lundi 27 juin 2016

A plus tard... peut-être

Merci d'être passés, d'avoir lu, d'avoir commenté, 
je vous laisse avec un puzzle  où tout s'emboîte !


Jigsaw Falling into place
Brad  Mehldau,  piano




n

Et retour prévu le 1er septembre

samedi 25 juin 2016

Back to Broadway


En 1974, le groupe anglais GENESIS publie un double album (The Lamb Lies Down On Broadway), un album concept comme cela se disait à l'époque, dans le sens où l'ensemble du disque racontait une histoire.
La tournée qui suivit fut un spectacle total (disque interprété intégralement) avec lightshow et projection de diapositives (slideshow).
Plus de 40 ans après, je trouve que l'album en entier a bien tenu le test du temps, tout dinosaure et monstrueux soit-il...
Il semble bien que dans l'imaginaire et la reconnaissance du public ce soit surtout le premier disque qui ait marqué, ce qui s'explique peut-être par le fait que le groupe a continué bien après à jouer des extraits (In The cage, Carpet Crawlers) tirés plutôt de ce disque 1.

Et c'est ce qui me conduit à proposer deux morceaux du disque 2 illustrés par les diapos originales.
Le disque 2 -un peu légèrement en retrait du 1 à mon goût- n'en comporte pas moins des moments et morceaux remarquables.


Lilywhite lilith


Anyway

Loin de moi l'idée de verser dans une nostalgie un peu facile d'ancien combattant (ok, trop tard) au moment de publier ces deux extraits. Mais quand je vois ça, sans nostalgie aucune, je me dis bon sang j'aurais aimé y être !

mercredi 22 juin 2016

Comme on entend la pluie


On pourrait retourner la pluie à notre avantage non ?


Octavio Paz, L’arbre parle, 
traduit de l’espagnol par Frédéric Magne et Jean-Claude Masson,
Gallimard 1987,
 pp.13 et 130

dimanche 19 juin 2016

Nul n'est censé ignorer (ou la main invisible)


Je souhaitais ne pas terminer la "saison" ici-même sans que parmi les quelques billets qui apparaîtront d'ici la fin du mois de juin ne figure celui-ci, à propos d'un film qui me tient à coeur. 
Le voici.
Thierry (Vincent Lindon) est au chômage, il en a assez de se battre contre son ancien employeur (un procès est en cours), il est résolu à s’en sortir, le plus vite possible, car ça n’avance plus : les formations conseillées par Pôle Emploi, le temps passé en entretiens sans suite. Il finit par devenir vigile dans un hypermarché.

La loi du marché, film avec Vincent Lindon…
J’empoigne tardivement le sujet,  
nous l’avons vu en début d’année en «rattrapage »
très longtemps après le festival de Cannes,  ce qui n’est sans doute pas un mal : 
se défaire de la mousse médiatique.

Ce n'est pas très tôt, ce n'est pas trop tôt ...  Mais pourquoi pas, 
puisque je n’ai pas spécialement compris que notre société et son système aient prodigieusement changé 
(progressé ?) 
depuis 
au point de rendre ce film complètement obsolète. 


* * *

Comment ne pas être happé par ce film
brut
brutal
qui décrit une situation ancrée dans une réalité 
 extrêmement peu glorieuse
le doigt est mis là où ça fait mal
très mal

surpris que pour certaines « réserves »
l’argument « esthétique »  soit avancé 
serait-ce que le fond dérange fortement
et ne parlons pas de contresens ou de soi-disant caricature

le fils handicapé ce serait juste trop…mais non
c’est juste une possibilité
et aucune exploitation putassière dans le film



Car ce film « nous » dérange
il nous renvoie à nos renoncements
peut-être est-ce la clé des « réticences »
et nous en met une bonne couche en pleine gueule
il traite de la soumission et de ce système qui broie
…alors bien sûr, on peut choisir de taper en touche,
en quelque sorte …
taper sur le film ?

car le film bascule sec ou monte d’un cran
quand Thierry devient vigile.
Supermarché …La fauche…
C’est le vertige, et en le regardant devenir voyeur
En train de surveiller, nous devenons en quelque sorte
Les voyeurs du système et de nos propres insuffisances.
Malaise garanti.
Nous savons aussi parfaitement qu’avec ce boulot Thierry applique

ce qu’il dénonce et ce qu’il a juste auparavant subi.


Alors il va craquer, on le sent, on le sait, imperceptiblement
les bouffées de colère et l’indignation froides prennent le dessus,
il envoie tout balancer et
sans surprise rien n’est résolu nous le voyons partir sans savoir 
exactement quel chemin il va emprunter et combien de temps il va « tenir » 
et pouvoir être vraiment en accord avec lui-même.
Tout au long du film, on ne trouvera pas de méchant,  
même s'il y a certes des degrés dans l'abjection
Chacun a ses arguments, ses raisons qui sont à la fois de bon sens et très pragmatiquement alimentaires.
Chacun fait de son "mieux", à son échelle, à son niveau,  
fait ce qu’il peut avec ce qu’il a, 
ce qui lui est donné ou pas.

Le patron de supermarché, le responsable des ressources humaines ne sont pas absolument inhumains,
ce ne sont pas de machiavéliques scélérats, ils ne sont que des rouages prêts à être brisés et jetés si besoin,
et le recruteur par vidéo ou le directeur d'école, 
ou les collègues syndicalistes sont surtout impuissants 

Les uns comme les autres
Ils sont juste broyés, 
et j'ai retenu et ressenti que chaque personne 
dans le film fait strictement son boulot 
et c’est bien ce qui est effrayant .

jeudi 16 juin 2016

Biosphère spiralée (2/2)


La maîtresse des hérissons laisse abattre l’appétit des fourmis
Le rire des abeilles laisse tomber la leçon du gorille
La confusion du serpent laisse augurer l’amnésie de l’éléphant
Les monologues des singes laissent coi le boss du dromadaire
Les amours des chenilles laissent dans l'ombre la joie des crocodiles
La fuite de l’ours laisse en plan la secte des cloportes
L’antre des alligators laisse sur le carreau le corridor de la limace
La misère des araignées laisse en l'état la fièvre du cheval
La perplexité des hirondelles laisse filer la part du lion
La fatigue des crevettes laisse reposer  les écrits des oursins
La précision des cigales laisse indemne les cuisses des grenouilles
Les travers d’une girafe laissent passer la marée de rats
La surprise de la méduse laisse en liberté la pensée de l’huître
L’éther des vers laisse faire la sphère de l’eider
L’escapade de l’espadon laisse fuir la cave de l’escargot  
L’oreille de la puce laisse entendre  le malaise des cigognes
Le changement de thon laisse sceptique la maman des poissons






(c) Encore plus très librement inspiré de http://www.omerpesquer.info/untitre

mercredi 15 juin 2016

Atmosphère circulaire(1/2)






(c) Très librement inspiré de http://www.omerpesquer.info/untitre

samedi 11 juin 2016

10moi10mots-IV


En 2003, dis-moi dix mots proposait : « Hommage à Raymond Queneau » avec cette liste.

Dimanche / vol / campagne / exercer / bleu / chiendent / rude / mille / instant / courir

Il m'a semblé plus judicieux dans l'esprit de proposer un "méli-queneau"  au lieu du texte habituel où faire apparaître les mots dans l'ordre d'un paragraphe à haute teneur invraisemblable.


dimanche fatal
vol de poèmes
campagne de la vie
exercer les flots
bleu hiver
chiendent d'Icare
rude style
mille champs
instant fleurs
courir dans le métro.

vendredi 10 juin 2016

NoteS


Ces quatre-là sont ceux qui "tournent" le plus ... 
PJ5 est un disque fluide orienté guitares, 
10 est un nouvelle pierre discographique posée -pierre de touche- 
par l'exceptionnelle Joëlle Léandre au sein d'un tentet, 
Traces parle de l'Arménie, c'est Claude Tchamitchian et c'est aussi prenant que réussi, 
les incursions vocales de Géraldine Keller y sont pleines d'urgence
enfin Brad Mehldau 
évoqué ici même il y a peu en trio, là c'est solo, 
et je viens de déguster le premier des quatre disques de ce coffret 
...et c'est éblouissant.

mercredi 8 juin 2016

46


  1. Je me souviens d’un chien andalou. 
  2. Je me souviens d’un disque de Jean-Christian Michel à la clarinette.
  3. Je me souviens du réveil chaque matin, mais pas de mes rêves.
  4. Je me souviens de George Washington Carver.
  5. Je me souviens de la 403 Peugeot bleu marine de pépé Emile.
  6. Je me souviens de Bordeaux en 1975.
  7. Je me souviens de « L’augmentation » pièce d’après Perec à Angers.
  8. Je me souviens qu’en 1945 (et même après) je n’étais pas né.
  9. Je me souviens de NEORTIC EREFERP JATOT, c’était un autocollant CITROEN PREFERE TOTAL que je lisais à l’envers de l’intérieur de l’Ami 6 de mon grand-père.
  10. Je me souviens de Florence T, Isabelle C, Sylvie M., Jean Q, Dominique V, André M, un peu.
  11. Je me souviens de Patrick Dewaere. 
  12. Je me souviens d'Higelin " panne de lumière à Santiago". 
  13. Je me souviens de JohnMcCabe, de la neige et de Leonard Cohen.
  14. Je me souviens que je comprenais Serge Agasbourg et non pas Serge Gainsbourg.
  15.  Je me souviens du baby-foot chez Pierrot.
  16.  Je me souviens très bien de Michel P. qui me lit peut-être !
  17.  Je me souviens de mon premier vélo de course, orange, un Peugeot.
  18.  Je me souviens aux infos du Biafra.
  19. Je me souviens du 6 mai 2005 à Londres au Royal Festival Hall.
  20.  Je me souviens du club d’échecs au collège.
  21.  Je me souviens de ma grande frousse du rasoir du coiffeur.
  22.  Je me souviens de Rocambole.
  23.  Je me souviens d’Arsène Lupin.
  24.  Je me souviens de mon premier walkman (qui fut le seul) en 1984.
  25.  Je souviens d’un présentateur de journal télévisé Jean-Michel Desjeunes.
  26.  Je me souviens d’un job d’été, les livraisons de gaz aux campings des gorges du Tarn.
  27.  je me souviens de Louis Sclavis aux Sables d’Olonne.
  28.  Je me souviens avoir fait 40 kilomètres de vélo pour aller à la mer.
  29.  Je me souviens de Claude Nougaro au théâtre antique d’Arles en 1980.
  30.  Je me souviens du club théâtre, d’un texte de Queneau.
  31.  Je me souviens de Providence, d’Alain Resnais.
  32.  Je me souviens du mot mystificateur que j’avais utilisé dans une rédaction en 6e.
  33.  Je me souviens d’un graffiti « l’hypothèse Dieu est inutile ».
  34.  Je me souviens de Rencontre avec des Hommes remarquables de Peter Brook.
  35.  Je me souviens du chien affolé par le vent à Roscoff.
  36.  Je me souviens des Baux de Provence.
  37.  Je me souviens du 10 mai 1981.
  38.  Je me souviens de Lagardère avec Jean Piat.
  39.  Je me souviens du jeu de société « Long cours ».
  40.  Je me souviens des mercredis de foot, les 4 contre 4 sur les terrains de basket.
  41.  Je me souviens d’un exposé en 1ère sur l’histoire de l’aviation en 14-18.
  42.  Je me souviens du tunisien et du thé à la menthe circa 1981.
  43.  Je me souviens de ma prof de français en 6e.
  44.  Je me souviens des gitanes papier maïs de mon grand-père.
  45.  Je me souviens évidemment de ce que je veux.
  46.  Je me souviens de « Je me souviens » de Georges Perec. 
(46 je me souviens Perec 1936-1982 né il y a 80 ans)


lundi 6 juin 2016

Les aventures du mois de juin


Chères à ce cher Desproges, j’y ai pensé en constatant qu’une nouvelle fois, le mois de juin est là, et que nous ne l’avons pas vu débarquer*.


Sera-t-il si aventureux que cela, c’est une autre affaire ou cela reste à prouver.
Mais ce n'est pas tout...De fil en aiguille, reprisant ainsi mes pensées, j’ai donc déduit qu’ici-même après quelque trois ou quatre billets (allez, peut-être cinq) ce sera la pause estivale, avec le duo infernal « juillet-août » qui exécutera son célèbre numéro de duettistes de mimes en duo à deux. 

Pas de réservation, placement libre.







*hommage

samedi 4 juin 2016

Cavaler


Au premier virage, monter en voiture, elle me déposera quelques kilomètres plus loin, ensuite en quelques enjambées atteindre le bois et enfourcher un VTT, que je troquerai pour le costume du piéton ordinaire qui, au bout de quelques hectomètres, grimpera à bord du tram.
A la descente, j’effectuerai une nouvelle avancée cycliste sur la piste prévue, puis un petit détour et quelques tours sur une autre piste – d’athlétisme  celle-là – avant de filer toujours à pied vers la passerelle qui surplombe le périphérique.
Pas d’hélicoptère en vue, donc option arrêt de bus, hop je monterai et me voilà à quelques pas du fleuve. Je prendrai le bac, un simple aller-retour histoire de dire « j’ai traversé » je me sentais en forme, et je garderai la barque pour une autre fois. En revenant sur mes pas, bouclant ma boucle en longeant à nouveau la ligne de tram, je jetterai un coup de périscope pour repérer un avion se préparant à l’atterrissage afin de m’y accrocher une minute ou deux pour souffler un peu, c’est sur mon chemin, c’est pratique.
Au moins en enchaînant ainsi, j’arriverai frais comme un gardon, dans les délais ou presque, le tout étant de ne manquer aucune correspondance… 
...
Et si j'atterrissais ? Dernier lacet fait.

...
Je me mets en route. Parti pour un peu plus d’une heure. 
 Mes battements seront cardiaques. Mes chemins de traverse et, au fil du parcours, mes pensées vagabondes.
Je connais sur le bout des doigts la topographie des lieux. Je vois à l’avance les voies que j’emprunterai. Je ne sais pas dans quel sens le circuit sera accompli. Cela n'empêche pas mon esprit de se mettre à galoper sur le parcours bien plus fougueusement que mes jambes, sans emballement mais -pourquoi le cacher- de manière plus fantaisiste car ça trotte dans ma tête aussi bien que sur les chemins.



mercredi 1 juin 2016

En (avant) toutes...


Ni candidature ni condoléances
Pas de modèle et pas de papier
Rien de recommandé
Rien pour Elise
Je vous fais une…
Et même plusieurs !

Avant la lettre : bicyclettre
Lettre type : réglettre
Boîte aux lettres : gobelettres
Les gens de lettres : bandelettres
Lettre d’intention : tromplettre
Lettre de résiliation : bouclettre
Lettre de change : toilettre
Lettre de rupture : aigrelettre
Lettre de mission : estaflettre
Lettre de délation : épinglettre
Lettre d’amour : arbalettre
Lettre de soutien : épaulettre 
Lettre de cachet : camouflettre
Lettre anonyme : voilettre
Lettre ouverte : pamphlettre
Lettre de motivation : omelettre sans casser les E
Lettre morte :  squelettre
Lettre de démission : escamplettre
Lettres de noblesse : roitelettre
Lettres d’or : starlettres
Lettre à en-tête : margoulettre
Lettres de feu : cassolettre
Lettres froissées : ciboulettres
Lettre de menace : pistolettre
Les cinq lettres : tonnelettres
Lettre perdue : boulettre
Lettre muette : mimolettre
Comme une lettre à la poste : Paulettre
Lettre inachevée : incomplettre
Les belles lettres : croquignolettres
Lettre ou ne pas lettre : roulettre
L’insoutenable légèreté de lettres : escarpolettres
Lettre minuscule : gringalettre
Lettre d’une inconnue : vaguelettre
Lettre majuscule : pèse-lettres
Lettre et le néant : analphablettre
La lettre et l’esprit : amulettre
Lettre de faire-part : tartelettre
Au pied de la lettre : sandalettre