Les enfants qui glissent dans nos paroles
comme des points-virgules, savent tout
et se souviennent de notre mal
à dire la vie qui passe et comme l'amour
est difficile. Ils glissent en chantant un doigt léger
dans l'échancrure du monde qui nous couvre
puis s’arrêtent la joue contre l'oreille du chat
avec un visage grave et si fermé
qu'il nous déséquilibre, nous jette hors du temps,
soudain muets comme près d'un puits plein de morts
alors que s'arrondit, margelle de nos jours,
nos vaines paroles, la pupille du chat.